
Denis Sassou Nguesso : vers un suicide politique en 2026 ?
Par Tom Melvin BAIKI – Le 11 juin 2025 – 20h20
À l’approche d’une échéance électorale contestée en 2026, le régime de Denis Sassou Nguesso vacille. Le clan présidentiel se fracture entre partisans de l’ouverture et tenants de la confrontation. Après une visite officielle calamiteuse à Paris, le chef de l’État congolais s’avance dangereusement vers une impasse politique majeure. Entre isolement diplomatique, tensions internes et risque d’explosion populaire, persister à vouloir prolonger son règne pourrait précipiter sa chute de manière brutale, entraîner l’effondrement d’un système à bout de souffle, et faire vaciller la France elle-même, rattrapée par les effets de ses compromissions en Afrique centrale. Dans un contexte sous-régional en pleine mutation, seule une transition politique apaisée peut permettre la restauration de l’État et la reconstruction de l’Union nationale. — Modeste Boukadia
Si Sassou Nguesso s’entête à briguer un nouveau mandat en 2026, il risque en effet un suicide politique. Pas nécessairement au sens physique, mais dans le sens où il pourrait sceller lui-même la fin de son système et de son héritage, en déclenchant un soulèvement qu’il ne pourra plus maîtriser. Le contexte actuel est très différent de celui des années 1990, 2002 ou même 2016. La montée des sentiments anti-France, la fin de la tolérance des peuples africains envers les régimes prédateurs, et l’éveil des opinions publiques dans la sous-région, créent une situation explosive.
Plusieurs hypothèses réalistes peuvent en découler si Sassou s’obstine :
- Un isolement diplomatique progressif, notamment avec des pays africains qui se détachent ouvertement des régimes néocoloniaux. Même la France pourrait à terme se désolidariser discrètement pour éviter de perdre ses intérêts régionaux face à la poussée russe, chinoise ou turque.
- Une implosion interne : le clan Sassou, les milieux sécuritaires et les réseaux économiques internes pourraient se diviser, certains cherchant à préserver leurs intérêts en lâchant le chef pour éviter la colère populaire et un chaos incontrôlable.
- Un soulèvement populaire incontrôlable : si la contestation s’enracine dans les quartiers populaires, dans la diaspora et dans l’armée, Sassou pourrait déclencher, sans le vouloir, le même scénario que Compaoré au Burkina ou Mobutu au Zaïre.
Dans tous les cas, s’entêter à organiser une présidentielle en 2026 sans ouvrir une transition réelle serait suicidaire pour lui, son clan et le système PCT. Il risque d’être l’homme qui aura signé la fin de son propre règne et d’un modèle politique que l’Afrique de l’Ouest et Centrale rejette désormais avec virulence.
La seule voie de salut pour lui serait de sortir par le haut, en acceptant une Transition Politique Apaisée, mais ce choix demande du courage et de la lucidité ; qualités qu’il a rarement démontrées quand il s’agit de sauver le pays.
Tom Melvin BAIKI – Le 11 juin 2025 – 20h20
