OP-ED | Congolese Army: Guilty Silence, Criminal Loyalty

OP-ED | Congolese Army: Guilty Silence, Criminal Loyalty
By Modeste Boukadia, President of the Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) – June 2, 2025

Massacres, repression, rigged elections—while the Congolese people suffer, the army remains silent. A guilty silence. A criminal loyalty. In this op-ed, Modeste Boukadia accuses the Congolese Armed Forces of betraying the Republic in order to serve a clan. And he poses a radical question: does such an army still deserve to exist after Sassou?
(CDRC Press Service)

Fifty years in power without a single coup. Half a century of military omertà, political complicity, and loyalty to a man rather than to a nation. That’s the record. And the state of Congo speaks for itself: ruined, humiliated, silenced. All the while, the weapons—meant to defend the Republic—have fallen silent, or worse, have spoken and are ready to speak again, against the people.

Denis Sassou Nguesso, the undisputed leader of a calcified regime, has never hidden his foreign support. “What I do, I do because France asks me to,” he once dared to say. Yet during his recent state visit to Paris, President Emmanuel Macron, speaking directly to him, denied any French responsibility in Congo’s descent into ruin. The longtime patron now pretends to take distance. So whom will Sassou Nguesso blame this time for the crimes and failures of his regime? His corrupt ministers? The people he constantly accuses? Or the officers who, through their silence, traded republican loyalty for clan allegiance?

One might have believed that the Congolese army, proud of its history, would have preserved some ethical standard. History reminds us that in 1963, under President Fulbert Youlou, officers like Félix Mouzabakani and David Moutsaka refused to crush the popular uprising. They let the people speak, protest, rise up. And even if the pretext—“Youlou stole everything!”—was questionable, the transition occurred without bloodshed. Because men in uniform had the courage to choose the nation over ambition.

Today, the opposite is true. Officers remain silent. They avert their eyes, obey quietly, and protect a regime that slowly murders its people. This is no longer discipline—it is complicity. Not a word in the face of massacres. Not a gesture in the face of imposed misery. It is betrayal. A military disgrace. A moral collapse.

So let us ask the real questions: Are we still living in a Republic, or in a military barracks ruled by a clan? Can we still speak of Congolese Armed Forces when they defend neither the Constitution nor the people, but only a man and his inner circle?

And above all: if these forces persist in acting as a militia in service of a tyrant, do they still deserve to exist after Sassou Nguesso? The hour is approaching. The people are refusing to take part in yet another rigged election. And history will harshly judge those who fire upon their own nation just to prolong the agony of an illegitimate regime.

The army must choose: defend the Republic or sink with the regime. There is still time, for those in uniform, to break with this criminal loyalty. Because in the future we will build, there will be no place for the accomplices of silence.

Modeste Boukadia
President of the Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC)

TRIBUNE | Armée congolaise : silence coupable, fidélité criminelle

TRIBUNE | Armée congolaise : silence coupable, fidélité criminelle
Par Modeste Boukadia, Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) – Le 2/06/2025

Massacres, répression, élections truquées : pendant que le peuple congolais souffre, l’armée garde le silence. Un silence coupable. Une fidélité criminelle. Dans cette tribune, Modeste Boukadia accuse les Forces armées congolaises d’avoir trahi la République pour servir un clan. Et pose une question radicale : une telle armée mérite-t-elle encore d’exister après Sassou ? (Service Presse CDRC)

Cinquante années de pouvoir sans coup d’État. Un demi-siècle d’omerta militaire, de compromissions politiques et de fidélité à un homme plutôt qu’à une nation. Voilà le bilan. Et l’état du Congo parle de lui-même : ruiné, humilié, bâillonné. Pendant ce temps, les armes – censées défendre la République – se sont tues, ou pire, ont parlé et vont encore parler contre le peuple.

Denis Sassou Nguesso, chef incontesté d’un régime sclérosé, n’a jamais caché ses appuis extérieurs. «Ce que je fais, cest la France qui me le demande», osait-il déclarer. Pourtant, lors de sa récente visite d’État à Paris, le président Emmanuel Macron, face à lui, a balayé toute responsabilité de la France dans la descente aux enfers du Congo. Le parrain de toujours prend désormais la distance. À qui donc, cette fois, Sassou Nguesso attribuera-t-il les crimes et la mauvaise gouvernance de son régime ? À ses ministres corrompus ? À son peuple qu’il accuse de tous les maux ? Ou à ces officiers qui, dans leur silence, ont troqué la loyauté républicaine contre une allégeance clanique ?

On aurait pu croire que l’armée congolaise, forte de son passé, aurait su préserver une éthique. L’histoire nous rappelle qu’en 1963, sous la présidence Fulbert Youlou, des officiers tels que Félix Mouzabakani et David Moutsaka ont refusé d’écraser le soulèvement populaire. Ils ont laissé les voix s’élever, la rue gronder. Et même si le prétexte « Youlou a tout volé ! » pour écarter Youlou était contestable, la transition s’est faite sans bain de sang. Parce que des hommes en uniforme ont su choisir la nation plutôt que l’ambition.

Aujourd’hui, c’est l’inverse. Les officiers se taisent. Ils détournent les yeux, obéissent en silence, protègent un régime qui assassine son peuple à petit feu. Il ne s’agit plus de discipline, mais de complicité. Pas un mot face aux massacres. Pas un geste face à la misère imposée. C’est une trahison. Une honte militaire. Un effondrement moral.

Alors posons les vraies questions : Sommes-nous encore en République, ou vivons-nous dans une caserne livrée à un clan ? Peut-on encore parler de Forces armées congolaises quand ces dernières ne défendent ni la Constitution, ni le peuple, mais un homme et son cercle fermé ?

Et surtout : ces forces armées, si elles persistent dans ce rôle de milice au service d’un tyran, méritent-elles encore d’exister après Sassou Nguesso ? Car l’heure approche. Le peuple refuse de participer à de nouvelles mascarades électorales. Et l’histoire jugera sévèrement ceux qui auront tiré sur leur propre nation pour prolonger l’agonie d’un pouvoir illégitime.

L’armée doit choisir : défendre la République ou sombrer avec le régime. Il est encore temps, pour ceux qui portent l’uniforme, de rompre avec cette fidélité criminelle. Car dans l’avenir que nous bâtirons, il n’y aura pas de place pour les complices du silence.

Modeste Boukadia,
Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC)

Congo-Brazzaville | Réconciliation inter-nordiste : entre mythe historique et nécessité contemporaine

Congo-Brazzaville | Réconciliation inter-nordiste : entre mythe historique et nécessité contemporaine
Par Tom Melvin BAIKI – Le 01/06/2025

Mes chers compatriotes, il est essentiel de faire la distinction entre la réconciliation inter-nordiste appelée par Denis Sassou Nguesso après l’assassinat du Commandant Marien Ngouabi en 1977, et celle que nous prônons aujourd’hui dans un contexte de refondation nationale.

🔴 Contexte historique : l’assassinat de Marien Ngouabi et la consolidation du pouvoir

Le 18 mars 1977, le président Marien Ngouabi, leader charismatique et originaire du nord du Congo, est assassiné. Cet événement marque un tournant violent dans l’histoire politique congolaise. Ngouabi avait été une figure centrale du Parti congolais du travail (PCT) et promoteur d’une politique socialiste.

À la suite de son assassinat, un climat de suspicion et de répression s’installe. Denis Sassou Nguesso, alors président du Comité militaire du parti, lance un appel à la réconciliation inter-nordiste. Cette démarche vise à rassembler les cadres du Nord, dont certains étaient liés à l’ancien président Yhombi Opango, dans le but de stabiliser le pouvoir du PCT face à l’opposition du Sud et des autres factions.

Comme l’a souligné Sassou Nguesso dans plusieurs discours de l’époque, la réconciliation devait éviter la division interne et assurer la continuité du régime : « Nous devons rester unis, frères du Nord, pour garantir la stabilité et la paix dans notre pays. Tout autre choix serait un danger pour notre peuple. »

🔴 Une réconciliation politique au service du pouvoir

Cette réconciliation était d’abord une stratégie de maintien du pouvoir par le Nord. En appelant ses « frères du Nord » à rejoindre la famille politique, Sassou Nguesso cherchait à neutraliser toute opposition interne. Cette approche, bien que pragmatique, a consolidé une logique ethno-régionale qui a contribué aux tensions futures.

Le régime ainsi consolidé par Sassou Nguesso a maintenu une hégémonie politique pendant plus de quatre décennies, souvent critiquée pour son autoritarisme et ses dérives clientélistes.

🔴 Une réconciliation à repenser aujourd’hui

Aujourd’hui, il est impératif de repenser cette réconciliation inter-nordiste. Celle que nous appelons à bâtir ne peut être une répétition des logiques passées. Elle doit s’inscrire dans un projet national d’unité et de paix.

Le Congo doit dépasser la vision d’un pouvoir confisqué par une région et une ethnie. Le véritable patriotisme congolais passe par :

            • La reconnaissance des erreurs du passé.

            • La volonté collective d’une transition inclusive.

            • La mise en place d’institutions démocratiques, transparentes et indépendantes.

🔴 Une transition inclusive et apaisée

Dans ce cadre, la transition que nous proposons doit durer cinq ans, le temps nécessaire pour :

            • Refaire les institutions.

            • Organiser des élections libres et transparentes.

            • Garantir la justice et la réconciliation sans règlements de comptes immédiats.

La loi d’amnistie, évoquée par plusieurs experts, pourrait sceller ce compromis nécessaire, permettant d’éviter la spirale de vengeance qui a marqué trop de périodes post-conflit dans le monde.

🔴 Citations et références

            • Marien Ngouabi (1974) : « La nation congolaise doit être unie au-delà des différences régionales et ethniques. Le socialisme congolais est au service de tous. »

            • Denis Sassou Nguesso (1977), lors de l’appel à la réconciliation inter-nordiste : « La stabilité du Congo dépend de notre unité. Toute division affaiblit notre peuple. »

            • Analyse d’Yves Marrier (historien) : « La réconciliation inter-nordiste de 1977 fut une étape clé, mais aussi un moment où la politique ethnique s’est institutionnalisée, préparant les tensions à venir. »

🔴 Conclusion : un nouveau pacte national

La réconciliation inter-nordiste d’hier servait un pouvoir autoritaire, celle d’aujourd’hui doit servir la nation. En refusant la perpétuation des clivages ethniques, en engageant un dialogue sincère, le Congo peut enfin poser les bases d’une paix durable.

Il s’agit d’un appel à la responsabilité des élites du Nord et du reste du pays pour ouvrir une ère nouvelle, fondée sur la justice, l’égalité et le respect mutuel.

Tom Melvin BAIKILe 01 juin 2025

Stratégie de sortie honorable et de réconciliation nationale : Pour un Congo uni et apaisé

Stratégie de sortie honorable et de réconciliation nationale : Pour un Congo uni et apaisé
Par Tom Melvin BAIKI – Le 01/06/2025

Préambule / Introduction

En tant que Nordiste, je reconnais ma part de responsabilité dans la situation actuelle du Congo. Je comprends qu’historiquement, le Nord a détenu les rênes du pouvoir, souvent au nom de la stabilité, mais parfois au détriment de l’unité nationale. Aujourd’hui, je crois que ma responsabilité – et celle de chaque Nordiste – est de dire : assez ! Le temps est venu d’ouvrir la voie à une transition pacifique et à une réconciliation qui dépasse nos origines régionales.

Cette proposition stratégique que je soumets ici est donc à la fois un engagement personnel et un appel à la conscience collective. Elle ne vise pas à accabler ou à juger, mais à réaffirmer un devoir de vérité et de patriotisme pour un avenir meilleur pour tous les Congolais.

Proposition stratégique pour la sortie honorable de Sassou Nguesso et la réconciliation nationale

Reconnaître la nécessité d’un passage de témoin historique

Les Nordistes, historiquement au pouvoir depuis plusieurs décennies, portent une responsabilité particulière dans l’avenir du Congo. Il s’agit non pas de conserver le pouvoir pour le Nord, mais de reconnaître que ce leadership peut encore servir la nation – en menant une sortie honorable pour Denis Sassou Nguesso. Cette sortie, par la grande porte, ne serait pas un reniement de son héritage mais au contraire un acte de courage politique : elle marquerait la fin d’un cycle et l’ouverture d’une ère de réconciliation.

Il est crucial de dire aussi que ceux qui poussent Denis Sassou Nguesso à briguer un autre mandat en mars 2026 ne cherchent pas à le protéger, mais à protéger leurs propres intérêts personnels. Ils le conduisent droit à un suicide politique et personnel, car une telle candidature serait perçue comme un refus de la transition et une provocation à l’instabilité. La vraie loyauté n’est pas de l’encourager dans cette voie, mais de l’accompagner dans une sortie digne et pacifique.

Redonner du souffle au patriotisme et à l’identité congolaise

En sortant par la grande porte, les Nordistes auraient l’occasion de se réapproprier un rôle historique : celui de garants de l’unité nationale. Cela suppose de dépasser les clivages ethniques et de réaffirmer une identité congolaise fondée sur la justice, l’égalité et la dignité. Cette démarche doit s’appuyer sur la conviction que la nation congolaise est une et indivisible – et que les clivages ethniques ou régionaux ont trop souvent servi d’alibi pour masquer des ambitions personnelles.

Préalable essentiel : la réconciliation inter-nordiste

Il est important de comprendre que la réconciliation nationale ne pourra véritablement se concrétiser sans passer d’abord par une réconciliation inter-nordiste. Car ce sont nous, les Nordistes, qui avons souvent répété qu’il fallait garder le pouvoir au Nord, pensant protéger nos intérêts et la stabilité. Aujourd’hui, nous devons dire non à cette manière de gouverner le pays : le pouvoir ne doit plus être perçu comme une chasse gardée régionale. La véritable grandeur consiste à reconnaître que nous pouvons, ensemble, restaurer le patriotisme et redonner vie à l’identité congolaise. Et cela commence par rompre avec la logique de domination pour construire un Congo uni.

Amorcer une transition de cinq ans pour refonder les institutions

La sortie de Denis Sassou Nguesso devrait s’accompagner de l’ouverture d’une transition apaisée, d’une durée de cinq ans, destinée à :

            • Rebâtir les institutions nationales sur des bases démocratiques et transparentes ;

           • Organiser un recensement impartial et des élections crédibles ;

            • Rétablir la confiance entre les citoyens et l’État.

Cette transition devrait être pilotée par un gouvernement inclusif et pluraliste, où chaque sensibilité politique et chaque région aurait sa place. Elle garantirait la neutralité de l’armée et des forces de sécurité, ainsi que la liberté de la presse et de la société civile.

Garantir l’absence de règlements de comptes

Pour réussir cette transition, il est essentiel de rassurer tous les acteurs – y compris ceux qui ont servi sous le régime actuel. Il ne peut pas y avoir de “chasse aux sorciers” ou de règlements de comptes qui alimenteraient la vengeance et l’instabilité. Une loi d’amnistie, limitée mais claire, pourrait sceller cet engagement : elle protégerait les acteurs politiques sortants des poursuites immédiates, tout en posant les bases d’un processus de vérité et de réconciliation plus tardif et apaisé.

Construire un pacte de réconciliation nationale

La réconciliation inter-nordiste doit être le prélude d’une réconciliation nationale plus large. Les Nordistes, en prenant l’initiative de cette sortie pacifique, enverraient un message fort : la priorité est de sauver le Congo, pas de s’accrocher au pouvoir. Cela ouvrirait la voie à un dialogue national qui rassemblerait toutes les forces politiques, religieuses et sociales pour définir un projet commun :

            • Soigner les blessures du passé ;

            • Reconnaître les erreurs commises par tous les camps ;

            • Établir un pacte d’avenir où chaque Congolais se sentirait représenté et protégé.

Une transition qui donne espoir d’un avenir partagé

La sortie de Denis Sassou Nguesso par la grande porte est la clé d’une renaissance congolaise. En assumant la responsabilité de cette étape historique, les Nordistes peuvent non seulement tourner la page d’un long règne, mais aussi réhabiliter l’idée de patriotisme congolais. Le Congo a besoin d’un sursaut collectif et d’une transition fondée sur la paix, la tolérance et la justice : une transition qui refuse la vengeance et qui donne enfin à chaque Congolais l’espoir d’un avenir partagé.

Tom Melvin BAIKI Le 01 juin 2025

Op-Ed | From Intra-Northern Reconciliation to National Reconciliation

Modeste Boukadia in Chartres (Jean Moulin Esplanade) during an interview with Ziana TV. Photo ©NadineNagel

Op-Ed | From Intra-Northern Reconciliation to National Reconciliation
By Modeste Boukadia, President of the Democratic and Republican Circle Party of Congo – May 31, 2025

Toward a Reconciled Congo: The Time for National Unity Has Come

As Denis Sassou Nguesso’s recent official visit to Paris reveals growing diplomatic isolation, Modeste Boukadia calls for a national awakening. He urges the country’s key stakeholders – including those closest to power – to support a peaceful political transition that transcends regional divides and paves the way for true national unity. In this op-ed, he offers a clear-eyed assessment of the current situation and outlines a vision for a reconciled Congo, ready to face the challenges of a new geopolitical era. (CDRC Press Office.)

The resilience of the Republic of Congo depends on a collective awakening – one that must include the senior officers and generals of the Congolese Armed Forces (FAC). Though often seen as mere auxiliaries of militias serving to prolong a power perceived as “destined to remain in the North,” these forces now bear a historic responsibility: to serve not a region, but the nation.

In this regard, the recent official visit of President Denis Sassou Nguesso to Paris, upon invitation from his French counterpart Emmanuel Macron, deserves careful political scrutiny. It reveals subtle but unmistakable signs of a possible opening towards a Peaceful Political Transition — a path of compromise I have long advocated to preserve lives and restore national cohesion.

On May 22, 2025, President Sassou Nguesso arrived in France. Yet contrary to the formalities associated with a state visit, he was welcomed not by the French president or even a cabinet minister, but by a regional prefect. No state dinner was held. That very evening, President Macron dined with the Ethiopian Prime Minister instead. Such deviations from protocol are telling.

More striking still: images showed two Congolese officials – not the heads of state – signing bilateral agreements, while Presidents Macron and Sassou Nguesso stood by. This runs counter to traditional diplomatic customs. No joint press conference was held. No final communiqué issued. Save for brief mentions on RFI, France 24, and a short segment on a French news channel, the visit received little to no media coverage. It is difficult not to see this trip as a diplomatic misstep, or even, symbolically, as a farewell tour. One might even interpret the presence of the French Ambassador to Congo, Madame Claire Bodonyi, at both his arrival in France and return to Brazzaville, as a sign of this turning point.

Faced with these realities, those loyal to President Sassou Nguesso must help him take the courageous political step the Congolese people have long awaited. It is understandable that many military officers and civil servants owe their careers to his leadership and therefore feel a sense of duty toward him. But their highest responsibility today is to ensure that he makes the most consequential decision of his political life. History alone will judge the quality of his leadership. For now, the people overwhelmingly desire change — and those who once rose under Sassou Nguesso must now help guide the country toward a new direction.

That direction cannot remain confined to intra-northern reconciliation. It must expand into a genuine national union, beyond North-South and South-North antagonisms. Let the Ngala no longer blame the Bakongo, and vice versa. Let us reclaim our shared Congolese identity to build the Republic — the very one envisioned by our Founding Fathers on November 28, 1958 — despite its early imperfections.

It is our collective duty to reshape those imperfections. A united and indivisible Republic requires reformed institutions that are accessible and fair to all Congolese citizens, regardless of origin or background.

In this light, Sassou Nguesso’s state visit, despite its limited diplomatic success, may paradoxically become an opportunity for national awakening. It can mark the beginning of a new course — one that encourages Congolese citizens abroad to return through a voluntary desimmigration process, and invites those at home to join them in forging a renewed national force.

It is our ability to unite that will allow Sassou Nguesso to exit through history’s main door — and will allow Congo to embark on a new political trajectory: bold, dynamic, and respectful of its international commitments. In today’s global context marked by economic and geopolitical rivalries, Congo has the opportunity to reclaim its strategic role in Central Africa. Just as it once did in the UDEAC era, it can again become a key transit country through peaceful diplomacy and regional cooperation, particularly by strengthening the Brazzaville-Kinshasa-Luanda axis.

This new path is not utopian. It is a historic imperative. It is up to us to make it a reality.

Modeste Boukadia, President of the Democratic and Republican Circle Party of Congo

TRIBUNE | De la réconciliation inter-nordiste à la réconciliation nationale

Modeste Boukadia à Chartres (esplanade Jean Moulin) lors d’une interview par Ziana TV. Photo ©NadineNagel

TRIBUNE | De la réconciliation inter-nordiste à la réconciliation nationale
Par Modeste Boukadia, Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) – 31 mai 2025

Vers un Congo réconcilié : l’heure de l’unité nationale a sonné

Alors que la récente visite officielle de Denis Sassou Nguesso à Paris laisse entrevoir un isolement diplomatique croissant, Modeste Boukadia appelle à une prise de conscience nationale. Il invite les forces vives du pays – y compris les plus proches du pouvoir – à accompagner une transition politique apaisée, dépassant les clivages régionaux pour ouvrir la voie à une véritable union nationale. À travers cette tribune, il propose une lecture lucide de la situation et trace les contours d’un Congo réconcilié avec lui-même, prêt à affronter les défis de la nouvelle ère géopolitique.Service Presse CDRC.

La résilience du Congo exige une prise de conscience collective, à commencer par les officiers généraux et supérieurs des Forces Armées Congolaises (FAC). Ces dernières, parfois perçues comme des auxiliaires d’un pouvoir soucieux de sa pérennité régionale, ont aujourd’hui un rôle décisif à jouer : celui de garantir l’unité nationale et non la division.

À cet égard, la récente visite officielle du président Denis Sassou Nguesso à Paris, sur invitation de son homologue Emmanuel Macron, mérite une lecture politique attentive. Elle révèle des signaux faibles mais significatifs, qui pourraient annoncer l’ouverture vers une Transition Politique Apaisée, fondée sur le compromis – cette voie que j’ai, à maintes reprises, préconisée afin d’éviter des tragédies inutiles.

Le 22 mai 2025, Denis Sassou Nguesso s’est donc rendu en France. Toutefois, à sa descente d’avion, il a été accueilli non par le président français, comme le voudrait l’usage dans une visite d’État, mais par un préfet – sans même la présence d’un ministre délégué. Ce protocole allégé a été suivi par d’autres signes notables : aucun dîner d’État, aucune conférence de presse conjointe, et un traitement médiatique en demi-teinte. À l’exception de RFI, France 24 et un court passage sur une chaîne d’information continue, les médias français sont restés silencieux. De nombreux observateurs s’interrogent : cette visite avait-elle réellement l’étoffe d’une visite d’État ou marquait-elle une forme de clôture symbolique ?

Plus encore, lors de la signature des documents bilatéraux, ce ne sont pas les deux chefs d’État qui ont apposé leurs signatures – comme le veut la tradition diplomatique – mais deux représentants. Aucun communiqué final n’a été diffusé à l’issue de la rencontre. Ces faits ne peuvent être balayés d’un revers de la main. Ils traduisent un certain isolement et appellent, en creux, à un sursaut.

Ce sursaut, les fidèles du président Denis Sassou Nguesso doivent aujourd’hui le faciliter. Il ne s’agit pas de renier ce que fut leur engagement, ni de minimiser les parcours personnels façonnés sous ce régime. Mais ils ont désormais le devoir d’accompagner leur chef dans ce qui pourrait être la plus grande décision politique de sa vie : celle d’ouvrir une nouvelle page pour le Congo.

L’heure n’est plus aux antagonismes. L’heure est venue de dépasser les clivages Nord-Sud et Sud-Nord. Il faut rompre avec la logique de la réconciliation inter-nordiste, qui ne saurait suffire, pour aller vers une véritable union nationale. Que les Ngala ne pointent plus les Bakongo, que les Bakongo n’imputent plus aux Ngala la responsabilité du passé. Le destin congolais est un destin commun. C’est dans l’unité que nous devons bâtir la République, celle que nos Pères-Fondateurs ont rêvée le 28 novembre 1958 – malgré ses imperfections.

C’est à nous qu’il revient de corriger ces imperfections. Pour construire une République une et indivisible, nous devons repenser nos institutions afin qu’elles soient réellement accessibles à tous, sans distinction d’origine, d’ethnie ou d’appartenance régionale.

En ce sens, la visite de Denis Sassou Nguesso à Paris, malgré ses faiblesses diplomatiques apparentes, peut devenir une opportunité historique. Elle peut sonner l’heure du réveil national. Elle peut être le point de départ d’un changement de cap. Celui d’un Congo ouvert à ses enfants, qu’ils soient de l’intérieur ou de la diaspora. Celui d’une politique de désimmigration volontaire, où ceux qui ont fui reviennent avec leurs savoirs, et s’associent à ceux qui sont restés pour refonder ensemble la Nation.

Notre capacité à nous unir, à transcender nos blessures et nos appartenances, déterminera si Denis Sassou Nguesso pourra quitter la scène par la grande porte. Et si le Congo, dans un monde fracturé par les rivalités géopolitiques et les guerres commerciales, saura retrouver un rôle stratégique en Afrique centrale. Un rôle que notre pays joua autrefois au sein de l’UDEAC, en misant sur le transit, la paix et la coopération avec ses voisins, à travers un axe Brazzaville-Kinshasa-Luanda renforcé.

Ce nouveau cap n’est pas une utopie. C’est une nécessité historique. À nous de faire en sorte qu’il devienne réalité.

Modeste Boukadia
Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC).

Op-Ed | Climate Cooperation or Diplomatic Facade? The Quiet Withdrawal of a TotalEnergies Project in Congo Raises Serious Questions

Op-Ed | Climate Cooperation or Diplomatic Facade? The Quiet Withdrawal of a TotalEnergies Project in Congo Raises Serious Questions

By Modeste Boukadia
March 29, 2025

While Denis Sassou Nguesso was being welcomed with official honors in Paris in May 2025, TotalEnergies quietly pulled out of a major carbon offset project in northern Congo. This stark contrast raises serious concerns about the authenticity of climate cooperation and the nature of French-Congolese relations. In this op-ed, Modeste Boukadia calls for transparency, equity, and accountability in international partnerships. (CDRC Press Office.)

On May 22, 2025, President Denis Sassou Nguesso was received in Paris for an official state visit during which several agreements were ceremoniously signed in the presence of French President Emmanuel Macron. Images of the event, widely circulated in the media, show both heads of state standing behind Congolese officials as they sign documents that symbolize a supposed renewal of bilateral cooperation.

Yet, only days after this public display, the French environmental media outlet Reporterre published an investigative report titled “TotalEnergies quietly abandons a carbon offset project in Congo”. The report reveals that the French energy giant has silently withdrawn from a major forest-based carbon compensation project in the Likouala region of northern Congo.

Initially launched in 2021, the project was promoted as part of TotalEnergies’ effort to offset its CO₂ emissions by preserving forest areas in Central Africa. However, according to Reporterre, the initiative lacked meaningful consultation with local communities, transparency in environmental outcomes, and tangible socioeconomic benefits for the people concerned. Its quiet abandonment raises deep concerns about the way such so-called “green” partnerships are conceived and implemented: behind closed doors, without accountability, and often disconnected from local realities.

This incident inevitably leads us to ask a pressing question: What do these Paris agreements truly represent, if not anchored in transparency, shared responsibility, and genuine mutual benefit? International cooperation—especially on climate matters—cannot be reduced to public relations exercises. It must be built on respect for fundamental rights, ecological integrity, and long-term development for all stakeholders.

In a country like Congo, where democratic institutions are weakened and natural resources are frequently exploited by a small elite, every development initiative—especially those labeled « sustainable »—deserves thorough scrutiny. The quiet failure of the TotalEnergies project serves as a reminder that the rhetoric of climate responsibility often conceals realities far less virtuous.

The Congolese people deserve better than symbolic diplomacy. They deserve equitable partnerships that prioritize human development, environmental protection, and the recovery of an economic sovereignty long compromised.

Now more than ever, citizen vigilance, independent journalism, and a collective demand for truth must guide our assessment of international agreements that impact our shared future.

Modeste Boukadia
President of the Democratic and Republican Circle Party of Congo

TRIBUNE | Coopération climatique ou mascarade diplomatique ? L’abandon discret d’un projet de TotalEnergies au Congo interroge

TRIBUNE | Coopération climatique ou mascarade diplomatique ? L’abandon discret d’un projet de TotalEnergies au Congo interroge

Par Modeste Boukadia
Le 29 mars 2025

Alors que Denis Sassou Nguesso était reçu en grande pompe à Paris en mai 2025 pour signer de nouveaux accords bilatéraux, TotalEnergies mettait discrètement fin à un projet de compensation carbone au Congo. Un contraste saisissant qui soulève des questions fondamentales sur la sincérité des engagements environnementaux et la nature réelle de la coopération franco-congolaise. Dans cette tribune, Modeste Boukadia appelle à plus de transparence, de justice et de responsabilité dans les relations internationales. (Service presse CDRC.)

Le 22 mai 2025, Denis Sassou Nguesso a été reçu à Paris pour une visite officielle, au cours de laquelle plusieurs contrats ont été signés en présence du président Emmanuel Macron. Les images diffusées montrent les deux chefs d’État encadrant la signature de documents par des représentants congolais, dans un décor solennel qui se voulait la manifestation d’une coopération bilatérale « renouvelée ».

Pourtant, quelques jours à peine après cette cérémonie, une enquête fouillée publiée par le média indépendant Reporterre jette une ombre sur cette vitrine diplomatique. Intitulée « TotalEnergies abandonne en catimini un projet de compensation carbone au Congo », l’article révèle que le géant français de l’énergie a discrètement mis fin à un projet de séquestration carbone dans la région de la Likouala, au nord du Congo-Brazzaville.

Lancé en 2021, ce projet s’inscrivait dans une logique de « verdissement » de l’image de TotalEnergies, censée compenser une partie de ses émissions de CO₂. Or, comme le souligne Reporterre, le projet a été initié sans véritable consultation des populations locales et sans mécanismes transparents d’évaluation écologique ni socio-économique. Le silence qui a entouré sa suspension en dit long sur la manière dont certains partenariats environnementaux sont conduits : dans l’opacité, sans ancrage local, et souvent au mépris des réalités du terrain.

Dès lors, une question essentielle se pose : que valent les accords signés à Paris s’ils ne reposent pas sur des principes de transparence, de responsabilité partagée et de bénéfice mutuel ? La coopération internationale, en particulier dans le cadre de la transition écologique, ne peut se limiter à des effets d’annonce. Elle doit s’accompagner d’un véritable respect des droits des populations et d’un engagement sincère envers les objectifs affichés.

Dans un pays comme le Congo, où les institutions démocratiques sont affaiblies et où l’exploitation des ressources naturelles est souvent détournée au profit d’un cercle restreint, chaque projet de développement, surtout s’il est estampillé « durable », doit être scruté avec rigueur. L’exemple du projet forestier avorté de TotalEnergies illustre à quel point les apparences peuvent être trompeuses.

Le peuple congolais mérite mieux qu’une diplomatie de façade. Il mérite des partenariats équitables, orientés vers le développement humain, la protection effective de l’environnement, et la reconquête d’une souveraineté économique mise à mal depuis trop longtemps.

Plus que jamais, la vigilance citoyenne, la liberté d’information et l’exigence de vérité doivent guider notre regard sur ces alliances qui engagent notre avenir collectif.

Modeste Boukadia

🌍 Thématiques générales : #CongoBrazzaville #FranceCongo #CoopérationInternationale #SouverainetéAfricaine #JusticeClimatique #TransitionÉcologique #Gouvernance

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Rappel de la vocation nationale du Parti CDRC

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

À l’attention des membres du Parti CDRC et de l’opinion nationale

Objet : Rappel de la vocation nationale du Parti CDRC et appel au respect des textes fondateurs

Chartres, le 24 mai 2025

Le Président du CDRC tient à rappeler à l’ensemble des membres et sympathisants du parti que le CDRC est un parti à vocation nationale, c’est-à-dire présent sur toute l’étendue du territoire de la République du Congo. Cette dimension nationale est un fondement essentiel de notre identité politique, et une rupture claire avec les logiques claniques, tribales et familiales qui ont miné le fonctionnement des partis ayant gouverné le pays ces dernières décennies.

Afin que chacun puisse se réapproprier les bases de notre engagement commun, les principes, statuts et règlement intérieur du CDRC sont accessibles à l’adresse suivante :
🔗 https://cdrc-cg.com/wp-content/uploads/2016/08/declaration-principes-statuts-proces-verbal-reglement-interieur-cdrc.pdf

La rigueur dans l’application de nos textes est un impératif. Car si un parti ne peut se conformer à ses propres règles, comment prétendre ensuite faire respecter la Constitution d’un pays ? Si nous échouons à construire l’unité et l’harmonie à notre échelle, comment prétendre réunir un peuple divisé autour d’un projet national ?

Le CDRC réaffirme ainsi son attachement à :

  • La solidarité entre ses membres,
  • Le travail collectif,
  • Le rejet de toute forme de compétition interne,
  • Et la valorisation de toutes les compétences, quelles que soient l’origine sociale, le parcours ou la position géographique.

Le Parti CDRC se veut un instrument au service du peuple congolais, sans exclusion aucune. Il entend mobiliser toutes les forces vives de la nation : intellectuels, ouvriers, commerçants, fonctionnaires, agriculteurs, artisans, jeunes, femmes et hommes — du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, en toutes langues et dialectes.

Ce rappel s’inscrit dans notre volonté de bâtir une nation pour tous, fondée sur l’inclusion, le respect des règles, et la responsabilité partagée.

Fait à Chartres, le 24 mai 2025
Pour le Parti CDRC,
Le Président
Modeste Boukadia

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française
Par Modeste Boukadia
Chartres, le 21 mai 2025 – Publiée par le journal AfriquEducation

Lire le Chapô d’AfriquEducation


Monsieur le Président,

Le 24 février 2025, je vous avais déjà adressé une lettre ouverte à l’annonce de la venue de Monsieur Denis Sassou Nguesso en France. Il me semble nécessaire de vous la réitérer aujourd’hui, car son contenu demeure tristement d’actualité.

Mais permettez-moi de vous poser une question simple et directe : connaissez-vous réellement l’homme à qui vous vous apprêtez à dérouler le tapis rouge ?


« Ce que je fais, c’est la France qui me le demande » : une déclaration glaçante

Pour mémoire, selon ses propres paroles — que je cite une nouvelle fois — Monsieur Sassou Nguesso affirme :

« La France ne peut pas me chasser car ce que je fais, c’est la France qui me le demande. »

Alors, Monsieur le Président, qu’a donc demandé la France ? De brûler le Pool ? De kidnapper des opposants ? De sacrifier toute une jeunesse ? Je me borne ici à rappeler quelques faits, volontairement limités aux atteintes aux droits humains, en laissant temporairement de côté les dérives en matière de gouvernance et de pillage économique.


Le long inventaire de l’horreur

  • Arrestations et kidnappings d’opposants politiques
  • Assassinat du président Marien Ngouabi
  • Assassinat du Cardinal Émile Biayenda
  • Disparition non élucidée de l’ancien président Alphonse Massamba-Débat
  • Exécutions arbitraires de citoyens pour faits religieux
  • Massacre d’Ikongono et exécution du capitaine Pierre Anga
  • Destruction de la région du Pool, qualifiée de « brûlée sans que le ciel ne tombe »
  • Tentative de substitution ethnique par l’introduction de populations étrangères dans le Pool pour « diluer et diversifier » une population jugée trop homogène
  • Prostitution des mineures encouragée par l’effondrement des valeurs et l’absence d’éducation
  • Mépris affiché pour la jeunesse congolaise, qualifiée de « vieilles femmes » à 18 ans
  • Violences faites aux femmes et aux enfants sans réaction de l’État
  • Train de vie ostentatoire du clan Sassou à l’étranger pendant que les fonctionnaires, retraités et étudiants sont privés de revenus
  • Déliquescence des services de base : hôpitaux, écoles, infrastructures

Un pouvoir sans bilan mais avide de nouveaux mandats

Monsieur Sassou Nguesso aspire à un énième mandat. Mais pour faire quoi ? Ce qu’il n’a pas pu réaliser en 42 années d’un règne sanglant et stérile ? Nous avons pourtant proposé des alternatives : conférence internationale, table ronde, main tendue, compromis politique historique. Toutes ces voies raisonnables ont été rejetées sans ménagement par Monsieur Sassou Nguesso et son système, avec la complaisance d’une partie de la diaspora parisienne.


L’élection : un piège bien rodé

Je l’ai dit et je le répète : aller aux élections dans ce contexte, c’est faire de l’accompagnement. Même le Dieu Omniscient et Omnipotent ne pourrait les remporter face à un homme qui s’arroge le droit de brûler une région entière et de manipuler démographiquement sa population.

C’est une mascarade politique dans laquelle le peuple congolais ne veut plus être pris en otage. Le prétendu « dialogue » soutenu par la France ne sert qu’à maintenir un système aux abois. Nous n’en voulons pas.

Ce que nous réclamons, c’est une transition politique de cinq ans, seule solution viable pour refonder l’État et garantir à terme des élections crédibles.


Une France silencieuse face à l’indignité

Recevoir à nouveau Monsieur Sassou Nguesso sur le sol français, c’est exposer au monde le visage d’une France qui a trahi les principes qu’elle prétend incarner. C’est renouveler un soutien tacite à un régime qui tue, opprime et pille.

Cette réception provoque une indignation profonde chez les Congolais et tous ceux attachés aux valeurs de liberté et de justice.


Le Congo, un pays en ruine

Le Congo-Brazzaville est en faillite, non pas par manque de ressources, mais à cause d’une gouvernance prédatrice et corrompue. Le peuple est abandonné, les jeunes sacrifiés, les institutions en lambeaux. Les terres congolaises sont bradées, notamment au Rwanda, sans consultation des populations locales.

Le clan Sassou s’est approprié l’État. La répression est sa seule réponse aux revendications légitimes. Les prisons politiques regorgent d’opposants comme le général Jean-Marie Michel Mokoko et Monsieur André Okombi Salissa. Leur détention arbitraire se prolonge dans un silence complice, notamment lors de chaque visite officielle à Paris.


Une complicité qui entache l’image de la France

Les Congolais ne sont pas dupes. En recevant Sassou Nguesso, vous perpétuez une politique dont les peuples africains ne veulent plus. La déclaration de François Hollande en 2015, qui a ouvert la voie à la modification constitutionnelle, hante encore nos mémoires. Et aujourd’hui, vos services ne démentent même pas les propos de collaborateurs français de Sassou, allant jusqu’à justifier la répression par le nombre de morts.


Pour une rupture stratégique

Monsieur le Président, la politique africaine de la France est en échec. Le rejet se généralise, et la colère gronde. Il est temps de rompre avec les logiques de domination, de clientélisme et d’arrangements opaques. Il est temps de bâtir une relation nouvelle, fondée sur la vérité, le respect mutuel et le développement partagé.

Nous vous appelons à soutenir la désimmigration : permettre aux Africains de la diaspora de revenir construire leurs pays. L’Afrique a besoin de ses forces vives, de ses cerveaux, de ses bâtisseurs.


L’histoire vous jugera

Monsieur le Président, il est encore temps de vous ressaisir. Recevoir Denis Sassou Nguesso sans exiger la fin des arrestations arbitraires, des exécutions extra-judiciaires, et du pillage de l’État serait une faute politique et morale. Le Congo-Brazzaville a besoin d’un changement. La France a besoin d’une nouvelle vision pour l’Afrique. L’heure n’est plus à la diplomatie de connivence, mais au courage politique.

Agissez, pour ne pas être complice de la tragédie congolaise.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Modeste Boukadia
Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo

Président du C.D.R.C.
13 bis, avenue d’Aligre
F – 28 000 Chartres – France
Téléphone : +33 6 62 92 95 40
Courriel : modeste.boukadia@cdrc-cg.com

LETTRE VERTE SUIVIE adressée à L’Élysée sous pli N° : 87001162201255Y