Modeste Boukadia met en garde contre l’influence de la Chine en République du Congo

Un chef de l’opposition que certains appellent le « nouveau Nelson Mandela » de l’Afrique centrale affirme que Washington doit « résister fermement » à l’influence chinoise sur les nations africaines, de peur que Pékin ne se positionne comme la puissance extérieure dominante sur le continent riche en ressources.

« L’Afrique est le partenaire de demain et si nous ne faisons pas attention, bientôt tous les pays africains arboreront le drapeau chinois », a déclaré Modeste Boukadia, l’homme politique originaire de la République du Congo emprisonné par le passé, qui était à Washington la semaine dernière dans le cadre sa campagne pour un jour être président de la nation aussi connue comme le Congo-Brazzaville.

Dans une interview exclusive au Washington Times, M. Boukadia a déploré les pitreries « tyranniques » et « dictatoriales » du président congolais Denis Sassou Nguesso, qui a dirigé la minuscule nation déchirée par les conflits pendant 34 des 39 dernières années. Mais ses commentaires sur la Chine semblaient très opportuns.

Contrer l’influence chinoise, et en particulier les efforts de Pékin pour obtenir des ressources naturelles en échange de prêts financiers à des gouvernements africains autoritaires, a été au centre de la tournée du Secrétaire d’Etat Rex Tillerson au Tchad, Djibouti, en Éthiopie, au Kenya et au Nigeria.

M. Tillerson, dont le voyage se termine mardi, a averti la semaine dernière que la Chine « encourage la dépendance à l’aide de contrats opaques, de pratiques de prêt abusives et de transactions corrompues qui contrarient les nations et sapent leur souveraineté ». inspirer des investissements plus transparents pour «favoriser une plus grande stabilité politique sur le continent».

 Les affirmations du secrétaire d’Etat étaient comme une douce musique aux oreilles de M. Boukadia, qui a déclaré que « plus d’implication des Etats-Unis signifie moins d’influence et d’implication chinoise » et « la même chose vaut pour la Russie ».

 « Ils pratiquent tous deux la même politique et je parle du communisme », a-t-il dit, ajoutant que l’Occident devrait se méfier de certains rapports qui font état d’un désir chinois de construire des bases militaires en Afrique. « S’il y a une base militaire, elle devrait être occidentale, américaine, car les Etats-Unis représentent la démocratie ».

Demande d’une aide des États-Unis

Le Congo-Brazzaville est directement à l’est de la plus grande République Démocratique du Congo et pourrait être un microcosme de l’instabilité postcoloniale qui a laissé de nombreuses nations africaines ouvertes à la manipulation par des puissances extérieures.

En proie à des guerres ethno-politiques occasionnelles depuis le début des années 1990, la nation est dirigée par M. Sassou Nguesso, dont la dernière occupation du fauteuil présidentiel a débuté en 2009 après une élection qu’Amnesty International avait qualifiée d' »entachée par le manque d’une commission électorale indépendante, la disqualification de plusieurs candidats de l’opposition, et l’intimidation des journalistes. « 

M. Sassou Nguesso, 74 ans, est largement accusé d’être impliqué dans la corruption et l’agression contre les entreprises américaines – en particulier dans le secteur pétrolier – tout en ouvrant de plus en plus les bras aux prêts chinois. Il a prolongé son règne en 2016 après avoir fait adopter une nouvelle constitution qui a mis fin à la limitation des mandats. Il sera maintenant au pouvoir jusqu’à au moins 2023, sinon plus.

Mais pas si le plan de M. Boukadia fonctionne.

L’homme de 63 ans a participé aux élections présidentielles du Congo-Brazzaville en 1997 et 2009 en tant qu’indépendant, mais il a été jeté en prison de 2014 à 2016 pour ce qu’il dit être une répression de l’opposition.

Alors qu’il vit aujourd’hui en exil à Paris, M. Boukadia dirige le nouveau parti politique congolais du Cercle des Démocrates et Républicains. Il était à Washington pour demander de l’aide pour diriger un mouvement visant à chasser démocratiquement M. Sassou Nguesso du pouvoir.

« Aujourd’hui, tous nos dirigeants politiques sont des prisonniers », a-t-il déclaré. « Mais grâce à l’Europe, la France et les Etats-Unis, j’ai été libéré et je porte le message que pour qu’une transition du pouvoir puisse avoir lieu, nous avons besoin des Etats-Unis, la lumière de la démocratie, pour aider à organiser cette conférence internationale àtravers laquelle une transition peut avoir lieu, afin de faire pression sur Sassou et son régime tyrannique et dictatorial. « 

« L’objectif de notre parti est de mettre en œuvre la démocratie pour lutter contre la corruption », a-t-il dit, ajoutant que cela ne peut se faire qu’avec « la pression des Etats-Unis ».

« Si les Etats-Unis demandent que Sassou démissionne et demande cette conférence internationale, cela arrivera parce que les Etats-Unis ont une influence sur l’opinion internationale. »

Politique sur fond de pétrole

Il reste à voir si le Congo-Brazzaville est sur le radar de l’administration Trump. La dernière fois que le pays a fait la une de presse à Washington, ce fut pendant les préparatifs de l’investiture de M. Trump il y a plus d’un an.

À l’époque, M. Sassou-Nguesso a attiré l’attention de la communauté internationale en affirmant publiquement avoir organisé une réunion importante avec M. Trump, alors tout recemment président élu, à l’hôtel Mar-a-Lago de Floride.

Mais il y avait un hic. M. Trump n’avait jamais accepté la réunion et l’avait finalement refusée – un développement que beaucoup voyaient comme un embarras pour l’un des présidents africains les plus anciens et les plus controversés.

« J’étais toujours en prison quand Sassou faisait la pression pour avoir une réunion avec Trump », a déclaré M. Boukadia la semaine dernière, affirmant que la vraie raison pour laquelle M. Sassou-Nguesso souhaitait la réunion avait trait à la politique pétrolière au Congo-Brazzaville.

L’opposition du pays a longtemps critiqué M. Sassou-Nguesso pour avoir nui aux relations avec Washington il y a quelques années en supprimant les concessions lucratives que le pays avait autrefois données à ExxonMobil pour des droits d’exploration et de production dans le pays.

« C’est pourquoi Sassou voulait la rencontre avec Trump », a déclaré M. Boukadia, ajoutant que l’objectif apparent était de demander un rapprochement avec M. Tillerson, l’ancien PDG d’Exxon qui était, à l’époque, en train d’être nommé secrétaire d’état par M. Trump.

M. Boukadia a dit que si son propre mouvement prend de l’ampleur, il va un jour « réparer tout ce que Sassou a fait aux entreprises américaines en les expulsant du pays ».

« Je veux ramener toutes ces entreprises américaines et faire rétablir leurs droits », a-t-il déclaré. « Juste pour donner un exemple, Exxon. »

« Mon objectif est de rétablir une excellente relation avec la communauté internationale et avec les Etats-Unis, acteur extrêmement important sur la scène mondiale aujourd’hui, car ce n’est pas simplement une démocratie en paroles mais en action », a-t-il ajouté. « Nous avons besoin que le président Trump nous donne la possibilité de mettre en œuvre la démocratie dans notre pays pour des raisons de sécurité et de stabilité car quand l’Afrique sera stable, les Etats-Unis connaîtront également la stabilité ».

 The Washington Times  le dimanche 11 mars 2018. Lien vers l’article en anglais

Une réflexion sur “Modeste Boukadia met en garde contre l’influence de la Chine en République du Congo

  1. Mouelet chris

    Je soutiens de tout coeur cet idéal, nous avons bésoin d’un changement car le Congo notre pays part en péril
    si les choses démeurent les memes

    J'aime

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