L’Afrique : ce diamant méconnu

L’Afrique : ce diamant méconnu

À Port of Spain, Trinidad, dans les années 1980, on entendait : « Black is beautiful. »
Les sapeurs y arboraient fièrement les fleurons griffés de l’industrie textile.
Petits boulots et études allaient de pair. L’un pour survivre – et s’adonner au paraître – l’autre pour se projeter dans un avenir souvent incertain.
Diplômés, selon le pays d’accueil, ils allaient de postes d’assistants jusqu’aux plus hautes fonctions.

Dans les années 2000, aux États-Unis, on entendait : « Yes, we can. »
Mais pouvons-nous quoi ? Créer des sociétés ? Des industries ? Fonder une puissance ?

L’union fait la force. Alors unissons ce qui est épars pour redonner sa force à l’Afrique.

Si ses enfants reviennent et y investissent leurs savoirs, leurs pays deviendront des diamants — capables d’éblouir le monde.
Les us et coutumes qui les animent, loin d’être des freins, seront leurs leviers.
Et par cette désimmigration choisie, raisonnée, portée par l’amour du sol natal, nous pourrons entendre résonner, de nouveau, comme un écho :
« You’re simply the best » — Tina Turner.

Chabine L.A. – Le 21 avril 2025

Congo-Brazzaville : De la Gloire Nationale à la Déchéance Organisée

Congo-Brazzaville : De la Gloire Nationale à la Déchéance Organisée

Le Congo d’hier : une nation pleine de promesses

Dans les premières années de son indépendance (1960), la République du Congo incarnait une promesse forte pour l’Afrique centrale. Doté d’importantes ressources naturelles – pétrole, forêts, minerais – et d’une jeunesse instruite et ambitieuse, le pays pouvait aspirer à une modernisation rapide.

Des figures politiques marquantes telles que Fulbert Youlou ou Alphonse Massamba-Débat, bien que controversées, ont su impulser les premières politiques d’industrialisation et de souveraineté. Puis, sous Marien Ngouabi, la République populaire du Congo naît en 1969, inspirée du marxisme-léninisme. Malgré les limites du régime, cette époque est marquée par une volonté forte d’émancipation nationale, d’éducation universelle, de structuration de l’État et de l’armée.

Le Congo s’affirme alors comme un acteur géopolitique important sur la scène africaine, respecté pour sa diplomatie non-alignée et son engagement dans les luttes panafricaines.

L’ère Sassou Nguesso : la confiscation d’un pays

Denis Sassou Nguesso arrive au pouvoir en 1979. D’abord présenté comme un homme du peuple, il devient progressivement le symbole d’un pouvoir absolu, néopatrimonial et prédateur. Après une première période de pouvoir jusqu’en 1992, il revient en force par les armes en 1997, à la suite d’une guerre civile sanglante.

Depuis lors, son régime est synonyme de :

            • Clientélisme et corruption systémique : les institutions sont vidées de leur substance pour servir des réseaux personnels de pouvoir. La haute administration devient un outil de contrôle et non de service public.

            • Pillage massif des ressources naturelles : le pétrole, principale richesse du pays, est capté par une élite restreinte. Les contrats opaques avec des compagnies étrangères, les emprunts gagés sur la production pétrolière, et les détournements de fonds ont laissé le pays dans une dette abyssale malgré ses richesses.

            • Répression politique : opposition muselée, médias indépendants censurés, société civile fragilisée… Le régime utilise la peur et la division pour se maintenir.

            • Démolition des services publics : santé, éducation, infrastructures – tout est en déclin. Les hôpitaux manquent de tout, les écoles tombent en ruine, pendant que le clan au pouvoir vit dans l’opulence.

            • Corruption participative sans sanction : la corruption n’est pas un accident, elle est devenue un système. Chacun y trouve son compte, tant qu’il reste fidèle au pouvoir. L’impunité est totale, même dans les cas flagrants de détournement.

Pourquoi Sassou détruit le Congo ?

Ce n’est pas par ignorance, mais par choix. Sassou Nguesso a compris que pour rester éternellement au pouvoir, il faut :

            • Éteindre toute conscience collective, en appauvrissant la population et en la maintenant dans une dépendance économique et psychologique.

            • Diviser pour mieux régner, en entretenant des rivalités ethniques et en distribuant les ressources selon l’allégeance politique.

            • Confisquer la richesse nationale, non pour bâtir un pays, mais pour enrichir un clan.

Un pays en otage, un peuple en attente

Aujourd’hui, le Congo est l’ombre de lui-même. Ses jeunes fuient le pays ou tombent dans la précarité. La fierté nationale s’est transformée en résignation. Mais l’histoire est un cycle. Aucun régime, aussi puissant soit-il, ne dure éternellement. La mémoire de la grandeur passée reste vive, et avec elle l’espoir d’un renouveau.

Le réveil d’une nation est inévitable

L’histoire du Congo ne commence pas avec Sassou Nguesso, et elle ne se terminera pas avec lui. Le pays a connu des heures de gloire, une jeunesse vibrante, des rêves d’industrialisation et de justice sociale. Il est donc possible, et même nécessaire, de renaître.

Mais cette renaissance ne viendra pas d’un homme providentiel. Elle viendra du peuple.

Les Congolais doivent retrouver la mémoire de leur dignité collective, exiger des comptes, refuser la soumission à un système qui appauvrit, divise et humilie. Il est temps de cesser de croire que la politique est une affaire réservée à une élite corrompue. La politique, c’est l’affaire de tous, surtout lorsque le silence nourrit l’oppression.

Le Congo a trop d’atouts pour mourir en silence :

            • Une population jeune et talentueuse

            • Un potentiel agricole immense

            • Un sous-sol riche en ressources

            • Une culture forte et vivante

Alors que manque-t-il ?

Le courage collectif. Le courage de dire non. Le courage de dénoncer, de se former, de se battre pour un pays juste. Le courage de se souvenir que, malgré les années de manipulation et de pauvreté orchestrée, un autre Congo est possible.

Tom Melvin BAIKI – Le 19 avril 2025 – 16h30

Coopération sino-congolaise : entre héritage historique et inquiétudes contemporaines

Coopération sino-congolaise : entre héritage historique et inquiétudes contemporaines

La coopération entre la Chine et la République du Congo, souvent présentée comme un modèle de partenariat Sud-Sud, suscite aujourd’hui de profondes interrogations. À l’heure où les défis liés au développement durable, à la souveraineté économique et à la préservation de l’environnement se posent avec acuité, l’opacité de certains engagements bilatéraux interpelle. Le peuple congolais, au cœur des enjeux, exprime de plus en plus le sentiment d’être mis à l’écart des retombées réelles de cette coopération.

Un passé de coopération pragmatique et solidaire

L’histoire des relations sino-congolaises remonte à l’époque de la présidence de l’Abbé Fulbert Youlou, dans les années 1960. Après une période de méfiance initiale — en témoigne l’ouvrage J’accuse la Chine publié par le président Fulbert Youlou — le Congo engage sous Massamba-Débat une coopération active avec la République Populaire de Chine. En 1964, les premiers projets concrets voient le jour : construction de l’usine textile de Kinsoundi, lancement de l’Office National du Commerce (OFNACOM), création de centres de santé, envoi de médecins et d’enseignants chinois, et construction de l’hôpital de Makélékélé.

Sur le plan sportif et culturel, le Stade Massamba-Débat, édifié avec l’appui de la Chine, accueille en 1965 les premiers Jeux africains d’athlétisme. Ce dynamisme se poursuit dans les décennies suivantes avec la construction du Palais des Congrès dans les années 1980, ou encore la mise en service du barrage hydroélectrique de Moukoukoulou, qui reste à ce jour l’un des ouvrages stratégiques majeurs pour l’approvisionnement électrique du sud du pays.

Ce partenariat, longtemps fondé sur une logique d’échange solidaire, a contribué à structurer des infrastructures essentielles dans les domaines de l’énergie, de la santé, de l’agriculture et de l’éducation.

Un tournant préoccupant depuis les années 2000

Toutefois, à partir des années 2000, un changement profond s’opère dans la nature de cette coopération. L’arrivée massive d’entreprises privées chinoises dans le secteur des ressources naturelles — sans toujours une régulation étatique adéquate — marque une rupture avec les principes initiaux. Cette évolution a été relevée dans plusieurs rapports, notamment ceux de Transparency International et d’Amnesty International, qui alertent sur l’absence de transparence dans les contrats miniers et forestiers en Afrique centrale.

Dans le département du Kouilou, la dégradation accélérée de la forêt du Mayombe, notamment du fait de certaines pratiques d’exploitation peu respectueuses des normes environnementales, illustre les limites d’un partenariat déséquilibré. À Pointe-Noire, la raréfaction des ressources halieutiques — en partie causée par des techniques de pêche destructrices comme le dynamitage — a des répercussions directes sur la sécurité alimentaire des populations. Ce phénomène, également observé dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest comme le Sénégal, a été documenté par la Food and Agriculture Organization (FAO) des Nations unies.

La voix de la société civile et des partenaires internationaux

À l’occasion d’un déplacement à Washington, lors d’un échange organisé avec des représentants américains, la voix du président du CDRC, Modeste Boukadia, avait été remarquée pour sa lucidité sur les enjeux de cette coopération. Ce positionnement avait trouvé un écho du côté de l’administration américaine, notamment à travers une déclaration du Secrétaire d’État Rex Tillerson en 2018, appelant à une coopération « plus équilibrée, plus transparente et centrée sur les besoins des populations locales » (source : U.S. Department of State Archives).

En 2020, certains chefs d’État africains ont également exprimé — en privé — leur prudence vis-à-vis de certaines entreprises chinoises, pointant des pratiques de sous-évaluation des gisements miniers, une tendance à l’auto-exclusion dans les chantiers, et des discours discriminatoires envers les travailleurs africains.

Vers une refondation responsable de la coopération

Face à ces constats, il est légitime de poser la question suivante : quelle coopération pour quel développement ?

La déclaration du ministre congolais des Affaires étrangères, Jean-Claude Gakosso, affirmant que la Chine et le Congo entretiennent aujourd’hui un « partenariat stratégique global », gagnerait à être accompagnée d’un cadre rigoureux d’évaluation et de suivi des engagements. La diplomatie ne peut être réduite à des cérémonies de signature ; elle doit être fondée sur la transparence, l’intérêt mutuel et la participation citoyenne.

Le Congo, en tant qu’État souverain, se doit de protéger ses ressources naturelles, son tissu social et l’intégrité de son écosystème. Il ne s’agit pas de rompre avec la Chine, mais de redéfinir les termes d’un partenariat plus équitable, respectueux de l’environnement et inclusif pour les populations.

Conclusion : une exigence de vigilance et de souveraineté

L’ambiguïté de la coopération sino-congolaise ne relève pas seulement d’un déséquilibre économique ; elle interroge notre souveraineté, notre gouvernance et notre capacité à projeter une vision à long terme. Une suspension temporaire de certains accords pourrait être envisagée, le temps de mener un audit indépendant sur les impacts socio-économiques et environnementaux de cette coopération.

Rien ne devrait être entrepris sans consulter les communautés concernées. L’heure est venue de replacer l’humain, la nature et l’intérêt national au cœur de nos relations extérieures.

Sidonie SalabanziOttawa, le 16 avril 2025 – 12h00

La stabilité ne peut être confondue avec l’immobilisme : la critique du franc CFA est un droit, pas un délit.

La stabilité ne peut être confondue avec l’immobilisme : la critique du franc CFA est un droit, pas un délit.

Dans sa récente conférence de presse, Thierry Moungalla a affirmé que la monnaie est un élément de stabilité, en défense implicite ou explicite du franc CFA. Cette déclaration, bien que politiquement habile, mérite d’être déconstruite à la lumière de principes économiques, historiques et démocratiques.

1. Le mythe de la stabilité du franc CFA

Il est vrai que le franc CFA, adossé à l’euro et garanti par le Trésor français, a offert une certaine stabilité nominale (faible inflation, taux de change fixe). Mais cette “stabilité” est en réalité une dépendance :

            • Le taux de change fixe bride la compétitivité des économies locales en empêchant toute dévaluation stratégique.

            • La politique monétaire est dictée en grande partie par la Banque de France et la BCE, donc hors de tout contrôle démocratique africain.

            • Les réserves de change placées en France (à hauteur de 50% historiquement) privent les pays utilisateurs du CFA d’une partie de leur souveraineté monétaire.

Par conséquent, la stabilité évoquée est une façade, car elle masque une forme de contrôle extérieur et de soumission structurelle à une logique postcoloniale.

2. La stabilité économique n’est pas la stabilité sociale ni politique

Une monnaie stable n’a de valeur que si elle s’accompagne de croissance inclusive, d’emplois et d’industrialisation. Or, les pays de la zone CFA restent parmi les plus pauvres au monde, malgré cette soi-disant stabilité :

            • Croissance faible et souvent extractiviste.

            • Dépendance aux importations.

            • Déficit industriel chronique.

Peut-on parler de stabilité quand l’économie est stagnante, que le chômage des jeunes explose et que l’émigration est massive ? Le franc CFA, dans sa configuration actuelle, n’a pas permis aux économies concernées de se transformer durablement.

3. La critique du CFA est un acte patriotique, non subversif

Remettre en question le franc CFA ne signifie pas prôner le chaos monétaire, mais revendiquer un débat légitime sur la souveraineté économique. Les intellectuels, économistes, citoyens et même certains chefs d’État (notamment en Afrique de l’Ouest) ont dénoncé le caractère anachronique de cette monnaie.

            • Critiquer le franc CFA, c’est refuser l’hypocrisie d’une indépendance tronquée.

            • C’est demander que les choix monétaires soient débattus, décidés, et contrôlés par les Africains eux-mêmes.

4. La démocratie repose sur le droit à la parole, même en économie

Quand un porte-parole du gouvernement affirme que la critique du franc CFA serait irresponsable ou déstabilisateur, il confond autorité et autoritarisme. Les sociétés mûres acceptent le débat, y compris sur leurs choix monétaires. Interdire ou diaboliser la critique, c’est trahir l’esprit même de la République.

M. Moungalla a raison de dire que la monnaie est un outil de stabilité, mais il oublie que cette stabilité ne doit pas être achetée au prix de la souveraineté et de la stagnation. La critique du franc CFA n’est pas une menace : c’est un appel à repenser notre avenir économique avec courage, lucidité et dignité.

Tom Melvin BAIKILe 16/04/2025

Analyse des propos de Thierry Moungalla sur la monnaie au Congo-Brazzaville

Analyse des propos de Thierry Moungalla sur la monnaie au Congo-Brazzaville

Non, critiquer la monnaie utilisée dans son pays n’est pas un délit. C’est un droit.

La liberté d’expression constitue un pilier fondamental de toute société démocratique, et elle inclut la liberté de critiquer les institutions économiques, monétaires et politiques. La monnaie nationale, ou celle utilisée à titre officiel comme le franc CFA, n’échappe pas à ce droit de regard citoyen.

1. Cadre légal international et national

            • L’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques reconnaît à toute personne la liberté d’exprimer ses opinions, y compris des opinions critiques sur l’économie ou la gouvernance.

            • La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ratifiée par le Congo, garantit également la liberté d’expression.

            • Même la Constitution du Congo-Brazzaville (article 23) reconnaît le droit à la liberté d’opinion.

Remettre en question le franc CFA, par exemple, n’est pas un acte de subversion, mais une contribution au débat public.

2. Critiquer n’est pas saboter

Faire une critique argumentée d’une monnaie, c’est exercer un droit civique éclairé, non commettre un acte de sédition. L’histoire économique regorge d’économistes, d’intellectuels, de politiques et de citoyens ayant remis en question des systèmes monétaires sans être pour autant des délinquants.

            • Refuser de discuter du franc CFA sous prétexte de “protéger la stabilité” revient à imposer une censure économique, contraire à l’esprit du pluralisme démocratique.

            • Les débats autour de la réforme du CFA, de l’Eco ou de la souveraineté monétaire sont présents dans plusieurs pays africains, y compris au sein des institutions elles-mêmes (UEMOA, CEMAC, BCEAO, BEAC).

3. Le citoyen a le droit de demander des comptes

La monnaie est un instrument de souveraineté. Si celle-ci est partagée, contrôlée ou influencée par des puissances extérieures, il est du devoir du citoyen de s’interroger, d’interpeller et de proposer.

            • Critiquer la monnaie, c’est interroger la souveraineté réelle du pays.

            • Cela fait partie de la participation à la vie de la Nation, que la Constitution elle-même encourage.

4. Le vrai danger vient du silence, pas de la critique

Ceux qui tentent de faire taire les voix critiques, comme cela a semblé transparaître dans la conférence de presse de Thierry Moungalla, prennent le risque de confisquer le débat public au profit d’une pensée unique.

            • Ce n’est pas la critique qui nuit à la stabilité nationale, mais l’absence de débat, de réforme et de transparence.

En conclusion, on ne protège pas un pays en interdisant la réflexion. Au contraire, plus un pays accepte la critique, plus il est fort. La monnaie est un outil. Comme tout outil, elle peut et doit être évaluée, questionnée, améliorée. Et cela, sans que les voix citoyennes soient menacées ou diabolisées.

Tom Melvin BAIKI – Le 16 avril 2025

Sortir des sentiers battus : Non au remake du 18 mars 1977

Sortir des sentiers battus : Non au remake du 18 mars 1977

Un adage bien connu nous rappelle que : « Même à un fou, on ne fait les poches qu’une seule fois ! »

Le Congo vit aujourd’hui dans l’angoisse et l’incertitude. Du Nord au Sud, ce sont les mêmes cris de détresse, les mêmes lamentations. La misère est devenue insoutenable, et la pauvreté, criante.

Inutile de revenir longuement sur un bilan que tout le monde connaît : le peuple congolais n’en peut plus. Ce qu’il réclame aujourd’hui, ce ne sont plus des constats mais des solutions. Des solutions qui rassemblent et non des manœuvres qui divisent davantage une nation déjà profondément meurtrie.

Autrefois, on évoquait des voies de sortie de crise : Conférence internationale sur le Congo, table ronde, main tendue, compromis politique historique ou encore, dialogue inclusif dans un pays tiers. Ces pistes ont toutes été rejetées ou discréditées par le pouvoir en place – notamment le PCT et ses affidés – dans une stratégie de fuite en avant, croyant ainsi gagner du temps. En réalité, cette posture n’a fait qu’aggraver la situation et amplifier la misère populaire et la grogne est à son paroxysme.

Que constate-t-on aujourd’hui ?

• Les puissances extérieures se détournent progressivement du système PCT, conscientes de sa fragilité. Ce régime vacille et au moindre choc il s’effondrera.

• La majorité des Congolais, revenue des guerres prétendument libératrices mais en réalité à caractère tribale et ethnique pour finir en pouvoir familial et clanique, aspire à un changement sans violence, par crainte d’en rajouter aux pertes humaines inutiles.

Face à cette réalité, plusieurs questions doivent être posées :

• Comment briser le nœud du drame congolais, fait de complicités silencieuses et de compromissions solidaires ? Car remettre en cause Denis Sassou Nguesso c’est aussi mettre à nu tout un système de responsabilités partagées et notamment, sur les violences, les abus, et les dérives insupportables dont ont été victimes des femmes, des jeunes filles et aujourd’hui, de jeunes hommes.

• Comment se libérer de la menace du chaos programmé entretenue à dessein par certains pour dissuader toute transition ? Le refrain en préparation est bien connu : « Avec Sassou, il y avait au moins la stabilité. » Pourtant, chacun sait que cette instabilité annoncée sera savamment orchestrée pour préserver un système qui n’a jamais œuvré pour l’intérêt général.

Non au remake de l’histoire tragique

Des voix s’élèvent à nouveau, prônant des scénarios déjà vécus, inspirés des désolations meurtrières du passé, qu’on entonnera pas demain, cette infamie : « Bakongo ba bomi Denis. » Pourquoi les coups de force doivent-ils toujours être fomentés depuis le Sud du pays ?

L’appel à la conscience nationale

La violence n’a jamais été et ne sera jamais la solution aux maux du Congo. Le changement par la force n’apportera que de nouveaux maîtres armés devant lesquels il faudra tout consentir au risque de nos vies, ni la paix, ni les investissements, ni les emplois, ni l’électricité, ni l’eau potable. La seule voie viable et juste, c’est celle de l’union nationale, fondée sur le dialogue, la réconciliation et la coresponsabilité.

Nous avons besoin de Congolaises et de Congolais vivants, conscients de leur rôle historique, et prêts à reconstruire la nation. Le Congo ne se fera pas sans les Congolais, et il n’appartient à aucun clan. Il est à nous tous.

Souvenons-nous du coup d’État du 5 juin 1997 et de ses conséquences dramatiques. Souvenons-nous du rôle joué par les armées étrangères venues du Zaïre (RDC), d’Angola et du Tchad, notamment dans les régions du Sud. Ce précédent, chacun doit s’en rappeler pour ne pas être complice.

Un tel scénario ne doit jamais se répéter.

Pour conclure :

Oui, nous voulons le changement. Oui, nous appelons à l’union nationale. Mais non, nous refusons l’instrumentalisation des populations, qu’elles soient du Nord ou du Sud.  Le Congo doit se reconstruire dans la tranquillité, la justice, et la responsabilité partagée. « Ni peur, ni haine, c’est là notre victoire ! »

Modeste Boukadia 11 avril 2025

Le Congo n’a pas besoin d’un dernier mandat : Il a besoin d’un sursaut national.

Le Congo n’a pas besoin d’un dernier mandat. Il a besoin d’un sursaut national.

Par Modeste Boukadia – 09 avril 2025

Chaque mois de mars et d’avril, le Congo se souvient dans la douleur. La « semaine rouge », marquée par l’assassinat du président Marien Ngouabi, celui du Cardinal Émile Biayenda et la disparition inexpliquée de l’ancien président Alphonse Massamba-Débat, sans oublier les suppliciés passés au « petit matin », qui reste un traumatisme non résolu. Plus de quarante années après, la vérité n’a pas été dite, la justice n’a pas été rendue, et les leçons n’ont pas été tirées.

Aujourd’hui encore, alors que des voix réclament la révision du procès Marien Ngouabi, l’ouverture d’un véritable procès pour le Cardinal Biayenda, et une enquête sur le sort de Massamba-Débat, une autre inquiétude se dessine : la répétition d’un scénario autour de Denis Sassou Nguesso avec le dernier mandat.

L’histoire comme un mauvais disque rayé

Depuis 1997, la démocratie congolaise n’a été qu’un simulacre. Je le dis avec la mémoire vive d’un candidat à cette élection présidentielle : j’avais versé la caution requise auprès du Procureur de la République. Après le coup d’État du 5 juin, non seulement l’élection fut balayée, mais même cette caution ne m’a jamais été remboursée. Une anecdote ? Non. Le symbole d’un système où l’État de droit est inexistant.

Aujourd’hui encore, les jeunes candidats à l’élection présidentielle déposent 2 millions de FCFA comme caution, sans transparence sur l’origine des fonds. En retour, le ministère de l’Intérieur leur attribue avec l’élection des financements pour une campagne qu’ils ne mènent jamais vraiment. C’est ce qui s’appelle, se laisser corrompre volontairement. Le but ? Offrir l’illusion d’un pluralisme démocratique tout en consolidant l’hégémonie du pouvoir en place.

Et ce pouvoir s’apprête, une fois de plus, à proposer un nouveau « dernier mandat » pour Denis Sassou Nguesso, comme si ce dernier en avait jamais reçu un, légitimement, du peuple. Cela fait plus de cinquante ans qu’il se maintient au sommet de l’État par effraction, à travers la force, la manipulation, et l’instrumentalisation des institutions.

Ce que craint le système, c’est la parole

Ce qui inquiète les courtisans du pouvoir, ce n’est pas tant l’opinion publique ou la désapprobation internationale. Ce qu’ils craignent, c’est que Sassou Nguesso parle. Car en 1999, à Moncton, au Sommet de la Francophonie, il disait déjà :

« Tous les cadavres qui sont dans mon placard ne sont pas les miens. »
« Tous ceux qui disent que je suis le seul à avoir volé vont me précéder… »

C’est là que se trouve le nœud du drame congolais. Le système repose sur une solidarité de compromissions. Toute remise en cause du chef mettrait à nu un réseau de complicités et de responsabilités partagées. Alors, on préfère agiter la menace d’un chaos programmé « Avec Sassou Nguesso, il y avait au moins la stabilité » plutôt que d’assumer une transition. Pourtant, cette instabilité à venir est savamment orchestrée pour préserver un système qui n’a jamais servi l’intérêt général..

L’Afrique doit parler de désimmigration

Pendant ce temps, le monde avance. Les États-Unis réinventent leur leadership avec le slogan « Make America Great Again ». L’Afrique, elle, doit se réinventer avec une carte de la désimmigration : le retour organisé et valorisé des compétences de la diaspora.

Cette politique de désimmigration est un pilier fondamental du redressement national. Elle suppose une décentralisation administrative et financière, où chaque région, dirigée par un gouverneur, incarne l’autorité de l’État tout en devenant un moteur du développement local.

C’est cette vision que je porte : faire revenir les intelligences, reconnecter les énergies, reconstruire le Congo à partir de ses forces vives, locales et de la diaspora. Car ce pays n’a jamais manqué de talents, seulement de gouvernance, de volonté et de vision.

La jeunesse au cœur du renouveau

Je le répète avec force : la jeunesse doit être le cœur battant de cette nouvelle dynamique. Ni clientélisée, ni achetée, ni instrumentalisée. Elle doit être formée, écoutée, responsabilisée. C’est avec elle que nous construirons un marché intérieur robuste, une société inclusive, un État moderne.

Ce dont le Congo a besoin

Le Congo n’a pas besoin d’un dernier mandat. Il n’a pas besoin d’un nouvel acte de manipulation ou de terreur. Il a besoin d’un sursaut collectif, d’un acte de rupture, d’un engagement sincère pour l’unité nationale et la justice.

La seule issue viable est l’union nationale. Une union fondée sur la vérité, la responsabilité et la refondation de notre État.

Nous n’avons plus le droit de répéter l’histoire. Nous avons le devoir d’en écrire une nouvelle.

Christel Sassou alias “Kiki Angwalima” : Une candidature illégitime au regard de la Constitution et du bon sens politique

Christel Sassou alias “Kiki Angwalima” : Une candidature illégitime au regard de la Constitution* et du bon sens politique

La République du Congo est une nation souveraine régie par une Constitution claire, qui stipule en son article fondamental que “tout candidat à la magistrature suprême doit être Congolais d’origine”. Cette disposition n’est pas un simple détail juridique, mais une exigence de loyauté, d’identité et d’attachement profond à la nation congolaise. Dans ce contexte, la candidature de Christel Sassou Nguesso, dit “Kiki Angwalima”, soulève de graves questions de légitimité.

1. Une filiation contestable : une mère zaïroise (RDC)

Christel Sassou est né d’un père congolais (Denis Sassou Nguesso) et d’une mère d’origine zaïroise (actuelle RDC). Dès lors, sa qualité de “Congolais d’origine” est juridiquement discutable. La Constitution parle clairement d’origine, ce qui implique une double filiation congolaise, enracinée dans l’histoire et la culture nationale. Or, dans le cas de Kiki, cet enracinement est partiel, voire absent sur le plan maternel.

2. Une imposture politique héritée, non méritée

Le parcours politique de Christel Sassou ne repose ni sur une carrière solide ni sur un mérite personnel reconnu. Sa seule force est d’être “fils de”, et c’est là tout le problème : nous faisons face à une tentative d’instaurer une monarchie déguisée dans une république. Ce népotisme flagrant insulte l’intelligence et les sacrifices du peuple congolais, qui aspire à un renouveau et non à une continuité dynastique.

3. Un surnom qui en dit long : “Angwalima”

Dans la rue comme sur les réseaux sociaux, le surnom “Angwalima” – qui signifie “voleur” en lingala – reflète le rejet populaire. Il incarne les soupçons de corruption, les détournements de fonds publics et l’enrichissement personnel sur le dos de l’État congolais. Un candidat portant un tel fardeau moral et symbolique ne peut incarner l’avenir d’un pays assoiffé de justice, de rigueur et de redressement.

4. Un mépris de la Constitution et des institutions

En laissant entendre qu’il pourrait succéder à son père, Christel Sassou foule aux pieds les lois de la République. Une telle manœuvre révèle le cynisme du pouvoir en place, prêt à déchirer le tissu institutionnel pour sauvegarder ses privilèges familiaux. Le Congo n’est pas un bien patrimonial à transmettre, mais une nation à servir.

——–

Conclusion :

La candidature de Christel Sassou est une offense à la Constitution, à la mémoire collective et à l’intelligence politique du peuple congolais. Il est impératif que la jeunesse, la société civile et toutes les forces démocratiques se mobilisent pour refuser ce projet d’héritage monarchique et exiger le respect strict des règles républicaines.

Tom Melvin BAIKI Le 09 avril 2025

  • Note de la rédaction : La Constitution du Congo du 25 octobre 2015 a été imposée au peuple congolais sous un flot de sang après que le président français François Hollande ait accordé le permis de tuer à Denis Sassou Nguesso ! Bien que François Hollande ait rétropédalé, le mal était déjà fait.

Le pouvoir de Denis Sassou Nguesso : le dernier empire en déclin

Le pouvoir de Denis Sassou Nguesso : le dernier empire en déclin

Le régime de Denis Sassou Nguesso, à la tête du Congo-Brazzaville depuis plus de 40 ans (interrompu brièvement entre 1992 et 1997), représente aujourd’hui ce que l’on pourrait appeler le dernier empire d’Afrique centrale encore debout, mais qui vacille sur ses fondements. Loin de l’image de stabilité que le pouvoir tente de projeter, le Congo traverse une crise profonde, tant sur le plan économique, social que moral.

1. Un empire mûr, à bout de souffle

Comme tout empire ayant dépassé sa période de gloire, le système Sassou Nguesso est devenu rigide, replié sur lui-même et dominé par une élite déconnectée des réalités du pays. Le pouvoir repose essentiellement sur :

            • Un clan familial hyper-concentré autour des ressources de l’État.

            • Une administration figée, sans innovation ni rajeunissement.

            • Une économie dépendante de la rente pétrolière, sans diversification.

Ce modèle, s’il a pu perdurer grâce à une certaine stabilité factice et à l’endettement massif, ne répond plus aux besoins d’une jeunesse nombreuse, connectée et aspirant à autre chose que la survie.

2. Un bilan lourd et sans perspective

Le bilan de plusieurs décennies de pouvoir est accablant :

            • Une dette publique abyssale, avoisinant 110 % du PIB.

            • Un système éducatif sinistré et une jeunesse sans espoir d’insertion.

            • Un chômage structurel massif.

            • Des services de santé en ruine.

            • Une corruption systémique érigée en mode de gouvernance.

Les Congolais, et en particulier la jeunesse, n’attendent plus rien de ce régime. Ils ne croient plus aux discours ni aux promesses. Le pouvoir semble s’adresser à un pays imaginaire, alors que la population vit dans une réalité d’abandon.

3. Une jeunesse sans futur, prête à rompre

La jeunesse congolaise est aujourd’hui le cœur battant du changement. Elle ne veut plus de clientélisme, ni d’héritage politique. Elle revendique :

            • Une gouvernance transparente et participative.

            • L’égalité des chances.

            • L’emploi, l’éducation, la santé, et l’accès aux nouvelles technologies.

            • Une justice équitable et indépendante.

            • Un avenir dans leur pays, pas dans l’exil.

Ce décalage profond entre les aspirations de la jeunesse et l’immobilisme du pouvoir crée une tension structurelle qui ne peut que déboucher, tôt ou tard, sur une rupture historique.

4. L’empire s’écroule, mais l’histoire s’écrit

Le pouvoir de Denis Sassou Nguesso est en train de s’écrouler non pas par un coup de force extérieur, mais par l’usure du temps, la maturité du peuple et le rejet de sa propre base. C’est l’effet logique d’un cycle de pouvoir trop long, incapable de se réinventer ou de transmettre le flambeau.

L’Histoire enseigne que les empires ne tombent jamais brutalement ; ils se désagrègent de l’intérieur avant de céder sous leur propre poids. Ce que vit aujourd’hui le Congo-Brazzaville, c’est ce moment crucial : la fin d’un cycle.

Denis Sassou Nguesso incarne le dernier bastion d’un système ancien, aujourd’hui rejeté par une jeunesse qui ne demande qu’à construire. Le Congo n’a pas besoin d’un empire, mais d’un État moderne, inclusif, et tourné vers l’avenir. L’espoir renaîtra du peuple, pas du sommet. L’heure est venue d’écouter cette voix silencieuse qui monte des quartiers, des écoles, des marchés : « Nous voulons vivre. »

Tom Melvin BAIKI – Le 09 avril 2025

Denis Sassou Nguesso humilié par le FMI cherche du côté d’Abu Dhabi

Denis Sassou Nguesso humilié par le FMI cherche du côté d’Abu Dhabi

Chacun sait que Denis Sassou Nguesso avait été humilié par le Fonds Monétaire International en ne lui accordant qu’un tout petit 43 millions de dollars US pour conduire le Congo vers l’émergence !
En France, les choses sont plus corsées que prévu alors il a pris la direction d’Abu Dhabi pour tenter de solliciter les pays du Golfe… Mais là aussi, la situation semble difficile à dénouer. Quand on dit que c’est le rat qui brûle et non uniquement les poils, on ne vous croit pas !

Avec la guerre commerciale généralisée lancée par les États-Unis d’Amérique pour affirmer son leadership mondial, les USA ont les yeux partout pour savoir qui met la main à la poche pour aider tel ou tel dictateur. Le président américain a fait saisir tous les biens mal acquis aux États-Unis par les dictateurs. L’Europe ne sera pas en reste très bientôt notamment avec cette guerre commerciale qui va mettre à rude épreuve les budgets des États européens.

Quand le mensonge sert de stratégie politique

Que faire ? Au Congo, on a tenté de faire un remake de 2009 en mentant que la population aime son Timonier. Et pourtant, le Timonier s’est rendu à Nkayi et non dans les contrées d’Oyo pour voir s’il était encore populaire. En réalité, il y était pour consulter les devins et autres féticheurs pour lui assurer l’invisibilité afin que la justice française ne voie que du feu !

Le silence de Sassou : acquiescement ou surprise ?

Dès lors, une question s’impose : Denis Sassou Nguesso est-il réellement un chef, un Kani, c’est-à-dire celui qui protège, qui arbitre, qui veille à l’équilibre du village ?
Son neveu, Jean-Dominique Okemba, conseiller spécial à la sécurité, lui aurait déclaré sans détour : « Oncle, je suis allé brûler le Pool, et le ciel n’est pas tombé. »
Face à cette déclaration glaçante, Sassou Nguesso est resté silencieux. Était-ce un silence de sidération ou un silence d’approbation ? Lui seul connaît la réponse.
Mais dans la tradition républicaine comme dans la sagesse populaire, le silence a un sens :

« Qui ne dit mot consent. » Et dans ce cas précis, le silence du Kani face à une telle exaction résonne comme une forme d’acquiescement, lourd de conséquences.

Les contradictions autour de la région du Pool

Dans toute société organisée, qu’il s’agisse d’un village ou d’une République, le rôle du chef est clair : préserver l’ordre, sanctionner les dérives, et garantir la cohésion de la communauté. Lorsqu’un proche bafoue ces principes au point de menacer la paix civile, le devoir d’un dirigeant est de réagir avec responsabilité.
Dès lors, une interrogation fondamentale s’impose : la région du Pool fait-elle pleinement partie de la République du Congo ?
Cette question interpelle directement Isidore Mvouba, président de l’Assemblée nationale et figure influente du Parti congolais du travail (PCT), surtout après les déclarations d’un de ses partisans, diffusées reprise dans une vidéo publique.
On y entend notamment :

« Considérons que Denis Sassou Nguesso est le seul et unique dirigeant qui, dans la paix des cœurs et la tranquillité des esprits, va électrifier le Pool en général et les pays de Mpangala en particulier. Nous, populations du district de Kindamba, demandons et exigeons que le président Denis Sassou Nguesso se porte candidat à l’élection présidentielle de mars 2026. La population de Kindamba est derrière le président et le soutiendra à 100 %. » (source : vidéo de M. Elvis Karel Kakou)

Deux contradictions majeures

Deux contradictions majeures émergent de cette situation :

  • Si le Pool est une région à part entière de la République du Congo, comment expliquer qu’un haut responsable de l’État, Jean-Dominique Okemba — conseiller spécial à la sécurité du président et secrétaire général du Conseil national de sécurité — ait pu y mener une opération d’une telle brutalité, allant jusqu’à affirmer : « Nous avons brûlé le Pool, et le ciel n’est pas tombé » ?
  • Et si, à l’inverse, le Pool ne faisait pas réellement partie intégrante du territoire national, pourquoi des responsables politiques comme Isidore Mvouba appellent-ils les populations de cette même région — et notamment celles de Mpangala — à voter à 100 % pour un président qui a sciemment ordonné qu’on raye leur territoire de la carte « puisque le ciel ne tomberait pas » ?

Ces contradictions sont d’autant plus troublantes qu’elles s’inscrivent dans un climat où le président Sassou Nguesso lui-même n’hésite pas à confier à ses visiteurs :

« La France ne peut pas me chasser, car ce que je fais, c’est la France qui me le demande. »
Une déclaration confirmée par l’un de ses proches, qui affirmait sur la chaîne LCI en 2005 :
« On pouvait s’en sortir avec au moins 2 000 morts. »
Des propos jamais officiellement démentis par les autorités françaises.

A moins que le mandat d’amener délivré par le juge Serge Tournaire qui vise Madame Antoinette Sassou Nguesso soit un début de réponse…

Repenser la République et la reconstruction nationale

En vérité, s’il doit y avoir une véritable consultation populaire, ce ne peut être qu’un référendum pour savoir qui souhaite encore appartenir à cette République. Car il est difficile de reconnaître Denis Sassou Nguesso — et ceux qui ont osé « brûler le Pool » — comme étant les représentants légitimes d’une République qui, en principe, inclut justement cette région dans son intégrité territoriale.

Lorsque j’ai proposé la tenue d’une Conférence internationale, c’était pour que toutes ces dérives soient mises sur la table.
Quand j’ai appelé à une Table ronde nationale, c’était pour tenter d’amorcer une sortie de crise constructive.
Lorsque j’ai évoqué un Compromis politique historique, c’était dans l’espoir de préserver ce qu’il reste d’unité dans ce pays fragmenté.
Mais à chaque fois, ces initiatives ont été rejetées avec mépris.

Dès lors, une question fondamentale s’impose : comment construire une union nationale si l’on refuse de reconnaître qui veut sincèrement appartenir à cette République ?
Notre vision, quant à elle, repose sur un principe clair : la désimmigration, autrement dit, le retour organisé, sécurisé et valorisé des compétences issues de la diaspora vers la terre natale.
Ce retour doit s’accompagner d’une complémentarité intelligente entre les savoirs acquis à l’étranger et les savoir-faire présents sur le territoire. L’objectif est simple mais fondamental : bâtir une base solide, inclusive et pacifiée, condition indispensable à tout redressement durable.
Et pour cela, les jeunes et les femmes doivent être placés au centre du projet, car ils sont les véritables catalyseurs de ce nouveau départ.

L’avenir du Congo face à la guerre commerciale mondiale

Dans ce contexte de guerre commerciale mondiale, où chaque nation tente de sécuriser ses intérêts vitaux, pouvons-nous vraiment nous permettre la division, l’éparpillement, ou le repli ?
Ou devons-nous, au contraire, rester unis au sein d’une République refondée, pour bâtir ensemble un marché intérieur robuste, soutenu par une décentralisation administrative et financière effective, afin de redonner aux régions leur pleine capacité d’action et de développement ?

C’est là l’unique voie possible pour sortir durablement de l’impasse.


Modeste Boukadia
Le 5 avril 2025