8 MARS – Journée Internationale des droits de la Femme : Bilan et Appel à l’Action pour les Femmes Congolaises

8 MARS – Journée Internationale des droits de la Femme : Bilan et Appel à l’Action pour les Femmes Congolaises

Au Congo, le 8 mars dépasse la simple célébration superficielle. Derrière les pagnes offerts et les rituels festifs se cache une triste réalité : la femme congolaise est trop souvent reléguée au second plan, victime d’un système qui la réduit à un rôle subalterne.

Il faut rappeler le rôle néfaste de l’« Union Révolutionnaire des Femmes du Congo » (URFC), instrument créé par le PCT qui a historiquement contribué à enfermer la pensée féminine dans des carcans qui étouffent son potentiel. Ce dispositif n’a servi qu’à légitimer des rapports de pouvoir inégaux, transformant la femme en accessoire politique plutôt qu’en actrice de son destin.

Discriminations et Injustices Institutionnalisées
Les discours officiels ne font que masquer une réalité cruelle : aucun effort concret n’est déployé pour améliorer la vie des femmes. Les budgets alloués à leur formation et à leur autonomisation restent dérisoires. Dans un pouvoir où les nominations se font souvent sur la base de relations personnelles, les compétences sont ignorées au profit d’un favoritisme rampant.

Les politiques publiques échouent également dans le domaine de la santé féminine. Absence de planification familiale, gestion défaillante de la maternité et violences sexuelles en hausse – notamment dans des régions comme le Pool – témoignent d’un abandon complet de la part des autorités. La stigmatisation des jeunes filles, parfois étiquetées comme « vieilles femmes » avant même d’avoir atteint la majorité, révèle des abus inacceptables.

Conditions de Travail Dégradantes et Manque de Soutien
Les femmes qui exercent dans les marchés travaillent dans des conditions d’une précarité indigne, sans sécurité sociale ni protection. L’absence de structures d’accueil pour les enfants renforce la « charge mentale » pesant sur ces mères déjà épuisées par une double peine : la lutte quotidienne pour leur survie et celle pour leurs droits fondamentaux.

Un Appel Vivant à l’Émancipation
Aujourd’hui, la femme congolaise doit revendiquer sa place dans la transformation de notre pays. Elle ne peut plus se laisser enfermer dans des tabous qui la condamnent à l’infériorité. Elle doit briser les chaînes des cérémonies et des manipulations mentales qui entravent sa liberté.

Ce 8 mars est l’heure de l’insurrection morale, de la révolte contre un système qui a trop longtemps ignoré ses potentialités. Chaque femme – mère, sœur, fille ou amie – est appelée à s’unir, à organiser et à exiger le respect et la dignité qui lui sont dus.

Que ce 8 mars 2025 soit le renouveau pour que vous redeveniez la gardienne de notre culture et de nos traditions pour les transmettre aux générations futures.

Pour un Congo Libéré et Uni
Aux femmes audacieuses et déterminées qui luttent chaque jour contre l’injustice, nous devons notre soutien inébranlable. Que ce soit en revendiquant leurs droits ou en insufflant le changement dans leurs communautés, les femmes congolaises doivent être au cœur de la construction d’un Congo uni, fort et émancipé.

Modeste Boukadia – 8 Mars 2025

PROPOSITION DU CDRC : Bilan et Appel à l’Action pour les Femmes Congolaises

La Journée Internationale de la Femme est un moment de célébration, mais surtout de réflexion et de mobilisation. Au Congo, comme ailleurs, les femmes sont au cœur de la société, mais elles continuent de faire face à des défis majeurs : accès limité à l’éducation et à l’emploi, discriminations systémiques, violences basées sur les femmes et faible représentation dans les sphères de décision.

Un bilan contrasté

Des avancées seront réalisées en encourageant les luttes menées par les femmes congolaises et les mouvements féminins. Une amélioration à l’accès à l’éducation doit être faite, des lois doivent être adoptées et appliquer pour protéger les droits des femmes. Il est important de faire émerger plusieurs figures féminines dans la politique, l’économie et la société civile. Cependant, ces progrès resteront insuffisants face aux inégalités persistantes si les lois adoptées ne sont pas suivies d’actions :

  • Éducation et autonomisation économique : Trop de filles sont encore privées d’école et les opportunités économiques pour les femmes restent limitées.
  • Participation politique : Malgré des avancées, les femmes restent sous-représentées dans les instances de pouvoir.
  • Lutte contre les violences : Les violences basées sur les femmes demeurent un fléau, nécessitant des actions plus fermes et une justice plus efficace.

Un appel à l’action

Le 8 mars ne doit pas être une simple journée symbolique. C’est un appel à une mobilisation collective pour accélérer le changement :

  1. Renforcer l’éducation et la formation professionnelle des filles et des femmes pour garantir leur autonomie et leur accès aux opportunités.
  2. Impliquer davantage les femmes dans la politique et l’économie en supprimant les barrières à leur participation et en instaurant des mesures favorisant l’égalité des chances.
  3. Mettre en place des politiques et des actions concrètes contre les violences faites aux femmes, avec un suivi rigoureux de l’application des lois.
  4. Protéger les jeunes filles pour qu’elles ne soient plus considérées comme des vieilles femmes, par une adoption d’une loi sévère sur les prédateurs des jeunes filles
  5. Créer des espaces d’expression et de solidarité pour les femmes, afin qu’elles puissent s’organiser, défendre leurs droits et peser sur les décisions.

L’heure est à la mobilisation

Les femmes congolaises doivent être au centre du développement du pays. Leur lutte ne concerne pas seulement les femmes, mais toute la société. Un Congo plus juste et plus prospère passe par une véritable égalité des sexes. Cette Journée Internationale de la Femme est une opportunité pour renouveler notre engagement et transformer les discours en actions concrètes.

Ensemble, agissons pour un avenir où chaque femme congolaise pourra pleinement s’épanouir et contribuer au progrès de la nation.

Pour le CDRC, Modeste BoukadiaMis à jour le 8 Mars 2025 – 17:00

La place de la femme congolaise dans le futur du Congo (Brazzaville)

La place de la femme congolaise dans le futur du Congo (Brazzaville)

La femme congolaise a toujours joué un rôle essentiel dans le développement de la société, que ce soit dans le cadre familial, économique, social ou politique. Dans le futur du Congo (Brazzaville), son implication sera déterminante pour construire une nation plus prospère, équitable et dynamique.

Un moteur de développement économique

L’avenir du Congo repose sur une diversification de son économie et une meilleure inclusion de tous ses citoyens. La femme congolaise, déjà très active dans le commerce, l’agriculture et l’entrepreneuriat, mérite un accompagnement renforcé pour accéder aux financements, aux formations et aux nouvelles technologies. Encourager l’entrepreneuriat féminin permettra d’accroître la richesse nationale et de réduire les inégalités économiques.

Un rôle clé dans l’éducation et la transmission des valeurs

L’éducation est un levier fondamental pour bâtir un avenir meilleur. Les femmes, en tant que mères, éducatrices et professionnelles du secteur, ont un rôle clé dans la transmission du savoir et des valeurs culturelles. Leur accès à des formations qualifiantes et à des postes de responsabilité dans le système éducatif garantira une société mieux instruite et plus ouverte sur le monde.

Une force pour la gouvernance et la prise de décision

La représentation des femmes en politique et dans la gouvernance est encore insuffisante. Pourtant, leur participation active à la prise de décision est essentielle pour construire un Congo plus inclusif et juste. Des réformes doivent être mises en place pour favoriser l’accession des femmes aux postes de pouvoir, en instaurant des quotas et en encourageant leur engagement dans la vie publique.

Un pilier de la stabilité sociale et de la paix

Les femmes ont souvent été les premières victimes des crises sociales et politiques. Pourtant, elles sont aussi les premières à œuvrer pour la paix et la réconciliation. Leur implication dans les négociations, la médiation et la reconstruction du pays est essentielle pour assurer un avenir serein et stable.

Conclusion

L’avenir du Congo (Brazzaville) ne peut se concevoir sans une implication accrue des femmes dans tous les domaines. Investir dans l’éducation, l’entrepreneuriat et la gouvernance féminine, c’est garantir une société plus juste et prospère. La femme congolaise, par sa résilience et son dynamisme, est un pilier incontournable du développement du pays. Il est temps de lui donner la place qu’elle mérite pour bâtir ensemble un avenir prometteur.

Evelyne Biaouila SalesseLe 8 Mars 2025

Congo : Lettre au ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou

Monsieur le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou,

Combien de fois avez-vous été déclaré à votre naissance et tout au long de votre vie ? Cette question, qui pourrait sembler anodine, vous concerne directement, car à chaque élection présidentielle prétendument organisée, vous publiez inlassablement le même communiqué rappelant la conformité des partis politiques. Comme si vous deviez sans cesse justifier votre propre acte de naissance ! Quand on est né, on l’est une fois pour toutes.

N’est-ce pas là une stratégie pour museler toute opposition et maintenir un paysage politique sous contrôle total ? Pendant que vous imposez aux partis politiques des règles strictes, le PCT, lui, continue d’exister en violation flagrante de ces mêmes exigences. Son siège, construit avec des fonds publics, est un bien mal acquis qui devra être nationalisé, tout comme les richesses accumulées par ses membres grâce au pillage systématique de l’État. Ces détournements ne sont pas de simples abus : ils constituent une entreprise criminelle de pillage organisé, dont les responsables devront un jour répondre devant la justice. Comme les crimes de sang, ces crimes économiques ne sauraient être prescriptibles.

Avez-vous oublié que votre mission première en tant que ministre de l’Intérieur est d’assurer la sécurité des Congolais ? Depuis des années, l’appareil sécuritaire est utilisé pour réprimer et terroriser au lieu de protéger. Comment expliquez-vous alors que des citoyens aient été pris pour cibles au commissariat de Mikalou ? Votre directeur général de la police, Jean-François Ndenguet, n’a-t-il pas publiquement menacé des Congolais en raison de leur appartenance ethnique, affirmant, je cite : « Vous, les Bakongo, vous voulez gêner notre pouvoir… Vous allez voir comment on va vous traiter ! » Depuis ces actes ignobles, quelles mesures ont été prises contre les responsables de ces menaces et exactions ? Aucune.

Si j’étais à votre place, je cesserais ces manœuvres inutiles et me consacrerais à l’urgence du moment : garantir la sécurité des Congolais.

Comment ne pas comprendre Denis Sassou Nguesso lorsqu’il déclarait à Moncton, au Canada, en 1999, lors du sommet de la Francophonie : « Tous les cadavres dans mon placard ne sont pas les miens. »

En effet, à Mikalou, lorsque Jean-François Ndenguet ordonnait l’exécution de Lari sous prétexte qu’ils étaient des ninjas, des officiers Tékés ont eu le courage de s’y opposer, affirmant, je cite : « Si le président l’apprend, il va nous tuer… ». Grâce à leur intervention, de nombreux jeunes hommes ont échappé à une mort certaine. Comme quoi, il est toujours possible de refuser de commettre des crimes. La Croix-Rouge a confirmé ces faits.

C’est pourquoi j’exige que vous diligentiez une enquête sur ces exactions, qui illustrent la politique de terreur instaurée par le PCT. Il est temps d’assumer vos responsabilités au lieu de détourner l’attention vers de faux problèmes.

Par ailleurs, il est impératif d’apaiser les tensions et de restaurer une véritable justice. Cela passe par la révision du procès du commandant Marien Ngouabi. Ce procès, fondé sur des accusations biaisées, a mené à la stigmatisation des Bakongo, injustement accusés d’avoir assassiné le président Marien Ngouabi. Tant que ce contentieux ne sera pas soldé, comment prétendre à une unité nationale ?

Il est également urgent d’ouvrir le procès de l’assassinat du cardinal Émile Biayenda et de faire toute la lumière sur la disparition d’Alphonse Massamba-Débat. Car sinon, chaque nouvelle génération portera le poids de ce passé empoisonné : les Bakongo comme « assassins de Marien Ngouabi », et les Mbossi, Koyo, Makoua, Beti et autres peuples du Nord comme « assassins du cardinal Biayenda et de Massamba-Débat, et destructeurs du Congo ».

Sans vérité et sans justice, comment espérer une réconciliation sincère et durable entre les peuples du Congo ? Tant que ces accusations ne seront pas démontées ou assumées, comment espérer une véritable cohésion nationale ?

Modeste Boukadia – Le 06 mars 2025
Président du Cercle des Démocrates et Républicains (CDRC)
Parti politique enregistré officiellement, le 10 Maris 1998 sous N° 002/MISAT-CAB-DGAT-SAAB
Au ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de l’Administration du Territoire

Construire l’État pour libérer le Congo des divisions claniques et ethniques

Construire l’État pour libérer le Congo des divisions claniques et ethniques

L’État est le socle de toute nation stable et prospère. C’est une vérité fondamentale que m’a rappelée Jean-Louis Debré lors de notre rencontre le 4 mars 2015. Ce grand homme, d’une gentillesse infinie, m’avait alors confié :

« Mettez en place l’État et le Congo n’aura plus de problèmes. Tous vos soucis de tribalisme, de régionalisme disparaîtront. La France est souvent critiquée pour son “trop d’État”, mais c’est ce même État qui lui assure sa stabilité. Votre pays est encore à construire, alors commencez par bâtir l’État. »

Dix ans après, cette mise en garde résonne plus que jamais. Car si nous voulons sortir des divisions qui rongent notre nation, il est impératif de bâtir un État fort, indépendant des logiques partisanes et claniques.

Depuis que je donne des interviewes, je ne cesse de répéter qu’il faut mettre en place l’État. À la Conférence Nationale Souveraine, nous avions pris la décision de créer des institutions indépendantes de toute influence partisane, ce qui aurait permis d’éviter bien des dérives. Mais l’UPADS, qui venait de remporter les élections libres de 1992, a balayé cette décision d’un revers de main. Résultat ? Le PCT est revenu et a suivi la même trajectoire, achevant d’enterrer la démocratie.

Aucun parti ayant gouverné le Congo ne peut se targuer d’avoir bien fait. Tous ont peut-être cru agir au mieux, mais le bilan est catastrophique. Aujourd’hui, la règle est la région, la tribu, l’ethnie, le clan et la famille. Jamais la nation. Un ministre nouvellement nommé transforme sa maison en agence d’embauche pour son clan, comme si seules les compétences existaient au sein de son ethnie. Voilà ce qui gangrène le pays.

Regardez le Conseil constitutionnel, qui a piétiné la République en 2021 sous l’influence du clan de Denis Sassou Nguesso. Si nous avions des institutions réellement indépendantes, nous n’aurions plus à entendre des déclarations scandaleuses comme celle de Jean-Dominique Okemba :

« Nous avons brûlé telle ou telle région et le ciel n’est pas tombé ! »

Ou encore, et avec raison que je comprends, celles, pathétiques, du général Norbert Dabira, préoccupé par l’avenir des Mbossi ou de telle ou telle autre ethnie, comme si le destin du pays devait se réduire à une question de clans et de tribus.

C’est pourquoi j’invite la jeunesse congolaise à s’émanciper de ces pratiques néfastes. C’est à elle qu’incombe la responsabilité d’imposer un État indépendant des ethnies, des clans et des familles, avec des institutions véritablement républicaines.

Il nous faut un État garant de la sécurité de tous les Congolais, y compris ceux qui ont exercé le pouvoir par tyrannie. Ainsi, des figures comme le général Norbert Dabira n’auraient plus à s’inquiéter de l’avenir de telle ou telle ethnie, et nous n’aurions plus à subir des personnages comme Jean-Dominique Okemba qui se vantent d’avoir « brûlé des régions » en toute impunité.

L’urgence n’est pas d’organiser une élection présidentielle que tout le monde rejette. Ce serait précipiter le pays dans une issue désastreuse. Que ceux qui veulent cette élection assument la responsabilité de ses conséquences et des tensions qu’elle engendrerait. Nous devons d’abord reconstruire le pays en profondeur.

Cela commence par la révision du procès du commandant Marien Ngouabi afin de libérer le peuple Bakongo d’une culpabilité politique injustement attribuée. Dire que « Bakongo ba bomi Marien » revient à condamner tout un peuple à une accusation collective, tout comme il serait absurde de dire que tous les Mbossi ont détruit le pays. Nous devons libérer les consciences de ce poids historique et pointer les vrais responsables.

 S’agissant de l’accusation « Bakongo ba bomi Marien » ; si on ne peut pas solder ce contentieux, il ne faut pas penser à ce que l’on vive ensemble

De même, il est temps d’ouvrir un procès sur l’assassinat du cardinal Émile Biayenda. Voilà les véritables fondements d’une union nationale sincère et durable. Seul un État de droit peut permettre de tourner ces pages sombres et d’aller de l’avant.

Nous devons aussi revoir notre place dans la géopolitique mondiale. Dès la fin du premier mandat de Donald Trump, j’avais prédit son retour en force. Beaucoup se moquaient de moi. Aujourd’hui, les cartes sont rebattues, et le Congo, comme toute l’Afrique, doit s’affirmer comme un partenaire conséquent.

Il est temps d’inverser la dynamique de l’immigration. Nous devons encourager la désimmigration c’est-à-dire le retour des Africains de la diaspora afin qu’ils mettent leurs expertises au service du continent. Ces hommes et ces femmes, qui comprennent l’Occident et ses rouages, seront les meilleurs architectes de partenariats responsables et équilibrés. Il faut en finir avec la relation postcoloniale de 1960 et bâtir une coopération volontariste, en phase avec la nouvelle géopolitique mondiale.

Aux jeunes, aux organisations syndicales, aux femmes, l’heure est venue de prendre votre destin en main.

  • Aux syndicats : unissez-vous et vous verrez le changement.
  • Aux femmes : le 8 mars n’est pas une fête mais un bilan. Qu’avez-vous obtenu en matière de droits et d’amélioration des conditions de vie ? Comment pouvez-vous célébrer quand vos filles de 18 ans sont considérées comme des « vieilles femmes » destinées à devenir des proies sexuelles ? Révoltez-vous ! Exigez la fin de ces pratiques arriérées. Pourquoi ne pas organiser une grève du lit pour faire entendre raison à ces hommes qui exploitent vos enfants ?

Peuple du Congo, l’avenir repose entre vos mains. Ce n’est ni une élection précipitée ni des querelles ethniques qui nous sortiront de l’impasse. Seule la construction d’un État fort, impartial et souverain peut garantir notre avenir.

Aux forces de sécurité – police, gendarmerie, armée – il est temps de choisir votre camp. Le pays est mort. Il est temps que vous soyez enfin aux côtés du peuple. Soyons unis, soyons debout, et reprenons notre destinée en main !

Le Peuple est plus que jamais notre seul véritable Dieu.Je vous remercie.
Modeste Boukadia – 5 mars 2025

Congo : Le moment du grand basculement

Modeste Boukadia sur TLR-TV le 3 mars 2025 :
Nous arrivons au moment du grand basculement. J’affirme que si tous les syndicats congolais se mettent en grève le régime de Denis Sassou Nguesso tombe en trois jours. Voilà le travail à faire avant de redresser notre pays en nous appuyant sur l’axe Brazzaville-Kinshasa.

Congo-Brazzaville : Un peuple enchaîné par le système PCT

Congo-Brazzaville : Un peuple enchaîné par le système PCT

Depuis des décennies, le Congo-Brazzaville vit sous le joug d’un système politique qui a transformé ses citoyens en esclaves modernes, pris en otage par le Parti Congolais du Travail (PCT) et son chef incontesté, Denis Sassou Nguesso. Ce régime, ancré dans la corruption, la répression et le pillage des ressources nationales, n’a fait qu’enrichir une minorité au détriment du peuple, qui continue de souffrir dans la misère et l’oppression.

Le PCT n’a jamais eu pour objectif de servir les Congolais. Au contraire, il a méthodiquement installé un système de domination absolue, où le peuple est maintenu dans la pauvreté et la peur, privé de ses droits fondamentaux, pendant que les dirigeants accumulent richesses et privilèges. Chaque jour qui passe sous ce régime est une preuve supplémentaire que les Congolais sont devenus des esclaves sur leur propre terre.

Mais l’avenir s’annonce encore plus sombre. Si ces esclaves ne se lèvent pas maintenant pour briser leurs chaînes, ils ne feront que transmettre leur servitude à leurs enfants. Le plan est clair : les héritiers du PCT, les fils et filles des dirigeants actuels, sont déjà positionnés pour prendre la relève. Et ils seront encore plus féroces et impitoyables que leurs pères, car ils voudront consolider leur pouvoir et protéger leur fortune mal acquise à tout prix.

Ce qui attend le Congo si rien ne change, c’est un transfert de titre foncier de la servitude. Ce ne seront plus seulement les pères du régime qui opprimeront, mais leurs enfants, qui n’auront aucune pitié pour un peuple qu’ils considèrent déjà comme une propriété familiale. La seule solution pour éviter ce destin tragique est la révolte et la libération immédiate.

Le peuple congolais doit prendre conscience que chaque jour passé sous cette dictature est un pas de plus vers une servitude éternelle. L’histoire nous enseigne que les chaînes ne tombent jamais d’elles-mêmes : elles doivent être brisées par ceux qui les portent.

Congolais, levez-vous avant qu’il ne soit trop tard !

Tom Melvin BAIKI

Le 28 février 2025

POUR SORTIR DE LA PEUR : L’UNITÉ NATIONALE

Pour sortir de la peur : l’unité nationale

Quand la paix l’emporte sur la guerre. Dans le film La Somme de toutes les peurs (film de Phil Alden Robinson, 2002 d’après le roman éponyme de Tom Clancy, 1992), qui met en évidence les tensions entre les États-Unis et la Russie, on constate qu’autour des deux présidents, les va-t-en-guerre sont plus nombreux que ceux qui prônent une solution pacifique. Pourtant, à la fin, ce sont ces derniers, bien que minoritaires, qui finissent par avoir raison.

Qu’en est-il au Congo ? Comment expliquer que tant de proches de Denis Sassou Nguesso s’éloignent de lui ou se retrouvent en prison pour avoir simplement suggéré une autre manière de gouverner ? Le paradoxe congolais et plus précisément celui de Denis Sassou Nguesso tient à l’isolement du pouvoir, ou plutôt à ses desseins, incompatibles avec notre République, excluant ceux-là même qui auraient pu le sauver !

C’est ce que m’aura toujours inspiré, avec stupeur, le cas du Général Norbert Dabira, ancien inspecteur général des Armées. Lors de son procès qui sera suivi par son incarcération pour complot supposé contre le pouvoir en place, je retiens cette alerte non dénuée de fondements : ce qu’il adviendrait aux Mbossis si Denis Sassou Nguesso s’obstinait dans sa politique d’exclusion de tous au seul profit des siens, par « les siens » entendus, ses parents directs. Il est probable qu’en plus de cet officier militaire de haut rang, d’autres officiers ou cadres avaient aussi alerté Denis Sassou Nguesso sur cette fragmentation de la République, qui ne laisserait d’autres choix que la crainte avérée sur l’avenir des Mbossis. De ce qu’il s’est dit à son procès, il fut cependant le seul à penser à l’évincer. C’était, reconnaissons-le-lui, très courageux.

L’exclusion, un poison pour l’unité nationale

Son souci de l’unité nationale, peu importe ses motivations, a coûté au Général Norbert Dabira sa liberté, à d’autres leur vie, leur marginalisation dans la vie publique et sociale, voire leur bannissement du pays.

Nous serions portés à croire que la mauvaise gestion du pays est imputable à l’ensemble des Mbossis, et que Denis Sassou Nguesso en serait exempt sous prétexte qu’il ignorerait la réalité des situations que ses collaborateurs ne lui rapporteraient pas. Cette perception erronée ne fait qu’exacerber les divisions.

Il est pourtant évident que, même au sein du pouvoir, des officiers, des sous-officiers, des généraux et des cadres portent en eux l’idée de l’unité nationale. Mais refuser une nomination ou contester une décision du chef, c’est risquer sa vie et celle de sa famille. Par instinct de survie, beaucoup choisissent alors de dire « oui ».

Peut-on alors se risquer à poser la question suivante : comment se fait-il que tout un peuple en arrive à détester un seul homme ? Une réflexion que Denis Sassou Nguesso devrait méditer.

L’unité nationale, seule voie vers la stabilité et le développement

Probablement, le Général Norbert Dabira avait compris que seule l’unité nationale pouvait garantir la stabilité et le développement du pays. Il pensait que d’autres officiers supérieurs partageraient son idée et seraient prêts à arrêter cette dérive autocratique qui risque de mener notre pays au chaos irréversible.

Ce renouveau repose sur sa jeunesse. Ce sont les jeunes qui subissent déjà les conséquences des divisions actuelles, mais ce sont aussi eux qui ont la force et l’énergie pour reconstruire un pays plus juste et prospère. Il est temps de leur donner une place centrale dans la prise de décision et dans la gestion du pays.

Les jeunes doivent refuser d’être de stériles spectateurs de la marche de notre pays et s’impliquer activement, que ce soit dans l’économie, la politique ou la société civile. Ils doivent s’organiser, se former et porter des initiatives pour faire émerger un leadership nouveau, tourné vers l’unité et le développement.

Une vision anticipée de l’histoire

Il y a quelque temps, au moment de la chute de quelques localités en RDC, j’avais appelé Denis Sassou Nguesso à ne pas faire de notre pays une base arrière de l’un des protagonistes, à savoir le Rwanda. Propos que j’avais réitéré sur LTR-R7 en précisant que Denis Sassou Nguesso soit nommé médiateur dans le conflit entre le Rwanda et la RDC. J’avais alors essuyé de vives critiques : « Ce n’est pas son rôle, c’est une affaire d’État ! » Que ceux qui se réjouissent aujourd’hui de l’intervention de Lance Gooden, envoyé spécial du président américain pour la région des Grands Lacs, s’en souviennent. Cette situation devrait inviter Denis Sassou Nguesso à la plus grande prudence car on finira bien par se dire, même en murmurant : « Modeste Boukadia l’a dit, le président Donald Trump l’a fait ! »

L’urgence de reconstruire un Congo uni

L’Union nationale est la seule voie pour surmonter les peurs qui paralysent le Congo. Le peuple congolais doit se retrouver dans l’unité pour que notre pays redevienne une République forte, capable d’assurer la stabilité de la sous-région.

Denis Sassou Nguesso sera-t-il, comme annoncé, l’hôte du président français Emmanuel Macron à la fin de ce mois ? Rien n’est plus certain. En tout cas, pour l’avenir des Mbossis, le sien et celui des Congolais, qu’il médite ce qui est ici écrit.

Modeste Boukadia
Le 26 février 2025

Une visite controversée : la France cautionne-t-elle une dictature ?

Visite de Denis Sassou Nguesso en France : la France cautionne-t-elle une dictature ?

La visite officielle de Denis Sassou Nguesso en France est une énième démonstration de l’ambiguïté de la politique française en Afrique. Alors que le Congo-Brazzaville est plongé dans une crise économique, sociale et politique sans précédent, la réception de son président à Paris envoie un signal inquiétant : la France continue de soutenir, directement ou indirectement, un régime autoritaire accusé de corruption, de répression et de pillage des ressources nationales.

Un pays en faillite, un président accueilli en grande pompe

Le paradoxe est frappant. Alors que les Congolais subissent une misère croissante – salaires impayés, absence de soins médicaux, universités en ruine et chômage endémique des jeunes – Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis près de 40 ans, est reçu avec les honneurs en France. Cette visite est perçue comme une provocation par une population abandonnée et réprimée, qui voit dans cet événement la confirmation d’une complicité entre Paris et Brazzaville au détriment du peuple congolais.

Une gouvernance prédatrice, soutenue par la France ?

Depuis des décennies, Sassou Nguesso et son clan monopolisent les ressources du pays. Le pétrole congolais, qui devrait être un levier de développement, est détourné au profit d’une élite minoritaire pendant que les infrastructures du pays s’effondrent. L’affaire des “biens mal acquis”, qui implique des proches du président congolais, illustre bien ce système où l’enrichissement personnel prime sur l’intérêt général. Pourtant, malgré ces faits, la France continue de dérouler le tapis rouge à celui qui incarne cette gestion calamiteuse.

Une diplomatie à double visage

Emmanuel Macron avait promis de tourner la page de la Françafrique, mais la réalité semble bien différente. Alors que Paris condamne certains régimes autoritaires en Afrique, elle en soutient d’autres sous prétexte de stabilité régionale et de coopération économique. Cette incohérence fragilise la crédibilité de la France auprès des nouvelles générations africaines, qui rejettent de plus en plus ce qu’elles perçoivent comme une ingérence néocoloniale.

Une visite qui creuse le fossé entre la France et la jeunesse africaine

Loin d’être un simple événement diplomatique, cette visite est un symbole. Elle montre que, malgré les discours officiels, la France continue de privilégier ses intérêts économiques et stratégiques au détriment des aspirations démocratiques des peuples africains. Mais ce modèle est à bout de souffle. La jeunesse congolaise, comme celle du reste du continent, ne veut plus de cette connivence entre Paris et des dirigeants qui les condamnent à la pauvreté et à l’exil.

La question est donc claire : combien de temps encore la France cautionnera-t-elle de telles pratiques avant de voir son influence définitivement rejetée en Afrique ?

Tom Melvin BAIKI
Le 24/02/2025

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française

Monsieur le Président,

L’annonce de la visite de Monsieur Denis Sassou Nguesso en France suscite une profonde indignation parmi les Congolais et tous ceux attachés aux valeurs de liberté, de démocratie et de respect des droits humains. Cette réception, une de plus, renforce la perception d’un soutien indéfectible de la France à un régime dont les pratiques répressives, prédatrices et claniques détruisent le Congo-Brazzaville et martyrisent son peuple.

Un pays en crise, un peuple abandonné

Le Congo-Brazzaville est aujourd’hui un État en faillite. Non pas par manque de ressources, mais en raison d’une gouvernance gangrenée par la corruption et la spoliation des biens publics. Pendant que Monsieur Sassou Nguesso et son clan accaparent les richesses du pays, les fonctionnaires accumulent des mois d’arriérés de salaires, les retraités ne perçoivent plus leurs pensions, et les jeunes sont privés d’infrastructures viables pour s’épanouir et bâtir l’avenir. Les écoles et les hôpitaux, piliers essentiels du développement, sont laissés à l’abandon dans un état de délabrement indigne d’un pays aussi riche en ressources naturelles.

Pire encore, la souveraineté du pays est bradée : les terres congolaises sont vendues à des intérêts étrangers, notamment au Rwanda, au mépris des populations locales. Des entreprises stratégiques sont cédées à des acteurs sans expertise ni maîtrise des secteurs concernés, précipitant leur déclin et mettant en péril l’économie nationale.

Une dictature clanique au service d’intérêts privés

La gouvernance du Congo-Brazzaville repose sur une logique clanique qui fracture profondément le pays. Les décisions ne sont plus prises dans l’intérêt du peuple, mais dans celui d’un cercle restreint de privilégiés qui considèrent l’État comme leur propriété personnelle. La famille de Monsieur Sassou Nguesso, omniprésente dans la gestion du pouvoir, impose des choix qui menacent la stabilité et la sécurité nationale, alimentant frustrations et tensions.

Dans ce contexte, la répression politique et les menaces de mort contre les responsables syndicaux sont la seule réponse du régime aux aspirations légitimes du peuple congolais à la démocratie et à la justice. De nombreux opposants, tels que le général Jean-Marie Michel Mokoko et Monsieur André Okombi Salissa, croupissent en prison dans des conditions arbitraires. À chaque visite officielle de Denis Sassou Nguesso en France, l’espoir de leur libération est anéanti par l’absence de toute exigence démocratique de la part de votre gouvernement.

Une complicité assumée qui ternit l’image de la France

Les Congolais ne peuvent ignorer que ces réceptions répétées en France légitiment la dictature et prolongent leurs souffrances. Cette politique rappelle amèrement l’épisode de 2015, lorsque votre prédécesseur, François Hollande, offrit à Denis Sassou Nguesso l’espace politique nécessaire pour modifier la Constitution, ouvrant ainsi la voie à un bain de sang contre ceux qui s’opposaient à cette manœuvre antidémocratique.

Aujourd’hui encore, la France reste silencieuse face aux déclarations cyniques de Monsieur Sassou Nguesso, qui affirme : « La France ne peut pas me chasser car ce que je fais, c’est la France qui me le demande. » Tout aussi glaçantes sont les paroles d’un de ses collaborateurs français qui déclarait sur LCI en 2005 : « On pouvait s’en sortir avec au moins 2000 morts. » De tels propos, non démentis par vos services, laissent entendre une collusion inacceptable.

Pour un véritable changement de paradigme

Monsieur le Président, la politique africaine de la France est en échec. De l’Afrique de l’Ouest au Sahel, le rejet de la présence française s’intensifie. En persistant dans cette voie, en continuant à recevoir des dirigeants illégitimes et corrompus sans exiger de réformes concrètes, la France ne fait qu’accélérer son discrédit en Afrique.

Le temps est venu pour la France d’opérer une rupture stratégique et de bâtir une relation nouvelle, fondée sur le respect mutuel et des ambitions communes. Nous appelons à une politique diplomatique et économique audacieuse, fondée sur un partenariat transparent et équitable. Cette refonte passe par un soutien aux aspirations démocratiques des peuples africains et par une coopération axée sur le développement et la stabilité, plutôt que sur le maintien d’élites prédatrices.

Dans cette dynamique, il est essentiel d’encourager une désimmigration : un retour des Africains de la diaspora vers leurs pays d’origine, afin qu’ils participent activement à la construction du continent. L’Afrique a besoin de ses talents pour bâtir son avenir.

Monsieur le Président, il est temps de vous ressaisir. Le Congo-Brazzaville et l’Afrique ne peuvent plus être les otages d’arrangements opaques et de calculs de court terme. L’histoire jugera sévèrement ceux qui, par complaisance ou par intérêt, auront fermé les yeux sur les souffrances d’un peuple en détresse.

Recevoir Denis Sassou Nguesso aujourd’hui, sans exiger en retour des avancées réelles sur les droits humains et la gouvernance, serait une faute politique et morale. Nous vous appelons à ne pas être complice de cette tragédie.

Le Congo-Brazzaville a besoin d’un changement. La France a besoin d’une nouvelle vision pour l’Afrique. Il est temps d’agir.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre plus haute considération.

Modeste Boukadia
Paris, le 24 février 2025

Président du C.D.R.C.
13 bis, avenue d’Aligre
F – 28 000 Chartres – France
Courriel : modeste.boukadia@cdrc-cg.com

Congo : reconstruire l’unité

RECONSTRUIRE L’UNITÉ

La mort de Marien Ngouabi demeure le nœud gordien de l’histoire politique du Congo. Cette tragédie, indissociable des assassinats du Cardinal Émile Biayenda, du président Alphonse Massamba-Débat et de nombreux autres compatriotes innocents, doit être résolue pour mettre fin à des décennies de divisions, d’humiliations et de manipulations historiques. Il est temps que la vérité soit rétablie pour que l’histoire ne bégaye plus.

L’union nationale ne pourra se construire que sur le rétablissement de la vérité sur ces faits pour mettre fin aux mensonges qui sont à l’origine de la méfiance et du tribalisme.

Différents axes doivent pour cela être des préalables :

Revisiter notre Histoire encore récente

Est-il normal pour un pays d’assassiner un jeune homme pour lui voler son vélo, ses deux paniers de poisson, et remettre son corps à sa mère avec la bouche remplie d’excréments ? Il faut se souvenir de ce qui s’est passé à Owando, lors du maquis dit d’Ikongono, symbole de l’injustice et de la brutalité d’un système qui méprise la vie humaine.

Quel intérêt de continuer à maintenir des gens en détention si ce n’est pour les humilier, humilier leurs amis, leurs parents, leurs familles et leurs clans à l’exemple du Général Jean-Marie Michel Mokoko, André Okombi Salissa et les jeunes soldats proches du Colonel Marcel Tsourou ?

Alors que le mot « paix  » est dans la bouche de tout le monde, comment comprendre que des compatriotes M’bossi s’interrogent sur leur avenir au sein même de leur propre pays, le Congo ?

Que dire de la tragédie silencieuse des Tékés ? Eternels victimes de la politique congolaise, ils subissent dans l’indifférence générale humiliation injuste et marginalisation comme le témoigne cette phrase méprisante et révoltante : « Même les Tékés veulent diriger ce pays ! », insinuant peut-être qu’ils seraient moins congolais que d’autres.

L’assassinat de Marien Ngouabi focalise toutes ces exclusions et ses conséquences dramatiques. Le Congo ne pourra se réconcilier qu’à la condition que cette page de l’histoire soit réécrite avec vérité et justice :

  • La révision du procès de Marien Ngouabi est indispensable pour la vérité de l’Histoire
  • La révision du procès de Marien Ngouabi est indispensable pour laver la mémoire des Bakongo de l’accusation fallacieuse qui leur a été collée « Bakongo ba bomi Marien !« 
  • Un procès sur l’assassinat du Cardinal Émile Biayenda doit être ouvert.
  • Florent Tsiba, dernier à avoir vu vivant le président Alphonse Massamba-Débat, doit nous dire ce qu’il sait de sa disparition.

Redimensionner nos axes de développement économique et commercial

Gamboma autrefois carrefour commercial où Nord et Sud échangeaient leurs richesses, doit retrouver son rôle pivot, articulant notre économie de façon harmonieuse tant au niveau du marché intérieur qu’avec les pays limitrophes au nôtre. Repenser la ville de Dolisie, jadis troisième ville du pays, et aujourd’hui laissée à l’abandon. Ces villes sont des symboles de la désintégration du Congo, du désintérêt d’un système dans le développement de notre pays. Elles doivent être restaurées pour rétablir l’équilibre national.

Le système actuel, verrouillé par Denis Sassou Nguesso, doit être démantelé si la France souhaite encore entretenir une relation digne avec le Congo. Il est temps que les Congolais prennent en main leur destin.

Fut un temps, constatant l’état de désagrégation dans lequel il se trouve notre pays et après beaucoup de mises en garde, envisagé la partition du pays, seul moyen pensais-je alors de sauver ce qui pouvait l’être et les vies humaines avec mais, en approfondissant ma réflexion, j’ai compris que la seule véritable solution réside dans l’union nationale. Cette unité ne peut être sincère que si chaque portion du pays retrouve sa dignité et sa place.

Le problème du tribalisme ne se résoudra pas tant que les dirigeants perpétueront le système de privilèges familiaux et claniques. La Conférence Nationale Souveraine avait dénoncé ces abus, mais les gouvernements successifs n’ont fait que les renforcer. De l’UPADS à Sassou, la centralisation du pouvoir entre les mains de quelques-uns a détruit le pays.

Nous devons nous rappeler que Ange Bidie Diawara avait dénoncé cette « OBUMITRI » (Oligarchie Bureaucratique Militaro-Tribaliste), terme repris par Marien Ngouabi trois jours avant son exécution. Sassou Nguesso a prétendu résoudre ce problème en assassinant Ngouabi le 18 mars 1977, jetant la responsabilité sur les Bakongo. Cette imposture doit cesser.

Le Congo doit s’ouvrir à la vérité et à la justice pour construire une véritable unité nationale. L’heure est venue d’affronter notre passé pour espérer un avenir, réhabiliter nos traditions et nos langues. Le Congo deviendra fort et fier lorsqu’il se réappropriera sa propre culture nationale, construite sur la diversité et la richesse de toutes ses composantes ethniques.

Modeste Boukadia

Le 21 février 2025