Congo-Brazzaville : sommes-nous toujours en République ?

À l’attention des Congolaises et des Congolais : sommes-nous toujours en République ?

Citoyennes, citoyens, je m’adresse à chacune et chacun d’entre vous qui vivez sur le territoire communément appelé République du Congo-Brazzaville. Je vous invite à une réflexion cruciale :

  • Sommes-nous toujours en République, ou sommes-nous devenus une association de communautés, divisées et opposées ?

La proclamation de la République du Congo le 28 novembre 1958 devait créer les conditions pour une union nationale solide, nous dirigeant ensemble vers la construction d’une nation unie. Or, cette proclamation n’a fait qu’exacerber des conflits, culminant dans les émeutes du 29 février 1959, ouvrant ainsi la voie à une violence politique qui continue d’empoisonner la vie de notre pays.

Aujourd’hui, pour préserver la vie de nos concitoyens et engager le Congo vers son propre destin, il est urgent que nous, populations congolaises, prenions position. Car comment comprendre que les populations du Nord restent inactives, alors que l’implosion de notre pays est imminente ?

Quelques faits pour mémoire :

  • Aucun président issu du Sud n’a jamais cherché à éliminer les populations du Nord.
  • Tout président issu du Nord, en revanche, a engagé des conflits armés contre les populations du Sud, notamment par l’épuration des cadres du Sud, les remplaçant par ceux du Nord, et en visant leur extermination. «Nous avons brûlé le Pool et le ciel n’est pas tombé ! »
  • Sur le prétexte fallacieux de « Bakongo ba bomi Marien » stipulant que tous les ressortissants du Sud ont assassiné le président Marien Ngouabi, tous les ressortissants du Nord ont accepté cette thèse sans contestation. Ce mensonge a engendré des assassinats à l’aube, alors que Jacques Okoko (le même qu’en 1959) savait qu’il envoyait à la mort des innocents.
  • Denis Sassou Nguesso a entraîné le Congo dans le tribalisme comme méthode de gouvernance, allant jusqu’à manipuler la monnaie du pays, ce qui a mené le Congo en situation de défaut de paiement.
  • L’État-PCT, appuyé par une alliance secrète des populations du Nord basée sur « la Réconciliation inter-nordiste », martèle que le pouvoir doit rester au Nord alors que la situation sociale, économique et financière du pays est dans une impasse.
  • Tous les secteurs sociaux et économiques du pays sont en grève.

La question demeure donc : Sommes-nous encore en République ?

Ou devons-nous reconsidérer notre organisation, comme le suggérait Christian Jayle en 1959, en permettant à chaque communauté de vivre dans son espace naturel sous l’autorité d’un gouverneur ? En d’autres termes, le Congo doit-il devenir un État composé de régions fédérées ?

Des exemples dans le monde nous montrent que cette voie est possible. Le fait que des enfants naissent de parents de diverses communautés ne devrait pas servir d’entrave.

  • La Tchécoslovaquie, scindée le 1er janvier 1993 en République Tchèque et Slovaquie, démontre que la division peut mener à une coexistence prospère, chaque pays jouissant d’une économie florissante.
  • Le Soudan et le Soudan du Sud,
  • L’Érythrée, qui s’est séparée de l’Éthiopie.

Congolaises, Congolais, la décision nous appartient !


En définitive : Une décision à prendre ensemble

  1. Engagement individuel et collectif
    Chaque citoyen est appelé à prendre position et à se mobiliser pour l’avenir du Congo. Il s’agit d’une responsabilité commune, où chacun doit participer à bâtir une nation qui nous ressemble et nous rassemble.
  2. Une vision d’avenir
    Cette décision doit être une réponse à des décennies de tribalisme et de division. Réorganisons le Congo pour que les différentes communautés puissent vivre en paix, pour qu’un jour, les injustices soient corrigées et que la dignité de chacun soit respectée.
  3. Un ultimatum
    L’urgence d’agir ne peut être ignorée. Chaque jour d’inaction rend nos divisions plus profondes, risquant de mener à des conséquences irréparables.
  4. L’objectif final : L’Union Nationale
    Cette union est notre but ultime. Pour un Congo apaisé et réconcilié avec lui-même, où chaque Congolais, véritable richesse de notre pays, voit ses droits et sa dignité protégés. C’est cette union qui apportera enfin des solutions durables, celles qu’attendent toutes nos populations.

Modeste Boukadia
Le 08/11/2024

Une réflexion sur “Congo-Brazzaville : sommes-nous toujours en République ?

  1. Ping : De la pertinence singulière des propos de M. Modeste Boukadia – Cercle des Démocrates et Républicains du Congo

Laisser un commentaire