
CONGO-Brazzaville | Les Signaux de la Fin pour Denis Sassou Nguesso
Par Tom Merlin BAIKI – Mis en ligne le 06 juin 2025 – 13:51
Washington, Paris, Vatican : convergences diplomatiques autour du dossier congolais
La récente décision des États-Unis de restreindre l’accès à leur territoire aux ressortissants du Congo-Brazzaville, en invoquant des préoccupations liées au blanchiment d’argent et à des activités terroristes, marque un tournant significatif dans la perception internationale du régime de Denis Sassou Nguesso. Cette mesure, loin d’être isolée, s’inscrit dans un faisceau d’alertes et de signaux émis depuis plusieurs mois par diverses chancelleries, y compris le Vatican et, plus discrètement, Paris. Des accusations récurrentes sur l’octroi de passeports à des réseaux liés au Hezbollah et au Hamas, l’usage du territoire congolais comme zone de transit, ainsi que des dérives économiques et sécuritaires alimentent une inquiétude croissante. Dans ce contexte, Tom Melvin BAIKI propose une lecture lucide de l’évolution du climat diplomatique autour de Brazzaville. Son texte, incisif et documenté, revient sur les signaux annonciateurs de la chute d’un système mafieux, usé et discrédité, qui menace la stabilité du Congo et de toute l’Afrique centrale. En conclusion, il examine avec précision, les dynamiques qui laissent entrevoir la possibilité – voire la nécessité – d’une transition politique à venir. Modeste Boukadia, Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC).
Depuis plusieurs mois, les lignes bougent discrètement mais sûrement autour du régime de Denis Sassou Nguesso. Celui qui se croyait indéboulonnable, grâce au soutien cynique de Paris et à la complaisance de certaines chancelleries occidentales, voit désormais le sol se dérober sous ses pieds. La chute programmée du dictateur de Brazzaville est en marche, et les derniers événements diplomatiques et sécuritaires l’attestent.
Le lâchage américain : un message clair
Sous l’administration Trump, la posture des États-Unis vis-à-vis du Congo a radicalement changé. Washington, longtemps indifférent ou complaisant, a fini par comprendre que maintenir Sassou Nguesso en place équivaut à entretenir un foyer d’instabilité régionale et un sanctuaire de réseaux mafieux, terroristes et criminels. Pour la première fois, l’administration américaine a non seulement exigé le départ du tyran mais lui a offert, dans un geste stratégique, une fenêtre de négociation avec l’opposition.

Le message des sanctions ciblant les Congolais aux États-Unis notamment certaines interdictions de séjour et de transactions n’est pas anodin. C’est un signal direct envoyé à Sassou et à ses affidés : l’ère de l’impunité est révolue. Le verrou de Brazzaville est en train de sauter.
La France contrainte de lâcher son préfet africain
Lors de sa dernière visite officielle en France, Denis Sassou Nguesso a reçu un message sans équivoque de la part du président Emmanuel Macron. En présence de l’ambassadrice de France à Brazzaville, Macron lui a dit ouvertement qu’il ne doit pas organiser d’élections au Congo et qu’une transition doit impérativement être mise en place sans lui. Ce message diplomatique ferme tranchait avec le double langage habituel de Paris et témoignait de la pression croissante exercée par la jeunesse africaine et la diaspora congolaise, lassées de voir la France protéger des tyrans au détriment des peuples.
La France sait désormais que si Sassou venait à être chassé par la force, comme ailleurs, elle paierait le prix de sa compromission et risquerait d’être rejetée du Congo, comme elle l’a été dans plusieurs capitales africaines.
La rencontre officielle au Vatican : la promesse faite au pape François
Avant le décès du pape François, Denis Sassou Nguesso s’était rendu au Vatican pour une rencontre officielle avec le souverain pontife. Cette visite, présentée comme protocolaire dans les médias officiels, avait en réalité un enjeu politique majeur. Le pape François avait profité de cet entretien pour lui transmettre un message clair et sans ambiguïté : il était temps pour Sassou de quitter le pouvoir par la grande porte et d’éviter au Congo un nouveau cycle de violences et de souffrances.
Le pape lui avait demandé de renoncer aux élections présidentielles prévues en 2026 et de s’engager dans une transition apaisée, respectueuse de la volonté du peuple congolais. Face à cette autorité morale et spirituelle mondiale, Denis Sassou Nguesso avait solennellement promis de quitter le pouvoir et de faciliter l’ouverture d’un processus de dialogue national.
Mais fidèle à ses habitudes de manipulation et de duplicité, le tyran de Brazzaville a trahi sa parole et n’a jamais honoré cet engagement. Cette trahison a indigné plusieurs chancelleries et renforcé la détermination des partenaires internationaux à le pousser vers la sortie.
Un régime mafieux et un déstabilisateur régional
Le régime de Denis Sassou Nguesso n’est pas une simple autocratie tribale : c’est un système mafieux structuré, transformant le Congo en hub de déstabilisation régionale. Des terroristes libanais impliqués dans l’attaque du 7 octobre y trouvent refuge. Que dire du bateau Aquamarine appartenant au fils de Denis Sassou Nguesso sur lequel pèsent tant de soupçons… En RDC, au Tchad, en Centrafrique, Sassou a multiplié les coups fourrés et les opérations clandestines.
Contrairement au récit complaisant souvent diffusé, le régime n’est pas une prise d’otages ethnique ou politique. Sassou Nguesso en est l’architecte et le commanditaire absolu. Sans la bienveillance de la France, il ne serait qu’un homme sans pouvoir ni légitimité.
Milices recyclées et paix de façade
Ceux qui, dans l’armée, la police ou la gendarmerie, prétendent que Sassou est le garant de la paix défendent en réalité leurs privilèges, leur impunité et leur enrichissement personnel. Le Congo vit sous la dictature de milices déguisées en forces républicaines, dirigées par des officiers redevables à Sassou. Ils parlent de paix, mais il s’agit de la paix du cimetière, celle qui garantit leur mainmise sur les ressources et leur sécurité face aux crimes qu’ils ont commis.
Les cas d’André Okombi Salissa et du général Jean-Marie Michel Mokoko en sont la démonstration : toute tentative de rupture ou de dissidence est impitoyablement écrasée.
Il n’y aura pas d’élections présidentielles au Congo Brazzaville en 2026
Qu’on se le dise clairement : il n’y aura pas d’élections présidentielles en 2026 au Congo-Brazzaville. La décision est prise dans les cercles diplomatiques et africains. Une transition de cinq ans sera instaurée pour remettre le pays sur pied. Cette période de transition permettra de convoquer un dialogue national inclusif et souverain, où toutes les forces vives de la nation, sans exclusion, poseront ensemble les bases d’un Congo nouveau.
Un gouvernement de transition civile, des institutions fortes, une commission électorale véritablement indépendante et transparente seront mises en place afin de garantir, pour la première fois depuis l’indépendance, des élections libres et équitables.
Le peuple congolais pourra enfin choisir ses dirigeants sans fraude, sans manipulation et sans peur.
Le Congo doit se libérer
Le peuple congolais doit comprendre que la fenêtre diplomatique et politique qui s’ouvre est peut-être la dernière opportunité pacifique de transition. Si Sassou persiste à s’accrocher au pouvoir, il sera balayé comme tant d’autres. Et cette fois-ci, ni Paris, ni Washington, ni même le Vatican ne viendront le sauver.
Le Congo n’a pas besoin d’un dictateur ni d’un préfet des intérêts étrangers, mais d’un régime participatif et d’une gouvernance nationale inclusive. La reconstruction du pays passe par le départ de Sassou et de tout son système. Les Congolais doivent s’unir pour bâtir un Congo libre, juste et prospère.
Tom Merlin BAIKI – Mis en ligne le 06 juin 2025 – 13:51












