
« Les morts ne parlent pas », aime à répéter Denis Sassou Nguesso. Mais les vivants, eux, exigent des comptes.
Depuis le génocide du Pool jusqu’aux crimes d’Ikongono, les responsabilités sont connues. Le 17 juillet 2025, trois questions précises ont été posées à Denis Sassou Nguesso. À ce jour, silence total. Ce mutisme n’efface pas les faits : il les aggrave. Il faudra bien qu’un procès ait lieu, à l’image de Nuremberg, car il n’y aura pas de paix sans justice. La seule issue pour le Congo reste la Transition Politique Structurelle Apaisée : TPSA décliné en ToPeSA. »
Dans mon article du 17 juillet 2025 intitulé :
« Un peuple qui oublie son histoire est condamné à la revivre sans fin… »,
j’ai posé trois questions précises et directes à Monsieur Denis Sassou Nguesso, auxquelles il n’a, à ce jour, jamais répondu.
Ces questions sont les suivantes :
1. Monsieur Denis Sassou Nguesso,
Y a-t-il eu un procès pour annuler votre propre décision d’engager les mercenaires de la société française Aurel Technologies avec pour mission :
« Capturer mort ou vif Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntoumi » ?
Cette opération secrète, confiée à d’anciens militaires français, s’est déroulée sous votre autorité directe. Les faits sont bien documentés.
2. Comment expliquez-vous qu’un homme officiellement recherché « mort ou vif » par vos propres services puisse, dans le même temps, être candidat à une élection présidentielle dans le pays même où il est censé être capturé ?
3. Pourquoi les partis historiques comme le RDD de Joachim Yhombi-Opango et le PSDC, créés dès 1990 avant la Conférence Nationale Souveraine, sont-ils interdits de présenter des candidats à cette parodie d’élection, alors que le CNR, responsable d’exactions dans le Pool, peut, lui, présenter un candidat toujours recherché par les services français et congolais ?
Ces trois questions restent, à ce jour, sans réponse.
Ni Denis Sassou Nguesso, qui avait personnellement commandité cette opération visant à « capturer mort ou vif Frédéric Bintsamou », ni Frédéric Bintsamou lui-même, sur qui continue de courir ce mandat, n’ont daigné apporter le moindre éclaircissement.
Dès lors, devons-nous comprendre que le génocide commis dans le Pool a été l’œuvre conjointe de ces deux hommes : Denis Sassou Nguesso et Frédéric Bintsamou ?
Et puisque Denis Sassou Nguesso répète souvent :
« Ce que je fais, c’est parce que la France me le demande »,
faut-il en conclure que cette tragédie du Pool a été commanditée ou couverte par la France ?
Est-ce pour cela que Denis Sassou Nguesso a choisi une société française, Aurel Technologies, pour mener cette opération, en ordonnant d’« éliminer ou capturer » Pasteur Ntoumi ?
Est-ce aussi pour cela qu’il se plaît à rappeler cyniquement :
« Les morts ne parlent jamais » ?
Qu’à cela ne tienne, disons-le sans détour : les donneurs d’ordre comme leurs exécutants, tous ceux qui se sont rendus complices des crimes d’Ikongono et du Pool, seront traduits en justice. Ce ne sera pas un simple vœu pieux, mais une exigence historique. À l’image du Tribunal de Nuremberg, qui a jugé les crimes contre l’humanité après la Seconde Guerre mondiale, un procès aura bien lieu.
C’est pourquoi, quoi qu’on en dise, la seule issue pour le Congo reste la Transition Politique Structurelle Apaisée, déclinée en ToPeSA : donnons au Congo la TPSA. »
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Le 21 juillet 2025 – Le 21 juillet 2025 – 16h06

Président,
Vous avez frappé très fort, et avec raison.
On ne peut prétendre apporter une véritable résolution de paix à travers une Transition Politique Structurelle et Apaisée (TPSA) sans appliquer la justice.
Même l’Afrique du Sud, dans son processus de réconciliation nationale après l’apartheid, a su conjuguer pardon et vérité. La justice a été rendue, des criminels ont été jugés, car le pardon ne peut exister sans reconnaissance des fautes et réparation.
Il ne peut y avoir de paix durable sans justice.
Dans notre pays bien-aimé, la justice doit être la seule règle à appliquer.
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Cher Monsieur Tom Melvin,
Je vous remercie pour votre message, à la fois lucide et engagé. Vous avez raison de rappeler que l’objectif de la Transition Politique Structurelle Apaisée (TPSA) ne saurait être atteint sans le langage de la vérité, de la justice et de la fermeté. Ce sont là les fondations indispensables pour bâtir une paix durable.
Cela dit, il est important de rappeler que le temps politique et le temps judiciaire sont distincts, même s’ils sont liés. L’action prioritaire aujourd’hui doit être politique : il s’agit de créer les conditions d’un cadre structuré, apaisé et souverain – la TPSA – où les responsabilités pourront être clarifiées, les fautes reconnues, et la justice entamée dans l’ordre républicain.
Vouloir inverser ce processus, c’est risquer de maintenir le pays dans l’enlisement, voire d’attiser les tensions et les règlements de comptes improvisés. Or, notre devoir à tous est de sortir de ce chaos prolongé en posant les bases d’une reconstruction collective, rationnelle et partagée.
Vous avez évoqué, à juste titre, le cas de l’Afrique du Sud. C’est précisément cet esprit que nous souhaitons insuffler à travers la TPSA : celui d’une démarche politique courageuse, où les acteurs concernés – y compris ceux de la classe politique congolaise qui portent une part de responsabilité dans la situation actuelle – sont appelés à faire amende honorable, comme cela s’est fait ailleurs. Pourquoi ce qui a été possible au Chili, au Ghana ou en Afrique du Sud, serait-il impossible au Congo-Brazzaville ?
La vérité, la justice et le pardon sont indissociables, mais ils doivent émerger dans un cadre sécurisé, légitime et apaisé. C’est à cela que nous travaillons, avec détermination.
Avec toute mon amitié et ma confiance renouvelée,
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
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