
Tshisekedi et les Intérêts Stratégiques des États-Unis
Par Jawad Salmane, General Manager JS Capital Growth Partners SA.- Investment Fund UBS -LUXEMBOURG – CFO – DGM ABRAHAM’S & INDUSTRY ( USA)
Le président Tshisekedi n’a pas vendu la RDC aux Américains, mais il l’a indéniablement mise au service de leurs intérêts globaux, dans une logique de dépendance et de fragilité assumée. Ce rapprochement s’est cristallisé autour de trois axes majeurs : les ressources minières, la sécurité régionale, et la transition énergétique mondiale.
Premier levier : le sous-sol congolais.
La RDC possède plus de 70 % des réserves mondiales de cobalt, un minerai stratégique pour les batteries électriques. Washington, en pleine guerre technologique avec Pékin, a vu dans la RDC un maillon essentiel de son autonomie énergétique. Tshisekedi a ouvert grand la porte. Des accords ont été signés pour intégrer Kinshasa dans la chaîne de valeur des batteries américano-africaines, présentés comme un progrès. En réalité, ces partenariats offrent aux multinationales américaines un accès sécurisé aux matières premières, pendant que la RDC reste coincée dans un rôle de simple fournisseur brut, sans contrôle réel sur les étapes de transformation.
Le danger d’une course vers Washington
De nombreux pays africains, attirés par la promesse de soutien économique et sécuritaire, se tournent vers Washington, souvent au détriment de leur souveraineté. Je ne peux m’empêcher de penser à un ami, diplomate d’excellence du Kenya dans notre terre, un reflet d’harmonie entre nos nations, tout comme d’autres âmes brillantes d’Afrique, qui tissent des liens d’amitié et de respect à travers nos horizons partagés. Prenons l’exemple du Kenya, qui a récemment signé des accords de coopération militaire avec les États-Unis : cela a suscité des inquiétudes quant à son autonomie décisionnelle. De même, l’Éthiopie, malgré ses efforts pour se moderniser, reste dépendante des aides et des investissements américains, ce qui peut mener à un affaiblissement de sa politique intérieure et extérieure.
Hommage à ma très chère comtesse de Belgique, Lune, amie de qualité
C’est avec une profonde gratitude que je rends hommage à ma très chère comtesse de Belgique, Lune, qui m’a ouvert les portes de l’histoire de son pays. Grâce à elle, j’ai pu découvrir les subtilités de la cour royale, ainsi que sa sensibilité face aux ombres du passé, et à la honte que ressentent certains pour les actes de leurs ancêtres.
En signe de reconnaissance pour son amitié et son ouverture d’esprit, je l’ai invitée à deux reprises au Maroc, désireux de partager avec elle la richesse de notre histoire. Je souhaitais qu’elle découvre nos palais anciens, témoins d’un passé souvent ignoré par la majorité de leurs occupants, mais qui renferment des récits précieux du Maroc.
Un nouveau colonialisme déguisé
L’ère coloniale belge, où la brutalité s’exprimait sans vergogne, a contraint nos frères à travailler des heures innombrables, jusqu’à 48 heures par jour, une façon de décrire l’impossible, sous la menace de mutilations atroces de leurs mains et de leurs pieds. Le règne de Léopold II a laissé des cicatrices indélébiles dans l’âme de notre peuple, des souvenirs si douloureux qu’ils semblent résonner à travers les générations. Quelle tragédie, mes frères, de porter ce fardeau, de vivre avec le poids d’un oubli générationnel qui est tout simplement intolérable !
Cet hommage est également un appel à la réflexion, à la réconciliation et à la compréhension mutuelle entre nos peuples, pour que l’histoire ne soit pas seulement une suite de souffrances, mais aussi une opportunité d’apprentissage et de progrès commun.
Je m’élève aujourd’hui, non seulement au nom de mes ancêtres, mais aussi pour honorer la pureté de notre humanité, un héritage dont je suis profondément fier. Ce cri est le cri de ceux qui ont souffert, de ceux dont les voix ont été étouffées par l’oppression. Il est temps que nous nous souvenions, que nous rendions hommage à leur lutte, et que nous nous engagions à ne jamais laisser de telles atrocités sombrer dans l’oubli.
Aujourd’hui, les puissances occidentales utilisent des promesses de développement et d’investissement pour maintenir leur influence. En Afrique subsaharienne, des projets d’infrastructure financés par des entreprises américaines ou européennes profitent souvent à une élite locale, tandis que la majorité de la population reste dans la pauvreté. Ce modèle, bien qu’apparemment prometteur, reproduit une dépendance à long terme, semblable à celle vécue durant la période coloniale.
La place des rêves des peuples africains
L’Union africaine, bien qu’elle représente un potentiel pour l’unité des pays africains, peine à réaliser les aspirations de ses citoyens. Les rêves de prospérité et de coopération sont souvent étouffés par des luttes internes et des influences extérieures. Les initiatives de développement restent souvent superficielles et déconnectées des réalités quotidiennes des populations.
La guerre économique et commerciale
Le continent africain devient un terrain de jeu pour les grandes puissances, où la guerre économique et commerciale commence à diviser davantage les nations. Les rivalités entre les États-Unis, la Chine et d’autres acteurs étrangers risquent de provoquer une instabilité politique accrue, rappelant les divisions coloniales du passé, où les intérêts étrangers prenaient le pas sur les besoins des populations locales. Le théâtre dans une autre forme vient de commencer….
A suivre pour la deuxième partie
JAWAD SALMANE

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