
Visite de Denis Sassou Nguesso en France : la France cautionne-t-elle une dictature ?
La visite officielle de Denis Sassou Nguesso en France est une énième démonstration de l’ambiguïté de la politique française en Afrique. Alors que le Congo-Brazzaville est plongé dans une crise économique, sociale et politique sans précédent, la réception de son président à Paris envoie un signal inquiétant : la France continue de soutenir, directement ou indirectement, un régime autoritaire accusé de corruption, de répression et de pillage des ressources nationales.
Un pays en faillite, un président accueilli en grande pompe
Le paradoxe est frappant. Alors que les Congolais subissent une misère croissante – salaires impayés, absence de soins médicaux, universités en ruine et chômage endémique des jeunes – Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis près de 40 ans, est reçu avec les honneurs en France. Cette visite est perçue comme une provocation par une population abandonnée et réprimée, qui voit dans cet événement la confirmation d’une complicité entre Paris et Brazzaville au détriment du peuple congolais.
Une gouvernance prédatrice, soutenue par la France ?
Depuis des décennies, Sassou Nguesso et son clan monopolisent les ressources du pays. Le pétrole congolais, qui devrait être un levier de développement, est détourné au profit d’une élite minoritaire pendant que les infrastructures du pays s’effondrent. L’affaire des “biens mal acquis”, qui implique des proches du président congolais, illustre bien ce système où l’enrichissement personnel prime sur l’intérêt général. Pourtant, malgré ces faits, la France continue de dérouler le tapis rouge à celui qui incarne cette gestion calamiteuse.
Une diplomatie à double visage
Emmanuel Macron avait promis de tourner la page de la Françafrique, mais la réalité semble bien différente. Alors que Paris condamne certains régimes autoritaires en Afrique, elle en soutient d’autres sous prétexte de stabilité régionale et de coopération économique. Cette incohérence fragilise la crédibilité de la France auprès des nouvelles générations africaines, qui rejettent de plus en plus ce qu’elles perçoivent comme une ingérence néocoloniale.
Une visite qui creuse le fossé entre la France et la jeunesse africaine
Loin d’être un simple événement diplomatique, cette visite est un symbole. Elle montre que, malgré les discours officiels, la France continue de privilégier ses intérêts économiques et stratégiques au détriment des aspirations démocratiques des peuples africains. Mais ce modèle est à bout de souffle. La jeunesse congolaise, comme celle du reste du continent, ne veut plus de cette connivence entre Paris et des dirigeants qui les condamnent à la pauvreté et à l’exil.
La question est donc claire : combien de temps encore la France cautionnera-t-elle de telles pratiques avant de voir son influence définitivement rejetée en Afrique ?
Tom Melvin BAIKI
Le 24/02/2025
