RÉSILIENCE DU CONGO : MISE AU POINT

Le départ discret de Paris d’Antoinette Sassou Nguesso : une « mère nationale » ?

Madame Antoinette Sassou Nguesso, longtemps présentée comme la « maman nationale », quitte la Seine sur la pointe des pieds. Mais que faut-il retenir de son passage ? Sa Fondation Congo-Assistance est accusée d’avoir mené des essais cliniques sur des prisonniers de la Maison d’Arrêt de Pointe-Noire. Est-ce là l’attitude d’une mère bienveillante ?

Elle détient aussi un triste record : elle est la première épouse d’un chef d’État francophone à faire l’objet d’un mandat d’amener. Ni Leïla Ben Ali, connue pour son train de vie extravagant, ni Elena Ceaușescu, pourtant impliquée dans des abus de pouvoir notoires, n’ont connu un tel sort. Au Cameroun et au Gabon, des figures tout aussi contestées n’ont jamais subi une telle humiliation.

Face à cela, certains s’empressent de crier au « fake news » plutôt que d’opposer des arguments solides. Pourtant, des médias bien au-delà des cercles de Modeste Boukadia ont confirmé cette déconvenue, qui sonne comme un désaveu cinglant de la politique dictatoriale de Denis Sassou Nguesso. Rappelons que ce dernier fut qualifié de « chef de guerre » par l’Administration Clinton et de « criminel » par la première Administration Trump.

D’ailleurs, lors de la cérémonie de résurrection de Notre-Dame de Paris, Donald Trump – désormais président élu – avait adressé un message sans équivoque à Denis Sassou Nguesso :
« Vous n’avez aucune carte en main. Discutez avec votre opposant et l’opposition, sans cri et dans le calme, pour gouverner au mieux votre pays où il y a tant de morts. Est-ce que ce sont des hommes ou des animaux qui y vivent ? »

On ne récolte que ce que l’on sème.


CE QUE VEUT LE PEUPLE CONGOLAIS :

  1. Une transition politique immédiate.
  2. La révision du procès Marien Ngouabi, afin de laver l’opprobre jetée sur les Bakongo avec l’accusation injuste de « Bakongo ba bomi Marien ». Il est temps que la famille Ngouabi fasse son deuil, tout comme celles du Cardinal Emile Biayenda, d’Alphonse Massamba-Débat et de ses compagnons d’infortune. Que la vérité éclate et que les Bangala ne soient plus accusés d’avoir « tué le Cardinal et fait disparaître Massamba-Débat ». Ce n’est qu’en soldant ce contentieux historique que nous pourrons bâtir une réconciliation nationale.
  3. Le rétablissement de la tranquillité publique. Plus jamais de phrases comme « Nous avons brûlé le Pool et le ciel n’est pas tombé ! » Plus jamais de jeunes enfermés dans des conteneurs et noyés dans le fleuve Congo. Plus jamais d’exécutions sommaires, plus de peurs sur l’avenir des Mbossi comme l’exprimait le général Norbert Dabira.
  4. Un dialogue national sous médiation internationale. Nous devons saisir l’opportunité d’un cadre de discussion où Sassou Nguesso, son opposant et l’opposition trouveront une voie pour assurer la sécurité de tous et permettre au peuple congolais de se réconcilier avec lui-même.

TÉMOIGNAGE : UNE PROMESSE TENUE

Lors de mon incarcération à la Maison d’Arrêt de Pointe-Noire, le 15 janvier 2016, j’ai déclaré devant les officiers généraux et supérieurs présents :

« Quel que soit le temps que je ferai en prison, quand je sortirai, il n’y aurait plus ni arrestation arbitraire, ni assassinat sommaire, ni détournement de fonds publics. »

Le temps est venu d’honorer cet engagement et d’instaurer le Congo Nouveau.


EN CONCLUSION : SOLDONS LES CONTENTIEUX HISTORIQUES

  • Révision du procès Marien Ngouabi
  • Ouverture du procès du Cardinal Emile Biayenda
  • Éclaircissement sur la disparition d’Alphonse Massamba-Débat

L’histoire nous enseigne que les trahisons et renversements ne sont pas nouveaux. Rappelons-nous du Burundi : le roi Mwambutsa IV Bangiricenge fut renversé par son propre fils, Ntare V, qui lui-même fut renversé par le colonel Michel Micombero… La méfiance de Sassou Nguesso est peut-être justifiée, mais elle ne saurait excuser l’immobilisme.

L’heure n’est plus aux calculs, mais à l’action. Le peuple congolais a trop souffert. Il est temps d’écrire une nouvelle page de notre histoire.

Modeste BoukadiaLe 15 mars 2025

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