
Tout ça pour ça : la Cour constitutionnelle valide la victoire de Denis Sassou Nguesso
Après une abstention massive qui a vidé les urnes de leur sens, la Cour constitutionnelle vient, sans surprise, de valider la victoire de Denis Sassou Nguesso. Une décision qui, loin de clore le débat, ravive une question essentielle : qui porte réellement la responsabilité de la mort progressive de la République congolaise, sika oyo nani a bomi le Congo ?
Tout ça pour ça.
Après tant de tensions, de sacrifices, de désillusions… le verdict tombe, implacable et prévisible : la Cour constitutionnelle valide.
Alors revient, plus lourde que jamais, cette interrogation populaire :
« Sika oyo nani a bomi le Congo ? » — En vérité, qui a tué la République ?
Est-ce la responsabilité de quelques individus, tels qu’Auguste Iloki et Henri Bouka ?
Ou bien celle d’un système, où les institutions, par leurs décisions répétées, finissent par entériner ce que le peuple conteste ?
Car au fond, la vraie question n’est pas seulement celle des noms,
mais celle des actes, des silences… et des validations.
Hier, on nous imposait des réponses toutes faites.
On faisait porter la responsabilité de la mort du Commandant Marien Ngouabi à une communauté : « Bakongo ba bomi Marien ».
Mais dans quel objectif ?
Désigner pour diviser ? Accuser pour mieux régner ? Ou, plus grave encore, préparer l’affaiblissement de la République et l’asservissement du peuple jusqu’à sa mort ?
Comme si l’histoire pouvait se réduire à une accusation simpliste.
Comme si un drame national pouvait être enfermé dans une appartenance.
Aujourd’hui encore, les mêmes mécanismes sont à l’œuvre : désigner, détourner, simplifier — pour éviter de regarder la vérité en face.
À chaque époque, sa chanson.
Mais qui chantera enfin la vérité sur le Congo ?
De la propagande d’hier à la dépendance d’aujourd’hui
Hier, les citoyens étaient contraints de chanter :
« Impérialisme tantu wua nene beto mu kela yandi ma ta ha hembo » / « Impérialisme ezali moninga monene te, tozali kozela yango na bibundeli na maboko »
Traduction :
« L’impérialisme est un grand ennemi, nous l’attendons avec les armes à la main… »
Des slogans répétés sans toujours être compris, mais destinés à forger une conscience collective dirigée.
Aujourd’hui, ironie de l’histoire :
ceux qui dénonçaient hier l’impérialisme français ont désormais le regard tourné vers l’extérieur, vers la France, vers l’Europe, dans l’attente d’un signal.
Un signal pour faire fonctionner la planche à billets, pour maintenir artificiellement un système à bout de souffle, et prolonger une illusion de stabilité.
La paix proclamée, l’immobilisme organisé
Sous Denis Sassou Nguesso, il n’y a jamais de coup d’État.
Il y a la paix — du moins dans tous ses discours.
Mais que vaut une paix sans justice, sans perspectives, sans avenir pour la jeunesse ?
Une paix qui n’est ni construite, ni investie, ni partagée devient une paix d’immobilisme, une paix de résignation.
Le silence comme système de validation
À chaque élection qu’il organise sans la gagner réellement,
les institutions valident.
Et avec elles, les silences s’accumulent.
Le silence des élites.
Le silence des cadres.
Le silence de ceux qui savent, mais ne disent rien.
Car dans ce système, le silence n’est pas neutre : il vaut approbation.
Pendant ce temps, le peuple est distrait :
par la peur,
par la répression,
par les exécutions sommaires dues à la DGSP,
et par des débats instrumentalisés qui éloignent de l’essentiel.
Alors, qui a tué la République ?
La réponse ne peut plus être éludée.
Elle ne se trouve ni dans les simplifications ethniques, ni dans les récits partisans.
Elle se trouve dans l’accumulation des responsabilités,
dans les actes,
mais aussi dans les silences.
Et maintenant ?
Le temps du constat touche à sa fin.
Celui de la responsabilité commence.
Le peuple congolais a déjà envoyé un signal fort : le refus par l’abstention.
Reste à transformer ce refus en projet.
Pour une nouvelle voix, une nouvelle voie
N’y a-t-il pas, parmi nos artistes,
des voix libres et inspirées,
capables de porter une autre chanson ?
Non plus une chanson de propagande,
mais une chanson de vérité, de liberté,
et de renaissance nationale.
Une chanson qui ne cache plus les questions,
mais qui les pose avec courage :
qu’est-il arrivé à notre pays — et comment le relever ?
ToPeSA : la voie de l’après
ToPeSA n’est pas un slogan.
C’est une orientation.
La voie de l’après,
celle de la refondation,
celle d’une transition apaisée, structurée et souveraine.
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
Lundi 31 mars 2026 – 14h45
