
Au Congo, le 8 mars dépasse la simple célébration superficielle. Derrière les pagnes offerts et les rituels festifs se cache une triste réalité : la femme congolaise est trop souvent reléguée au second plan, victime d’un système qui la réduit à un rôle subalterne.
Il faut rappeler le rôle néfaste de l’« Union Révolutionnaire des Femmes du Congo » (URFC), instrument créé par le PCT qui a historiquement contribué à enfermer la pensée féminine dans des carcans qui étouffent son potentiel. Ce dispositif n’a servi qu’à légitimer des rapports de pouvoir inégaux, transformant la femme en accessoire politique plutôt qu’en actrice de son destin.
Discriminations et Injustices Institutionnalisées
Les discours officiels ne font que masquer une réalité cruelle : aucun effort concret n’est déployé pour améliorer la vie des femmes. Les budgets alloués à leur formation et à leur autonomisation restent dérisoires. Dans un pouvoir où les nominations se font souvent sur la base de relations personnelles, les compétences sont ignorées au profit d’un favoritisme rampant.
Les politiques publiques échouent également dans le domaine de la santé féminine. Absence de planification familiale, gestion défaillante de la maternité et violences sexuelles en hausse – notamment dans des régions comme le Pool – témoignent d’un abandon complet de la part des autorités. La stigmatisation des jeunes filles, parfois étiquetées comme « vieilles femmes » avant même d’avoir atteint la majorité, révèle des abus inacceptables.
Conditions de Travail Dégradantes et Manque de Soutien
Les femmes qui exercent dans les marchés travaillent dans des conditions d’une précarité indigne, sans sécurité sociale ni protection. L’absence de structures d’accueil pour les enfants renforce la « charge mentale » pesant sur ces mères déjà épuisées par une double peine : la lutte quotidienne pour leur survie et celle pour leurs droits fondamentaux.
Un Appel Vivant à l’Émancipation
Aujourd’hui, la femme congolaise doit revendiquer sa place dans la transformation de notre pays. Elle ne peut plus se laisser enfermer dans des tabous qui la condamnent à l’infériorité. Elle doit briser les chaînes des cérémonies et des manipulations mentales qui entravent sa liberté.
Ce 8 mars est l’heure de l’insurrection morale, de la révolte contre un système qui a trop longtemps ignoré ses potentialités. Chaque femme – mère, sœur, fille ou amie – est appelée à s’unir, à organiser et à exiger le respect et la dignité qui lui sont dus.
Que ce 8 mars 2025 soit le renouveau pour que vous redeveniez la gardienne de notre culture et de nos traditions pour les transmettre aux générations futures.
Pour un Congo Libéré et Uni
Aux femmes audacieuses et déterminées qui luttent chaque jour contre l’injustice, nous devons notre soutien inébranlable. Que ce soit en revendiquant leurs droits ou en insufflant le changement dans leurs communautés, les femmes congolaises doivent être au cœur de la construction d’un Congo uni, fort et émancipé.
Modeste Boukadia – 8 Mars 2025
PROPOSITION DU CDRC : Bilan et Appel à l’Action pour les Femmes Congolaises
La Journée Internationale de la Femme est un moment de célébration, mais surtout de réflexion et de mobilisation. Au Congo, comme ailleurs, les femmes sont au cœur de la société, mais elles continuent de faire face à des défis majeurs : accès limité à l’éducation et à l’emploi, discriminations systémiques, violences basées sur les femmes et faible représentation dans les sphères de décision.
Un bilan contrasté
Des avancées seront réalisées en encourageant les luttes menées par les femmes congolaises et les mouvements féminins. Une amélioration à l’accès à l’éducation doit être faite, des lois doivent être adoptées et appliquer pour protéger les droits des femmes. Il est important de faire émerger plusieurs figures féminines dans la politique, l’économie et la société civile. Cependant, ces progrès resteront insuffisants face aux inégalités persistantes si les lois adoptées ne sont pas suivies d’actions :
- Éducation et autonomisation économique : Trop de filles sont encore privées d’école et les opportunités économiques pour les femmes restent limitées.
- Participation politique : Malgré des avancées, les femmes restent sous-représentées dans les instances de pouvoir.
- Lutte contre les violences : Les violences basées sur les femmes demeurent un fléau, nécessitant des actions plus fermes et une justice plus efficace.
Un appel à l’action
Le 8 mars ne doit pas être une simple journée symbolique. C’est un appel à une mobilisation collective pour accélérer le changement :
- Renforcer l’éducation et la formation professionnelle des filles et des femmes pour garantir leur autonomie et leur accès aux opportunités.
- Impliquer davantage les femmes dans la politique et l’économie en supprimant les barrières à leur participation et en instaurant des mesures favorisant l’égalité des chances.
- Mettre en place des politiques et des actions concrètes contre les violences faites aux femmes, avec un suivi rigoureux de l’application des lois.
- Protéger les jeunes filles pour qu’elles ne soient plus considérées comme des vieilles femmes, par une adoption d’une loi sévère sur les prédateurs des jeunes filles
- Créer des espaces d’expression et de solidarité pour les femmes, afin qu’elles puissent s’organiser, défendre leurs droits et peser sur les décisions.
L’heure est à la mobilisation
Les femmes congolaises doivent être au centre du développement du pays. Leur lutte ne concerne pas seulement les femmes, mais toute la société. Un Congo plus juste et plus prospère passe par une véritable égalité des sexes. Cette Journée Internationale de la Femme est une opportunité pour renouveler notre engagement et transformer les discours en actions concrètes.
Ensemble, agissons pour un avenir où chaque femme congolaise pourra pleinement s’épanouir et contribuer au progrès de la nation.
Pour le CDRC, Modeste Boukadia – Mis à jour le 8 Mars 2025 – 17:00
