CONGO : Quand l’armée cesse d’être républicaine, l’État disparaît

CONGO : Quand l’armée cesse d’être républicaine, l’État disparaît

Les images et témoignages diffusés par ceux-là mêmes qui opèrent dans le Pool lèvent le voile sur une vérité longtemps niée : les forces engagées ne relèvent pas d’une armée nationale régulière, mais d’un dispositif paramilitaire agissant hors de tout cadre républicain. Cette dérive, issue du coup d’État du 5 juin 1997 et de ses complicités historiques, explique l’effondrement de la chaîne de commandement, la montée de l’impunité et l’insécurité chronique qui frappe les populations civiles. Face à cette faillite de l’État, la Transition Politique Structurelle Apaisée (ToPeSA) s’impose désormais comme la seule voie crédible pour restaurer l’autorité républicaine, garantir la sécurité des Congolais et refonder la Nation dans l’unité et sans esprit de revanche.

Sur la nature réelle des forces armées engagées dans l’insécurité du pays et les responsabilités historiques

Lorsque des individus envoyés dans la région du Pool reconnaissent eux-mêmes — à travers des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, où ils vont jusqu’à revendiquer leurs œuvres criminelles — ne pas être des bérets noirs, donc ne pas appartenir à une unité militaire régulière, une vérité éclate au grand jour. Celle que je dénonce depuis longtemps : au Congo, ce qui est présenté comme une armée nationale fonctionne en réalité comme une milice.

Les FDP-FDU, placées sous l’autorité du commandant en chef, le général des armées Denis Sassou Nguesso, n’apparaissent plus comme une force républicaine structurée, soumise à des règles et à une discipline institutionnelles, mais comme un dispositif paramilitaire opérant en dehors des normes militaires classiques. Cette dérive explique pourquoi ces forces peuvent être assimilées à des mercenaires, au service d’un pouvoir politique et non de la Nation.

Dans ce contexte, le silence assourdissant des prétendues « forces de souveraineté » face aux crimes imputés à la DGSP n’a rien d’étonnant. Cette dernière s’arroge désormais des prérogatives qui relèvent normalement du champ politique et du commandement militaire régulier des FAC. Cette confusion délibérée des rôles, entretenue au sommet de l’État, illustre l’effondrement de la chaîne républicaine de commandement et la disparition de toute séparation claire des responsabilités.

Ainsi, l’escroquerie politique et institutionnelle du 5 juin 1997 se dévoile aujourd’hui sans fard. Ce coup d’État n’a pas seulement interrompu un processus démocratique ; il a engendré un système sécuritaire dévoyé, fondé sur la violence, l’impunité et la peur, au détriment des populations civiles.

Dès lors, une question fondamentale s’impose : la France, qui a soutenu ce coup d’État, avait-elle conscience qu’il ouvrirait la voie à une telle dérive criminelle de l’appareil sécuritaire congolais ?

Face à cette réalité, l’heure n’est plus au déni ni à la résignation. Le Congo ne pourra se relever tant que l’État restera confisqué par des forces qui n’obéissent ni à la loi, ni à la Nation, mais à des intérêts particuliers. Restaurer l’État, c’est d’abord restaurer son autorité légitime, sa chaîne de commandement républicaine et la confiance entre les citoyens et les institutions.

C’est précisément le sens de la Transition Politique Structurelle Apaisée. ToPeSA n’est ni une manœuvre politique de plus : c’est une exigence historique, une nécessité vitale pour sortir le pays de l’impasse, refonder la République et garantir enfin la sécurité des Congolais et de leurs biens, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.

J’en appelle à la responsabilité de chaque Congolaise et de chaque Congolais, en particulier à la jeunesse, longtemps sacrifiée mais toujours debout. L’avenir ne se construira ni dans la peur, ni dans la vengeance, mais dans l’unité nationale, la justice et la vérité.

ToPeSA sera une transition sans chasse aux sorcières ni règlements de comptes, car le Congo nouveau ne se bâtira pas contre les Congolais, mais avec eux.

Car si nous ne prenons pas en main notre destin aujourd’hui, qui le fera à notre place ?

Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
15 janvier 2026

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