
Unité et Coopération : L’Appel des Deux Congo
Les peuples de la République du Congo et de la République Démocratique du Congo sont deux peuples frères qui partagent un héritage commun, forgé par l’histoire, la culture, les traditions et des liens familiaux profonds. Au-delà des frontières politiques, nous sommes unis par une destinée qui transcende les aléas du moment. Le fleuve Congo, majestueux et indéfectible, est le symbole vivant de cette union, un lien naturel qui rappelle notre histoire commune et notre avenir inséparable.
Je comprends la colère et l’indignation suscitées par des choix politiques qui ne reflètent pas toujours l’intérêt des peuples. Toutefois, il est primordial de rappeler que l’amitié et la fraternité entre nos nations sont bien plus fortes que les divergences imposées par certains intérêts égoïstes. Nous devons refuser toute forme de division et travailler à renforcer nos liens pour bâtir un avenir de coopération et de prospérité partagée. L’histoire témoigne de cette unité, depuis l’époque du Président Joseph Kasa-Vubu et du Premier ministre Moïse Tshombe, et la présidence de Fulbert Youlou, où le respect mutuel et la solidarité ont toujours prévalu.
C’est pourquoi j’en appelle à la sagesse du peuple frère de la République Démocratique du Congo : préservons ensemble cet acquis précieux du bon voisinage. Votre combat est aussi le nôtre, tout comme notre combat doit être le vôtre. Seule l’unité nous permettra de surmonter les défis qui se dressent devant nous. Notre force réside dans notre cohésion, et c’est ensemble que nous devons bâtir un futur fondé sur le respect mutuel et la complémentarité de nos efforts.
Dans cette perspective, je déplore et condamne fermement les actes de vandalisme perpétrés contre l’ambassade de la République du Congo ainsi que la profanation de son drapeau. Ce symbole représente un peuple tout entier, qui ne saurait être assimilé aux décisions d’un dirigeant ou d’un régime. La stabilité de nos nations est un bien commun, et il est essentiel de ne pas tomber dans le piège des divisions inutiles, car une crise majeure dans l’un de nos pays risquerait de déstabiliser l’ensemble de l’Afrique centrale.
L’histoire nous enseigne que notre force réside dans notre capacité à nous concerter et à œuvrer ensemble pour un avenir partagé par le dialogue. Simon Kimbangu et André Grenard Matsoua, figures emblématiques de notre mémoire collective, ont su incarner cette vision d’unité et de concertation pour faire face aux incertitudes de leur époque. Aujourd’hui encore, cette histoire nous impose un devoir : celui de nous unir pour affronter ensemble les grands défis de notre sous-région.
Un Plan d’Action pour un Avenir Partagé
Les événements en cours nous préoccupent tous car les conséquences seront dévastatrices mais nous devons continuer d’ores et déjà penser à l’avenir de nos deux pays. Pour concrétiser cette vision d’unité, nous devons établir le moment venu un cadre structuré de coopération entre nos deux nations. Il est essentiel de renforcer nos relations à travers :
- Un dialogue politique permanent entre les gouvernements des deux pays afin de prévenir et résoudre pacifiquement toute divergence.
- Un programme économique commun, axé sur des projets d’infrastructures transfrontalières, des échanges commerciaux facilités et une politique de développement concertée.
- Une coopération sécuritaire accrue pour lutter contre les menaces communes, notamment les groupes armés et les ingérences extérieures.
- Une collaboration culturelle et éducative, en favorisant les échanges entre les jeunes, les intellectuels et les artistes des deux pays pour renforcer le sentiment de fraternité.
- Une instance de concertation sous-régionale pour anticiper les défis économiques, politiques et sécuritaires de l’Afrique centrale et élaborer des solutions communes.
Les deux Congo doivent se tenir prêts à jouer un rôle moteur pour l’Afrique centrale. Nous devons être à la table des négociations et non en être le sujet. L’heure est venue de renforcer nos liens pour bâtir un avenir où nos peuples pourront prospérer dans la paix et la coopération.
Modeste Boukadia
Le 31 janvier 2025
