TRIBUNE | Changing the Paradigm with Desimmigration

Modeste Boukadia in Maryland (USA) in March 2018 during a meeting with Congolese residents in the USA. Photo: ©NadineNagel

TRIBUNE | Changing the Paradigm with Desimmigration

As the massive exodus of young Africans to Europe fuels fear, tragedy, and political manipulation, another path is urgently needed: that of desimmigration. Not to build walls, but to build bridges—on the continent. The point is no longer to manage migratory flows, but to address the root causes of departure. Desimmigration calls for a paradigm shift: making the right to stay a pillar of development, and African youth a driver of sovereignty.


Objective: #DESIMMIGRATION – for an ambitious, dynamic, and respectful partnership in service of Africa’s development. This is true pragmatism.

It is time to break away from the fatalistic logic that frames exile as the destiny of millions of young Africans. Desimmigration is neither isolationism nor a denial of the right to mobility: it is a political, economic, and human project aimed at building, on the continent, the conditions for a dignified, free, and prosperous life.

It calls for a shift in paradigm: a partnership no longer based on charity, conditional aid, or fear of the other, but on the co-construction of a shared future. An ambitious partnership that invests in education, innovation, and productive sovereignty; a dynamic partnership that empowers youth, mobilizes diasporas, and embraces the circular economy; a respectful partnership that recognizes the aspirations of African peoples and their right to determine their own future.

Desimmigration is a refusal to surrender. It is also a refusal to turn a blind eye to a sacrificed youth, drifting in the suburbs and housing projects of Paris, shattered by marginalization and the grip of drugs. It is a call for political courage, strategic clarity, and shared responsibility.
It is, quite simply, pragmatism.

But this pragmatism calls for action. It requires African states to break free from rentier logics, to unleash the energy of their youth, and to build a stable and equitable framework for investment and creativity. It also requires international partners to change their perspective, to move beyond security-driven approaches, and to support an endogenous dynamic.

Desimmigration is not a slogan: it is a direction. And it is up to Africa’s vital forces to claim it, turn it into a strategy, a lever, and a fulfilled promise.

Modeste Boukadia – May 20, 2025

OPINION | The Time for Dialogue Is Over: A Call for Political Transition in Congo

As Congo-Brazzaville faces a prolonged political and social crisis, Modeste Boukadia, President of the Circle of Democrats and Republicans of Congo (CDRC), reflects on the many proposals he has made over the years to initiate inclusive dialogue and prevent national disintegration—proposals that have consistently been dismissed. In this piece, he asserts that the time for dialogue has passed, and that only a genuine political transition can restore national unity and rebuild healthy, respectful, and dynamic relations with international partners. (CDRC Press Service)


OPINION | The Time for Dialogue Is Over: A Call for Political Transition in Congo
By Modeste Boukadia

HISTORY IS OUR COMPASS

When Laurent-Désiré Kabila suggested that Marshal Mobutu Sese Seko step down to avoid national collapse, Mobutu responded with scorn: “That’s a bad joke!” History remembers what followed — and it has rendered its verdict.

For years, in the face of worsening political decay and the suffering of the Congolese people, I have made repeated efforts to propose peaceful, constructive pathways out of the crisis. I have called for an International Conference, advocated for an inclusive Round Table, offered the hand of dialogue, and supported the idea of a Historic Political Compromise. I even suggested a “Marcoussis for Congo-Brazzaville,” inspired by the peace talks that helped Côte-d’Ivoire emerge from conflict.

All of these initiatives were systematically rejected by the ruling regime, entrenched in Oyo and dominated by the PCT, a regime clinging to power under the illusion of unconditional foreign backing. This delusion was summed up by a troubling statement attributed to Denis Sassou Nguesso:
“France cannot remove me, because everything I do is at France’s request.”

Today, as whispers of a new “dialogue” circulate once more in Paris, let us be clear and resolute:
The time for dialogue is over.

Congo no longer needs empty talk. It needs truth, courage, and a bold new course.
Now is the time to take historical responsibility, to learn from past mistakes, and to decisively initiate a political transition.

A real transition that will restore popular sovereignty, implement genuine decentralization, and encourage our youth to return and rebuild through a bold reverse migration policy.

Above all, this transition is necessary to redefine our international relations — with ambition, respect, and mutual dignity. We must move beyond clientelist arrangements toward partnerships that are ambitious, dynamic, respectful, and healthy, rooted in shared values and a common vision for the future.

History is watching us. And it will not forget.

Modeste Boukadia
President of the Circle of Democrats and Republicans of Congo (CDRC)
May 17, 2025

TRIBUNE | Le temps du dialogue est révolu : place à la transition politique

Alors que le Congo-Brazzaville traverse une crise politique prolongée, Modeste Boukadia, président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC), revient sur les multiples appels au dialogue qu’il a lancés au fil des années — tous restés lettre morte. Face à l’enlisement, il estime que le temps n’est plus aux discussions stériles, mais à une transition politique en profondeur. Une transition qui permettrait non seulement de restaurer l’unité nationale, mais aussi de rebâtir des relations équilibrées et respectueuses avec les partenaires internationaux. (Service Presse du CDRC)

TRIBUNE | Le temps du dialogue est révolu : place à la transition politique

Par Modeste Boukadia

L’Histoire est notre repère.
Lorsque Laurent-Désiré Kabila proposa au Maréchal Mobutu Sese Seko de quitter le pouvoir pour éviter le chaos, ce dernier répondit avec mépris : « C’est une plaisanterie de mauvais goût ! » Nous connaissons la suite. L’Histoire, souveraine, a tranché.

Depuis de nombreuses années, face à la dérive autoritaire et à la détresse du peuple congolais, j’ai multiplié les propositions de sortie de crise. Toutes, sans exception, ont été fondées sur l’idée que seule une solution politique, négociée et inclusive, pouvait éviter le pire. J’ai successivement appelé à une Conférence internationale, proposé une Table ronde, tendu la main du dialogue, défendu l’idée d’un Compromis politique historique. J’ai même suggéré, à l’image de ce qui s’était fait en Côte-d’Ivoire avec le dialogue de Marcoussis, qu’un processus similaire soit envisagé pour le Congo-Brazzaville.

Mais toutes ces initiatives ont été rejetées avec mépris par le régime du PCT, campé à Oyo, arc-bouté sur ses privilèges, et convaincu d’une impunité garantie par un soutien étranger, comme en témoigne cette déclaration pour le moins troublante de Denis Sassou Nguesso : « La France ne peut pas me chasser, car ce que je fais, c’est la France qui me le demande. »

Aujourd’hui, alors que certains évoquent encore à Paris la possibilité d’un « dialogue », nous répondons avec responsabilité et fermeté : Le temps du dialogue est révolu.

Le Congo n’a plus besoin de simulacres. Il a besoin de vérité, de courage et d’un cap nouveau.
Le moment est venu d’assumer les responsabilités historiques, de tirer les leçons des erreurs passées et d’engager résolument une transition politique.
Une transition véritable qui permettra de restaurer la souveraineté du peuple, de mettre en place une gouvernance décentralisée, et de favoriser le retour de notre jeunesse par une politique ambitieuse de désimmigration.

Mais surtout, cette transition est nécessaire pour refonder nos relations internationales : des relations ambitieuses, dynamiques, respectueuses et saines avec nos partenaires, fondées non plus sur la complaisance mais sur une vision partagée de l’avenir, du développement durable et de la dignité des peuples.

L’Histoire nous regarde. Et elle n’oubliera rien.

Modeste Boukadia
Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC)
Le 17 mai 2025

L’AXE BRAZZAVILLE – RDC : UN ÉQUILIBRE STRATÉGIQUE POUR L’AFRIQUE CENTRALE

Modeste Boukadia à Maryland au cours d’une réunion avec les Congolais résidant aux États-Unis d’Amérique. Photo : ©NadineNagel

L’AXE BRAZZAVILLE – RDC : UN ÉQUILIBRE STRATÉGIQUE POUR L’AFRIQUE CENTRALE

Alors que la République démocratique du Congo s’affirme comme un partenaire stratégique des États-Unis dans la nouvelle architecture géopolitique mondiale, le Congo-Brazzaville s’enfonce dans l’isolement et les dérives autoritaires. Pourtant, l’histoire, la culture et les intérêts communs lient étroitement les deux rives du fleuve Congo. Face aux urgences sécuritaires, économiques et sociales de la région, un axe politique fort Brazzaville–Kinshasa est plus que jamais nécessaire pour garantir la stabilité de l’Afrique centrale. Mais cela suppose une alternance politique à Brazzaville fondée sur l’union nationale, la désimmigration et la décentralisation.

La stabilité d’un pays est toujours le reflet de son histoire. Et celle du bassin du Congo, espace stratégique de l’Afrique centrale, est intimement liée aux trajectoires parallèles des premiers dirigeants de la République du Congo et de la République Démocratique du Congo : Fulbert Youlou, Joseph Kasa-Vubu, et Moïse Tshombé. Leur vision a marqué un temps où les relations entre Brazzaville et Kinshasa reposaient sur une proximité culturelle, politique et historique évidente – des racines communes issues du même Royaume, dont Kinshasa fut un centre d’influence.

Aujourd’hui, il est impératif que les autorités de la RDC, ainsi que les futures autorités du Congo-Brazzaville, réengagent un dialogue diplomatique ambitieux, sincère et structurant, pour donner un nouveau souffle à cette relation naturelle. Une relation de premier plan, fondée sur une vision commune de la stabilité régionale.

Dans ma tribune du 12 mai 2025 intitulée « Donald Trump et l’Afrique : quelle relation ? », je soulignais, en réaction à l’article d’Aurélie M’Bida dans Jeune Afrique, que la décision de Donald Trump de suspendre la contribution américaine au Fonds africain de développement pouvait constituer un électrochoc salutaire. L’Afrique ne peut plus se contenter d’un rôle passif. Elle doit s’affirmer comme un partenaire stratégique à part entière dans les dynamiques géopolitiques contemporaines.

C’est dans cette optique que doit s’inscrire la dynamique de paix naissante entre la RDC et le Rwanda. Malheureusement, le régime de Denis Sassou Nguesso à Brazzaville a manqué ce tournant historique en concluant un accord opaque avec Kigali, allant jusqu’à accueillir à Oyo un prétendu QG dont l’objectif officieux était de déstabiliser Kinshasa. Cette manœuvre, vouée à l’échec, a isolé Brazzaville sur la scène régionale et internationale. Il est désormais clair que la RDC est devenue un partenaire stratégique pour les États-Unis – ce qui repositionne l’échiquier diplomatique régional.

J’avais pourtant, dans l’émission Droit de savoir de R7 du 24 avril 2025, alerté le Général Guy Blanchard Okoï, chef d’état-major, sur l’incohérence d’une telle démarche. Comment envisager la stabilité de l’Afrique centrale lorsque deux pays frères, liés par tant d’héritages communs, adoptent des orientations antagonistes ?

Au Congo-Brazzaville, la dérive autoritaire du régime d’Oyo, les détournements de fonds publics, les mariages fastueux célébrés à l’étranger au mépris du sort des populations, traduisent une faillite politique. Le pays est aujourd’hui exsangue, du Nord au Sud. Des propos aussi graves que ceux de Jean-Dominique Okemba sur la destruction du Pool, ou ceux de Denis Sassou Nguesso appelant à « diversifier et diluer » la population du Pool avec des Rwandais en raison d’un supposé « manque de mélange« , sont non seulement inacceptables, mais symptomatiques d’une pensée ethno-nationaliste destructrice.

À cela s’ajoutent ses aveux cyniques, tels que : « La France ne peut pas me chasser car ce que je fais, c’est la France qui me le demande » ou ceux de son conseiller sur LCI en 2005 « On pouvait s’en sortir avec au moins 2000 morts », qui mettent Paris dans une position de plus en plus inconfortable. Il est entendu que ni la France, ni les États-Unis ne souhaitent s’engager dans une mascarade électorale en 2026, malgré les manœuvres de figures du régime comme Isidore Mvouba, tentant de donner une légitimité de façade à une entreprise de démolition nationale.

Des sources fiables confirment que les capitales occidentales ont réitéré leur proposition faite à Denis Sassou Nguesso, notamment lors des cérémonies de la résurrection de Notre-Dame de Paris : une sortie négociée reste possible. La question se pose désormais : après les échecs successifs de la Conférence internationale, de la Main tendue, de la Table ronde, du Compromis politique historique – est-il encore temps pour un DIALOGUE ?

Je reste convaincu que toute solution durable passe par une transition politique. Les dignitaires du régime doivent être rassurés sur leur avenir, dans un cadre de négociation digne. La politique est l’art du compromis lorsqu’il permet d’éviter le chaos. Les officiers supérieurs, leurs troupes et les forces de sécurité doivent comprendre qu’il y a un moment pour choisir le peuple. Ce moment est venu.

L’alternance politique au Congo-Brazzaville est désormais une exigence. Elle constitue le socle indispensable à la reconstruction de l’axe stratégique Brazzaville–Kinshasa, dont dépend largement la stabilité de l’Afrique centrale.

Cette alternance doit reposer sur trois piliers non négociables :

  1. L’union nationale, seule capable de dépasser les clivages ethniques et régionaux artificiellement entretenus par le régime.
  2. La désimmigration, afin d’offrir à la jeunesse les conditions d’un avenir digne sur sa propre terre.
  3. La décentralisation, pour que chaque région puisse accéder à un développement équitable sous la responsabilité de gouverneurs élus, redevables devant le peuple.

C’est à partir de cette refondation que pourra émerger une stabilité durable, dans la nouvelle dynamique impulsée par les États-Unis et le Président Donald Trump. Le temps presse. L’histoire jugera ceux qui ont choisi d’agir – et ceux qui ont préféré trahir le peuple.

Modeste BoukadiaLe 15 mai 2025 – 14:09

Donald Trump et l’Afrique : quelle relation ?

Chahutée par la décision de Donald Trump de couper les vivres à la Banque africaine de développement, l’Afrique semble une nouvelle fois secouée par un choix unilatéral venu de Washington. Mais cette rupture n’est-elle pas, au fond, une chance ? Une occasion historique pour les États africains de sortir de la logique d’assistanat, de reprendre en main leur destin et d’assumer enfin leur souveraineté économique et politique ?

TRIBUNE – Donald Trump et l’Afrique : le choc salutaire
Par Modeste Boukadia – 12 mai 2025 – 18:18

La récente décision de l’administration Trump de supprimer la contribution américaine au Fonds africain de développement (FAD), bras concessionnel de la Banque africaine de développement (BAD), a été largement perçue comme un revers pour l’Afrique. Selon Jeune Afrique, ce retrait représente un manque à gagner de plus de 500 millions de dollars. À quelques jours de l’assemblée annuelle de la BAD à Abidjan, cette annonce est décrite comme un « coup dur » pour le continent.

Mais faut-il réellement pleurer ce désengagement ? Ou faut-il plutôt y voir une opportunité de rupture avec une dépendance devenue structurelle ?

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump bouscule les équilibres établis en Afrique. Déjà, il s’était interrogé sur le rôle de la BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale), estimant qu’elle servait davantage à entretenir une élite politique que sa mission première de réduction de la pauvreté. L’Afrique centrale, l’une des régions les plus riches en ressources naturelles — coltan, niobium, tantale, deuxième massif forestier mondial, deuxième plus grand fleuve du monde —, demeure pourtant l’une des plus pauvres de la planète. Ce paradoxe, qui ne semble plus choquer personne en Afrique, avait conduit Trump à suggérer la fermeture pure et simple de la BEAC, pour provoquer un électrochoc chez des dirigeants englués dans une politique de mendicité chronique.

La suppression de la contribution américaine à la BAD s’inscrit dans cette même logique. Elle n’est pas un abandon. Elle est une interpellation. Et, paradoxalement, elle peut devenir une chance. Une chance de réveil.

Car il faut bien avoir le courage de poser la question : à quoi ont servi toutes ces aides ? À renforcer les services publics ? À garantir l’éducation et la santé ? Non. Trop souvent, elles ont alimenté la corruption, consolidé des régimes autoritaires et servi à accumuler des biens mal acquis, souvent abrités dans les pays donateurs eux-mêmes.

En réalité, la relation entre aide internationale et régression politique est manifeste. Les élites africaines, promptes à dénoncer l’héritage du colonialisme et les crimes de l’esclavage, sont les mêmes qui quémandent auprès de ceux qu’ils accusent d’esclavagistes et de colonisateurs les moyens de leur propre maintien au pouvoir. La contradiction est abyssale. Ils haïssent les anciens dieux pour jubiler devant de nouveaux dieux !

Il est temps de sortir de cette relation incestueuse. Il est temps que les dirigeants africains assument leur responsabilité dans les échecs et à la nouvelle génération africaine de proposer une vision ambitieuse, bâtir un partenariat dynamique avec les puissances internationales, et utiliser les ressources du continent pour répondre aux besoins de leur peuple.

Comment comprendre que l’Afrique centrale ne puisse pas satisfaire les besoins élémentaires de ses populations alors qu’elle possède des richesses naturelles essentielles à l’économie numérique mondiale ? Le drame de l’Afrique, ce n’est pas l’absence d’aides ; c’est l’absence de volonté stratégique, d’audace politique, de leadership éclairé.

En ce sens, Donald Trump donne un coup de pied dans la fourmilière. Il rappelle, brutalement mais lucidement, que l’avenir de l’Afrique dépend d’abord des Africains eux-mêmes. À nous de saisir cette opportunité pour sortir de la dépendance et devenir des acteurs à part entière de la nouvelle économie mondiale. L’Afrique ne doit pas se contenter d’être un réfrigérateur ou un terrain de jeu ; elle doit en devenir un joueur majeur et un partenaire sur lequel il faut compter.

Pour le Congo, comme je le disais à Washington : « It’s Time To Make Congo-Brazzaville Great ». Pour l’Afrique centrale, il est temps de reconstruire une zone économique stable, juste, crédible — à l’image de l’esprit initial de l’UDEAC — capable de transformer nos ressources en prospérité partagée et en paix durable.

Et pour cela, la diaspora a un rôle essentiel à jouer. Elle doit dépasser les illusions de l’immigration subie pour s’engager dans une démarche volontaire de désimmigration, c’est-à-dire de retour stratégique vers la terre des origines, pour y bâtir une Afrique forte, indépendante, et fière.

Car oui, #AfricanLivesMatter — les vies africaines comptent. Il est temps que cela se traduise dans les actes, et non plus dans les slogans.

Sassou Nguesso : un chantage à la France révélateur d’un pouvoir affaibli et contesté

Cours d’histoire de Denis Sassou Nguesso au Kremlin – le 9 mai 2025

Sassou Nguesso : un chantage à la France révélateur d’un pouvoir affaibli et contesté

9 mai 2025 – Le Kremlin : un rappel historique ou un message déguisé à la France ?

J’ai bel et bien suivi très attentivement le message du président Denis Sassou Nguesso à Vladimir Poutine lors de la cérémonie de commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce 9 mai 2025 au Kremlin. Derrière ce discours à tonalité historique, c’est un signal diplomatique fort et codé adressé à la France qui a été transmis — à un moment où les tensions internationales ne sont plus uniquement verbales, mais stratégiques.

Sassou a rappelé que lors du second conflit mondial, la France n’avait plus de territoire libre, étant entièrement sous contrôle du régime de Vichy. C’est alors que le général de Gaulle a fait de Brazzaville la capitale de la France libre, depuis laquelle il a coordonné la mobilisation des colonies françaises. Le Congo, comme d’autres territoires africains, a joué un rôle déterminant, non seulement sur le plan militaire, mais aussi économique, en fournissant du caoutchouc, de l’or et des ressources vitales à une France à genoux.

Il a également évoqué la contribution majeure de l’Union soviétique, saluant les plus de 20 millions de morts subies par l’URSS et rappelant que c’est l’Armée rouge qui a été la première à hisser son drapeau à Berlin.

Mais au-delà de cette leçon d’histoire, le discours de Sassou était une manœuvre diplomatique claire, une forme de chantage déguisé aux dirigeants français. Il a explicitement accusé certaines “élites de lumière” françaises d’avoir consciemment effacé la participation des troupes africaines dans les cérémonies de commémoration sur les Champs-Élysées, y compris celles liées à la libération de la France. Ce reproche, formulé depuis le Kremlin, sonne comme une menace politique en pleine crise diplomatique mondiale entre la Russie et les pays occidentaux, en particulier la France.

Ceux qui ont conseillé cette stratégie à Denis Sassou Nguesso pensaient l’extraire de son isolement diplomatique ; ils n’ont fait que révéler la fragilité d’un régime déjà affaibli et l’ont précipité dans une impasse dangereuse. Leur erreur stratégique traduit une incompétence politique flagrante : croire qu’une posture de défiance internationale pourrait restaurer la légitimité d’un pouvoir délégitimé.

Plusieurs dirigeants africains soutenus par la France dans le passé ont tenté cette dangereuse stratégie du “partenaire alternatif”, et s’y sont perdus. Aujourd’hui, la France redéfinit ses alliances, évalue ses intérêts autrement, et se rapproche davantage de figures nouvelles, plus crédibles et populaires.

En voulant se positionner comme le défenseur de la mémoire africaine face à l’ingratitude française, Sassou a certes réveillé une vérité historique — mais le moment, le lieu et l’intention stratégique trahissent surtout une tentative désespérée de rester dans la lumière d’un vieux protectorat en pleine mutation.

Et dans cette mutation géopolitique, la diplomatie du chantage ne fera que précipiter l’isolement de ceux qui n’ont pas su écouter les signaux du présent.

Tom Melvin BAIKILe 09 mai 2025 – 13:25

Décoloniser les esprits : la première étape vers l’indépendance

Décoloniser les esprits : la première étape vers l’indépendance
Par Tom Melvin BAIKI – Le 09 mai 2025 – 12:17

Je discutais avec un compatriote à propos d’un article, et il a fait cette remarque : “Apprenons aux Congolais… la réelle indépendance, c’est le travail. Lorsqu’on a le pouvoir d’achat, on est libre.

Je lui ai répondu ceci : “Tu as raison de souligner l’importance du travail, mais il faut aller plus loin. »

Un mental formaté à la servitude ne peut être véritablement libéré par le travail seul, surtout si ce travail n’est ni choisi librement, ni soutenu par une véritable autonomie. Le pouvoir d’achat, sans conscience ni indépendance d’esprit, n’est qu’une illusion de liberté.

Le peuple congolais, dans sa majorité, reste encore politiquement et mentalement immature, au point de devenir parfois un esclave volontaire.

Comment peux-tu demander à un esclave de lancer son propre champ, même s’il est fort et travailleur, s’il ne s’est jamais libéré dans sa tête ?

Un esclave qui n’a pas été libéré intérieurement cherchera toujours un nouveau maître. Pire encore, il verra dans la rupture avec l’ancien maître une trahison, alors qu’il s’agit en réalité d’un droit fondamental : celui à la dignité et à la liberté.

La véritable indépendance commence par la décolonisation mentale. Sans elle, le travail devient simplement une autre forme d’enchaînement.

Tom Melvin BAIKI – Le 09 mai 2025 – 12:17

Je n’ai pas fui, j’ai reculé

Je n’ai pas fui, j’ai reculé

Un regard lucide sur le régime de Denis Sassou Nguesso et l’urgence de changer notre perception collective

Je n’ai pas fui, j’ai reculé.” Cette phrase n’est pas un aveu de faiblesse, mais une déclaration de stratégie. Car reculer face à un oppresseur, ce n’est pas capituler. C’est observer, réfléchir, et se préparer à mieux avancer.

Depuis plus de trois décennies, Denis Sassou Nguesso règne sur le Congo-Brazzaville avec une main de fer, orchestrant un système où la souffrance du peuple est institutionnalisée pendant qu’une minorité s’enrichit sans vergogne. Ce régime, qui se présente comme garant de la justice, de la liberté et de la paix, est en réalité le reflet d’un pouvoir qui a redéfini ces mots pour servir ses intérêts.

Mais ouvrons les yeux : ce qu’ils appellent justice n’est que la protection de leurs privilèges. Ce qu’ils nomment liberté, c’est le droit de se taire. Et leur paix, c’est l’étouffement des voix dissidentes.

Les Congolais, comme beaucoup d’Africains, ont été conditionnés à accepter les discours au lieu des réalités. À croire que l’ordre vient d’en haut et que contester est synonyme de trahison. Mais quand un président laisse son pays être pillé, quand la misère devient la norme, quand le peuple est condamné à la survie pendant que la famille présidentielle vit dans l’opulence, ce n’est plus de la gouvernance : c’est une colonisation intérieure.

Il est immoral de rester silencieux. Il est dangereux de croire que “ça finira par changer” sans que le peuple ne décide de rompre le silence.

Et surtout, il est important de savoir que malgré tant de décennies d’oppression, l’oppressé connaît très bien son oppresseur. Mais l’oppresseur, lui, est captif de son propre mensonge. Il a dû se convaincre de sa légitimité pour justifier ses actes, au point qu’il ne se connaît plus lui-même. Voilà l’avantage que nous, le peuple, avons sur ceux qui nous oppressent : la lucidité.

Nous savons. Ils se mentent.

Il faut cesser d’appeler stabilité ce qui n’est qu’immobilisme, cesser d’appeler leadership ce qui n’est que manipulation.

Sassou Nguesso n’est pas un cas isolé. Il est le miroir d’un système plus vaste, enraciné dans les mentalités africaines déformées par des décennies d’oppression. Tant que nous continuerons à glorifier le pouvoir au lieu de le contrôler, à respecter le poste plus que l’intégrité de celui qui l’occupe, nous resterons prisonniers d’un cercle sans fin.

Ce texte n’est pas une déclaration de guerre. C’est un appel à l’éveil.

Je n’ai pas fui, j’ai reculé.

Pour comprendre. Pour ouvrir les yeux. Pour mieux parler, mieux dénoncer, mieux résister.

L’Afrique, et le Congo en particulier, a besoin d’une génération qui ne se laisse plus séduire par les discours, mais qui lit la vérité dans les actes.

Pas demain. Maintenant.

Tom Melvin BAIKILe 08 mai 2025 – 00:40

E2C-Socelec : Un habillage sénégalais pour mieux piller le Congo ?

E2C-Socelec : Un habillage sénégalais pour mieux piller le Congo ?

L’État congolais a récemment porté plainte contre E2C-Socelec, filiale de Senelec Sénégal, pour escroquerie dans le cadre d’un contrat d’affermage du secteur de l’électricité. Mais derrière cette façade étrangère, les soupçons grandissent : et si cette société n’était qu’un paravent, une coquille vide au service d’intérêts congolais bien placés ?

Un contrat suspect dès le départ

Signé avec tambour et trompette, le contrat d’affermage entre l’État congolais et E2C-Socelec devait moderniser la gestion du réseau électrique national. Mais dès le départ, les observateurs ont pointé du doigt un processus opaque, sans appel d’offres véritablement ouvert, ni consultation citoyenne.

E2C, une société quasiment inconnue avant sa prise de contrôle, est en réalité une structure contrôlée par Socelec, elle-même présentée comme filiale de la société nationale sénégalaise Senelec. Mais en creusant, des incohérences surgissent : des connexions discrètes, des bénéficiaires économiques masqués, et un doute grandissant sur la véritable nationalité de la société.

Un montage pour blanchir le pillage ?

Plusieurs sources internes et journalistes d’investigation évoquent une hypothèse dérangeante : E2C-Socelec serait en réalité une société montée de toutes pièces par des hommes d’affaires et politiciens congolais1, déguisés sous une bannière sénégalaise pour contourner les mécanismes de contrôle et légitimer le détournement de fonds publics.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel stratagème est dénoncé au Congo : des sociétés fictives, domiciliées à l’étranger, servant à capter des contrats d’État avant de siphonner les recettes par des circuits opaques. La plainte actuelle pour escroquerie pourrait ainsi ouvrir la voie à la mise au jour d’un système mafieux bien rodé, avec complicités au plus haut sommet de l’administration.

Le peuple paie pendant que les élites encaissent

Pendant que les usagers subissent les délestages, que les zones rurales vivent dans l’obscurité, et que le personnel local est marginalisé, les vrais bénéficiaires de ce contrat se dissimulent derrière des sociétés écrans et des comptes offshore. Le scandale E2C-Socelec incarne à lui seul la trahison des élites, qui sacrifient l’intérêt national pour des gains privés.

Un appel à la transparence totale

Il ne suffit pas de porter plainte. Le peuple congolais exige désormais une enquête indépendante, la publication des bénéficiaires réels de E2C-Socelec, et des sanctions exemplaires contre les complices locaux. Ce scandale est une opportunité pour rompre avec la culture de l’impunité et redonner au Congo sa souveraineté énergétique.

Tom Melvin BAIKI – Le 07 avril 2025

Retraits militaires et réveils africains : La France à l’épreuve de son héritage colonial

Retraits militaires et réveils africains : La France à l’épreuve de son héritage colonial
Par Jawad Salmane, General Manager JS Capital Growth Partners SA. – Investment Fund UBS -LUXEMBOURG – CFO – DGM ABRAHAM’S & INDUSTRY (USA)

La France, ancienne puissance coloniale, se trouve aujourd’hui confrontée à un paradoxe troublant : alors qu’elle a longtemps considéré l’Afrique comme son pré carré, la dynamique géopolitique actuelle remet en question cette vision. Pourquoi la France s’est-elle endormie sur sa politique africaine pendant un siècle ? Pourquoi ne semble-t-elle pas préparée aux bouleversements qui secouent le continent aujourd’hui ?

Ce retrait militaire progressif, amorcé au Sénégal après celui d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, interroge non seulement la place du Maroc, mais aussi l’avenir des relations franco-africaines. Pendant que la France se retire, l’Amérique s’installe pour récupérer cette place vacante. Quelles en seront les conséquences ?

Une politique d’un siècle qui s’effrite

La France a longtemps exercé une influence sans partage en Afrique, s’appuyant sur des liens historiques, économiques et culturels. Pourtant, cette politique, souvent empreinte d’un égoïsme démesuré, semble aujourd’hui avoir atteint ses limites. Les peuples d’Afrique, lassés d’une coopération paternaliste d’apparence, aspirent à une véritable autonomie. Mais alors que la France s’éclipse, l’Amérique s’installe, promettant des investissements et des partenariats. La question se pose : ces promesses sont-elles réellement altruistes ou cachent-elles des enjeux politiques plus sinistres ? Les Africains doivent-ils se laisser séduire par ces mirages, ou doivent-ils prendre leur destin en mains ?

Mes chers lecteurs, si j’avais le pouvoir de réveiller nos ancêtres les plus illettrés, je parie qu’ils nous balanceraient la réponse la plus brillante avec un clin d’œil et un sourire ! Qui aurait cru qu’ils avaient autant de sagesse, même en dormant ?

Un retrait militaire aux conséquences sociales

Le départ des troupes françaises du Sénégal, à l’instar de celui d’autres pays comme le Mali ou le Niger, n’est pas qu’une simple opération militaire. Il s’accompagne de conséquences sociales significatives, comme le licenciement des employés sénégalais des Éléments français au Sénégal (EFS). Ce geste est symptomatique d’une rupture, d’une volonté d’affirmer la souveraineté nationale face à une présence historique devenue encombrante. Ce retrait est-il un point de départ vers une nouvelle ère de coopération bilatérale, ou un signe de désengagement français face à la montée des tensions ?

Le rôle du Maroc dans cette nouvelle dynamique

Au cœur de cette réorganisation, le Maroc se positionne comme un acteur clé. Sa diplomatie proactive et son engagement à renforcer les liens avec le reste du continent en font un modèle à suivre. Quelles leçons la France pourrait-elle tirer de l’approche marocaine ? Le royaume chérifien pourrait-il servir de pont entre l’Hexagone et le continent africain, redéfinissant ainsi les relations dans un cadre de respect mutuel et de coopération équitable ? Cependant, alors que les nations africaines se réveillent, la question demeure : la maison africaine a-t-elle une porte et un verrou, ou est-elle condamnée à laisser entrer n’importe quel opportuniste ?

Vers une redéfinition des relations franco-africaines

Les retraits militaires de France en Afrique de l’Ouest soulèvent des interrogations sur l’avenir des relations franco-africaines. À une époque où la « chasse au trésor » se déroule ailleurs dans le monde — que ce soit pour les ressources chinoises, russes ou françaises — l’Amérique, colonialiste à sa manière, vient jouer son rôle. Les promesses d’aide peuvent-elles vraiment être dignes de confiance, ou sont-elles simplement des outils pour exercer une pression politique sur des nations fragiles ? Les Africains doivent-ils se laisser séduire par ces fantaisies, ou doivent-ils se lever et revendiquer leur propre destin ?

Revendiquer, c’est placer la patrie et l’intérêt général au sommet de nos priorités, car il est d’une grande sagesse de bâtir ensemble un avenir solide plutôt que de s’égarer dans l’égoïsme. Comme le dit le dicton, « L’union pour le bien commun est la clé qui ouvre les portes d’une patrie prospère. »

La France se retrouve à la croisée des chemins dans ses relations avec l’Afrique. Ce retrait militaire récent, bien que nécessaire, doit s’accompagner d’un changement de paradigme profond. Une France prête à engager un dialogue respectueux et mutuellement bénéfique pourrait devenir l’alliée dont le continent a besoin. Mais alors que l’Amérique fait son retour en Afrique, n’oublions pas que toute reconstruction sans la voix du peuple africain et sans les représentants de la société civile sera vouée à l’échec.

« À travers notre journal, Maroc, je m’exprime haut et fort. » Réveillons-nous, frères africains ! Prenons notre destin en mains et ne nous laissons pas séduire par des promesses douteuses. L’avenir des relations franco-africaines dépend de notre capacité à nous réinventer et à construire un futur commun sur des bases solides et respectueuses.

Jawad Salmane