
Construisons ensemble la République
Par Modeste Boukadia, Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo – Le 02 juin 2025 – 23:13
Je souhaite clarifier une position qui ne doit plus faire l’objet d’aucune interprétation : mon objectif est l’Union nationale, fondement indispensable à la construction d’une Nation pour tous.
Une Nation inclusive, unie au-delà des appartenances ethniques, tribales ou régionales. Une Nation bâtie sur une décentralisation administrative et financière réelle, où chaque région serait placée sous l’autorité d’un gouverneur élu démocratiquement.
L’unité nationale que je défends repose sur la reconnaissance de chacun dans la République. Elle vise à éradiquer le tribalisme, ce fléau qui a profondément fragilisé notre pays.
Le Président Denis Sassou Nguesso doit comprendre ce message sans détour ni déformation.
Dans ce contexte, les initiatives visant à rapprocher M. Frédéric Bitsangou, dit « Pasteur Ntoumi », de M. Isidore Mvouba sont non seulement inopportunes, mais potentiellement dangereuses pour l’équilibre national.
Rappelons que M. Mvouba a lui-même affirmé : « Le sang qui coule dans mes veines est le même que celui de Denis Sassou Nguesso ». Il leur appartient donc, à eux deux, de définir ensemble les modalités d’une transition politique apaisée.
Quant à M. Frédéric Bitsangou, ma position reste inchangée depuis notre échange de 2012 à l’issue des élections législatives : « Nzila Mayama, nzila ya bouwouayi, nzila ya boutsana… Na woua didi ya ngoumbi nsinga woua tamboukidi mou nzadi ; ka na didiani ko nsinga woua taboukidi mou nzadi ! » (La route de Mayama est jonchée de cadavres, de pleurs et de sang…) – Il ne saurait être question de confondre les responsabilités ni de travestir les rôles dans cette étape cruciale de notre histoire.
Ce que nous voulons, c’est l’apaisement. Sans revanche, sans chasse aux sorcières.
Il est donc de la responsabilité du ministre de l’Intérieur, M. Raymond Zéphyrin Mboulou, de garantir la sécurité de tous les Congolais et la tranquillité publique, dans un esprit de concorde nationale.
L’histoire nous enseigne. L’Afrique du Sud a su gérer avec intelligence et dignité sa période de transition, grâce à des hommes comme Nelson Mandela, Frederik Willem de Klerk et même Pieter Willem Botha. Le président Pinochet, lui, est mort dans son lit. C’est dire que les transitions peuvent se faire sans fracas, lorsque l’intérêt supérieur du peuple prime sur les intérêts de clans.
Par ailleurs, nous aspirons à maintenir et à entretenir des relations diplomatiques saines, sans l’ombre d’un doute, avec la France, dans le respect mutuel de notre histoire commune intense, pour construire un avenir fondé sur la confiance et la réciprocité entre nos deux peuples.
Enfin, nous mettrons un accent fort sur la désimmigration, comme levier de renforcement de la coopération. Une coopération ambitieuse, dynamique et respectueuse, car les jeunes formés à l’étranger sont appelés à devenir les artisans d’un nouveau partenariat entre l’Europe et l’Afrique — entre la France et le Congo.
Modeste Boukadia
Le 2 juin 2025 – 23h13, réactualisé le 3 juin 2025 – 05h23
