
Message au Peuple Congolais
Dans un contexte marqué par une abstention électorale massive et de profondes interrogations sur le fonctionnement des institutions, Modeste Boukadia s’adresse au peuple congolais pour tirer les enseignements de la séquence politique récente. Entre devoir de vérité, mémoire des drames nationaux et appel à la responsabilité collective, ce message pose une question essentielle : comment préparer, dans la lucidité et l’apaisement, l’après pour refonder la République et construire une Nation pour tous ?
Mes chers compatriotes,
Comme vous le savez, le peuple congolais s’est exprimé avec clarté face à l’opération de maintien de Denis Sassou Nguesso au pouvoir : par une abstention massive.
Un choix fort, un signal politique majeur.
Mais ce message a été détourné.
Ce qui relevait d’un rejet silencieux a été transformé en un prétendu plébiscite, que le ministre de l’Intérieur Raymond Zéphyrin Mboulou a présenté comme une réélection.
Cette lecture a été entérinée par les institutions compétentes — la Cour suprême et le Conseil constitutionnel.
Dès lors, cette question, plus lourde que jamais, semble avoir trouvé sa réponse :
« Sika oyo nani a bomi le Congo ? » — En vérité, qui a tué la République ?
Car au fil de notre histoire, de nombreux drames — parmi lesquels l’assassinat du Commandant Marien Ngouabi, du Cardinal Émile Biayenda, de l’ancien Président Alphonse Massamba-Débat, ainsi que d’autres crimes qui ont profondément marqué notre nation — semblent s’inscrire dans une même logique :
celle de l’affaiblissement progressif de la République.
Dont acte.
Il convient également de noter qu’à l’issue de ce rejet massif du peuple congolais, la France elle-même a qualifié cette opération de maintien de « fiasco », traduisant ainsi le décalage entre la réalité du terrain et sa présentation officielle.
Dans ce contexte, une lettre ouverte a été adressée à plusieurs responsables politiques français, ainsi qu’à l’ensemble des institutions de la République française — Assemblée nationale, Sénat et Présidence de la République — afin d’exiger la vérité et la transparence face au drame congolais.
L’objectif est clair :
obtenir des clarifications sur la position de la France,
et savoir si elle demeure fidèle aux valeurs qu’elle proclame — notamment en matière de droits de l’homme et de relations internationales responsables.
Mes chers compatriotes,
Au-delà des responsabilités extérieures, l’essentiel reste entre nos mains.
Nous devons tirer les leçons de notre histoire.
Les violences, quelles qu’elles soient, n’ont jamais apporté au Congo les progrès espérés. Elles ont, au contraire, aggravé nos fractures et retardé notre marche vers le développement.
C’est pourquoi nous devons, aujourd’hui plus que jamais, œuvrer pour une transition apaisée.
Car l’essentiel n’est plus seulement dans le constat,
mais dans notre capacité collective à préparer ce qui vient.
C’est cet après auquel nous devons faire face.
Un après qui exige lucidité, responsabilité et engagement.
Un après qui ne peut être ni subi, ni improvisé,
mais pensé, construit et assumé ensemble.
ToPeSA s’inscrit dans cette perspective.
Elle n’est pas une rupture avec notre passé, mais un pont entre ce que nous avons été et ce que nous devons devenir.
Assumer notre histoire, avec ses douleurs et ses blessures,
pour mieux construire un avenir commun.
Un avenir où le Congo guérira de ses préjugés,
où nous apprendrons à vivre ensemble,
et où nous bâtirons enfin une Nation pour tous.
Car au fond,
c’est notre destin commun qui nous guérira.
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
Le 02 avril 2026 – 15h45
