Une visite controversée : la France cautionne-t-elle une dictature ?

Visite de Denis Sassou Nguesso en France : la France cautionne-t-elle une dictature ?

La visite officielle de Denis Sassou Nguesso en France est une énième démonstration de l’ambiguïté de la politique française en Afrique. Alors que le Congo-Brazzaville est plongé dans une crise économique, sociale et politique sans précédent, la réception de son président à Paris envoie un signal inquiétant : la France continue de soutenir, directement ou indirectement, un régime autoritaire accusé de corruption, de répression et de pillage des ressources nationales.

Un pays en faillite, un président accueilli en grande pompe

Le paradoxe est frappant. Alors que les Congolais subissent une misère croissante – salaires impayés, absence de soins médicaux, universités en ruine et chômage endémique des jeunes – Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis près de 40 ans, est reçu avec les honneurs en France. Cette visite est perçue comme une provocation par une population abandonnée et réprimée, qui voit dans cet événement la confirmation d’une complicité entre Paris et Brazzaville au détriment du peuple congolais.

Une gouvernance prédatrice, soutenue par la France ?

Depuis des décennies, Sassou Nguesso et son clan monopolisent les ressources du pays. Le pétrole congolais, qui devrait être un levier de développement, est détourné au profit d’une élite minoritaire pendant que les infrastructures du pays s’effondrent. L’affaire des “biens mal acquis”, qui implique des proches du président congolais, illustre bien ce système où l’enrichissement personnel prime sur l’intérêt général. Pourtant, malgré ces faits, la France continue de dérouler le tapis rouge à celui qui incarne cette gestion calamiteuse.

Une diplomatie à double visage

Emmanuel Macron avait promis de tourner la page de la Françafrique, mais la réalité semble bien différente. Alors que Paris condamne certains régimes autoritaires en Afrique, elle en soutient d’autres sous prétexte de stabilité régionale et de coopération économique. Cette incohérence fragilise la crédibilité de la France auprès des nouvelles générations africaines, qui rejettent de plus en plus ce qu’elles perçoivent comme une ingérence néocoloniale.

Une visite qui creuse le fossé entre la France et la jeunesse africaine

Loin d’être un simple événement diplomatique, cette visite est un symbole. Elle montre que, malgré les discours officiels, la France continue de privilégier ses intérêts économiques et stratégiques au détriment des aspirations démocratiques des peuples africains. Mais ce modèle est à bout de souffle. La jeunesse congolaise, comme celle du reste du continent, ne veut plus de cette connivence entre Paris et des dirigeants qui les condamnent à la pauvreté et à l’exil.

La question est donc claire : combien de temps encore la France cautionnera-t-elle de telles pratiques avant de voir son influence définitivement rejetée en Afrique ?

Tom Melvin BAIKI
Le 24/02/2025

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française

Monsieur le Président,

L’annonce de la visite de Monsieur Denis Sassou Nguesso en France suscite une profonde indignation parmi les Congolais et tous ceux attachés aux valeurs de liberté, de démocratie et de respect des droits humains. Cette réception, une de plus, renforce la perception d’un soutien indéfectible de la France à un régime dont les pratiques répressives, prédatrices et claniques détruisent le Congo-Brazzaville et martyrisent son peuple.

Un pays en crise, un peuple abandonné

Le Congo-Brazzaville est aujourd’hui un État en faillite. Non pas par manque de ressources, mais en raison d’une gouvernance gangrenée par la corruption et la spoliation des biens publics. Pendant que Monsieur Sassou Nguesso et son clan accaparent les richesses du pays, les fonctionnaires accumulent des mois d’arriérés de salaires, les retraités ne perçoivent plus leurs pensions, et les jeunes sont privés d’infrastructures viables pour s’épanouir et bâtir l’avenir. Les écoles et les hôpitaux, piliers essentiels du développement, sont laissés à l’abandon dans un état de délabrement indigne d’un pays aussi riche en ressources naturelles.

Pire encore, la souveraineté du pays est bradée : les terres congolaises sont vendues à des intérêts étrangers, notamment au Rwanda, au mépris des populations locales. Des entreprises stratégiques sont cédées à des acteurs sans expertise ni maîtrise des secteurs concernés, précipitant leur déclin et mettant en péril l’économie nationale.

Une dictature clanique au service d’intérêts privés

La gouvernance du Congo-Brazzaville repose sur une logique clanique qui fracture profondément le pays. Les décisions ne sont plus prises dans l’intérêt du peuple, mais dans celui d’un cercle restreint de privilégiés qui considèrent l’État comme leur propriété personnelle. La famille de Monsieur Sassou Nguesso, omniprésente dans la gestion du pouvoir, impose des choix qui menacent la stabilité et la sécurité nationale, alimentant frustrations et tensions.

Dans ce contexte, la répression politique et les menaces de mort contre les responsables syndicaux sont la seule réponse du régime aux aspirations légitimes du peuple congolais à la démocratie et à la justice. De nombreux opposants, tels que le général Jean-Marie Michel Mokoko et Monsieur André Okombi Salissa, croupissent en prison dans des conditions arbitraires. À chaque visite officielle de Denis Sassou Nguesso en France, l’espoir de leur libération est anéanti par l’absence de toute exigence démocratique de la part de votre gouvernement.

Une complicité assumée qui ternit l’image de la France

Les Congolais ne peuvent ignorer que ces réceptions répétées en France légitiment la dictature et prolongent leurs souffrances. Cette politique rappelle amèrement l’épisode de 2015, lorsque votre prédécesseur, François Hollande, offrit à Denis Sassou Nguesso l’espace politique nécessaire pour modifier la Constitution, ouvrant ainsi la voie à un bain de sang contre ceux qui s’opposaient à cette manœuvre antidémocratique.

Aujourd’hui encore, la France reste silencieuse face aux déclarations cyniques de Monsieur Sassou Nguesso, qui affirme : « La France ne peut pas me chasser car ce que je fais, c’est la France qui me le demande. » Tout aussi glaçantes sont les paroles d’un de ses collaborateurs français qui déclarait sur LCI en 2005 : « On pouvait s’en sortir avec au moins 2000 morts. » De tels propos, non démentis par vos services, laissent entendre une collusion inacceptable.

Pour un véritable changement de paradigme

Monsieur le Président, la politique africaine de la France est en échec. De l’Afrique de l’Ouest au Sahel, le rejet de la présence française s’intensifie. En persistant dans cette voie, en continuant à recevoir des dirigeants illégitimes et corrompus sans exiger de réformes concrètes, la France ne fait qu’accélérer son discrédit en Afrique.

Le temps est venu pour la France d’opérer une rupture stratégique et de bâtir une relation nouvelle, fondée sur le respect mutuel et des ambitions communes. Nous appelons à une politique diplomatique et économique audacieuse, fondée sur un partenariat transparent et équitable. Cette refonte passe par un soutien aux aspirations démocratiques des peuples africains et par une coopération axée sur le développement et la stabilité, plutôt que sur le maintien d’élites prédatrices.

Dans cette dynamique, il est essentiel d’encourager une désimmigration : un retour des Africains de la diaspora vers leurs pays d’origine, afin qu’ils participent activement à la construction du continent. L’Afrique a besoin de ses talents pour bâtir son avenir.

Monsieur le Président, il est temps de vous ressaisir. Le Congo-Brazzaville et l’Afrique ne peuvent plus être les otages d’arrangements opaques et de calculs de court terme. L’histoire jugera sévèrement ceux qui, par complaisance ou par intérêt, auront fermé les yeux sur les souffrances d’un peuple en détresse.

Recevoir Denis Sassou Nguesso aujourd’hui, sans exiger en retour des avancées réelles sur les droits humains et la gouvernance, serait une faute politique et morale. Nous vous appelons à ne pas être complice de cette tragédie.

Le Congo-Brazzaville a besoin d’un changement. La France a besoin d’une nouvelle vision pour l’Afrique. Il est temps d’agir.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre plus haute considération.

Modeste Boukadia
Paris, le 24 février 2025

Président du C.D.R.C.
13 bis, avenue d’Aligre
F – 28 000 Chartres – France
Courriel : modeste.boukadia@cdrc-cg.com

Congo : reconstruire l’unité

RECONSTRUIRE L’UNITÉ

La mort de Marien Ngouabi demeure le nœud gordien de l’histoire politique du Congo. Cette tragédie, indissociable des assassinats du Cardinal Émile Biayenda, du président Alphonse Massamba-Débat et de nombreux autres compatriotes innocents, doit être résolue pour mettre fin à des décennies de divisions, d’humiliations et de manipulations historiques. Il est temps que la vérité soit rétablie pour que l’histoire ne bégaye plus.

L’union nationale ne pourra se construire que sur le rétablissement de la vérité sur ces faits pour mettre fin aux mensonges qui sont à l’origine de la méfiance et du tribalisme.

Différents axes doivent pour cela être des préalables :

Revisiter notre Histoire encore récente

Est-il normal pour un pays d’assassiner un jeune homme pour lui voler son vélo, ses deux paniers de poisson, et remettre son corps à sa mère avec la bouche remplie d’excréments ? Il faut se souvenir de ce qui s’est passé à Owando, lors du maquis dit d’Ikongono, symbole de l’injustice et de la brutalité d’un système qui méprise la vie humaine.

Quel intérêt de continuer à maintenir des gens en détention si ce n’est pour les humilier, humilier leurs amis, leurs parents, leurs familles et leurs clans à l’exemple du Général Jean-Marie Michel Mokoko, André Okombi Salissa et les jeunes soldats proches du Colonel Marcel Tsourou ?

Alors que le mot « paix  » est dans la bouche de tout le monde, comment comprendre que des compatriotes M’bossi s’interrogent sur leur avenir au sein même de leur propre pays, le Congo ?

Que dire de la tragédie silencieuse des Tékés ? Eternels victimes de la politique congolaise, ils subissent dans l’indifférence générale humiliation injuste et marginalisation comme le témoigne cette phrase méprisante et révoltante : « Même les Tékés veulent diriger ce pays ! », insinuant peut-être qu’ils seraient moins congolais que d’autres.

L’assassinat de Marien Ngouabi focalise toutes ces exclusions et ses conséquences dramatiques. Le Congo ne pourra se réconcilier qu’à la condition que cette page de l’histoire soit réécrite avec vérité et justice :

  • La révision du procès de Marien Ngouabi est indispensable pour la vérité de l’Histoire
  • La révision du procès de Marien Ngouabi est indispensable pour laver la mémoire des Bakongo de l’accusation fallacieuse qui leur a été collée « Bakongo ba bomi Marien !« 
  • Un procès sur l’assassinat du Cardinal Émile Biayenda doit être ouvert.
  • Florent Tsiba, dernier à avoir vu vivant le président Alphonse Massamba-Débat, doit nous dire ce qu’il sait de sa disparition.

Redimensionner nos axes de développement économique et commercial

Gamboma autrefois carrefour commercial où Nord et Sud échangeaient leurs richesses, doit retrouver son rôle pivot, articulant notre économie de façon harmonieuse tant au niveau du marché intérieur qu’avec les pays limitrophes au nôtre. Repenser la ville de Dolisie, jadis troisième ville du pays, et aujourd’hui laissée à l’abandon. Ces villes sont des symboles de la désintégration du Congo, du désintérêt d’un système dans le développement de notre pays. Elles doivent être restaurées pour rétablir l’équilibre national.

Le système actuel, verrouillé par Denis Sassou Nguesso, doit être démantelé si la France souhaite encore entretenir une relation digne avec le Congo. Il est temps que les Congolais prennent en main leur destin.

Fut un temps, constatant l’état de désagrégation dans lequel il se trouve notre pays et après beaucoup de mises en garde, envisagé la partition du pays, seul moyen pensais-je alors de sauver ce qui pouvait l’être et les vies humaines avec mais, en approfondissant ma réflexion, j’ai compris que la seule véritable solution réside dans l’union nationale. Cette unité ne peut être sincère que si chaque portion du pays retrouve sa dignité et sa place.

Le problème du tribalisme ne se résoudra pas tant que les dirigeants perpétueront le système de privilèges familiaux et claniques. La Conférence Nationale Souveraine avait dénoncé ces abus, mais les gouvernements successifs n’ont fait que les renforcer. De l’UPADS à Sassou, la centralisation du pouvoir entre les mains de quelques-uns a détruit le pays.

Nous devons nous rappeler que Ange Bidie Diawara avait dénoncé cette « OBUMITRI » (Oligarchie Bureaucratique Militaro-Tribaliste), terme repris par Marien Ngouabi trois jours avant son exécution. Sassou Nguesso a prétendu résoudre ce problème en assassinant Ngouabi le 18 mars 1977, jetant la responsabilité sur les Bakongo. Cette imposture doit cesser.

Le Congo doit s’ouvrir à la vérité et à la justice pour construire une véritable unité nationale. L’heure est venue d’affronter notre passé pour espérer un avenir, réhabiliter nos traditions et nos langues. Le Congo deviendra fort et fier lorsqu’il se réappropriera sa propre culture nationale, construite sur la diversité et la richesse de toutes ses composantes ethniques.

Modeste Boukadia

Le 21 février 2025

Congo : L’urgence d’une réconciliation pour une transition crédible

Modeste Boukadia sur TLR-TV le 17 février 2025 :

Au vu de ce dernier scandale retentissant, j’annonce la fin prochaine de l’Etat-PCT de Denis Sassou Nguesso. L’heure est maintenant à la réconciliation de tous les Congolais et à une transition politique qui permettra d’établir des relations saines avec tous nos partenaires.

Florent Tsiba : L’histoire ne doit souffrir d’aucun vide…

Florent Tsiba : L’histoire ne doit souffrir d’aucun vide...

Le 18 mars 1977, après 14h30, Denis Sassou Nguesso crée le Comité Militaire du Parti (CMP)… Peu de temps après, lorsque le Président Alphonse Massamba-Débat fut conduit à l’État-Major auprès de Denis Sassou Nguesso, ce dernier refusa non seulement de le recevoir, mais même de le regarder. Il se contenta de ces mots glaçants : « Emmenez-le, je ne veux pas le voir. »

Ce fut la « semaine rouge« … le 25 mars 1977.

Un fait demeure incontestable : Florent Tsiba est la dernière personne connue à avoir vu le Président Alphonse Massamba-Débat vivant.

Tant que Denis Sassou Nguesso est en vie, il est impératif que Florent Tsiba parle et révèle enfin la vérité sur le sort d’Alphonse Massamba-Débat, afin qu’on ne vienne pas prétendre que c’est la France qui avait autorisé tout cela…

Modeste Boukadia
16 février 2025

Congo : En finir avec la politique d’humiliation

EN FINIR AVEC LA POLITIQUE D’HUMILIATION

La gouvernance d’un pays ne peut se fonder sur la division et l’exclusion. Une nation forte repose sur la cohésion sociale, socle de la stabilité et du développement durable. Or, depuis des décennies, nous constatons avec amertume que le pouvoir PCT en place a instauré une politique qui, loin de favoriser l’unité nationale, accentue les clivages et les humiliations qu’il remet au goût du jour avec des manifestations rappelant la République Populaire du Congo avec son drapeau qui devrait être au musée. Une gestion étatique fondée sur l’injustice et le mépris ne peut mener qu’à la fracture, à l’affaiblissement de notre nation et au tribalisme.

La responsabilité d’un chef d’État est d’assurer l’accès aux services de base pour tous : eau potable, électricité, infrastructures de santé et de transport, cohésion sociale. Malheureusement, ces priorités ont été reléguées au second plan au profit d’une politique de jouissance et de gouvernance où certaines régions et certains groupes sont marginalisés. Cette réalité est inacceptable et doit cesser.

Il est temps de nous unir pour mettre un terme à cette politique d’humiliation qui divise notre pays et fragilise son avenir. L’histoire récente est jalonnée d’exemples d’officiers et de personnalités ayant subi cette logique d’exclusion. Parmi eux :

  • Auxence ICKONGA
  • Luc KIMBOUALA N’KAYA
  • Jean-Pierre THYSTERE-TCHICAYA
  • François Xavier KATALI
  • Marcel NTSOUROU
  • Guy Brice Parfait KOLELAS
  • Pierre ANGA
  • Blaise ADOUA
  • Barthélémy KIKADIDI

Ces figures, parmi tant d’autres, illustrent la nécessité d’un sursaut collectif pour tourner la page d’un système basé sur la division. Leurs parcours, marqués par des injustices et des exclusions, montrent à quel point il est impératif de bâtir un État où chaque citoyen est traité avec équité, indépendamment de son origine ou de son appartenance politique. Nous devons relever ensemble le défi de l’UNION NATIONALE afin de mettre un terme à cette politique d’humiliation et de construire un avenir où chaque citoyen se sentira respecté et valorisé.

C’est dans l’unité que nous pourrons bâtir un Congo réconcilié avec lui-même et avec son peuple. Tous les acteurs de la société – partis politiques, syndicats, étudiants, forces vives du pays, confessions religieuses, intellectuels et libres-penseurs, diaspora – doivent se lever et faire bloc pour refuser la fatalité de la division pour mettre un terme à cette politique d’humiliation.

L’histoire de notre pays ne doit plus s’écrire sous le signe de la discorde, mais sous celui de l’UNION NATIONALE. Pour concrétiser cette unité, nous devons instaurer un dialogue national inclusif comme le recommande la « fenêtre ouverte », promouvoir des réformes institutionnelles équitables et garantir une représentation équilibrée de toutes les composantes de notre société. C’est le seul chemin vers un Congo apaisé, fort et prospère.

Modeste Boukadia
Le 15 février 2025

Le Congo a un rôle important à jouer en Afrique centrale

Modeste Boukadia sur TLR TV le 13 février 2025 :
Convocation de M. Sassou Nguesso à Paris ? Souhaitons que les tensions s’apaisent en RDC ; allons vers l’union nationale pour mettre fin au tribalisme ; mettons en place la transition apaisée qu’attend le peuple congolais. Nous avons un rôle important à jouer en Afrique centrale.

Congo : Modeste Boukadia met en lumière la nécessité d’une transition politique

L’article du président Modeste Boukadia est un appel à une transition politique pour reconstruire le Congo Brazzaville sur des bases nouvelles, en rupture avec le système actuel incarné par le Parti Congolais du Travail (PCT) et Denis Sassou Nguesso. L’analyse de cet article m’a permis d’identifier plusieurs éléments clés qui peuvent servir de fondements à cette transition, notamment en mettant l’accent sur la décentralisation administrative et financière des régions du pays.

1. Le constat d’un régime à bout de souffle

Modeste Boukadia souligne l’échec du régime en place à répondre aux besoins fondamentaux du peuple après plus de 41 ans au pouvoir. Parmi les principaux griefs :

            • Échec économique et social : Absence de développement économique, pauvreté croissante, infrastructures défaillantes.

            • Tribalisme et clanisme : Division du pays en groupes favorisés et marginalisés, ce qui empêche la construction d’une nation unie.

            • Instrumentalisation de l’histoire et des symboles : Utilisation du drapeau de l’ancienne République Populaire du Congo et des célébrations à la gloire du régime pour justifier sa continuité.

            • Répression et absence de libertés : Répression des opposants et culture de la peur.

Ce constat justifie l’urgence d’une transition politique vers un modèle plus juste et équilibré.

2. La nécessité d’une transition politique

L’article insiste sur l’importance de l’union des forces vives du pays pour une transition basée sur un compromis politique historique. Cela implique :

            • Un changement de leadership pour rompre avec les pratiques autoritaires.

            • Une refondation des institutions pour garantir la justice et la sécurité.

            • Une politique axée sur la création d’emplois et le développement économique.

Mais comment mettre en œuvre cette transition de manière efficace ?

Une des solutions les plus viables est la décentralisation administrative et financière.

3. La décentralisation comme pilier de la reconstruction du Congo

L’un des grands problèmes du Congo réside dans la concentration excessive du pouvoir à Brazzaville, laissant les régions dans une dépendance totale vis-à-vis du gouvernement central. Une transition réussie passe nécessairement par une décentralisation réelle et efficace.

a) Décentralisation administrative : rendre le pouvoir aux régions

            • Accorder plus d’autonomie aux collectivités locales (régions, départements, communes) pour qu’elles puissent gérer leurs propres affaires sans attendre Brazzaville.

            • Réduire la bureaucratie centrale et transférer des compétences aux élus locaux.

            • Mettre en place des gouvernements régionaux responsables, avec des dirigeants élus et non nommés par l’État central.

b) Décentralisation financière : assurer un développement équilibré

            • Augmenter la part du budget national allouée aux régions, en fonction de leurs besoins spécifiques.

            • Permettre aux gouvernements régionaux de collecter et gérer une partie des impôts pour financer directement leurs projets de développement.

            • Encourager les investissements locaux et étrangers dans les régions en simplifiant les démarches administratives.

c) Impact de la décentralisation sur la reconstruction du Congo

            • Diminution du tribalisme et du favoritisme : Avec des régions autonomes financièrement et administrativement, il ne sera plus possible pour un pouvoir central de privilégier certaines zones au détriment d’autres.

            • Développement des infrastructures : Les routes, écoles, hôpitaux et autres services publics pourront être améliorés plus rapidement par des gouvernements régionaux proches des réalités locales.

            • Création d’emplois : En encourageant les investissements régionaux et en soutenant les initiatives locales, on favorise l’emploi et la prospérité.

4. Vers une République Unie du Congo (RUC)

Modeste Boukadia appelle à une nouvelle unité nationale qui dépasse les divisions actuelles et qui repose sur :

            • Une gouvernance fondée sur la justice et l’égalité.

            • Un modèle économique tourné vers le développement et non la rente pétrolière.

            • Une implication citoyenne accrue dans la gestion du pays.

La décentralisation s’inscrit parfaitement dans cette vision, car elle permettrait aux Congolais de reprendre en main leur avenir à l’échelle locale, tout en renforçant l’unité nationale.

Conclusion

L’analyse de l’article du président Modeste Boukadia met en lumière la nécessité d’une transition politique qui rompe avec l’échec du PCT et ouvre la voie à un nouveau modèle de gouvernance. La décentralisation administrative et financière apparaît comme un levier essentiel pour reconstruire le pays en donnant plus de pouvoir aux régions. Ce processus serait un pas décisif vers une République Unie du Congo (RUC), garantissant un développement équilibré et une véritable unité nationale.

Congo : un appel à la transition politique pour reconstruire l’unité et l’avenir

Congo : un appel à la transition politique pour reconstruire l’unité et l’avenir

Pourquoi le PCT en est-il venu à célébrer en février 2025 « l’homme du 5 février » alors qu’en 1991, la Conférence Nationale Souveraine (CNS) avait été organisée pour tourner la page de cette période sombre de la vie politique congolaise ?

S’agit-il d’une nostalgie pour l’époque où Denis Sassou Nguesso régnait en maître sous l’ère révolutionnaire, dans un contexte aligné avec les pays de l’Union soviétique ? Est-ce une tentative pour rappeler aux Congolais que la République Populaire du Congo n’est pas morte avec la CNS de 1991 mais survit au travers du PCT ?

Cette logique semble confirmée par l’utilisation du drapeau de l’ancienne République Populaire du Congo, un symbole qui aurait dû être relégué au musée. Le PCT l’a repris ostensiblement pour réaffirmer cette continuité. « Le roi est mort ! Vive le roi ! » pourrait-on dire : la République Populaire du Congo est morte avec la CNS, mais elle renaît symboliquement à travers le PCT et son drapeau, intact, avec les mêmes symboles.

Un symbole qui divise

Certains pourraient argumenter que l’utilisation du drapeau du PCT n’est pas, en soi, un problème. Après tout, c’est le drapeau de ce parti. Cependant, il s’agit d’un drapeau qui fut la représentation officielle d’un régime rejeté par les Congolais. L’utilisation de ce symbole par le PCT semble donc être une tentative de manipulation psychologique visant à réintroduire une période marquée par la violence, les intimidations et les disparitions.

Ce drapeau, créé par Nguila Moungounga-Nkombo, même s’il n’a jamais été membre du PCT, était censé disparaître avec la fin de la République Populaire. Sa réapparition ravive des blessures profondes et des traumatismes psychologiques liés à cette époque. Elle témoigne également de l’incapacité du PCT à créer de nouveaux symboles reflétant une évolution ou une rupture avec le passé. D’où l’incapacité du PCT à créer des entreprises pour l’emploi, à garantir de l’électricité ou l’eau potable voire à construire des routes, des écoles et des hôpitaux mais restant dans sa politique des slogans stériles.

Une continuité assumée

Cette persistance dans l’utilisation des symboles révolutionnaires reflète la volonté de Denis Sassou Nguesso de maintenir une ligne politique issue de l’ancien système soviétique. Cela se manifeste également dans les pratiques et la gestuelle, comme les poings levés et les vivats visibles lors des manifestations célébrant « l’homme du 5 février 1979 ». Ces célébrations semblent être une manière de masquer l’échec d’un régime qui, après 41 ans de pouvoir, a conduit le pays à la faillite et à l’utilisation de la fausse monnaie.

Une symbolique dévastatrice

C’est le 18 mars 1977 qu’il aurait mieux fait de célébrer en lieu et place du 5 février 1979 qui est perçue comme une insulte à l’histoire et à la mémoire de ceux qui ont perdu des proches. Elle rappelle des événements tragiques :

  • Les trahisons, comme celles subies par le Lieutenant Pierre Kinganga (Sirocco) et Ange Bidie Diawara, Vice-Président du Conseil National de la Révolution.
  • Les assassinats de figures marquantes : Marien Ngouabi, Alphonse Massamba-Débat, Cardinal Émile Biayenda, Pierre Anga, entre autres.
  • Les exécutions sommaires de nombreux innocents au « Petit Matin ».

Cette glorification sert surtout à rappeler que quiconque ose s’opposer au pouvoir en place risque de subir le même sort.

Le poids du bilan

Malgré plus de 41 ans au pouvoir, répartis sur trois générations sacrifiées, le bilan de Denis Sassou Nguesso reste catastrophique. Le Congo Brazzaville est plongé dans la déroute économique et sociale, avec l’usage officiel de fausse monnaie pour corrompre les institutions et compromettre les relations avec des pays voisins, comme la République Démocratique du Congo.

Ces manifestations à la gloire de l’homme qui a divisé le pays par le tribalisme et le clanisme posent une question fondamentale : le Congo survivra-t-il aux dérives du PCT ?

Un appel à l’unité

Quoique le PCT avec son « homme du 5 février » fasse, il a échoué. Son slogan préféré « Nous avons les armes et les hommes » n’est plus à l’ordre du jour. Que Denis Sassou Nguesso dise en guise d’assurance-vie « Ce que je fais, c’est la France qui me le demande », le peuple uni est plus fort et il est capable d’inverser le cours de l’histoire comme il l’a fait en exigeant la Conférence Nationale Souveraine.

C’est le moment pour le peuple de choisir la stabilité, la création d’emplois, la justice et la sécurité pour tous. Cela est possible avec la transition politique sur la base du compromis politique historique. Plus que jamais, il est urgent d’unir toutes les forces vives du pays pour reconstruire une véritable République Unie du Congo (RUC). Cette union est essentielle pour préserver l’héritage des Pères-Fondateurs et empêcher la dislocation de notre nation. Il appartient aux Congolais, en mémoire des sacrifices passés, de se mobiliser pour bâtir un avenir meilleur.

Modeste Boukadia
Dimanche 9 février 2025

Date clé :
– 18 mars 1977 : assassinat de Marien Ngouabi puis le soir même création du CMP par Denis Sassou Nguesso qui reçoit les condoléances du président Valérie Giscard d’Estaing pour la France.

Mis à jour le 09/02/2025 – 14:49 / 22:46 (heure de Paris)

Denis Sassou Nguesso : de l’Empereur au Patriarche et au Grand Timonier

De l’Empereur au Patriarche et au Grand Timonier

Un règne de trois générations sacrifiées

Le 16 janvier 2025, je retraçais le bilan de la présidence du Congo de Denis Sassou Nguesso, un règne s’étalant sur 41 ans, soit trois générations sacrifiées. À ces 41 ans, il faut ajouter les années de sa présidence du Comité Militaire du Parti (CMP) immédiatement après l’assassinat du Commandant Marien Ngouabi. Il est à rappeler que le président français Valéry Giscard d’Estaing avait, à l’époque, adressé ses condoléances au Président du CMP, Denis Sassou Nguesso, et non à Joachim Yhomby-Opango.

Un bilan désastreux et des slogans creux

Le bilan de cette longévité au pouvoir ? Trois générations sacrifiées, des slogans creux et une production sans précédent de fanatiques. Le président américain Donald Trump, dans sa verve incisive, a même adressé cette remarque à Denis Sassou Nguesso : « Pourquoi y a-t-il tant de morts dans votre pays ? Est-ce qu’il y a des hommes qui y habitent ou des animaux ? » Une question crue mais révélatrice de l’état de désolation dans lequel le prétendu leadership a plongé le Congo.

Du Patriarche au Grand Timonier : des titres usurpés

Ainsi, Denis Sassou Nguesso est passé de l’Empereur au Patriarche, puis au Grand Timonier. Mais qu’est-ce qu’un Patriarche ? C’est quelqu’un qui sait écouter, comprendre et donner les orientations indispensables pour que la communauté ou la famille se sente en sécurité. Cette définition correspond-elle à son action pour le Congo ? Peut-être pour les membres de son clan, mais certainement pas pour le pays tout entier.

Quant à l’appellation de Grand Timonier, elle évoque celui qui sait mener un navire à bon port sans heurts. Or, ce que nous voyons, c’est que le navire Congo a touché le fond. Sous sa direction, ce beau bateau, jadis sculpté dans le bois de fer par nos Pères-Fondateurs, s’est fracassé contre les rochers. Ce qu’il en reste ? Des morceaux éparpillés, des lambeaux qui jonchent le sol. Peut-être cette comparaison est-elle un clin d’œil à Mao Zedong, l’ancien président de la République populaire de Chine surnommé le Grand Timonier, dont les ravages sur la population chinoise restent dans les mémoires.

Une fuite en avant et un avenir incertain

Mais la comparaison ne s’arrête pas là. Deng Xiaoping, successeur de Mao, surnommé Le Petit Timonier, a également laissé un actif mitigé. Ainsi, après l’Empereur, voici venu le temps du Patriarche et du Grand Timonier, qui semble conduire le Congo et son peuple vers la case « casse sans retour » avec des élections 2026 qui sont une fuite en avant qui puent déjà la fraude !

Un chantage à la France pour masquer l’échec

C’est peut-être pour cela, pour faire pression sur la France de ne pas le lâcher, qu’il lui fait ce chantage : « Tout ce que j’ai fait, c’est la France qui me l’a conseillé ! » Ainsi donc, la France serait responsable de ce qu’est devenu le Congo… Drôles d’excuses pour ne pas assumer ses dérives, son échec et son manque de bilan pour la postérité dont on parlerait en termes de gloire !

Une fracture historique entre deux voisins

La dernière épreuve en date est l’épisode qui fracture une amitié séculaire entre la République démocratique du Congo et la République du Congo. Pour des intérêts privés et au mépris des relations diplomatiques, il a fait voler en éclats ce qui aurait dû être une construction patiente d’un dialogue fraternel entre deux peuples voisins.

Modeste Boukadia
Le 08 février 2025