FORCES DE SOUVERAINETÉ | Armée, Gendarmerie et Police : le serment se fait sous le drapeau national

FORCES DE SOUVERAINETÉ | Armée, Gendarmerie et Police : le serment se fait sous le drapeau national

À la suite de son interrogation publique sur l’existence réelle des forces de souveraineté au Congo, Modeste Boukadia ouvre une réflexion de fond sur le sens du serment républicain, le rôle de la Police, de la Gendarmerie et de l’Armée, et la nécessité urgente de refonder des institutions de sécurité au service exclusif de la Nation, du droit et du peuple congolais.

À la suite de l’interrogation que j’ai exprimée publiquement le 13 janvier 2026« Y a-t-il encore des forces de souveraineté au Congo ? » — j’ai choisi de me tourner vers celles et ceux qui, hier, ont exercé de hautes responsabilités au sein de la Police congolaise, jusqu’à en faire une institution respectée, crédible et au service de la République.

Il est désormais impératif de penser l’avenir, de réfléchir lucidement à ce que doit être demain cette institution essentielle, auxiliaire de la justice par le droit. La Police ne se fonde ni sur la peur ni sur la brutalité. Elle repose sur trois piliers indissociables : la science, le droit et la légalité. C’est à cette condition que la sécurité de la population peut être assurée de manière impartiale, professionnelle et républicaine.

C’est dans cet esprit que je partage ici l’expertise reçue ce jour, 14 janvier 2026, de l’un de ces grands serviteurs de l’État, ancien officier de la Police nationale, dont je tais volontairement le nom, mais que beaucoup sauront reconnaître. Son témoignage et son analyse constituent une contribution précieuse au débat sur la refondation de nos institutions de sécurité.

Après la formation commune de base, et lors du port des grades au sein de la Force publique — Armée, Gendarmerie et Police — le serment se prête sous le drapeau national. Ce moment solennel incarne l’engagement suprême : servir la Nation, et non un régime ou un homme.
La Constitution elle-même reconnaît le droit — et parfois le devoir — de désobéir à des ordres manifestement contraires à l’unité nationale et à l’intérêt supérieur du peuple. Une armée, une police ou une gendarmerie qui renonce à ce serment cesse d’être une force républicaine et se transforme en milice.

Lorsque, parallèlement, le Parlement ne parvient plus à assurer le contrôle de l’action gouvernementale et le bon fonctionnement des institutions, le pays bascule vers un régime tyrannique. Dans de telles circonstances, la Force publique devrait rester le dernier rempart, la digue républicaine lorsque tout vacille.

Par essence, la Police est auxiliaire de la justice. C’est pourquoi la formation en droit, en techniques scientifiques d’enquête et en gestion républicaine de l’ordre public est fondamentale. Elle doit primer sur une logique de militarisation excessive et de formation exclusivement commando. Certes, face aux menaces terroristes, des unités spécialisées sont nécessaires. Mais elles ne sauraient définir à elles seules l’identité d’une Police nationale.

Une Police digne de ce nom est un bouclier pour la paix, pour les droits et les libertés des citoyens. Les commissaires de police sont les collaborateurs directs des procureurs de la République, et l’évolution de leur carrière dépend aussi de cette relation institutionnelle.
Dès lors, une question centrale s’impose : la Police congolaise est-elle encore un instrument de paix, ou est-elle devenue complice de la tyrannie ?

Les éléments apportés par le Colonel constituent une base solide pour repenser non seulement la Police, mais également les Forces armées et la Gendarmerie. Il insiste notamment sur la nécessité de former les futurs policiers aux méthodes scientifiques de recherche de la preuve, à la vérification de la légalité des ordres reçus, afin qu’ils puissent exercer sereinement leur mission première : la sécurité de la population.

Il est tout aussi essentiel d’éviter une Police élitiste ou régionalisée. Elle doit être ouverte à toutes les catégories sociales et à toutes les régions du Congo, afin de renforcer le sentiment d’appartenance nationale chez les futurs policiers, militaires et gendarmes.

Le serment prêté sous le drapeau national doit permettre aux policiers, gendarmes et soldats de retrouver confiance, dignité et sérénité dans l’exercice de leurs missions régaliennes, sans jamais être contraints, explicitement ou implicitement, de se mettre au service de tel ou tel homme politique, mais uniquement au service de la République et des citoyens congolais.

Je remercie sincèrement le Colonel qui a accepté de répondre à cette interrogation. J’espère que beaucoup d’autres le feront. Il s’agit d’une œuvre collective, à laquelle je contribue comme élément de centralisation, centre d’union de qui est épars et de synthèse, au service du Congo et dans l’intérêt supérieur du peuple congolais.

Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA, pour la restauration de l’État et l’union nationale
14 janvier 2026

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