Ma promesse pour le nouveau Congo

Modeste Boukadia sur TLR-TV le 16 mars 2025 :

Pas de paix sans vérité, pas de solution sans l’opposition, pas de stabilité sans union sacrée, pas de réconciliation sans transition, pas de dignité sans procès.
Dans le Congo nouveau il n’y aura plus d’arrestation, plus d’assassinat, plus de détournement de fonds publics.

RÉSILIENCE DU CONGO : MISE AU POINT

Le départ discret de Paris d’Antoinette Sassou Nguesso : une « mère nationale » ?

Madame Antoinette Sassou Nguesso, longtemps présentée comme la « maman nationale », quitte la Seine sur la pointe des pieds. Mais que faut-il retenir de son passage ? Sa Fondation Congo-Assistance est accusée d’avoir mené des essais cliniques sur des prisonniers de la Maison d’Arrêt de Pointe-Noire. Est-ce là l’attitude d’une mère bienveillante ?

Elle détient aussi un triste record : elle est la première épouse d’un chef d’État francophone à faire l’objet d’un mandat d’amener. Ni Leïla Ben Ali, connue pour son train de vie extravagant, ni Elena Ceaușescu, pourtant impliquée dans des abus de pouvoir notoires, n’ont connu un tel sort. Au Cameroun et au Gabon, des figures tout aussi contestées n’ont jamais subi une telle humiliation.

Face à cela, certains s’empressent de crier au « fake news » plutôt que d’opposer des arguments solides. Pourtant, des médias bien au-delà des cercles de Modeste Boukadia ont confirmé cette déconvenue, qui sonne comme un désaveu cinglant de la politique dictatoriale de Denis Sassou Nguesso. Rappelons que ce dernier fut qualifié de « chef de guerre » par l’Administration Clinton et de « criminel » par la première Administration Trump.

D’ailleurs, lors de la cérémonie de résurrection de Notre-Dame de Paris, Donald Trump – désormais président élu – avait adressé un message sans équivoque à Denis Sassou Nguesso :
« Vous n’avez aucune carte en main. Discutez avec votre opposant et l’opposition, sans cri et dans le calme, pour gouverner au mieux votre pays où il y a tant de morts. Est-ce que ce sont des hommes ou des animaux qui y vivent ? »

On ne récolte que ce que l’on sème.


CE QUE VEUT LE PEUPLE CONGOLAIS :

  1. Une transition politique immédiate.
  2. La révision du procès Marien Ngouabi, afin de laver l’opprobre jetée sur les Bakongo avec l’accusation injuste de « Bakongo ba bomi Marien ». Il est temps que la famille Ngouabi fasse son deuil, tout comme celles du Cardinal Emile Biayenda, d’Alphonse Massamba-Débat et de ses compagnons d’infortune. Que la vérité éclate et que les Bangala ne soient plus accusés d’avoir « tué le Cardinal et fait disparaître Massamba-Débat ». Ce n’est qu’en soldant ce contentieux historique que nous pourrons bâtir une réconciliation nationale.
  3. Le rétablissement de la tranquillité publique. Plus jamais de phrases comme « Nous avons brûlé le Pool et le ciel n’est pas tombé ! » Plus jamais de jeunes enfermés dans des conteneurs et noyés dans le fleuve Congo. Plus jamais d’exécutions sommaires, plus de peurs sur l’avenir des Mbossi comme l’exprimait le général Norbert Dabira.
  4. Un dialogue national sous médiation internationale. Nous devons saisir l’opportunité d’un cadre de discussion où Sassou Nguesso, son opposant et l’opposition trouveront une voie pour assurer la sécurité de tous et permettre au peuple congolais de se réconcilier avec lui-même.

TÉMOIGNAGE : UNE PROMESSE TENUE

Lors de mon incarcération à la Maison d’Arrêt de Pointe-Noire, le 15 janvier 2016, j’ai déclaré devant les officiers généraux et supérieurs présents :

« Quel que soit le temps que je ferai en prison, quand je sortirai, il n’y aurait plus ni arrestation arbitraire, ni assassinat sommaire, ni détournement de fonds publics. »

Le temps est venu d’honorer cet engagement et d’instaurer le Congo Nouveau.


EN CONCLUSION : SOLDONS LES CONTENTIEUX HISTORIQUES

  • Révision du procès Marien Ngouabi
  • Ouverture du procès du Cardinal Emile Biayenda
  • Éclaircissement sur la disparition d’Alphonse Massamba-Débat

L’histoire nous enseigne que les trahisons et renversements ne sont pas nouveaux. Rappelons-nous du Burundi : le roi Mwambutsa IV Bangiricenge fut renversé par son propre fils, Ntare V, qui lui-même fut renversé par le colonel Michel Micombero… La méfiance de Sassou Nguesso est peut-être justifiée, mais elle ne saurait excuser l’immobilisme.

L’heure n’est plus aux calculs, mais à l’action. Le peuple congolais a trop souffert. Il est temps d’écrire une nouvelle page de notre histoire.

Modeste BoukadiaLe 15 mars 2025

Le Retour des Frontières Physiques et la Course à l’Armement

Analyse Géopolitique : Le Retour des Frontières Physiques et la Course à l’Armement

Le monde traverse une phase de réinitialisation profonde, marquée par la montée des tensions géopolitiques et le retour progressif des frontières physiques. La globalisation, autrefois perçue comme un moteur d’ouverture et d’échange, semble céder la place à une ère de protectionnisme, de conflits stratégiques et de recomposition des sphères d’influence.

1. La Fin d’un Monde Sans Frontières ?

Depuis la fin de la Guerre froide, la tendance était à l’effacement des frontières physiques, notamment en Europe avec l’espace Schengen, et à la fluidité des échanges économiques. Cependant, plusieurs facteurs ont inversé cette dynamique :

            • Les crises migratoires qui ont poussé plusieurs pays à renforcer leurs contrôles frontaliers.

            • La montée des tensions entre grandes puissances (États-Unis/Chine, Russie/OTAN) qui redessine la carte des alliances.

            • Les conflits régionaux et guerres hybrides, comme en Ukraine et au Moyen-Orient, qui ont montré la vulnérabilité des États face aux agressions extérieures.

La conséquence directe est une volonté croissante de sécuriser les frontières, non seulement en Europe et en Amérique du Nord, mais aussi en Afrique et en Asie.

2. Une Course à l’Armement Inévitable

Dans ce contexte de tensions accrues, les États réévaluent leur politique de défense. Les dépenses militaires mondiales ont explosé ces dernières années, avec une augmentation notable en Europe, en Asie et au Moyen-Orient.

            • Les États-Unis et la Chine s’affrontent dans une guerre économique et technologique qui se traduit par une course à l’armement dans le Pacifique.

            • La Russie investit massivement dans sa modernisation militaire pour contrer l’OTAN.

            • L’Europe réarme après des décennies de pacifisme, sous la pression de la guerre en Ukraine.

Face à cette réalité, les pays africains doivent aussi prendre conscience de l’importance de leur souveraineté militaire.

3. L’Afrique Face au Risque de Recolonisation

L’Afrique reste un territoire convoité pour ses ressources stratégiques (terres rares, pétrole, uranium, etc.). Dans un monde où la puissance militaire dicte de plus en plus les rapports de force, le continent risque d’être à nouveau l’objet de convoitises, voire d’ingérences extérieures plus agressives. Plusieurs indices le confirment :

            • L’implantation militaire des grandes puissances (Chine, États-Unis, Russie, France) dans des bases stratégiques en Afrique.

            • Les coups d’État récents en Afrique de l’Ouest, qui révèlent des luttes d’influence entre puissances étrangères.

            • Le pillage économique déguisé sous des accords de coopération déséquilibrés.

Si les pays africains ne prennent pas rapidement des mesures pour renforcer leur autonomie militaire et économique, ils risquent d’être les spectateurs passifs d’une nouvelle ère de domination.

4. Quelles Stratégies pour l’Afrique ?

Face à ces défis, les États africains doivent impérativement :

            • Investir dans une industrie de défense locale pour réduire leur dépendance aux armements étrangers.

            • Développer des alliances militaires intra-africaines, comme une véritable force de défense continentale indépendante.

            • Diversifier leurs partenariats économiques pour ne pas être trop dépendants d’une seule puissance.

            • Renforcer l’éducation et l’innovation technologique, car la guerre moderne ne se gagne plus uniquement sur le terrain, mais aussi dans le cyberespace et l’intelligence artificielle.

Conclusion : Un Monde en Mutation

Le monde d’hier, fondé sur la libre circulation et la diplomatie économique, est en train de disparaître au profit d’une réalité plus brutale où la puissance militaire et la souveraineté stratégique deviennent des impératifs. Si les pays africains ne se préparent pas dès maintenant, ils risquent de subir une nouvelle vague d’exploitation et de domination. L’heure n’est plus aux discours, mais à l’action.

Tom Melvin BAIKI Le 14 mars 2025

Congo : 50 ans de ruine, 43 millions du FMI… pour quoi faire ?

Congo – 50 ans de ruine, 43 millions du FMI… pour quoi faire ?

L’incident évoqué lors de mon interview sur TLR-TV le 11 mars 2025 avec M. Perrin a été levé. Voici le résultat officiel :
🔗 Communiqué du FMI

Mais posons-nous la vraie question : Que peut-on faire avec 32,4 millions de DTS (environ 43 millions de dollars) alors que 50 ans de gestion désastreuse du PCT ont plongé le Congo dans un gouffre abyssal ?

La réponse est simple : rien pour le peuple.

Nous connaissons le schéma :

  • Une partie détournée pour alimenter des comptes offshore… qui, ironie du sort, risquent d’être saisis.
  • Une autre convertie en fausse monnaie, destinée à enrichir un clan insatiable et à corrompre les uns et les autres pour tuer dans l’œuf toute contestation.
  • Le reste utilisé pour museler le peuple, acheter le silence et prolonger la survie d’un régime moribond.

32,4 millions de DTS pour un État ? C’est une goutte d’eau dans un océan de dettes, une aumône qui ne changera rien à la misère du peuple congolais. Ce n’est ni un plan de relance ni une solution, mais un subterfuge pour retarder l’inévitable.

Le Congo n’a pas besoin de perfusions financières, mais d’une refondation totale. Tant que l’impunité et la corruption restent la norme, aucun « soutien » du FMI ou d’ailleurs ne sauvera ce qui doit être entièrement reconstruit.

Modeste Boukadia
Le 13/03/2025

Congo : Une solution politique va s’imposer

Modeste Boukadia sur TLR-TV le 11 mars 2025 :

Nombre de signaux concordants prouvent une fin de régime imminente et la défaite des malfaiteurs de l’Etat-PCT.  Une solution politique va s’imposer sous la forme d’une transition politique salutaire pour le peuple congolais et Denis Sassou Nguesso devra se reposer à Oyo.

8 MARS – Journée Internationale des droits de la Femme : Bilan et Appel à l’Action pour les Femmes Congolaises

8 MARS – Journée Internationale des droits de la Femme : Bilan et Appel à l’Action pour les Femmes Congolaises

Au Congo, le 8 mars dépasse la simple célébration superficielle. Derrière les pagnes offerts et les rituels festifs se cache une triste réalité : la femme congolaise est trop souvent reléguée au second plan, victime d’un système qui la réduit à un rôle subalterne.

Il faut rappeler le rôle néfaste de l’« Union Révolutionnaire des Femmes du Congo » (URFC), instrument créé par le PCT qui a historiquement contribué à enfermer la pensée féminine dans des carcans qui étouffent son potentiel. Ce dispositif n’a servi qu’à légitimer des rapports de pouvoir inégaux, transformant la femme en accessoire politique plutôt qu’en actrice de son destin.

Discriminations et Injustices Institutionnalisées
Les discours officiels ne font que masquer une réalité cruelle : aucun effort concret n’est déployé pour améliorer la vie des femmes. Les budgets alloués à leur formation et à leur autonomisation restent dérisoires. Dans un pouvoir où les nominations se font souvent sur la base de relations personnelles, les compétences sont ignorées au profit d’un favoritisme rampant.

Les politiques publiques échouent également dans le domaine de la santé féminine. Absence de planification familiale, gestion défaillante de la maternité et violences sexuelles en hausse – notamment dans des régions comme le Pool – témoignent d’un abandon complet de la part des autorités. La stigmatisation des jeunes filles, parfois étiquetées comme « vieilles femmes » avant même d’avoir atteint la majorité, révèle des abus inacceptables.

Conditions de Travail Dégradantes et Manque de Soutien
Les femmes qui exercent dans les marchés travaillent dans des conditions d’une précarité indigne, sans sécurité sociale ni protection. L’absence de structures d’accueil pour les enfants renforce la « charge mentale » pesant sur ces mères déjà épuisées par une double peine : la lutte quotidienne pour leur survie et celle pour leurs droits fondamentaux.

Un Appel Vivant à l’Émancipation
Aujourd’hui, la femme congolaise doit revendiquer sa place dans la transformation de notre pays. Elle ne peut plus se laisser enfermer dans des tabous qui la condamnent à l’infériorité. Elle doit briser les chaînes des cérémonies et des manipulations mentales qui entravent sa liberté.

Ce 8 mars est l’heure de l’insurrection morale, de la révolte contre un système qui a trop longtemps ignoré ses potentialités. Chaque femme – mère, sœur, fille ou amie – est appelée à s’unir, à organiser et à exiger le respect et la dignité qui lui sont dus.

Que ce 8 mars 2025 soit le renouveau pour que vous redeveniez la gardienne de notre culture et de nos traditions pour les transmettre aux générations futures.

Pour un Congo Libéré et Uni
Aux femmes audacieuses et déterminées qui luttent chaque jour contre l’injustice, nous devons notre soutien inébranlable. Que ce soit en revendiquant leurs droits ou en insufflant le changement dans leurs communautés, les femmes congolaises doivent être au cœur de la construction d’un Congo uni, fort et émancipé.

Modeste Boukadia – 8 Mars 2025

PROPOSITION DU CDRC : Bilan et Appel à l’Action pour les Femmes Congolaises

La Journée Internationale de la Femme est un moment de célébration, mais surtout de réflexion et de mobilisation. Au Congo, comme ailleurs, les femmes sont au cœur de la société, mais elles continuent de faire face à des défis majeurs : accès limité à l’éducation et à l’emploi, discriminations systémiques, violences basées sur les femmes et faible représentation dans les sphères de décision.

Un bilan contrasté

Des avancées seront réalisées en encourageant les luttes menées par les femmes congolaises et les mouvements féminins. Une amélioration à l’accès à l’éducation doit être faite, des lois doivent être adoptées et appliquer pour protéger les droits des femmes. Il est important de faire émerger plusieurs figures féminines dans la politique, l’économie et la société civile. Cependant, ces progrès resteront insuffisants face aux inégalités persistantes si les lois adoptées ne sont pas suivies d’actions :

  • Éducation et autonomisation économique : Trop de filles sont encore privées d’école et les opportunités économiques pour les femmes restent limitées.
  • Participation politique : Malgré des avancées, les femmes restent sous-représentées dans les instances de pouvoir.
  • Lutte contre les violences : Les violences basées sur les femmes demeurent un fléau, nécessitant des actions plus fermes et une justice plus efficace.

Un appel à l’action

Le 8 mars ne doit pas être une simple journée symbolique. C’est un appel à une mobilisation collective pour accélérer le changement :

  1. Renforcer l’éducation et la formation professionnelle des filles et des femmes pour garantir leur autonomie et leur accès aux opportunités.
  2. Impliquer davantage les femmes dans la politique et l’économie en supprimant les barrières à leur participation et en instaurant des mesures favorisant l’égalité des chances.
  3. Mettre en place des politiques et des actions concrètes contre les violences faites aux femmes, avec un suivi rigoureux de l’application des lois.
  4. Protéger les jeunes filles pour qu’elles ne soient plus considérées comme des vieilles femmes, par une adoption d’une loi sévère sur les prédateurs des jeunes filles
  5. Créer des espaces d’expression et de solidarité pour les femmes, afin qu’elles puissent s’organiser, défendre leurs droits et peser sur les décisions.

L’heure est à la mobilisation

Les femmes congolaises doivent être au centre du développement du pays. Leur lutte ne concerne pas seulement les femmes, mais toute la société. Un Congo plus juste et plus prospère passe par une véritable égalité des sexes. Cette Journée Internationale de la Femme est une opportunité pour renouveler notre engagement et transformer les discours en actions concrètes.

Ensemble, agissons pour un avenir où chaque femme congolaise pourra pleinement s’épanouir et contribuer au progrès de la nation.

Pour le CDRC, Modeste BoukadiaMis à jour le 8 Mars 2025 – 17:00

La place de la femme congolaise dans le futur du Congo (Brazzaville)

La place de la femme congolaise dans le futur du Congo (Brazzaville)

La femme congolaise a toujours joué un rôle essentiel dans le développement de la société, que ce soit dans le cadre familial, économique, social ou politique. Dans le futur du Congo (Brazzaville), son implication sera déterminante pour construire une nation plus prospère, équitable et dynamique.

Un moteur de développement économique

L’avenir du Congo repose sur une diversification de son économie et une meilleure inclusion de tous ses citoyens. La femme congolaise, déjà très active dans le commerce, l’agriculture et l’entrepreneuriat, mérite un accompagnement renforcé pour accéder aux financements, aux formations et aux nouvelles technologies. Encourager l’entrepreneuriat féminin permettra d’accroître la richesse nationale et de réduire les inégalités économiques.

Un rôle clé dans l’éducation et la transmission des valeurs

L’éducation est un levier fondamental pour bâtir un avenir meilleur. Les femmes, en tant que mères, éducatrices et professionnelles du secteur, ont un rôle clé dans la transmission du savoir et des valeurs culturelles. Leur accès à des formations qualifiantes et à des postes de responsabilité dans le système éducatif garantira une société mieux instruite et plus ouverte sur le monde.

Une force pour la gouvernance et la prise de décision

La représentation des femmes en politique et dans la gouvernance est encore insuffisante. Pourtant, leur participation active à la prise de décision est essentielle pour construire un Congo plus inclusif et juste. Des réformes doivent être mises en place pour favoriser l’accession des femmes aux postes de pouvoir, en instaurant des quotas et en encourageant leur engagement dans la vie publique.

Un pilier de la stabilité sociale et de la paix

Les femmes ont souvent été les premières victimes des crises sociales et politiques. Pourtant, elles sont aussi les premières à œuvrer pour la paix et la réconciliation. Leur implication dans les négociations, la médiation et la reconstruction du pays est essentielle pour assurer un avenir serein et stable.

Conclusion

L’avenir du Congo (Brazzaville) ne peut se concevoir sans une implication accrue des femmes dans tous les domaines. Investir dans l’éducation, l’entrepreneuriat et la gouvernance féminine, c’est garantir une société plus juste et prospère. La femme congolaise, par sa résilience et son dynamisme, est un pilier incontournable du développement du pays. Il est temps de lui donner la place qu’elle mérite pour bâtir ensemble un avenir prometteur.

Evelyne Biaouila SalesseLe 8 Mars 2025

Congo : Lettre au ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou

Monsieur le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou,

Combien de fois avez-vous été déclaré à votre naissance et tout au long de votre vie ? Cette question, qui pourrait sembler anodine, vous concerne directement, car à chaque élection présidentielle prétendument organisée, vous publiez inlassablement le même communiqué rappelant la conformité des partis politiques. Comme si vous deviez sans cesse justifier votre propre acte de naissance ! Quand on est né, on l’est une fois pour toutes.

N’est-ce pas là une stratégie pour museler toute opposition et maintenir un paysage politique sous contrôle total ? Pendant que vous imposez aux partis politiques des règles strictes, le PCT, lui, continue d’exister en violation flagrante de ces mêmes exigences. Son siège, construit avec des fonds publics, est un bien mal acquis qui devra être nationalisé, tout comme les richesses accumulées par ses membres grâce au pillage systématique de l’État. Ces détournements ne sont pas de simples abus : ils constituent une entreprise criminelle de pillage organisé, dont les responsables devront un jour répondre devant la justice. Comme les crimes de sang, ces crimes économiques ne sauraient être prescriptibles.

Avez-vous oublié que votre mission première en tant que ministre de l’Intérieur est d’assurer la sécurité des Congolais ? Depuis des années, l’appareil sécuritaire est utilisé pour réprimer et terroriser au lieu de protéger. Comment expliquez-vous alors que des citoyens aient été pris pour cibles au commissariat de Mikalou ? Votre directeur général de la police, Jean-François Ndenguet, n’a-t-il pas publiquement menacé des Congolais en raison de leur appartenance ethnique, affirmant, je cite : « Vous, les Bakongo, vous voulez gêner notre pouvoir… Vous allez voir comment on va vous traiter ! » Depuis ces actes ignobles, quelles mesures ont été prises contre les responsables de ces menaces et exactions ? Aucune.

Si j’étais à votre place, je cesserais ces manœuvres inutiles et me consacrerais à l’urgence du moment : garantir la sécurité des Congolais.

Comment ne pas comprendre Denis Sassou Nguesso lorsqu’il déclarait à Moncton, au Canada, en 1999, lors du sommet de la Francophonie : « Tous les cadavres dans mon placard ne sont pas les miens. »

En effet, à Mikalou, lorsque Jean-François Ndenguet ordonnait l’exécution de Lari sous prétexte qu’ils étaient des ninjas, des officiers Tékés ont eu le courage de s’y opposer, affirmant, je cite : « Si le président l’apprend, il va nous tuer… ». Grâce à leur intervention, de nombreux jeunes hommes ont échappé à une mort certaine. Comme quoi, il est toujours possible de refuser de commettre des crimes. La Croix-Rouge a confirmé ces faits.

C’est pourquoi j’exige que vous diligentiez une enquête sur ces exactions, qui illustrent la politique de terreur instaurée par le PCT. Il est temps d’assumer vos responsabilités au lieu de détourner l’attention vers de faux problèmes.

Par ailleurs, il est impératif d’apaiser les tensions et de restaurer une véritable justice. Cela passe par la révision du procès du commandant Marien Ngouabi. Ce procès, fondé sur des accusations biaisées, a mené à la stigmatisation des Bakongo, injustement accusés d’avoir assassiné le président Marien Ngouabi. Tant que ce contentieux ne sera pas soldé, comment prétendre à une unité nationale ?

Il est également urgent d’ouvrir le procès de l’assassinat du cardinal Émile Biayenda et de faire toute la lumière sur la disparition d’Alphonse Massamba-Débat. Car sinon, chaque nouvelle génération portera le poids de ce passé empoisonné : les Bakongo comme « assassins de Marien Ngouabi », et les Mbossi, Koyo, Makoua, Beti et autres peuples du Nord comme « assassins du cardinal Biayenda et de Massamba-Débat, et destructeurs du Congo ».

Sans vérité et sans justice, comment espérer une réconciliation sincère et durable entre les peuples du Congo ? Tant que ces accusations ne seront pas démontées ou assumées, comment espérer une véritable cohésion nationale ?

Modeste Boukadia – Le 06 mars 2025
Président du Cercle des Démocrates et Républicains (CDRC)
Parti politique enregistré officiellement, le 10 Maris 1998 sous N° 002/MISAT-CAB-DGAT-SAAB
Au ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de l’Administration du Territoire

Construire l’État pour libérer le Congo des divisions claniques et ethniques

Construire l’État pour libérer le Congo des divisions claniques et ethniques

L’État est le socle de toute nation stable et prospère. C’est une vérité fondamentale que m’a rappelée Jean-Louis Debré lors de notre rencontre le 4 mars 2015. Ce grand homme, d’une gentillesse infinie, m’avait alors confié :

« Mettez en place l’État et le Congo n’aura plus de problèmes. Tous vos soucis de tribalisme, de régionalisme disparaîtront. La France est souvent critiquée pour son “trop d’État”, mais c’est ce même État qui lui assure sa stabilité. Votre pays est encore à construire, alors commencez par bâtir l’État. »

Dix ans après, cette mise en garde résonne plus que jamais. Car si nous voulons sortir des divisions qui rongent notre nation, il est impératif de bâtir un État fort, indépendant des logiques partisanes et claniques.

Depuis que je donne des interviewes, je ne cesse de répéter qu’il faut mettre en place l’État. À la Conférence Nationale Souveraine, nous avions pris la décision de créer des institutions indépendantes de toute influence partisane, ce qui aurait permis d’éviter bien des dérives. Mais l’UPADS, qui venait de remporter les élections libres de 1992, a balayé cette décision d’un revers de main. Résultat ? Le PCT est revenu et a suivi la même trajectoire, achevant d’enterrer la démocratie.

Aucun parti ayant gouverné le Congo ne peut se targuer d’avoir bien fait. Tous ont peut-être cru agir au mieux, mais le bilan est catastrophique. Aujourd’hui, la règle est la région, la tribu, l’ethnie, le clan et la famille. Jamais la nation. Un ministre nouvellement nommé transforme sa maison en agence d’embauche pour son clan, comme si seules les compétences existaient au sein de son ethnie. Voilà ce qui gangrène le pays.

Regardez le Conseil constitutionnel, qui a piétiné la République en 2021 sous l’influence du clan de Denis Sassou Nguesso. Si nous avions des institutions réellement indépendantes, nous n’aurions plus à entendre des déclarations scandaleuses comme celle de Jean-Dominique Okemba :

« Nous avons brûlé telle ou telle région et le ciel n’est pas tombé ! »

Ou encore, et avec raison que je comprends, celles, pathétiques, du général Norbert Dabira, préoccupé par l’avenir des Mbossi ou de telle ou telle autre ethnie, comme si le destin du pays devait se réduire à une question de clans et de tribus.

C’est pourquoi j’invite la jeunesse congolaise à s’émanciper de ces pratiques néfastes. C’est à elle qu’incombe la responsabilité d’imposer un État indépendant des ethnies, des clans et des familles, avec des institutions véritablement républicaines.

Il nous faut un État garant de la sécurité de tous les Congolais, y compris ceux qui ont exercé le pouvoir par tyrannie. Ainsi, des figures comme le général Norbert Dabira n’auraient plus à s’inquiéter de l’avenir de telle ou telle ethnie, et nous n’aurions plus à subir des personnages comme Jean-Dominique Okemba qui se vantent d’avoir « brûlé des régions » en toute impunité.

L’urgence n’est pas d’organiser une élection présidentielle que tout le monde rejette. Ce serait précipiter le pays dans une issue désastreuse. Que ceux qui veulent cette élection assument la responsabilité de ses conséquences et des tensions qu’elle engendrerait. Nous devons d’abord reconstruire le pays en profondeur.

Cela commence par la révision du procès du commandant Marien Ngouabi afin de libérer le peuple Bakongo d’une culpabilité politique injustement attribuée. Dire que « Bakongo ba bomi Marien » revient à condamner tout un peuple à une accusation collective, tout comme il serait absurde de dire que tous les Mbossi ont détruit le pays. Nous devons libérer les consciences de ce poids historique et pointer les vrais responsables.

 S’agissant de l’accusation « Bakongo ba bomi Marien » ; si on ne peut pas solder ce contentieux, il ne faut pas penser à ce que l’on vive ensemble

De même, il est temps d’ouvrir un procès sur l’assassinat du cardinal Émile Biayenda. Voilà les véritables fondements d’une union nationale sincère et durable. Seul un État de droit peut permettre de tourner ces pages sombres et d’aller de l’avant.

Nous devons aussi revoir notre place dans la géopolitique mondiale. Dès la fin du premier mandat de Donald Trump, j’avais prédit son retour en force. Beaucoup se moquaient de moi. Aujourd’hui, les cartes sont rebattues, et le Congo, comme toute l’Afrique, doit s’affirmer comme un partenaire conséquent.

Il est temps d’inverser la dynamique de l’immigration. Nous devons encourager la désimmigration c’est-à-dire le retour des Africains de la diaspora afin qu’ils mettent leurs expertises au service du continent. Ces hommes et ces femmes, qui comprennent l’Occident et ses rouages, seront les meilleurs architectes de partenariats responsables et équilibrés. Il faut en finir avec la relation postcoloniale de 1960 et bâtir une coopération volontariste, en phase avec la nouvelle géopolitique mondiale.

Aux jeunes, aux organisations syndicales, aux femmes, l’heure est venue de prendre votre destin en main.

  • Aux syndicats : unissez-vous et vous verrez le changement.
  • Aux femmes : le 8 mars n’est pas une fête mais un bilan. Qu’avez-vous obtenu en matière de droits et d’amélioration des conditions de vie ? Comment pouvez-vous célébrer quand vos filles de 18 ans sont considérées comme des « vieilles femmes » destinées à devenir des proies sexuelles ? Révoltez-vous ! Exigez la fin de ces pratiques arriérées. Pourquoi ne pas organiser une grève du lit pour faire entendre raison à ces hommes qui exploitent vos enfants ?

Peuple du Congo, l’avenir repose entre vos mains. Ce n’est ni une élection précipitée ni des querelles ethniques qui nous sortiront de l’impasse. Seule la construction d’un État fort, impartial et souverain peut garantir notre avenir.

Aux forces de sécurité – police, gendarmerie, armée – il est temps de choisir votre camp. Le pays est mort. Il est temps que vous soyez enfin aux côtés du peuple. Soyons unis, soyons debout, et reprenons notre destinée en main !

Le Peuple est plus que jamais notre seul véritable Dieu.Je vous remercie.
Modeste Boukadia – 5 mars 2025

Congo : Le moment du grand basculement

Modeste Boukadia sur TLR-TV le 3 mars 2025 :
Nous arrivons au moment du grand basculement. J’affirme que si tous les syndicats congolais se mettent en grève le régime de Denis Sassou Nguesso tombe en trois jours. Voilà le travail à faire avant de redresser notre pays en nous appuyant sur l’axe Brazzaville-Kinshasa.