CONGO-Brazzaville | Les Signaux de la Fin pour Denis Sassou Nguesso

Tom Melvin Baiki (gauche) et Modeste Boukadia (droite) rencontre à Paris (France) pour une séance de travail

CONGO-Brazzaville | Les Signaux de la Fin pour Denis Sassou Nguesso
Par Tom Merlin BAIKIMis en ligne le 06 juin 2025 – 13:51

Washington, Paris, Vatican : convergences diplomatiques autour du dossier congolais

La récente décision des États-Unis de restreindre l’accès à leur territoire aux ressortissants du Congo-Brazzaville, en invoquant des préoccupations liées au blanchiment d’argent et à des activités terroristes, marque un tournant significatif dans la perception internationale du régime de Denis Sassou Nguesso. Cette mesure, loin d’être isolée, s’inscrit dans un faisceau d’alertes et de signaux émis depuis plusieurs mois par diverses chancelleries, y compris le Vatican et, plus discrètement, Paris. Des accusations récurrentes sur l’octroi de passeports à des réseaux liés au Hezbollah et au Hamas, l’usage du territoire congolais comme zone de transit, ainsi que des dérives économiques et sécuritaires alimentent une inquiétude croissante. Dans ce contexte, Tom Melvin BAIKI propose une lecture lucide de l’évolution du climat diplomatique autour de Brazzaville. Son texte, incisif et documenté, revient sur les signaux annonciateurs de la chute d’un système mafieux, usé et discrédité, qui menace la stabilité du Congo et de toute l’Afrique centrale. En conclusion, il examine avec précision, les dynamiques qui laissent entrevoir la possibilité – voire la nécessité – d’une transition politique à venir. Modeste Boukadia, Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC).

Depuis plusieurs mois, les lignes bougent discrètement mais sûrement autour du régime de Denis Sassou Nguesso. Celui qui se croyait indéboulonnable, grâce au soutien cynique de Paris et à la complaisance de certaines chancelleries occidentales, voit désormais le sol se dérober sous ses pieds. La chute programmée du dictateur de Brazzaville est en marche, et les derniers événements diplomatiques et sécuritaires l’attestent.

Le lâchage américain : un message clair

Sous l’administration Trump, la posture des États-Unis vis-à-vis du Congo a radicalement changé. Washington, longtemps indifférent ou complaisant, a fini par comprendre que maintenir Sassou Nguesso en place équivaut à entretenir un foyer d’instabilité régionale et un sanctuaire de réseaux mafieux, terroristes et criminels. Pour la première fois, l’administration américaine a non seulement exigé le départ du tyran mais lui a offert, dans un geste stratégique, une fenêtre de négociation avec l’opposition.

Le message des sanctions ciblant les Congolais aux États-Unis notamment certaines interdictions de séjour et de transactions n’est pas anodin. C’est un signal direct envoyé à Sassou et à ses affidés : l’ère de l’impunité est révolue. Le verrou de Brazzaville est en train de sauter.

La France contrainte de lâcher son préfet africain

Lors de sa dernière visite officielle en France, Denis Sassou Nguesso a reçu un message sans équivoque de la part du président Emmanuel Macron. En présence de l’ambassadrice de France à Brazzaville, Macron lui a dit ouvertement qu’il ne doit pas organiser d’élections au Congo et qu’une transition doit impérativement être mise en place sans lui. Ce message diplomatique ferme tranchait avec le double langage habituel de Paris et témoignait de la pression croissante exercée par la jeunesse africaine et la diaspora congolaise, lassées de voir la France protéger des tyrans au détriment des peuples.

La France sait désormais que si Sassou venait à être chassé par la force, comme ailleurs, elle paierait le prix de sa compromission et risquerait d’être rejetée du Congo, comme elle l’a été dans plusieurs capitales africaines.

La rencontre officielle au Vatican : la promesse faite au pape François

Avant le décès du pape François, Denis Sassou Nguesso s’était rendu au Vatican pour une rencontre officielle avec le souverain pontife. Cette visite, présentée comme protocolaire dans les médias officiels, avait en réalité un enjeu politique majeur. Le pape François avait profité de cet entretien pour lui transmettre un message clair et sans ambiguïté : il était temps pour Sassou de quitter le pouvoir par la grande porte et d’éviter au Congo un nouveau cycle de violences et de souffrances.

Le pape lui avait demandé de renoncer aux élections présidentielles prévues en 2026 et de s’engager dans une transition apaisée, respectueuse de la volonté du peuple congolais. Face à cette autorité morale et spirituelle mondiale, Denis Sassou Nguesso avait solennellement promis de quitter le pouvoir et de faciliter l’ouverture d’un processus de dialogue national.

Mais fidèle à ses habitudes de manipulation et de duplicité, le tyran de Brazzaville a trahi sa parole et n’a jamais honoré cet engagement. Cette trahison a indigné plusieurs chancelleries et renforcé la détermination des partenaires internationaux à le pousser vers la sortie.

Un régime mafieux et un déstabilisateur régional

Le régime de Denis Sassou Nguesso n’est pas une simple autocratie tribale : c’est un système mafieux structuré, transformant le Congo en hub de déstabilisation régionale. Des terroristes libanais impliqués dans l’attaque du 7 octobre y trouvent refuge. Que dire du bateau Aquamarine appartenant au fils de Denis Sassou Nguesso sur lequel pèsent tant de soupçons… En RDC, au Tchad, en Centrafrique, Sassou a multiplié les coups fourrés et les opérations clandestines.

Contrairement au récit complaisant souvent diffusé, le régime n’est pas une prise d’otages ethnique ou politique. Sassou Nguesso en est l’architecte et le commanditaire absolu. Sans la bienveillance de la France, il ne serait qu’un homme sans pouvoir ni légitimité.

Milices recyclées et paix de façade

Ceux qui, dans l’armée, la police ou la gendarmerie, prétendent que Sassou est le garant de la paix défendent en réalité leurs privilèges, leur impunité et leur enrichissement personnel. Le Congo vit sous la dictature de milices déguisées en forces républicaines, dirigées par des officiers redevables à Sassou. Ils parlent de paix, mais il s’agit de la paix du cimetière, celle qui garantit leur mainmise sur les ressources et leur sécurité face aux crimes qu’ils ont commis.

Les cas d’André Okombi Salissa et du général Jean-Marie Michel Mokoko en sont la démonstration : toute tentative de rupture ou de dissidence est impitoyablement écrasée.

Il n’y aura pas d’élections présidentielles au Congo Brazzaville en 2026

Qu’on se le dise clairement : il n’y aura pas d’élections présidentielles en 2026 au Congo-Brazzaville. La décision est prise dans les cercles diplomatiques et africains. Une transition de cinq ans sera instaurée pour remettre le pays sur pied. Cette période de transition permettra de convoquer un dialogue national inclusif et souverain, où toutes les forces vives de la nation, sans exclusion, poseront ensemble les bases d’un Congo nouveau.

Un gouvernement de transition civile, des institutions fortes, une commission électorale véritablement indépendante et transparente seront mises en place afin de garantir, pour la première fois depuis l’indépendance, des élections libres et équitables.

Le peuple congolais pourra enfin choisir ses dirigeants sans fraude, sans manipulation et sans peur.

Le Congo doit se libérer

Le peuple congolais doit comprendre que la fenêtre diplomatique et politique qui s’ouvre est peut-être la dernière opportunité pacifique de transition. Si Sassou persiste à s’accrocher au pouvoir, il sera balayé comme tant d’autres. Et cette fois-ci, ni Paris, ni Washington, ni même le Vatican ne viendront le sauver.

Le Congo n’a pas besoin d’un dictateur ni d’un préfet des intérêts étrangers, mais d’un régime participatif et d’une gouvernance nationale inclusive. La reconstruction du pays passe par le départ de Sassou et de tout son système. Les Congolais doivent s’unir pour bâtir un Congo libre, juste et prospère.

Tom Merlin BAIKIMis en ligne le 06 juin 2025 – 13:51

CONGO | 5 juin 2025 : 28 ans de pouvoir imposé par le sang

CONGO | 5 juin 2025 : 28 ans de pouvoir imposé par le sang
Tom Melvin BAIKILe 05 juin 2025 – 14h03 – Mise en ligne 22h30

Congo-Brazzaville : La milice d’État déguisée en armée nationale et le règne criminel de Denis Sassou Nguesso

Le 5 juin 1997 n’est pas simplement le début d’un affrontement armé au Congo-Brazzaville. C’est le jour où le projet cynique et prémédité de Denis Sassou Nguesso, le sous-préfet des intérêts français en Afrique centrale, a été activé pour reconquérir par la force un pouvoir qu’il considérait comme son bien personnel. Ce qui s’est joué ce jour-là, et les mois qui ont suivi, n’a rien d’un conflit ethnique ou politique ordinaire : c’est une entreprise méthodique de destruction nationale et de mise en coupe réglée du pays.

La fabrication des milices privées : un outil de guerre et de chantage

Bien avant 1997, Denis Sassou Nguesso avait compris que dans un État fragilisé et appauvri, l’arme ultime n’est pas la popularité ni la légitimité politique, mais la possession d’une force armée loyale et privatisée. C’est ainsi qu’il mit en place les Cobras, sa milice personnelle, bien avant la chute de Pascal Lissouba. Ce dernier, conscient de la menace, constitua à son tour les Zoulous, pendant que Bernard Kolélas armait les Ninjas.

Ce chaos organisé avait un but précis : fragiliser l’État central, diviser la population selon des lignes ethniques et régionales pour mieux imposer ensuite un ordre militarisé où la seule autorité résiderait dans le fusil et non dans les urnes.

Le coup d’État sanglant déguisé en retour à la paix

Quand Sassou déclencha les hostilités le 5 juin 1997, avec le soutien logistique et militaire de l’Angola, ce fut sous le prétexte grotesque de “ramener la paix”. En vérité, il s’agissait d’un putsch brutal qui coûta la vie à plus de 400 000 Congolais en à peine quelques années. Violences de masse, disparitions, exécutions sommaires, pillages systématiques des biens publics et privés : tout fut mis en œuvre pour terroriser la population et anéantir toute forme de contestation.

La milice d’État : une armée aux ordres d’un homme et non de la nation

Après avoir arraché le pouvoir dans le sang, Sassou fit ce que tout chef de guerre fait en pareil cas : il légalisa l’illégal. Toutes les milices furent absorbées dans une soi-disant “armée congolaise”, mais en réalité, chaque corps d’armée était placé sous le contrôle d’un officier choisi non pour sa compétence, mais pour sa fidélité absolue au chef. Des “super gardiens du temple”, véritables relais de Sassou, qui eux-mêmes ne doivent leur grade, leur fortune et leur impunité qu’à leur allégeance au président putschiste.

Cette armée n’est pas celle du Congo. C’est la milice privée de Denis Sassou Nguesso, légitimée par des insignes nationaux mais opérant exclusivement pour la préservation d’un pouvoir mafieux et néocolonial.

Denis Sassou Nguesso : l’État, c’est lui

Plus qu’un chef d’État, Denis Sassou Nguesso s’est érigé en institution vivante. Tout passe par lui, rien ne se décide sans lui. Les officiers lui doivent leur carrière, les ministres leur poste, les juges leur silence, et les hommes d’affaires leur survie économique. L’État congolais est devenu un décor de façade, derrière lequel opère une véritable organisation criminelle où le crime d’État est érigé en mode de gouvernance.

Sans Sassou, les officiers n’ont pas de carrières. Sans lui, les affairistes n’ont pas d’accès aux ressources. Sans lui, les criminels de guerre seraient jugés.

5 juin 2025 : 28 ans de pouvoir imposé par le sang

Aujourd’hui, ce 5 juin 2025, les Congolais n’oublient pas. Ce jour marque non seulement le début du massacre de 1997, mais aussi le commencement de la confiscation de leur avenir. Près de 400 000 victimes, des milliers de familles brisées, un pays économiquement étranglé, et une jeunesse sacrifiée pour la pérennité d’un clan prédateur, dirigé par un homme qui se croit intouchable.

Un jour, il faudra juger

L’histoire retiendra que Denis Sassou Nguesso ne fut pas seulement un dictateur. Il fut le bourreau de son peuple, le fossoyeur de la République et le sous-traitant zélé des intérêts étrangers. Il est temps que cette réalité soit dite sans détour, et que la communauté internationale cesse de se rendre complice de ce drame en fermant les yeux.

Car la paix sans justice est un mensonge, et le Congo ne retrouvera sa dignité que le jour où ses bourreaux seront juges.

Tom Melvin BAIKILe 05 juin 2025 – 14h03 – Mise en ligne 22h30

Le Congo n’a pas d’armée

Le Congo n’a pas d’armée
Par Tom Melvin Baiki – Mis en ligne le 04 juin 2025

Précision : Avant la parution de la tribune intitulée « Armée congolaise : silence coupable, fidélité criminelle«  signée par le Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC), Modeste Boukadia, j’avais déjà pris position sur la nature réelle de ce que l’on appelle « armée congolaise ».

En réalité, il ne s’agit nullement d’une armée au sens républicain du terme, mais d’un conglomérat de milices issues de différentes écuries, chacune contrôlée par des clans ou des individus proches de Sassou Nguesso.

Ce système est conçu de telle manière que chaque groupe surveille l’autre, tandis que tous gardent un œil sur le chef.

C’est précisément cette logique de méfiance permanente, de fragmentation organisée et de loyauté conditionnelle qui explique l’état actuel de l’armée congolaise.

Depuis l’assassinat de Marien Ngouabi en 1977, le Congo a connu une militarisation de son pouvoir au service non de la nation, mais d’un seul homme : Denis Sassou Nguesso. Cette trajectoire a transformé l’armée congolaise en une entreprise de fidélité personnelle, où les élites militaires servent un chef plutôt qu’un idéal républicain.

1- La Garde républicaine, milice privée du régime

La Garde républicaine (GR) constitue la colonne vertébrale de ce système. Loin d’être une unité de protection nationale, la GR est en réalité la milice privée de Denis Sassou Nguesso. Elle n’est pas redevable aux citoyens, mais à l’homme qui l’a façonnée et qui la tient fermement sous sa coupe. Dotée de moyens disproportionnés et de privilèges spécifiques, la GR sert d’instrument de répression et de protection rapprochée du pouvoir.

2- La stratégie de la dette morale

Le système mis en place repose sur une stratégie redoutable : la dette morale. Sassou Nguesso a construit l’illusion qu’il est le « père » des élites militaires : c’est lui qui les a fait monter en grade, qui leur a offert des privilèges, qui a sécurisé leurs postes. Cette rhétorique paternaliste place les officiers dans une relation de dépendance psychologique et politique : ils se sentent redevables à lui, non à la République.

3- Un système pyramidal de manipulation

L’armée congolaise n’est pas une force homogène au service de la nation ; elle est un ensemble d’unités, chacune sous la coupe d’un officier supérieur, lui-même redevable à Sassou Nguesso. Chaque « élite » de l’armée, du général au colonel commande son unité comme un petit seigneur local, mais tous doivent leur ascension au chef suprême. Le système fonctionne ainsi :

🔺 Au sommet: Sassou Nguesso, seul maître des nominations, qui distribue les honneurs et les promotions.

🔻 À la base: des soldats et sous-officiers qui exécutent les ordres sans jamais bénéficier d’aucun pouvoir réel.

🔺 Les officiers: chacun dirige sa propre unité, mais tous savent qu’ils n’existent que par la grâce de Sassou Nguesso. Ils forment une aristocratie militaire repliée sur ses privilèges, et totalement soumise à celui qui les a faits.

4- Les sortants, les invisibles

À côté de cette élite, les militaires de rang intermédiaire et les jeunes soldats sont les grands oubliés : ils forment les bras, jamais la tête. Pour eux, il n’y a ni dette morale ni protection : ils sont des « ouvriers » de l’armée, instrumentalisés, et dont la vie compte peu face aux jeux d’allégeance des officiers. Leur sort est scellé : exécuter, se taire, disparaître.

5- Un silence coupable et une fidélité criminelle

Cette pyramide de loyautés personnelles, doublée de la manipulation psychologique, a vidé l’armée congolaise de son rôle premier : la défense de la nation.

Elle a transformé une institution républicaine en une entreprise de fidélité criminelle :

  • Criminelle parce qu’elle protège un homme au détriment du peuple,
  • Criminelle parce qu’elle participe à la confiscation des libertés,
  • Criminelle parce qu’elle perpétue un système où la violence est le seul arbitre.

L’armée congolaise, sous le règne de Sassou Nguesso, n’est plus qu’une mosaïque de fidélités personnelles, une force de coercition qui a oublié le Congo. Ce n’est pas un corps au service de la République, mais un système de protection mutuelle entre un chef et ses obligés. Pour briser ce cercle vicieux, il faut rétablir la primauté de la nation et replacer l’armée dans son rôle républicain : celui de protéger tous les Congolais, et non un seul.

Pourquoi Modeste Boukadia dénonce l’armée congolaise dans sa Tribune | Armée congolaise : silence coupable, fidélité criminelle

🔺 L’armée congolaise: entreprise de milices privées

Il est important de le savoir et de ne pas compter sur cette institution dite l’armée congolaise.

Car le Congo a en réalité une entreprise de milices privées, dissimulée derrière le nom de l’armée nationale. C’est la plus grande escroquerie institutionnelle de l’histoire de notre pays : une armée qui n’est plus républicaine, mais privée, et qui ne protège que son client.

🔺 Une armée privée au service d’un homme

Cette institution dite l’armée congolaise n’est en réalité qu’un instrument au service d’un seul homme, Denis Sassou Nguesso. Sa mission n’est pas de défendre les citoyens ou de garantir l’intégrité nationale : elle est de maintenir le pouvoir en place. Elle n’a d’allégeance qu’à celui qui détient le pouvoir et aux réseaux qui l’entourent.

🔺 Une armée qui tue son peuple

Cette armée, qui devrait protéger les Congolais, est devenue un instrument de répression. Les manifestations pacifiques et les appels au changement sont réprimés avec violence. Tuer son peuple est la marque d’une armée de milice privée, pas d’une armée républicaine.

🔺 L’armée congolaise : la plus grande escroquerie institutionnelle

Depuis des décennies, on a entretenu le mythe d’une armée nationale, garante de l’ordre et de l’unité. La vérité est tout autre : cette institution dite l’armée congolaise est une entreprise privée de protection du régime. Sa structure interne repose sur la loyauté personnelle et non sur les valeurs républicaines.

Les élites militaires qui forment cette armée obéissent au client qu’ils servent – pas à la nation. Sassou Nguesso a bâti un système pyramidal de manipulation, fondé sur une « dette morale » : il fait croire aux officiers que c’est grâce à lui qu’ils sont devenus ce qu’ils sont, leur imposant une fidélité inébranlable.

🔺 Saviez-vous? Le seul salaire garanti

Et pour que cette fidélité reste totale, savez-vous que cette entreprise appelée l’armée congolaise est la seule institution du pays où les salaires sont payés sans retard ? Même lorsque les enseignants, les médecins ou les fonctionnaires attendent des mois pour être payés, l’armée reçoit toujours ses salaires à temps. C’est le prix de la fidélité et de la loyauté : l’armée congolaise, en réalité milice privée du pouvoir, est la seule entreprise au Congo où les salaires tombent toujours sans attendre.

🔺 Attendre leur intervention, c’est une illusion

Attendre que cette armée congolaise intervienne en faveur de la cause nationale, c’est comme attendre qu’un bourreau esclavagiste libère son esclave qui est le plus productif en coton. L’armée privée de Sassou est cet esclavagiste : elle ne libérera jamais la nation congolaise qu’elle exploite et opprime. Elle est l’outil de sa richesse et de son pouvoir, et non la garante de l’avenir collectif.

Conclusion : l’urgence de refonder la République

Ne comptons pas sur cette institution dite l’armée congolaise pour protéger le peuple : elle ne le fera pas. La première étape pour reconstruire la République, c’est de reconnaître cette vérité amère et de briser cette escroquerie historique. Le Congo mérite des institutions républicaines, et non des milices privées déguisées sous des uniformes. Seule une armée républicaine, libérée de ces logiques claniques, pourra enfin garantir la sécurité et la dignité des Congolais.

Tom Melvin BAIKILe 04 juin 2025

Let Us Build the Republic Together

Let Us Build the Republic Together
By Modeste Boukadia, President of the Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) – June 2, 2025

I wish to clarify a position that must no longer be subject to misinterpretation: my objective is national unity, the cornerstone of building a Nation for All.
A Nation that is inclusive, united beyond ethnic, tribal, or regional affiliations. A Nation founded on true administrative and financial decentralization, where each region is governed by a democratically elected governor.

The national unity I advocate for rests on the recognition of every citizen within the Republic. It aims to eradicate tribalism, the scourge that has deeply undermined our country.

President Denis Sassou Nguesso must understand this message clearly and without distortion.

In this context, the recent political speculations aiming to bring Mr. Frédéric Bitsangou, also known as “Pastor Ntoumi,” closer to Mr. Isidore Mvouba are not only untimely—they are potentially perilous for the stability of the nation.
Let us recall that Mr. Mvouba himself once stated: “The blood that runs through my veins is the same as that of Denis Sassou Nguesso.”
It is therefore up to these two men to find, together, the terms of a peaceful political transition.

As for Mr. Frédéric Bitsangou, my position remains unchanged since our exchange in 2012 following the legislative elections:
Nzila Mayama, nzila ya bouwouayi, nzila ya boutsana… Na woua didi ya ngoumbi nsinga woua tamboukidi mou nzadi; ka na didiani ko nsinga woua taboukidi mou nzadi!” (The road to Mayama is strewn with corpses, cries, and blood…)
One must not confuse roles, nor blur responsibilities in such a decisive moment in our history.

What we seek is calm and national reconciliation—without revenge, without witch hunts.
It is the responsibility of the Minister of the Interior, Mr. Raymond Zéphyrin Mboulou, to ensure public order and the safety of all Congolese citizens in a spirit of national harmony.

History is our guide. South Africa succeeded in managing its transition with wisdom and dignity, through figures such as Nelson Mandela, Frederik Willem de Klerk, and even Pieter Willem Botha. President Pinochet, for his part, died peacefully in his bed. This proves that transitions can be achieved without violence, when the will of the people takes precedence over the interests of a ruling clique.

Moreover, we aspire to maintain and foster healthy diplomatic relations — beyond any shadow of doubt — with France, in mutual respect for our deep and shared history, in order to build a future rooted in trust and reciprocity between our two peoples.

Lastly, we will place strong emphasis on desimmigration, as a pillar of renewed cooperation. A cooperation that is ambitious, dynamic, and respectful—because the youth educated abroad will be the active architects of the new partnership between Europe and Africa, between France and Congo.

Modeste Boukadia – Published on June 2, 2025 at 10:52 PM, updated on June 3, 2025 at 5:23 AM

Construisons ensemble la République

Construisons ensemble la République
Par Modeste Boukadia, Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo – Le 02 juin 2025 – 23:13

Je souhaite clarifier une position qui ne doit plus faire l’objet d’aucune interprétation : mon objectif est l’Union nationale, fondement indispensable à la construction d’une Nation pour tous.

Une Nation inclusive, unie au-delà des appartenances ethniques, tribales ou régionales. Une Nation bâtie sur une décentralisation administrative et financière réelle, où chaque région serait placée sous l’autorité d’un gouverneur élu démocratiquement.

L’unité nationale que je défends repose sur la reconnaissance de chacun dans la République. Elle vise à éradiquer le tribalisme, ce fléau qui a profondément fragilisé notre pays.

Le Président Denis Sassou Nguesso doit comprendre ce message sans détour ni déformation.

Dans ce contexte, les initiatives visant à rapprocher M. Frédéric Bitsangou, dit « Pasteur Ntoumi », de M. Isidore Mvouba sont non seulement inopportunes, mais potentiellement dangereuses pour l’équilibre national.
Rappelons que M. Mvouba a lui-même affirmé : « Le sang qui coule dans mes veines est le même que celui de Denis Sassou Nguesso ». Il leur appartient donc, à eux deux, de définir ensemble les modalités d’une transition politique apaisée.

Quant à M. Frédéric Bitsangou, ma position reste inchangée depuis notre échange de 2012 à l’issue des élections législatives : « Nzila Mayama, nzila ya bouwouayi, nzila ya boutsana… Na woua didi ya ngoumbi nsinga woua tamboukidi mou nzadi ; ka na didiani ko nsinga woua taboukidi mou nzadi ! » (La route de Mayama est jonchée de cadavres, de pleurs et de sang…) – Il ne saurait être question de confondre les responsabilités ni de travestir les rôles dans cette étape cruciale de notre histoire.

Ce que nous voulons, c’est l’apaisement. Sans revanche, sans chasse aux sorcières.
Il est donc de la responsabilité du ministre de l’Intérieur, M. Raymond Zéphyrin Mboulou, de garantir la sécurité de tous les Congolais et la tranquillité publique, dans un esprit de concorde nationale.

L’histoire nous enseigne. L’Afrique du Sud a su gérer avec intelligence et dignité sa période de transition, grâce à des hommes comme Nelson Mandela, Frederik Willem de Klerk et même Pieter Willem Botha. Le président Pinochet, lui, est mort dans son lit. C’est dire que les transitions peuvent se faire sans fracas, lorsque l’intérêt supérieur du peuple prime sur les intérêts de clans.

Par ailleurs, nous aspirons à maintenir et à entretenir des relations diplomatiques saines, sans l’ombre d’un doute, avec la France, dans le respect mutuel de notre histoire commune intense, pour construire un avenir fondé sur la confiance et la réciprocité entre nos deux peuples.

Enfin, nous mettrons un accent fort sur la désimmigration, comme levier de renforcement de la coopération. Une coopération ambitieuse, dynamique et respectueuse, car les jeunes formés à l’étranger sont appelés à devenir les artisans d’un nouveau partenariat entre l’Europe et l’Afrique — entre la France et le Congo.

Modeste Boukadia
Le 2 juin 2025 – 23h13, réactualisé le 3 juin 2025 – 05h23

OP-ED | Congolese Army: Guilty Silence, Criminal Loyalty

OP-ED | Congolese Army: Guilty Silence, Criminal Loyalty
By Modeste Boukadia, President of the Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) – June 2, 2025

Massacres, repression, rigged elections—while the Congolese people suffer, the army remains silent. A guilty silence. A criminal loyalty. In this op-ed, Modeste Boukadia accuses the Congolese Armed Forces of betraying the Republic in order to serve a clan. And he poses a radical question: does such an army still deserve to exist after Sassou?
(CDRC Press Service)

Fifty years in power without a single coup. Half a century of military omertà, political complicity, and loyalty to a man rather than to a nation. That’s the record. And the state of Congo speaks for itself: ruined, humiliated, silenced. All the while, the weapons—meant to defend the Republic—have fallen silent, or worse, have spoken and are ready to speak again, against the people.

Denis Sassou Nguesso, the undisputed leader of a calcified regime, has never hidden his foreign support. “What I do, I do because France asks me to,” he once dared to say. Yet during his recent state visit to Paris, President Emmanuel Macron, speaking directly to him, denied any French responsibility in Congo’s descent into ruin. The longtime patron now pretends to take distance. So whom will Sassou Nguesso blame this time for the crimes and failures of his regime? His corrupt ministers? The people he constantly accuses? Or the officers who, through their silence, traded republican loyalty for clan allegiance?

One might have believed that the Congolese army, proud of its history, would have preserved some ethical standard. History reminds us that in 1963, under President Fulbert Youlou, officers like Félix Mouzabakani and David Moutsaka refused to crush the popular uprising. They let the people speak, protest, rise up. And even if the pretext—“Youlou stole everything!”—was questionable, the transition occurred without bloodshed. Because men in uniform had the courage to choose the nation over ambition.

Today, the opposite is true. Officers remain silent. They avert their eyes, obey quietly, and protect a regime that slowly murders its people. This is no longer discipline—it is complicity. Not a word in the face of massacres. Not a gesture in the face of imposed misery. It is betrayal. A military disgrace. A moral collapse.

So let us ask the real questions: Are we still living in a Republic, or in a military barracks ruled by a clan? Can we still speak of Congolese Armed Forces when they defend neither the Constitution nor the people, but only a man and his inner circle?

And above all: if these forces persist in acting as a militia in service of a tyrant, do they still deserve to exist after Sassou Nguesso? The hour is approaching. The people are refusing to take part in yet another rigged election. And history will harshly judge those who fire upon their own nation just to prolong the agony of an illegitimate regime.

The army must choose: defend the Republic or sink with the regime. There is still time, for those in uniform, to break with this criminal loyalty. Because in the future we will build, there will be no place for the accomplices of silence.

Modeste Boukadia
President of the Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC)

TRIBUNE | Armée congolaise : silence coupable, fidélité criminelle

TRIBUNE | Armée congolaise : silence coupable, fidélité criminelle
Par Modeste Boukadia, Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) – Le 2/06/2025

Massacres, répression, élections truquées : pendant que le peuple congolais souffre, l’armée garde le silence. Un silence coupable. Une fidélité criminelle. Dans cette tribune, Modeste Boukadia accuse les Forces armées congolaises d’avoir trahi la République pour servir un clan. Et pose une question radicale : une telle armée mérite-t-elle encore d’exister après Sassou ? (Service Presse CDRC)

Cinquante années de pouvoir sans coup d’État. Un demi-siècle d’omerta militaire, de compromissions politiques et de fidélité à un homme plutôt qu’à une nation. Voilà le bilan. Et l’état du Congo parle de lui-même : ruiné, humilié, bâillonné. Pendant ce temps, les armes – censées défendre la République – se sont tues, ou pire, ont parlé et vont encore parler contre le peuple.

Denis Sassou Nguesso, chef incontesté d’un régime sclérosé, n’a jamais caché ses appuis extérieurs. «Ce que je fais, cest la France qui me le demande», osait-il déclarer. Pourtant, lors de sa récente visite d’État à Paris, le président Emmanuel Macron, face à lui, a balayé toute responsabilité de la France dans la descente aux enfers du Congo. Le parrain de toujours prend désormais la distance. À qui donc, cette fois, Sassou Nguesso attribuera-t-il les crimes et la mauvaise gouvernance de son régime ? À ses ministres corrompus ? À son peuple qu’il accuse de tous les maux ? Ou à ces officiers qui, dans leur silence, ont troqué la loyauté républicaine contre une allégeance clanique ?

On aurait pu croire que l’armée congolaise, forte de son passé, aurait su préserver une éthique. L’histoire nous rappelle qu’en 1963, sous la présidence Fulbert Youlou, des officiers tels que Félix Mouzabakani et David Moutsaka ont refusé d’écraser le soulèvement populaire. Ils ont laissé les voix s’élever, la rue gronder. Et même si le prétexte « Youlou a tout volé ! » pour écarter Youlou était contestable, la transition s’est faite sans bain de sang. Parce que des hommes en uniforme ont su choisir la nation plutôt que l’ambition.

Aujourd’hui, c’est l’inverse. Les officiers se taisent. Ils détournent les yeux, obéissent en silence, protègent un régime qui assassine son peuple à petit feu. Il ne s’agit plus de discipline, mais de complicité. Pas un mot face aux massacres. Pas un geste face à la misère imposée. C’est une trahison. Une honte militaire. Un effondrement moral.

Alors posons les vraies questions : Sommes-nous encore en République, ou vivons-nous dans une caserne livrée à un clan ? Peut-on encore parler de Forces armées congolaises quand ces dernières ne défendent ni la Constitution, ni le peuple, mais un homme et son cercle fermé ?

Et surtout : ces forces armées, si elles persistent dans ce rôle de milice au service d’un tyran, méritent-elles encore d’exister après Sassou Nguesso ? Car l’heure approche. Le peuple refuse de participer à de nouvelles mascarades électorales. Et l’histoire jugera sévèrement ceux qui auront tiré sur leur propre nation pour prolonger l’agonie d’un pouvoir illégitime.

L’armée doit choisir : défendre la République ou sombrer avec le régime. Il est encore temps, pour ceux qui portent l’uniforme, de rompre avec cette fidélité criminelle. Car dans l’avenir que nous bâtirons, il n’y aura pas de place pour les complices du silence.

Modeste Boukadia,
Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC)

Congo-Brazzaville | Réconciliation inter-nordiste : entre mythe historique et nécessité contemporaine

Congo-Brazzaville | Réconciliation inter-nordiste : entre mythe historique et nécessité contemporaine
Par Tom Melvin BAIKI – Le 01/06/2025

Mes chers compatriotes, il est essentiel de faire la distinction entre la réconciliation inter-nordiste appelée par Denis Sassou Nguesso après l’assassinat du Commandant Marien Ngouabi en 1977, et celle que nous prônons aujourd’hui dans un contexte de refondation nationale.

🔴 Contexte historique : l’assassinat de Marien Ngouabi et la consolidation du pouvoir

Le 18 mars 1977, le président Marien Ngouabi, leader charismatique et originaire du nord du Congo, est assassiné. Cet événement marque un tournant violent dans l’histoire politique congolaise. Ngouabi avait été une figure centrale du Parti congolais du travail (PCT) et promoteur d’une politique socialiste.

À la suite de son assassinat, un climat de suspicion et de répression s’installe. Denis Sassou Nguesso, alors président du Comité militaire du parti, lance un appel à la réconciliation inter-nordiste. Cette démarche vise à rassembler les cadres du Nord, dont certains étaient liés à l’ancien président Yhombi Opango, dans le but de stabiliser le pouvoir du PCT face à l’opposition du Sud et des autres factions.

Comme l’a souligné Sassou Nguesso dans plusieurs discours de l’époque, la réconciliation devait éviter la division interne et assurer la continuité du régime : « Nous devons rester unis, frères du Nord, pour garantir la stabilité et la paix dans notre pays. Tout autre choix serait un danger pour notre peuple. »

🔴 Une réconciliation politique au service du pouvoir

Cette réconciliation était d’abord une stratégie de maintien du pouvoir par le Nord. En appelant ses « frères du Nord » à rejoindre la famille politique, Sassou Nguesso cherchait à neutraliser toute opposition interne. Cette approche, bien que pragmatique, a consolidé une logique ethno-régionale qui a contribué aux tensions futures.

Le régime ainsi consolidé par Sassou Nguesso a maintenu une hégémonie politique pendant plus de quatre décennies, souvent critiquée pour son autoritarisme et ses dérives clientélistes.

🔴 Une réconciliation à repenser aujourd’hui

Aujourd’hui, il est impératif de repenser cette réconciliation inter-nordiste. Celle que nous appelons à bâtir ne peut être une répétition des logiques passées. Elle doit s’inscrire dans un projet national d’unité et de paix.

Le Congo doit dépasser la vision d’un pouvoir confisqué par une région et une ethnie. Le véritable patriotisme congolais passe par :

            • La reconnaissance des erreurs du passé.

            • La volonté collective d’une transition inclusive.

            • La mise en place d’institutions démocratiques, transparentes et indépendantes.

🔴 Une transition inclusive et apaisée

Dans ce cadre, la transition que nous proposons doit durer cinq ans, le temps nécessaire pour :

            • Refaire les institutions.

            • Organiser des élections libres et transparentes.

            • Garantir la justice et la réconciliation sans règlements de comptes immédiats.

La loi d’amnistie, évoquée par plusieurs experts, pourrait sceller ce compromis nécessaire, permettant d’éviter la spirale de vengeance qui a marqué trop de périodes post-conflit dans le monde.

🔴 Citations et références

            • Marien Ngouabi (1974) : « La nation congolaise doit être unie au-delà des différences régionales et ethniques. Le socialisme congolais est au service de tous. »

            • Denis Sassou Nguesso (1977), lors de l’appel à la réconciliation inter-nordiste : « La stabilité du Congo dépend de notre unité. Toute division affaiblit notre peuple. »

            • Analyse d’Yves Marrier (historien) : « La réconciliation inter-nordiste de 1977 fut une étape clé, mais aussi un moment où la politique ethnique s’est institutionnalisée, préparant les tensions à venir. »

🔴 Conclusion : un nouveau pacte national

La réconciliation inter-nordiste d’hier servait un pouvoir autoritaire, celle d’aujourd’hui doit servir la nation. En refusant la perpétuation des clivages ethniques, en engageant un dialogue sincère, le Congo peut enfin poser les bases d’une paix durable.

Il s’agit d’un appel à la responsabilité des élites du Nord et du reste du pays pour ouvrir une ère nouvelle, fondée sur la justice, l’égalité et le respect mutuel.

Tom Melvin BAIKILe 01 juin 2025

Stratégie de sortie honorable et de réconciliation nationale : Pour un Congo uni et apaisé

Stratégie de sortie honorable et de réconciliation nationale : Pour un Congo uni et apaisé
Par Tom Melvin BAIKI – Le 01/06/2025

Préambule / Introduction

En tant que Nordiste, je reconnais ma part de responsabilité dans la situation actuelle du Congo. Je comprends qu’historiquement, le Nord a détenu les rênes du pouvoir, souvent au nom de la stabilité, mais parfois au détriment de l’unité nationale. Aujourd’hui, je crois que ma responsabilité – et celle de chaque Nordiste – est de dire : assez ! Le temps est venu d’ouvrir la voie à une transition pacifique et à une réconciliation qui dépasse nos origines régionales.

Cette proposition stratégique que je soumets ici est donc à la fois un engagement personnel et un appel à la conscience collective. Elle ne vise pas à accabler ou à juger, mais à réaffirmer un devoir de vérité et de patriotisme pour un avenir meilleur pour tous les Congolais.

Proposition stratégique pour la sortie honorable de Sassou Nguesso et la réconciliation nationale

Reconnaître la nécessité d’un passage de témoin historique

Les Nordistes, historiquement au pouvoir depuis plusieurs décennies, portent une responsabilité particulière dans l’avenir du Congo. Il s’agit non pas de conserver le pouvoir pour le Nord, mais de reconnaître que ce leadership peut encore servir la nation – en menant une sortie honorable pour Denis Sassou Nguesso. Cette sortie, par la grande porte, ne serait pas un reniement de son héritage mais au contraire un acte de courage politique : elle marquerait la fin d’un cycle et l’ouverture d’une ère de réconciliation.

Il est crucial de dire aussi que ceux qui poussent Denis Sassou Nguesso à briguer un autre mandat en mars 2026 ne cherchent pas à le protéger, mais à protéger leurs propres intérêts personnels. Ils le conduisent droit à un suicide politique et personnel, car une telle candidature serait perçue comme un refus de la transition et une provocation à l’instabilité. La vraie loyauté n’est pas de l’encourager dans cette voie, mais de l’accompagner dans une sortie digne et pacifique.

Redonner du souffle au patriotisme et à l’identité congolaise

En sortant par la grande porte, les Nordistes auraient l’occasion de se réapproprier un rôle historique : celui de garants de l’unité nationale. Cela suppose de dépasser les clivages ethniques et de réaffirmer une identité congolaise fondée sur la justice, l’égalité et la dignité. Cette démarche doit s’appuyer sur la conviction que la nation congolaise est une et indivisible – et que les clivages ethniques ou régionaux ont trop souvent servi d’alibi pour masquer des ambitions personnelles.

Préalable essentiel : la réconciliation inter-nordiste

Il est important de comprendre que la réconciliation nationale ne pourra véritablement se concrétiser sans passer d’abord par une réconciliation inter-nordiste. Car ce sont nous, les Nordistes, qui avons souvent répété qu’il fallait garder le pouvoir au Nord, pensant protéger nos intérêts et la stabilité. Aujourd’hui, nous devons dire non à cette manière de gouverner le pays : le pouvoir ne doit plus être perçu comme une chasse gardée régionale. La véritable grandeur consiste à reconnaître que nous pouvons, ensemble, restaurer le patriotisme et redonner vie à l’identité congolaise. Et cela commence par rompre avec la logique de domination pour construire un Congo uni.

Amorcer une transition de cinq ans pour refonder les institutions

La sortie de Denis Sassou Nguesso devrait s’accompagner de l’ouverture d’une transition apaisée, d’une durée de cinq ans, destinée à :

            • Rebâtir les institutions nationales sur des bases démocratiques et transparentes ;

           • Organiser un recensement impartial et des élections crédibles ;

            • Rétablir la confiance entre les citoyens et l’État.

Cette transition devrait être pilotée par un gouvernement inclusif et pluraliste, où chaque sensibilité politique et chaque région aurait sa place. Elle garantirait la neutralité de l’armée et des forces de sécurité, ainsi que la liberté de la presse et de la société civile.

Garantir l’absence de règlements de comptes

Pour réussir cette transition, il est essentiel de rassurer tous les acteurs – y compris ceux qui ont servi sous le régime actuel. Il ne peut pas y avoir de “chasse aux sorciers” ou de règlements de comptes qui alimenteraient la vengeance et l’instabilité. Une loi d’amnistie, limitée mais claire, pourrait sceller cet engagement : elle protégerait les acteurs politiques sortants des poursuites immédiates, tout en posant les bases d’un processus de vérité et de réconciliation plus tardif et apaisé.

Construire un pacte de réconciliation nationale

La réconciliation inter-nordiste doit être le prélude d’une réconciliation nationale plus large. Les Nordistes, en prenant l’initiative de cette sortie pacifique, enverraient un message fort : la priorité est de sauver le Congo, pas de s’accrocher au pouvoir. Cela ouvrirait la voie à un dialogue national qui rassemblerait toutes les forces politiques, religieuses et sociales pour définir un projet commun :

            • Soigner les blessures du passé ;

            • Reconnaître les erreurs commises par tous les camps ;

            • Établir un pacte d’avenir où chaque Congolais se sentirait représenté et protégé.

Une transition qui donne espoir d’un avenir partagé

La sortie de Denis Sassou Nguesso par la grande porte est la clé d’une renaissance congolaise. En assumant la responsabilité de cette étape historique, les Nordistes peuvent non seulement tourner la page d’un long règne, mais aussi réhabiliter l’idée de patriotisme congolais. Le Congo a besoin d’un sursaut collectif et d’une transition fondée sur la paix, la tolérance et la justice : une transition qui refuse la vengeance et qui donne enfin à chaque Congolais l’espoir d’un avenir partagé.

Tom Melvin BAIKI Le 01 juin 2025

Op-Ed | From Intra-Northern Reconciliation to National Reconciliation

Modeste Boukadia in Chartres (Jean Moulin Esplanade) during an interview with Ziana TV. Photo ©NadineNagel

Op-Ed | From Intra-Northern Reconciliation to National Reconciliation
By Modeste Boukadia, President of the Democratic and Republican Circle Party of Congo – May 31, 2025

Toward a Reconciled Congo: The Time for National Unity Has Come

As Denis Sassou Nguesso’s recent official visit to Paris reveals growing diplomatic isolation, Modeste Boukadia calls for a national awakening. He urges the country’s key stakeholders – including those closest to power – to support a peaceful political transition that transcends regional divides and paves the way for true national unity. In this op-ed, he offers a clear-eyed assessment of the current situation and outlines a vision for a reconciled Congo, ready to face the challenges of a new geopolitical era. (CDRC Press Office.)

The resilience of the Republic of Congo depends on a collective awakening – one that must include the senior officers and generals of the Congolese Armed Forces (FAC). Though often seen as mere auxiliaries of militias serving to prolong a power perceived as “destined to remain in the North,” these forces now bear a historic responsibility: to serve not a region, but the nation.

In this regard, the recent official visit of President Denis Sassou Nguesso to Paris, upon invitation from his French counterpart Emmanuel Macron, deserves careful political scrutiny. It reveals subtle but unmistakable signs of a possible opening towards a Peaceful Political Transition — a path of compromise I have long advocated to preserve lives and restore national cohesion.

On May 22, 2025, President Sassou Nguesso arrived in France. Yet contrary to the formalities associated with a state visit, he was welcomed not by the French president or even a cabinet minister, but by a regional prefect. No state dinner was held. That very evening, President Macron dined with the Ethiopian Prime Minister instead. Such deviations from protocol are telling.

More striking still: images showed two Congolese officials – not the heads of state – signing bilateral agreements, while Presidents Macron and Sassou Nguesso stood by. This runs counter to traditional diplomatic customs. No joint press conference was held. No final communiqué issued. Save for brief mentions on RFI, France 24, and a short segment on a French news channel, the visit received little to no media coverage. It is difficult not to see this trip as a diplomatic misstep, or even, symbolically, as a farewell tour. One might even interpret the presence of the French Ambassador to Congo, Madame Claire Bodonyi, at both his arrival in France and return to Brazzaville, as a sign of this turning point.

Faced with these realities, those loyal to President Sassou Nguesso must help him take the courageous political step the Congolese people have long awaited. It is understandable that many military officers and civil servants owe their careers to his leadership and therefore feel a sense of duty toward him. But their highest responsibility today is to ensure that he makes the most consequential decision of his political life. History alone will judge the quality of his leadership. For now, the people overwhelmingly desire change — and those who once rose under Sassou Nguesso must now help guide the country toward a new direction.

That direction cannot remain confined to intra-northern reconciliation. It must expand into a genuine national union, beyond North-South and South-North antagonisms. Let the Ngala no longer blame the Bakongo, and vice versa. Let us reclaim our shared Congolese identity to build the Republic — the very one envisioned by our Founding Fathers on November 28, 1958 — despite its early imperfections.

It is our collective duty to reshape those imperfections. A united and indivisible Republic requires reformed institutions that are accessible and fair to all Congolese citizens, regardless of origin or background.

In this light, Sassou Nguesso’s state visit, despite its limited diplomatic success, may paradoxically become an opportunity for national awakening. It can mark the beginning of a new course — one that encourages Congolese citizens abroad to return through a voluntary desimmigration process, and invites those at home to join them in forging a renewed national force.

It is our ability to unite that will allow Sassou Nguesso to exit through history’s main door — and will allow Congo to embark on a new political trajectory: bold, dynamic, and respectful of its international commitments. In today’s global context marked by economic and geopolitical rivalries, Congo has the opportunity to reclaim its strategic role in Central Africa. Just as it once did in the UDEAC era, it can again become a key transit country through peaceful diplomacy and regional cooperation, particularly by strengthening the Brazzaville-Kinshasa-Luanda axis.

This new path is not utopian. It is a historic imperative. It is up to us to make it a reality.

Modeste Boukadia, President of the Democratic and Republican Circle Party of Congo