
CEMAC en crise, Congo en suspens : quand le flou politique évince la souveraineté populaire
Alors que la zone CEMAC traverse une crise financière majeure et que le risque de dévaluation du FCFA se précise, le Congo s’enlise dans un flou politique. Entre ambiguïtés du discours, confusion des pouvoirs et mise à l’écart du peuple souverain, Denis Sassou Nguesso révèle ses limites et tend vers une concentration du pouvoir quasi impériale. Face à cette situation, une lecture politique et institutionnelle rigoureuse s’impose qui montre que ToPeSA est la seule voie crédible pour restaurer l’État, rétablir la responsabilité publique et replacer le peuple au cœur du jeu démocratique.
Pendant que la zone CEMAC se trouve au bord de la cessation de paiement, fragilisée notamment par les dérives financières du Congo, Denis Sassou Nguesso s’offre le luxe d’une formule ambiguë : « Je fais acte de candidature ».
Une déclaration qui interroge. Pour quel projet ? Pour rapatrier les fonds, comme le recommande le FMI afin d’éviter une dévaluation du FCFA dans l’espace CEMAC ? Non. Tout indique qu’il s’agit avant tout de conserver le pouvoir, dans une logique de continuité personnelle, au bénéfice d’un cercle restreint appelé à en hériter.
« Je suis candidat » ou « Je fais acte de candidature » : une nuance lourde de sens
En politique, les mots engagent. Dire « Je suis candidat », c’est assumer une décision personnelle, reconnaître des adversaires, accepter le verdict des urnes et consacrer le peuple comme arbitre souverain.
À l’inverse, « Je fais acte de candidature » relève d’un registre administratif et procédural : une formule froide, qui évacue l’essence même du débat démocratique et met à distance le citoyen.
Les conseillers – congolais comme étrangers – qui entourent Denis Sassou Nguesso auraient dû mesurer la portée de cette expression qui place Denis Sassou Nguesso en empereur. À défaut, ils l’ont conduit à une impasse politique majeure : celle d’une déclaration qui neutralise le peuple en le mettant en congé et donc vide l’élection de sa substance. Cette expression invite le peuple à ne pas aller voter dès lors qu’il est exclu du jeu démocratique.
Quand le flou électoral crée la confusion institutionnelle
Ce glissement s’est traduit par une situation pour le moins préoccupante : plusieurs ministres ont été nommés membres d’un staff de campagne… d’un candidat qui ne s’est jamais déclaré formellement.
Avec quel candidat ce dispositif a-t-il été mis en place ?
Résultat : un État sans gouvernance claire, des ministres à la fois juges et parties, et des frais de campagne assumés par le Trésor public. Une telle confusion des rôles est incompatible avec une République. Elle ne peut s’expliquer que dans un système où le pouvoir n’est plus soumis au contrôle populaire.
Dès lors, deux options s’imposent logiquement :
- soit assumer clairement un pouvoir personnel affranchi du jeu démocratique en se déclarant officiellement empereur,
- soit rétablir l’ordre républicain en séparant strictement fonctions gouvernementales et activités politiques.
Une urgence économique qui ne permet plus l’approximation
Au-delà du débat institutionnel, la réalité économique est implacable. La zone CEMAC est sous tension. Le Congo n’inspire plus confiance aux bailleurs. Les recommandations du FMI sur le rapatriement des fonds sont ignorées. Si rien n’est fait, la dévaluation du FCFA n’est plus une hypothèse théorique, mais un risque concret aux conséquences sociales lourdes.
Dans ce contexte, l’improvisation politique et le flou institutionnel ne sont plus tenables.
ToPeSA : remettre le peuple au centre du jeu
Face à cette crise multidimensionnelle – politique, institutionnelle et économique – une seule voie sérieuse se dessine : ToPeSA.
Une démarche assumée, claire, et fondée sur un principe simple : le peuple comme acteur central, l’État restauré dans son autorité, et la responsabilité publique rétablie.
C’est à cette condition que le Congo pourra sortir de l’impasse actuelle et contribuer à la stabilité de la CEMAC, au lieu d’en être l’un des principaux facteurs de fragilisation.
Modeste Boukadia
Initiateur de ToPeSA
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
09 février 2026 – 10h47 – Mis à jour le 09/02/2026 – 13:07
