
Lettre ouverte à des responsables politiques français : l’exigence de vérité face au drame congolais
Dans un contexte de crise politique aiguë au Congo, marqué par une contestation profonde et de nombreuses interrogations sur les pratiques du pouvoir en place, Modeste Boukadia interpelle publiquement plusieurs responsables politiques français. Il exige transparence, clarification et responsabilité face à des relations jugées ambiguës, qui alimentent incompréhension et défiance. Une lettre ouverte qui pose une question centrale : la France est-elle encore fidèle aux valeurs qu’elle proclame ?
Mesdames, Messieurs,
Je m’adresse à vous sans détour — Claude Chirac, Jean-Louis Borloo, Jacques Godfrain, Bruno Le Roux, Michel Terrot, Michel Roussin, François Loncle, Jean-Michel Fourgous — non pas dans le confort des formules diplomatiques, mais dans l’exigence de vérité que commande la gravité de la situation au Congo.
Car pendant que vous vous taisez, un peuple souffre.
Pendant que des soutiens, directs ou indirects, sont évoqués, une jeunesse est réprimée.
Pendant que des ambiguïtés persistent, la confiance se brise.
Le Congo traverse une crise profonde, marquée par une contestation politique majeure, une abstention électorale massive et des témoignages concordants faisant état de dérives sécuritaires, de violences et d’un usage de la force qui interroge gravement.
Dans ce contexte, votre nom circule.
Votre proximité supposée avec un pouvoir contesté interroge.
Votre silence inquiète.
Alors la question est simple, et elle appelle des réponses claires :
- Quelles sont, précisément, la nature et l’étendue de vos relations avec les autorités congolaises actuelles ?
- À quel titre êtes-vous intervenus, directement ou indirectement, dans des activités en lien avec ce pouvoir ?
- Pouvez-vous affirmer publiquement que ces interventions n’ont donné lieu à aucune contrepartie financière ou avantage quelconque ?
Car au-delà des personnes, c’est une question de principe qui est posée :
peut-on, d’un côté, se réclamer des valeurs de la République française — démocratie, droits de l’homme, État de droit — et, de l’autre, être associé, même indirectement, à des pratiques qui les contredisent ?
L’enjeu n’est pas seulement moral. Il est politique. Il est historique.
Car chaque ambiguïté alimente aujourd’hui un sentiment de défiance,
chaque silence nourrit une lecture de duplicité,
et chaque absence d’explication fragilise un peu plus l’image de la France auprès des peuples africains.
C’est pourquoi nous appelons solennellement à :
- La transparence totale sur les relations entre responsables politiques français et autorités congolaises ;
- L’ouverture, si nécessaire, d’enquêtes indépendantes, afin d’établir les faits et de lever toute suspicion ;
- La clarification publique des responsabilités, dans le respect des principes de l’État de droit.
Si des irrégularités devaient être établies, il serait alors légitime que les conséquences en soient tirées, et que toute ressource indûment perçue soit réorientée vers des priorités vitales pour le peuple congolais — écoles sans équipements, dispensaires sans médicaments, jeunesse sans perspectives.
Par ailleurs, certaines déclarations passées, notamment celles attribuées à Jean-Paul Pigasse évoquant des pertes humaines dans un contexte de crise, ne peuvent rester sans clarification. Elles appellent, elles aussi, un examen sérieux dans un cadre approprié.
Mesdames, Messieurs,
L’histoire observe.
Les peuples jugent.
Et le silence, dans ces moments-là, n’est jamais neutre.
Il vous appartient aujourd’hui de dire clairement où vous vous situez :
du côté des principes que vous revendiquez,
ou du côté des intérêts qui les affaiblissent.
Le Congo n’est pas un terrain d’influence.
C’est un peuple en quête de justice, de dignité et de vérité.
Je vous invite à répondre.
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
Le 31 mars 2026
