
15 mars 2026 : après l’auto-proclamation, un système à nu
Après que Denis Sassou Nguesso s’est proclamé réélu, le Congo se trouve à un carrefour décisif. Pour éviter un naufrage irréversible et offrir un avenir digne à la jeunesse, il est urgent de bâtir une transition nationale, de renforcer l’union du peuple et d’engager une véritable relance économique.
Et après ?
L’après commence ici et maintenant. La dignité ne s’attend pas, elle se conquiert. Le temps n’est plus à l’attentisme. Le moment d’agir pour le Congo est arrivé, pour transformer cette crise en une opportunité historique de renaissance nationale, fondée sur l’union, la responsabilité et le courage.La réalité s’impose désormais avec brutalité : le système vacille, y compris parmi ses soutiens historiques. La crédibilité politique s’effondre, tandis que l’économie encaisse un choc majeur. Les coupures d’internet, d’électricité et d’eau, survenues lors de ce qui a été présenté comme une élection, ont aggravé une économie déjà fragilisée, plongeant ménages et petits acteurs économiques dans des pertes immédiates et profondes.
Dans le même temps, la jeunesse paie le prix le plus lourd. L’« année de la jeunesse » s’est transformée en une jeunesse sacrifiée, sans emploi, sans perspective, trop souvent réduite à survivre dans les marges d’un système qui l’exclut en devenant des « simba sacs » (porteurs de cartable de billets de banque de ceux qui les réduisent en esclavage).
Les signaux économiques viennent confirmer cette dérive. Ils se sont notamment aggravés à la suite des coupures des communications électroniques, dont notre compatriote Alphonse Ndongo, journaliste économiste, a analysé les conséquences dans sa chronique « Les pertes occasionnées par les coupures de communication ».
Dans le même sens, Hervé Mahicka, de l’Université Populaire, alerte avec clarté :
« … fermer internet a des conséquences graves ; c’est un signal envoyé au monde pour dire qu’il ne faut pas venir investir dans ce pays… ».Ces prises de position traduisent une réalité préoccupante : au-delà des perturbations immédiates, ces décisions envoient un message négatif aux investisseurs, fragilisent l’économie et détériorent durablement la crédibilité du pays.
Les faits viennent le confirmer. Des entreprises françaises, longtemps considérées comme des repères du fonctionnement économique, enregistrent des reculs significatifs de leur activité au moment même de l’auto-proclamation. Ce signal est sans équivoque : il est fort, clair, et porteur de sens.
Dès lors, une question fondamentale se pose : pourquoi avoir procédé à ces coupures, alors même que des engagements avaient été pris pour les éviter, comme en témoignent les notes de service émises en ce sens ?
Alors que des démentis gouvernementaux disaient le contraire à la suite d’une note massivement publiée sur les réseaux ?
Quel danger réel justifiait une telle décision au nom de la sécurité ?
Rien, sinon une mesure aux conséquences lourdes pour le pays.Car au lieu de protéger la nation, ces coupures ont surtout contribué à :
- perturber l’activité économique,
- pénaliser les entreprises et les commerçants,
- plonger les citoyens dans des difficultés inutiles,
- et affaiblir davantage l’image du Congo à l’international.
Ainsi, loin d’être neutre, cette décision apparaît comme un facteur aggravant d’une crise déjà profonde, dont le coût est, une fois encore, supporté par le peuple congolais.
À travers lui, chacun doit entendre ce qu’exprime, en creux, le partenaire historique : un fiasco.
Ce constat ne fait que confirmer ce que le peuple congolais exprime déjà avec lucidité : une perte de confiance généralisée, profonde et durable, envers un système à bout de souffle.
Un fiasco politique aux conséquences économiques
Ce qui s’est produit le 15 mars 2026 dépasse le cadre électoral.
- Abstention massive
- Coupures d’internet et de communication
- Auto-proclamation dans un climat de rejet
Une dégradation économique désormais mesurable
Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
De magasins de Grande Distribution de Brazzaville :
- Du 1er janvier au 17 mars 2025 : 302 636 562 F CFA
- Du 1er janvier au 17 mars 2026 : 121 721 079 F CFA
Soit une baisse de -13,42 % en un an.
Sur une base annuelle :
- Grande Distribution (2025) : environ 11 milliards F CFA
- Grande Distribution (2025) : environ 4 milliards F CFA
Un écart de -7 milliards F CFA, révélateur d’un déséquilibre économique profond et d’un affaiblissement inquiétant d’un pôle stratégique comme Pointe-Noire.
Ce signal économique ne peut être ignoré. Il traduit une contraction de la consommation, un affaiblissement du tissu économique et une défiance croissante des acteurs.
Mais au-delà de ces chiffres, une autre réalité doit être posée avec lucidité : celle des distorsions structurelles du marché.
À Pointe-Noire, souvent présentée comme un pôle stratégique lié aux intérêts économiques étrangers, notamment français, le secteur de la grande distribution est aujourd’hui largement dominé par des réseaux commerciaux étrangers (indiens, pakistanais, libanais). Ceux-ci évoluent dans un environnement marqué par des avantages fiscaux et douaniers opaques, fréquemment perçus comme disproportionnés, au détriment non seulement des opérateurs nationaux, mais aussi de certains acteurs économiques historiques comme la France. Surtout que ces réseaux commerciaux étrangers sont dominés par des organisations terroristes islamistes comme le Hamas, le Hezbollah et les Houthis du Yémen ce qui a valu au Congo d’être inscrit sur le liste noire des États-Unis.
Cette situation alimente un sentiment profond d’injustice et de déséquilibre, dans un contexte où les règles du jeu économique semblent ne plus être les mêmes pour tous. Elle soulève également des interrogations persistantes sur la transparence des circuits commerciaux et financiers, dans un environnement international de plus en plus exigeant en matière de traçabilité et de régulation.
Ces perceptions, largement partagées dans l’opinion, contribuent à fragiliser l’image du Congo sur la scène internationale et à nourrir la défiance des partenaires économiques.
Dès lors, une question politique majeure se pose : quel modèle de développement est aujourd’hui proposé au peuple congolais ?
Et au-delà, quelle vision les partenaires internationaux, notamment la France et son président Emmanuel Macron, entendent-ils soutenir dans un pays en quête de souveraineté, d’équité et de justice économique en apportant leur soutien à Denis Sassou Nguesso rejeté par la population ?
Cette interrogation renvoie à une question plus profonde encore : celle du sens de l’État, de la protection des intérêts nationaux et du respect des équilibres culturels et historiques du Congo, hérités notamment des premières heures de son indépendance sous Fulbert Youlou.
Face à la montée en puissance de réseaux commerciaux étrangers dans le secteur de la grande distribution, dont certains sont perçus comme liés à des sphères d’influence religieuses ou idéologiques, de nombreux acteurs économiques locaux dénoncent :
- des exonérations douanières étendues,
- une opacité dans certains mécanismes de régulation économique,
- des distorsions de concurrence persistantes,
- un accès inégal aux circuits d’importation et de distribution
- des abattements exceptionnels,
- et des relations privilégiées avec certains cercles du pouvoir, créant une concurrence profondément déséquilibrée.
Cette perception d’un système à deux vitesses s’étend également à une partie des circuits d’importation, où certains opérateurs bénéficieraient de protections informelles, renforçant le sentiment d’injustice économique largement partagé au sein de la population.
Dans ce contexte, des interrogations persistent aussi sur la traçabilité de certaines activités commerciales, notamment dans les secteurs de l’hôtellerie, de la distribution et des services, où l’absence de régulation stricte alimente les soupçons de dérives (fraude, économie parallèle, activités illicites : prostitution et drogue).
Un système économique déséquilibré
Ce climat fragilise durablement l’économie nationale :
- il décourage l’investissement local,
- il pénalise les commerçants congolais,
- et il alimente une perte de confiance généralisée dans les règles du jeu économique.
Ce signal économique ne peut être ignoré. Il traduit une contraction de la consommation, mais aussi une crise de gouvernance économique, où l’équité, la transparence et la régulation ne sont plus garanties.
Le coût réel pour le peuple
Mais au-delà des chiffres, il y a la réalité humaine.
Chacun doit mesurer l’ampleur des répercussions sur les ménages, les petits commerçants, les acteurs des marchés de proximité, notamment lors des coupures d’Internet et d’électricité.
Derrière ces décisions, une réalité s’impose :
- des chaînes de froid brisées,
- des denrées périssables détruites,
- des revenus anéantis en quelques heures.
Combien de chiffres d’affaires ont été perdus ?
Combien d’activités paralysées ?
Combien de familles plongées dans l’incertitude ?
Ces pertes constituent le coût réel, payé par le peuple, d’une opération de maintien au pouvoir conclue par une auto-proclamation à 94,82 %, accompagnée d’une satisfaction personnelle affichée, sans considération pour le désastre économique et humain ainsi provoqués.
Elles traduisent une contraction brutale de l’activité économique sur l’ensemble du territoire, ainsi qu’une fragilisation inquiétante de pôles pourtant stratégiques, à l’image de Pointe-Noire, cœur économique du pays.
Un signal d’alerte politique et économique
Ce signal économique ne peut être ignoré. Il est concret, chiffré, vérifiable.
Il traduit une réalité plus profonde : une contraction de la consommation, une perte de dynamisme économique et une défiance croissante des acteurs.
Chacun doit comprendre ce que cela signifie réellement : au-delà des discours officiels, c’est un désaveu silencieux mais puissant du système en place.
Ce constat rejoint ce que le peuple congolais exprime depuis longtemps : une perte de confiance généralisée, qui touche désormais non seulement le champ politique, mais aussi le cœur même de l’économie.
➡️ Le résultat : un fiasco politique devenu crise économique et institutionnelle.
Le monde observe. Le monde analyse.
La vidéo « Pétrocratie Congo : 52 % de pauvreté malgré la richesse, une dynastie capte la rente », diffusée immédiatement après la confirmation du maintien de Denis Sassou Nguesso au pouvoir, a posé un diagnostic sans complaisance.
Elle met en lumière une réalité profonde : celle d’un système fondé sur la captation des ressources, au détriment du développement économique et social du pays.
Ce travail d’analyse a le mérite de révéler les contradictions d’un modèle porté par le PCT, censé valoriser le travail comme levier de prospérité, mais dont les résultats exposent, au contraire, les limites et les incohérences.
Un pays pétrolier à bout de souffle
Le Congo illustre aujourd’hui les limites d’un modèle PCT :
- richesse pétrolière concentrée entre les mains du clan-PCT
- pauvreté massive (52 % de la population)
- jeunesse exclue (chômage élevé)
➡️ La rente ne développe pas.
Elle confisque.
Une jeunesse sacrifiée, un avenir confisqué
Le paradoxe est brutal :
- une majorité de jeunes dans la population (60 % de la population ont au moins 25 ans).
- un système qui les exclut durablement.
Une jeunesse nombreuse ne signifie pas une jeunesse au pouvoir.
Pas plus qu’elle ne garantit une jeunesse libre de son destin. L’attentisme de cette jeunesse, soumise à la bière frelatée et à la drogue, continue sa perte. Combien de fois, des jeunes instruits, porteurs de diplômes, n’ont-ils pas capitulé, devenant les serviteurs zélés de ceux du système, incapables de rivaliser par leurs seules compétences ? On les a rendus esclaves pour qu’ils obéissent.
Aussi, quand l’avenir est bloqué,
quand l’emploi est inaccessible,
quand les rêves sont étouffés,
la jeunesse subit.
Alors la jeunesse se retrouve prisonnière d’un cercle vicieux où la révolte est remplacée par la résignation.
Mais il existe une voie de sortie : celle de la conscience collective et de l’action organisée. Une jeunesse qui se libère commence par se connaître, se former, et s’unir autour d’objectifs clairs et ambitieux. C’est dans cette mobilisation que naît le pouvoir réel, celui qui ne s’achète pas, qui ne se mendie pas, mais qui se conquiert.
➡️ C’est une confiscation générationnelle de l’avenir.
Un système verrouillé, une République fragilisée
Ce modèle produit :
- concentration du pouvoir
- logique de succession fermée
- affaiblissement des institutions
➡️ Le risque : une transformation de la République en système patrimonial.
La responsabilité collective, y compris celle de la diaspora
Face à cette situation, une vérité doit être dite :
La diaspora, malgré ses atouts, n’a pas su jouer pleinement son rôle.
- divisions
- absence de stratégie commune
- manque d’organisation
➡️ Une occasion historique a été manquée.
Mais rien n’est irréversible.
Il est encore temps de se ressaisir.
Le 15 mars : un NON historique du peuple
Malgré tout, le peuple a tenu.
Sans violence.
Sans bruit.
Mais avec détermination.
➡️ Il a dit NON.
Ce non est un point de départ, pas une ligne d’arrivée.
Pas une finalité.
ToPeSA : transformer la crise en opportunité
ToPeSA propose une voie claire :
- unir les Congolais
- organiser une transition apaisée
- restaurer l’État
- refonder la République
La clé : une jeunesse engagée et consciente
Aucune transformation ne sera possible sans la jeunesse.
Mais une chose doit être dite clairement :
L’avenir ne se donne pas. Il se conquiert.
Ce n’est pas par l’assistanat,
mais par l’engagement,
par la responsabilité,
par la lutte pour la dignité.
Construire la transition nationale
Le moment est venu :
- de dépasser les divisions
- de rassembler les forces vives
- de structurer une véritable alliance nationale
➡️ Faire du refus une construction politique.
Conclusion : un tournant historique
Le 15 mars 2026 n’est pas une fin.
C’est une révélation.
Révélation d’un système à bout de souffle.
Révélation d’un peuple lucide.
Révélation d’une jeunesse en attente.
ToPeSA
Pour l’union nationale
Pour rendre l’avenir à la jeunesse
Pour la transition
Vers le Congo nouveau
Modeste Boukadia
Initiateur de ToPeSA
Le 21 mars 2026
Mots-clés : Congo 2026, Denis Sassou Nguesso, abstention Congo, crise politique Congo, ToPeSA, transition Congo, jeunesse africaine, pétrocratie, gouvernance Afrique, diaspora congolaise
