TRIBUNE | De la réconciliation inter-nordiste à la réconciliation nationale

Modeste Boukadia à Chartres (esplanade Jean Moulin) lors d’une interview par Ziana TV. Photo ©NadineNagel

TRIBUNE | De la réconciliation inter-nordiste à la réconciliation nationale
Par Modeste Boukadia, Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) – 31 mai 2025

Vers un Congo réconcilié : l’heure de l’unité nationale a sonné

Alors que la récente visite officielle de Denis Sassou Nguesso à Paris laisse entrevoir un isolement diplomatique croissant, Modeste Boukadia appelle à une prise de conscience nationale. Il invite les forces vives du pays – y compris les plus proches du pouvoir – à accompagner une transition politique apaisée, dépassant les clivages régionaux pour ouvrir la voie à une véritable union nationale. À travers cette tribune, il propose une lecture lucide de la situation et trace les contours d’un Congo réconcilié avec lui-même, prêt à affronter les défis de la nouvelle ère géopolitique.Service Presse CDRC.

La résilience du Congo exige une prise de conscience collective, à commencer par les officiers généraux et supérieurs des Forces Armées Congolaises (FAC). Ces dernières, parfois perçues comme des auxiliaires d’un pouvoir soucieux de sa pérennité régionale, ont aujourd’hui un rôle décisif à jouer : celui de garantir l’unité nationale et non la division.

À cet égard, la récente visite officielle du président Denis Sassou Nguesso à Paris, sur invitation de son homologue Emmanuel Macron, mérite une lecture politique attentive. Elle révèle des signaux faibles mais significatifs, qui pourraient annoncer l’ouverture vers une Transition Politique Apaisée, fondée sur le compromis – cette voie que j’ai, à maintes reprises, préconisée afin d’éviter des tragédies inutiles.

Le 22 mai 2025, Denis Sassou Nguesso s’est donc rendu en France. Toutefois, à sa descente d’avion, il a été accueilli non par le président français, comme le voudrait l’usage dans une visite d’État, mais par un préfet – sans même la présence d’un ministre délégué. Ce protocole allégé a été suivi par d’autres signes notables : aucun dîner d’État, aucune conférence de presse conjointe, et un traitement médiatique en demi-teinte. À l’exception de RFI, France 24 et un court passage sur une chaîne d’information continue, les médias français sont restés silencieux. De nombreux observateurs s’interrogent : cette visite avait-elle réellement l’étoffe d’une visite d’État ou marquait-elle une forme de clôture symbolique ?

Plus encore, lors de la signature des documents bilatéraux, ce ne sont pas les deux chefs d’État qui ont apposé leurs signatures – comme le veut la tradition diplomatique – mais deux représentants. Aucun communiqué final n’a été diffusé à l’issue de la rencontre. Ces faits ne peuvent être balayés d’un revers de la main. Ils traduisent un certain isolement et appellent, en creux, à un sursaut.

Ce sursaut, les fidèles du président Denis Sassou Nguesso doivent aujourd’hui le faciliter. Il ne s’agit pas de renier ce que fut leur engagement, ni de minimiser les parcours personnels façonnés sous ce régime. Mais ils ont désormais le devoir d’accompagner leur chef dans ce qui pourrait être la plus grande décision politique de sa vie : celle d’ouvrir une nouvelle page pour le Congo.

L’heure n’est plus aux antagonismes. L’heure est venue de dépasser les clivages Nord-Sud et Sud-Nord. Il faut rompre avec la logique de la réconciliation inter-nordiste, qui ne saurait suffire, pour aller vers une véritable union nationale. Que les Ngala ne pointent plus les Bakongo, que les Bakongo n’imputent plus aux Ngala la responsabilité du passé. Le destin congolais est un destin commun. C’est dans l’unité que nous devons bâtir la République, celle que nos Pères-Fondateurs ont rêvée le 28 novembre 1958 – malgré ses imperfections.

C’est à nous qu’il revient de corriger ces imperfections. Pour construire une République une et indivisible, nous devons repenser nos institutions afin qu’elles soient réellement accessibles à tous, sans distinction d’origine, d’ethnie ou d’appartenance régionale.

En ce sens, la visite de Denis Sassou Nguesso à Paris, malgré ses faiblesses diplomatiques apparentes, peut devenir une opportunité historique. Elle peut sonner l’heure du réveil national. Elle peut être le point de départ d’un changement de cap. Celui d’un Congo ouvert à ses enfants, qu’ils soient de l’intérieur ou de la diaspora. Celui d’une politique de désimmigration volontaire, où ceux qui ont fui reviennent avec leurs savoirs, et s’associent à ceux qui sont restés pour refonder ensemble la Nation.

Notre capacité à nous unir, à transcender nos blessures et nos appartenances, déterminera si Denis Sassou Nguesso pourra quitter la scène par la grande porte. Et si le Congo, dans un monde fracturé par les rivalités géopolitiques et les guerres commerciales, saura retrouver un rôle stratégique en Afrique centrale. Un rôle que notre pays joua autrefois au sein de l’UDEAC, en misant sur le transit, la paix et la coopération avec ses voisins, à travers un axe Brazzaville-Kinshasa-Luanda renforcé.

Ce nouveau cap n’est pas une utopie. C’est une nécessité historique. À nous de faire en sorte qu’il devienne réalité.

Modeste Boukadia
Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC).

Op-Ed | Climate Cooperation or Diplomatic Facade? The Quiet Withdrawal of a TotalEnergies Project in Congo Raises Serious Questions

Op-Ed | Climate Cooperation or Diplomatic Facade? The Quiet Withdrawal of a TotalEnergies Project in Congo Raises Serious Questions

By Modeste Boukadia
March 29, 2025

While Denis Sassou Nguesso was being welcomed with official honors in Paris in May 2025, TotalEnergies quietly pulled out of a major carbon offset project in northern Congo. This stark contrast raises serious concerns about the authenticity of climate cooperation and the nature of French-Congolese relations. In this op-ed, Modeste Boukadia calls for transparency, equity, and accountability in international partnerships. (CDRC Press Office.)

On May 22, 2025, President Denis Sassou Nguesso was received in Paris for an official state visit during which several agreements were ceremoniously signed in the presence of French President Emmanuel Macron. Images of the event, widely circulated in the media, show both heads of state standing behind Congolese officials as they sign documents that symbolize a supposed renewal of bilateral cooperation.

Yet, only days after this public display, the French environmental media outlet Reporterre published an investigative report titled “TotalEnergies quietly abandons a carbon offset project in Congo”. The report reveals that the French energy giant has silently withdrawn from a major forest-based carbon compensation project in the Likouala region of northern Congo.

Initially launched in 2021, the project was promoted as part of TotalEnergies’ effort to offset its CO₂ emissions by preserving forest areas in Central Africa. However, according to Reporterre, the initiative lacked meaningful consultation with local communities, transparency in environmental outcomes, and tangible socioeconomic benefits for the people concerned. Its quiet abandonment raises deep concerns about the way such so-called “green” partnerships are conceived and implemented: behind closed doors, without accountability, and often disconnected from local realities.

This incident inevitably leads us to ask a pressing question: What do these Paris agreements truly represent, if not anchored in transparency, shared responsibility, and genuine mutual benefit? International cooperation—especially on climate matters—cannot be reduced to public relations exercises. It must be built on respect for fundamental rights, ecological integrity, and long-term development for all stakeholders.

In a country like Congo, where democratic institutions are weakened and natural resources are frequently exploited by a small elite, every development initiative—especially those labeled « sustainable »—deserves thorough scrutiny. The quiet failure of the TotalEnergies project serves as a reminder that the rhetoric of climate responsibility often conceals realities far less virtuous.

The Congolese people deserve better than symbolic diplomacy. They deserve equitable partnerships that prioritize human development, environmental protection, and the recovery of an economic sovereignty long compromised.

Now more than ever, citizen vigilance, independent journalism, and a collective demand for truth must guide our assessment of international agreements that impact our shared future.

Modeste Boukadia
President of the Democratic and Republican Circle Party of Congo

TRIBUNE | Coopération climatique ou mascarade diplomatique ? L’abandon discret d’un projet de TotalEnergies au Congo interroge

TRIBUNE | Coopération climatique ou mascarade diplomatique ? L’abandon discret d’un projet de TotalEnergies au Congo interroge

Par Modeste Boukadia
Le 29 mars 2025

Alors que Denis Sassou Nguesso était reçu en grande pompe à Paris en mai 2025 pour signer de nouveaux accords bilatéraux, TotalEnergies mettait discrètement fin à un projet de compensation carbone au Congo. Un contraste saisissant qui soulève des questions fondamentales sur la sincérité des engagements environnementaux et la nature réelle de la coopération franco-congolaise. Dans cette tribune, Modeste Boukadia appelle à plus de transparence, de justice et de responsabilité dans les relations internationales. (Service presse CDRC.)

Le 22 mai 2025, Denis Sassou Nguesso a été reçu à Paris pour une visite officielle, au cours de laquelle plusieurs contrats ont été signés en présence du président Emmanuel Macron. Les images diffusées montrent les deux chefs d’État encadrant la signature de documents par des représentants congolais, dans un décor solennel qui se voulait la manifestation d’une coopération bilatérale « renouvelée ».

Pourtant, quelques jours à peine après cette cérémonie, une enquête fouillée publiée par le média indépendant Reporterre jette une ombre sur cette vitrine diplomatique. Intitulée « TotalEnergies abandonne en catimini un projet de compensation carbone au Congo », l’article révèle que le géant français de l’énergie a discrètement mis fin à un projet de séquestration carbone dans la région de la Likouala, au nord du Congo-Brazzaville.

Lancé en 2021, ce projet s’inscrivait dans une logique de « verdissement » de l’image de TotalEnergies, censée compenser une partie de ses émissions de CO₂. Or, comme le souligne Reporterre, le projet a été initié sans véritable consultation des populations locales et sans mécanismes transparents d’évaluation écologique ni socio-économique. Le silence qui a entouré sa suspension en dit long sur la manière dont certains partenariats environnementaux sont conduits : dans l’opacité, sans ancrage local, et souvent au mépris des réalités du terrain.

Dès lors, une question essentielle se pose : que valent les accords signés à Paris s’ils ne reposent pas sur des principes de transparence, de responsabilité partagée et de bénéfice mutuel ? La coopération internationale, en particulier dans le cadre de la transition écologique, ne peut se limiter à des effets d’annonce. Elle doit s’accompagner d’un véritable respect des droits des populations et d’un engagement sincère envers les objectifs affichés.

Dans un pays comme le Congo, où les institutions démocratiques sont affaiblies et où l’exploitation des ressources naturelles est souvent détournée au profit d’un cercle restreint, chaque projet de développement, surtout s’il est estampillé « durable », doit être scruté avec rigueur. L’exemple du projet forestier avorté de TotalEnergies illustre à quel point les apparences peuvent être trompeuses.

Le peuple congolais mérite mieux qu’une diplomatie de façade. Il mérite des partenariats équitables, orientés vers le développement humain, la protection effective de l’environnement, et la reconquête d’une souveraineté économique mise à mal depuis trop longtemps.

Plus que jamais, la vigilance citoyenne, la liberté d’information et l’exigence de vérité doivent guider notre regard sur ces alliances qui engagent notre avenir collectif.

Modeste Boukadia

🌍 Thématiques générales : #CongoBrazzaville #FranceCongo #CoopérationInternationale #SouverainetéAfricaine #JusticeClimatique #TransitionÉcologique #Gouvernance

🛢️ Sur TotalEnergies et les enjeux climatiques : #TotalEnergies #CompensationCarbone #Greenwashing #Environnement #ForêtsTropicales #Likouala

📰 Médias et opinion publique : #Reporterre #LibertéDeLaPresse #VéritéEtTransparence #DiplomatieClimatique #ResponsabilitéDesEntreprises

👥 Mobilisation citoyenne et souveraineté : #PeupleCongolais #MobilisationCivile #DignitéAfricaine #AfriqueDebout #RendreLaParoleAuPeuple

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Rappel de la vocation nationale du Parti CDRC

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

À l’attention des membres du Parti CDRC et de l’opinion nationale

Objet : Rappel de la vocation nationale du Parti CDRC et appel au respect des textes fondateurs

Chartres, le 24 mai 2025

Le Président du CDRC tient à rappeler à l’ensemble des membres et sympathisants du parti que le CDRC est un parti à vocation nationale, c’est-à-dire présent sur toute l’étendue du territoire de la République du Congo. Cette dimension nationale est un fondement essentiel de notre identité politique, et une rupture claire avec les logiques claniques, tribales et familiales qui ont miné le fonctionnement des partis ayant gouverné le pays ces dernières décennies.

Afin que chacun puisse se réapproprier les bases de notre engagement commun, les principes, statuts et règlement intérieur du CDRC sont accessibles à l’adresse suivante :
🔗 https://cdrc-cg.com/wp-content/uploads/2016/08/declaration-principes-statuts-proces-verbal-reglement-interieur-cdrc.pdf

La rigueur dans l’application de nos textes est un impératif. Car si un parti ne peut se conformer à ses propres règles, comment prétendre ensuite faire respecter la Constitution d’un pays ? Si nous échouons à construire l’unité et l’harmonie à notre échelle, comment prétendre réunir un peuple divisé autour d’un projet national ?

Le CDRC réaffirme ainsi son attachement à :

  • La solidarité entre ses membres,
  • Le travail collectif,
  • Le rejet de toute forme de compétition interne,
  • Et la valorisation de toutes les compétences, quelles que soient l’origine sociale, le parcours ou la position géographique.

Le Parti CDRC se veut un instrument au service du peuple congolais, sans exclusion aucune. Il entend mobiliser toutes les forces vives de la nation : intellectuels, ouvriers, commerçants, fonctionnaires, agriculteurs, artisans, jeunes, femmes et hommes — du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, en toutes langues et dialectes.

Ce rappel s’inscrit dans notre volonté de bâtir une nation pour tous, fondée sur l’inclusion, le respect des règles, et la responsabilité partagée.

Fait à Chartres, le 24 mai 2025
Pour le Parti CDRC,
Le Président
Modeste Boukadia

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française
Par Modeste Boukadia
Chartres, le 21 mai 2025 – Publiée par le journal AfriquEducation

Lire le Chapô d’AfriquEducation


Monsieur le Président,

Le 24 février 2025, je vous avais déjà adressé une lettre ouverte à l’annonce de la venue de Monsieur Denis Sassou Nguesso en France. Il me semble nécessaire de vous la réitérer aujourd’hui, car son contenu demeure tristement d’actualité.

Mais permettez-moi de vous poser une question simple et directe : connaissez-vous réellement l’homme à qui vous vous apprêtez à dérouler le tapis rouge ?


« Ce que je fais, c’est la France qui me le demande » : une déclaration glaçante

Pour mémoire, selon ses propres paroles — que je cite une nouvelle fois — Monsieur Sassou Nguesso affirme :

« La France ne peut pas me chasser car ce que je fais, c’est la France qui me le demande. »

Alors, Monsieur le Président, qu’a donc demandé la France ? De brûler le Pool ? De kidnapper des opposants ? De sacrifier toute une jeunesse ? Je me borne ici à rappeler quelques faits, volontairement limités aux atteintes aux droits humains, en laissant temporairement de côté les dérives en matière de gouvernance et de pillage économique.


Le long inventaire de l’horreur

  • Arrestations et kidnappings d’opposants politiques
  • Assassinat du président Marien Ngouabi
  • Assassinat du Cardinal Émile Biayenda
  • Disparition non élucidée de l’ancien président Alphonse Massamba-Débat
  • Exécutions arbitraires de citoyens pour faits religieux
  • Massacre d’Ikongono et exécution du capitaine Pierre Anga
  • Destruction de la région du Pool, qualifiée de « brûlée sans que le ciel ne tombe »
  • Tentative de substitution ethnique par l’introduction de populations étrangères dans le Pool pour « diluer et diversifier » une population jugée trop homogène
  • Prostitution des mineures encouragée par l’effondrement des valeurs et l’absence d’éducation
  • Mépris affiché pour la jeunesse congolaise, qualifiée de « vieilles femmes » à 18 ans
  • Violences faites aux femmes et aux enfants sans réaction de l’État
  • Train de vie ostentatoire du clan Sassou à l’étranger pendant que les fonctionnaires, retraités et étudiants sont privés de revenus
  • Déliquescence des services de base : hôpitaux, écoles, infrastructures

Un pouvoir sans bilan mais avide de nouveaux mandats

Monsieur Sassou Nguesso aspire à un énième mandat. Mais pour faire quoi ? Ce qu’il n’a pas pu réaliser en 42 années d’un règne sanglant et stérile ? Nous avons pourtant proposé des alternatives : conférence internationale, table ronde, main tendue, compromis politique historique. Toutes ces voies raisonnables ont été rejetées sans ménagement par Monsieur Sassou Nguesso et son système, avec la complaisance d’une partie de la diaspora parisienne.


L’élection : un piège bien rodé

Je l’ai dit et je le répète : aller aux élections dans ce contexte, c’est faire de l’accompagnement. Même le Dieu Omniscient et Omnipotent ne pourrait les remporter face à un homme qui s’arroge le droit de brûler une région entière et de manipuler démographiquement sa population.

C’est une mascarade politique dans laquelle le peuple congolais ne veut plus être pris en otage. Le prétendu « dialogue » soutenu par la France ne sert qu’à maintenir un système aux abois. Nous n’en voulons pas.

Ce que nous réclamons, c’est une transition politique de cinq ans, seule solution viable pour refonder l’État et garantir à terme des élections crédibles.


Une France silencieuse face à l’indignité

Recevoir à nouveau Monsieur Sassou Nguesso sur le sol français, c’est exposer au monde le visage d’une France qui a trahi les principes qu’elle prétend incarner. C’est renouveler un soutien tacite à un régime qui tue, opprime et pille.

Cette réception provoque une indignation profonde chez les Congolais et tous ceux attachés aux valeurs de liberté et de justice.


Le Congo, un pays en ruine

Le Congo-Brazzaville est en faillite, non pas par manque de ressources, mais à cause d’une gouvernance prédatrice et corrompue. Le peuple est abandonné, les jeunes sacrifiés, les institutions en lambeaux. Les terres congolaises sont bradées, notamment au Rwanda, sans consultation des populations locales.

Le clan Sassou s’est approprié l’État. La répression est sa seule réponse aux revendications légitimes. Les prisons politiques regorgent d’opposants comme le général Jean-Marie Michel Mokoko et Monsieur André Okombi Salissa. Leur détention arbitraire se prolonge dans un silence complice, notamment lors de chaque visite officielle à Paris.


Une complicité qui entache l’image de la France

Les Congolais ne sont pas dupes. En recevant Sassou Nguesso, vous perpétuez une politique dont les peuples africains ne veulent plus. La déclaration de François Hollande en 2015, qui a ouvert la voie à la modification constitutionnelle, hante encore nos mémoires. Et aujourd’hui, vos services ne démentent même pas les propos de collaborateurs français de Sassou, allant jusqu’à justifier la répression par le nombre de morts.


Pour une rupture stratégique

Monsieur le Président, la politique africaine de la France est en échec. Le rejet se généralise, et la colère gronde. Il est temps de rompre avec les logiques de domination, de clientélisme et d’arrangements opaques. Il est temps de bâtir une relation nouvelle, fondée sur la vérité, le respect mutuel et le développement partagé.

Nous vous appelons à soutenir la désimmigration : permettre aux Africains de la diaspora de revenir construire leurs pays. L’Afrique a besoin de ses forces vives, de ses cerveaux, de ses bâtisseurs.


L’histoire vous jugera

Monsieur le Président, il est encore temps de vous ressaisir. Recevoir Denis Sassou Nguesso sans exiger la fin des arrestations arbitraires, des exécutions extra-judiciaires, et du pillage de l’État serait une faute politique et morale. Le Congo-Brazzaville a besoin d’un changement. La France a besoin d’une nouvelle vision pour l’Afrique. L’heure n’est plus à la diplomatie de connivence, mais au courage politique.

Agissez, pour ne pas être complice de la tragédie congolaise.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Modeste Boukadia
Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo

Président du C.D.R.C.
13 bis, avenue d’Aligre
F – 28 000 Chartres – France
Téléphone : +33 6 62 92 95 40
Courriel : modeste.boukadia@cdrc-cg.com

LETTRE VERTE SUIVIE adressée à L’Élysée sous pli N° : 87001162201255Y

TRIBUNE : Changer de paradigme avec la désimmigration

Photo : ©NadineNagel

TRIBUNE | Changer de paradigme avec la désimmigration

Alors que l’exode massif des jeunes Africains vers l’Europe alimente peurs, drames et instrumentalisations politiques, une autre voie devient urgente : celle de la désimmigration. Non pas pour ériger des murs, mais pour bâtir des ponts sur le continent. Il ne s’agit plus de gérer les flux migratoires, mais de s’attaquer aux causes profondes du départ. La désimmigration propose un changement de paradigme : faire du droit de rester un pilier du développement, et de la jeunesse africaine, un moteur de souveraineté.


Objectif : #DÉSIMMIGRATION – pour un partenariat ambitieux, dynamique et respectueux au service du développement de l’Afrique. Voilà le vrai pragmatisme.

Il est temps de rompre avec les logiques fatalistes qui font de l’exil une fatalité pour des millions de jeunes Africains. La désimmigration n’est ni un repli, ni une négation du droit à la mobilité : c’est un projet politique, économique et humain qui vise à créer, sur le continent, les conditions d’une vie digne, libre et prospère.

Elle implique un changement de paradigme : un partenariat fondé non plus sur la charité, les aides conditionnées ou la peur de l’autre, mais sur la co-construction d’un avenir partagé. Un partenariat ambitieux qui investit dans l’éducation, l’innovation et la souveraineté productive ; un partenariat dynamique qui mise sur la jeunesse, les diasporas et l’économie circulaire ; un partenariat respectueux qui reconnaît les aspirations profondes des peuples africains et leur droit à choisir leur propre destin.

La désimmigration, c’est le refus de la résignation. C’est aussi le refus de détourner les yeux face à cette jeunesse sacrifiée, qui erre dans les banlieues et les quartiers parisiens, brisée par la marginalisation et les ravages de la drogue. C’est un appel au courage politique, à la lucidité stratégique, à la responsabilité partagée.
C’est, tout simplement, du pragmatisme.

Mais ce pragmatisme appelle des actes. Il engage les États africains à rompre avec les logiques rentières, à libérer l’énergie de leur jeunesse, à construire un cadre stable et équitable pour l’investissement et la créativité. Il engage aussi les partenaires internationaux à changer de regard, à dépasser les approches sécuritaires, à soutenir une dynamique endogène.

La désimmigration n’est pas un slogan : c’est un cap. Et c’est aux forces vives africaines de s’en emparer, d’en faire une stratégie, un levier, une promesse tenue.

Modeste Boukadia – Le 20 mai 2025

TRIBUNE | Changing the Paradigm with Desimmigration

Modeste Boukadia in Maryland (USA) in March 2018 during a meeting with Congolese residents in the USA. Photo: ©NadineNagel

TRIBUNE | Changing the Paradigm with Desimmigration

As the massive exodus of young Africans to Europe fuels fear, tragedy, and political manipulation, another path is urgently needed: that of desimmigration. Not to build walls, but to build bridges—on the continent. The point is no longer to manage migratory flows, but to address the root causes of departure. Desimmigration calls for a paradigm shift: making the right to stay a pillar of development, and African youth a driver of sovereignty.


Objective: #DESIMMIGRATION – for an ambitious, dynamic, and respectful partnership in service of Africa’s development. This is true pragmatism.

It is time to break away from the fatalistic logic that frames exile as the destiny of millions of young Africans. Desimmigration is neither isolationism nor a denial of the right to mobility: it is a political, economic, and human project aimed at building, on the continent, the conditions for a dignified, free, and prosperous life.

It calls for a shift in paradigm: a partnership no longer based on charity, conditional aid, or fear of the other, but on the co-construction of a shared future. An ambitious partnership that invests in education, innovation, and productive sovereignty; a dynamic partnership that empowers youth, mobilizes diasporas, and embraces the circular economy; a respectful partnership that recognizes the aspirations of African peoples and their right to determine their own future.

Desimmigration is a refusal to surrender. It is also a refusal to turn a blind eye to a sacrificed youth, drifting in the suburbs and housing projects of Paris, shattered by marginalization and the grip of drugs. It is a call for political courage, strategic clarity, and shared responsibility.
It is, quite simply, pragmatism.

But this pragmatism calls for action. It requires African states to break free from rentier logics, to unleash the energy of their youth, and to build a stable and equitable framework for investment and creativity. It also requires international partners to change their perspective, to move beyond security-driven approaches, and to support an endogenous dynamic.

Desimmigration is not a slogan: it is a direction. And it is up to Africa’s vital forces to claim it, turn it into a strategy, a lever, and a fulfilled promise.

Modeste Boukadia – May 20, 2025

OPINION | The Time for Dialogue Is Over: A Call for Political Transition in Congo

As Congo-Brazzaville faces a prolonged political and social crisis, Modeste Boukadia, President of the Circle of Democrats and Republicans of Congo (CDRC), reflects on the many proposals he has made over the years to initiate inclusive dialogue and prevent national disintegration—proposals that have consistently been dismissed. In this piece, he asserts that the time for dialogue has passed, and that only a genuine political transition can restore national unity and rebuild healthy, respectful, and dynamic relations with international partners. (CDRC Press Service)


OPINION | The Time for Dialogue Is Over: A Call for Political Transition in Congo
By Modeste Boukadia

HISTORY IS OUR COMPASS

When Laurent-Désiré Kabila suggested that Marshal Mobutu Sese Seko step down to avoid national collapse, Mobutu responded with scorn: “That’s a bad joke!” History remembers what followed — and it has rendered its verdict.

For years, in the face of worsening political decay and the suffering of the Congolese people, I have made repeated efforts to propose peaceful, constructive pathways out of the crisis. I have called for an International Conference, advocated for an inclusive Round Table, offered the hand of dialogue, and supported the idea of a Historic Political Compromise. I even suggested a “Marcoussis for Congo-Brazzaville,” inspired by the peace talks that helped Côte-d’Ivoire emerge from conflict.

All of these initiatives were systematically rejected by the ruling regime, entrenched in Oyo and dominated by the PCT, a regime clinging to power under the illusion of unconditional foreign backing. This delusion was summed up by a troubling statement attributed to Denis Sassou Nguesso:
“France cannot remove me, because everything I do is at France’s request.”

Today, as whispers of a new “dialogue” circulate once more in Paris, let us be clear and resolute:
The time for dialogue is over.

Congo no longer needs empty talk. It needs truth, courage, and a bold new course.
Now is the time to take historical responsibility, to learn from past mistakes, and to decisively initiate a political transition.

A real transition that will restore popular sovereignty, implement genuine decentralization, and encourage our youth to return and rebuild through a bold reverse migration policy.

Above all, this transition is necessary to redefine our international relations — with ambition, respect, and mutual dignity. We must move beyond clientelist arrangements toward partnerships that are ambitious, dynamic, respectful, and healthy, rooted in shared values and a common vision for the future.

History is watching us. And it will not forget.

Modeste Boukadia
President of the Circle of Democrats and Republicans of Congo (CDRC)
May 17, 2025

TRIBUNE | Le temps du dialogue est révolu : place à la transition politique

Alors que le Congo-Brazzaville traverse une crise politique prolongée, Modeste Boukadia, président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC), revient sur les multiples appels au dialogue qu’il a lancés au fil des années — tous restés lettre morte. Face à l’enlisement, il estime que le temps n’est plus aux discussions stériles, mais à une transition politique en profondeur. Une transition qui permettrait non seulement de restaurer l’unité nationale, mais aussi de rebâtir des relations équilibrées et respectueuses avec les partenaires internationaux. (Service Presse du CDRC)

TRIBUNE | Le temps du dialogue est révolu : place à la transition politique

Par Modeste Boukadia

L’Histoire est notre repère.
Lorsque Laurent-Désiré Kabila proposa au Maréchal Mobutu Sese Seko de quitter le pouvoir pour éviter le chaos, ce dernier répondit avec mépris : « C’est une plaisanterie de mauvais goût ! » Nous connaissons la suite. L’Histoire, souveraine, a tranché.

Depuis de nombreuses années, face à la dérive autoritaire et à la détresse du peuple congolais, j’ai multiplié les propositions de sortie de crise. Toutes, sans exception, ont été fondées sur l’idée que seule une solution politique, négociée et inclusive, pouvait éviter le pire. J’ai successivement appelé à une Conférence internationale, proposé une Table ronde, tendu la main du dialogue, défendu l’idée d’un Compromis politique historique. J’ai même suggéré, à l’image de ce qui s’était fait en Côte-d’Ivoire avec le dialogue de Marcoussis, qu’un processus similaire soit envisagé pour le Congo-Brazzaville.

Mais toutes ces initiatives ont été rejetées avec mépris par le régime du PCT, campé à Oyo, arc-bouté sur ses privilèges, et convaincu d’une impunité garantie par un soutien étranger, comme en témoigne cette déclaration pour le moins troublante de Denis Sassou Nguesso : « La France ne peut pas me chasser, car ce que je fais, c’est la France qui me le demande. »

Aujourd’hui, alors que certains évoquent encore à Paris la possibilité d’un « dialogue », nous répondons avec responsabilité et fermeté : Le temps du dialogue est révolu.

Le Congo n’a plus besoin de simulacres. Il a besoin de vérité, de courage et d’un cap nouveau.
Le moment est venu d’assumer les responsabilités historiques, de tirer les leçons des erreurs passées et d’engager résolument une transition politique.
Une transition véritable qui permettra de restaurer la souveraineté du peuple, de mettre en place une gouvernance décentralisée, et de favoriser le retour de notre jeunesse par une politique ambitieuse de désimmigration.

Mais surtout, cette transition est nécessaire pour refonder nos relations internationales : des relations ambitieuses, dynamiques, respectueuses et saines avec nos partenaires, fondées non plus sur la complaisance mais sur une vision partagée de l’avenir, du développement durable et de la dignité des peuples.

L’Histoire nous regarde. Et elle n’oubliera rien.

Modeste Boukadia
Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC)
Le 17 mai 2025

L’AXE BRAZZAVILLE – RDC : UN ÉQUILIBRE STRATÉGIQUE POUR L’AFRIQUE CENTRALE

Modeste Boukadia à Maryland au cours d’une réunion avec les Congolais résidant aux États-Unis d’Amérique. Photo : ©NadineNagel

L’AXE BRAZZAVILLE – RDC : UN ÉQUILIBRE STRATÉGIQUE POUR L’AFRIQUE CENTRALE

Alors que la République démocratique du Congo s’affirme comme un partenaire stratégique des États-Unis dans la nouvelle architecture géopolitique mondiale, le Congo-Brazzaville s’enfonce dans l’isolement et les dérives autoritaires. Pourtant, l’histoire, la culture et les intérêts communs lient étroitement les deux rives du fleuve Congo. Face aux urgences sécuritaires, économiques et sociales de la région, un axe politique fort Brazzaville–Kinshasa est plus que jamais nécessaire pour garantir la stabilité de l’Afrique centrale. Mais cela suppose une alternance politique à Brazzaville fondée sur l’union nationale, la désimmigration et la décentralisation.

La stabilité d’un pays est toujours le reflet de son histoire. Et celle du bassin du Congo, espace stratégique de l’Afrique centrale, est intimement liée aux trajectoires parallèles des premiers dirigeants de la République du Congo et de la République Démocratique du Congo : Fulbert Youlou, Joseph Kasa-Vubu, et Moïse Tshombé. Leur vision a marqué un temps où les relations entre Brazzaville et Kinshasa reposaient sur une proximité culturelle, politique et historique évidente – des racines communes issues du même Royaume, dont Kinshasa fut un centre d’influence.

Aujourd’hui, il est impératif que les autorités de la RDC, ainsi que les futures autorités du Congo-Brazzaville, réengagent un dialogue diplomatique ambitieux, sincère et structurant, pour donner un nouveau souffle à cette relation naturelle. Une relation de premier plan, fondée sur une vision commune de la stabilité régionale.

Dans ma tribune du 12 mai 2025 intitulée « Donald Trump et l’Afrique : quelle relation ? », je soulignais, en réaction à l’article d’Aurélie M’Bida dans Jeune Afrique, que la décision de Donald Trump de suspendre la contribution américaine au Fonds africain de développement pouvait constituer un électrochoc salutaire. L’Afrique ne peut plus se contenter d’un rôle passif. Elle doit s’affirmer comme un partenaire stratégique à part entière dans les dynamiques géopolitiques contemporaines.

C’est dans cette optique que doit s’inscrire la dynamique de paix naissante entre la RDC et le Rwanda. Malheureusement, le régime de Denis Sassou Nguesso à Brazzaville a manqué ce tournant historique en concluant un accord opaque avec Kigali, allant jusqu’à accueillir à Oyo un prétendu QG dont l’objectif officieux était de déstabiliser Kinshasa. Cette manœuvre, vouée à l’échec, a isolé Brazzaville sur la scène régionale et internationale. Il est désormais clair que la RDC est devenue un partenaire stratégique pour les États-Unis – ce qui repositionne l’échiquier diplomatique régional.

J’avais pourtant, dans l’émission Droit de savoir de R7 du 24 avril 2025, alerté le Général Guy Blanchard Okoï, chef d’état-major, sur l’incohérence d’une telle démarche. Comment envisager la stabilité de l’Afrique centrale lorsque deux pays frères, liés par tant d’héritages communs, adoptent des orientations antagonistes ?

Au Congo-Brazzaville, la dérive autoritaire du régime d’Oyo, les détournements de fonds publics, les mariages fastueux célébrés à l’étranger au mépris du sort des populations, traduisent une faillite politique. Le pays est aujourd’hui exsangue, du Nord au Sud. Des propos aussi graves que ceux de Jean-Dominique Okemba sur la destruction du Pool, ou ceux de Denis Sassou Nguesso appelant à « diversifier et diluer » la population du Pool avec des Rwandais en raison d’un supposé « manque de mélange« , sont non seulement inacceptables, mais symptomatiques d’une pensée ethno-nationaliste destructrice.

À cela s’ajoutent ses aveux cyniques, tels que : « La France ne peut pas me chasser car ce que je fais, c’est la France qui me le demande » ou ceux de son conseiller sur LCI en 2005 « On pouvait s’en sortir avec au moins 2000 morts », qui mettent Paris dans une position de plus en plus inconfortable. Il est entendu que ni la France, ni les États-Unis ne souhaitent s’engager dans une mascarade électorale en 2026, malgré les manœuvres de figures du régime comme Isidore Mvouba, tentant de donner une légitimité de façade à une entreprise de démolition nationale.

Des sources fiables confirment que les capitales occidentales ont réitéré leur proposition faite à Denis Sassou Nguesso, notamment lors des cérémonies de la résurrection de Notre-Dame de Paris : une sortie négociée reste possible. La question se pose désormais : après les échecs successifs de la Conférence internationale, de la Main tendue, de la Table ronde, du Compromis politique historique – est-il encore temps pour un DIALOGUE ?

Je reste convaincu que toute solution durable passe par une transition politique. Les dignitaires du régime doivent être rassurés sur leur avenir, dans un cadre de négociation digne. La politique est l’art du compromis lorsqu’il permet d’éviter le chaos. Les officiers supérieurs, leurs troupes et les forces de sécurité doivent comprendre qu’il y a un moment pour choisir le peuple. Ce moment est venu.

L’alternance politique au Congo-Brazzaville est désormais une exigence. Elle constitue le socle indispensable à la reconstruction de l’axe stratégique Brazzaville–Kinshasa, dont dépend largement la stabilité de l’Afrique centrale.

Cette alternance doit reposer sur trois piliers non négociables :

  1. L’union nationale, seule capable de dépasser les clivages ethniques et régionaux artificiellement entretenus par le régime.
  2. La désimmigration, afin d’offrir à la jeunesse les conditions d’un avenir digne sur sa propre terre.
  3. La décentralisation, pour que chaque région puisse accéder à un développement équitable sous la responsabilité de gouverneurs élus, redevables devant le peuple.

C’est à partir de cette refondation que pourra émerger une stabilité durable, dans la nouvelle dynamique impulsée par les États-Unis et le Président Donald Trump. Le temps presse. L’histoire jugera ceux qui ont choisi d’agir – et ceux qui ont préféré trahir le peuple.

Modeste BoukadiaLe 15 mai 2025 – 14:09