TRIBUNE | Le désaveu d’Isidore Mvouba en Côte d’Ivoire : un signal fort contre l’agonie du régime de Brazzaville

TRIBUNE | Le désaveu d’Isidore Mvouba en Côte d’Ivoire : un signal fort contre l’agonie du régime de Brazzaville
Par Modeste Boukadia – Le 01 juillet 2025 – 17h53

En Côte d’Ivoire, la scène a été aussi inédite que révélatrice : des députés de l’opposition ont quitté l’Assemblée nationale pour protester contre la présence d’Isidore Mvouba, président de l’Assemblée nationale du Congo-Brazzaville. Ce geste diplomatique fort sonne comme un désaveu direct envers le régime de Denis Sassou Nguesso. À travers cet événement symbolique, c’est un nouveau signal d’alarme qui retentit pour un pouvoir à bout de souffle. L’Afrique change. Et le Congo doit impérativement prendre un nouveau départ.

Il fut un temps où la Côte d’Ivoire et le Congo-Brazzaville incarnaient une forme d’avant-garde politique en Afrique francophone. Félix Houphouët-Boigny et Fulbert Youlou, figures du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), étaient unis par une amitié politique sincère, une ambition partagée, et une rivalité positive : faire de leurs pays des modèles de développement, les « Frances » d’Afrique.

Mais le temps des bâtisseurs a laissé place à celui des usurpateurs. Entre Alassane Ouattara et Denis Sassou Nguesso, le lien n’est plus celui d’un rêve commun pour leurs peuples, mais d’un cynisme politique assumé. Il suffit de se rappeler cette scène lunaire où Ouattara, avec une révérence déplacée, qualifie Sassou Nguesso « d’Empereur », saluant plus la longévité autoritaire que le bilan.

Et pourtant, même cet équilibre de complaisance vacille.

Lors de sa visite officielle à Abidjan, Isidore Mvouba, président de l’Assemblée nationale congolaise et fidèle parmi les fidèles du régime – celui qui n’hésite pas à dire que « le sang qui coule dans mes veines est celui de Denis Sassou Nguesso » – a été publiquement désavoué : les députés de l’opposition ivoirienne ont quitté la salle en plein discours. Un geste rare, lourd de sens, qui révèle une vérité devenue évidente : le Congo de Sassou Nguesso ne suscite plus ni respect, ni solidarité sur le continent.

Les conséquences de cette humiliation diplomatique ne se sont pas fait attendre. Dans un réflexe de repli autoritaire, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a signé une circulaire (N° 250001/PM-CAB)1 suspendant tous les déplacements à l’étranger des membres du gouvernement et autres hauts responsables – à l’exception de Denis Sassou Nguesso lui-même – jusqu’à fin 2025. Une décision inédite, qui traduit non seulement la panique du pouvoir, mais aussi son isolement grandissant.

Ce repli n’est pas un signe de force, mais la manifestation d’un pouvoir acculé, incapable de justifier ses échecs à l’intérieur comme à l’extérieur, préférant fermer les portes plutôt que d’ouvrir les voies du dialogue et de la réforme.

Ce rejet fait écho à d’autres signaux d’alerte. Déjà, la France avait mis en garde Sassou Nguesso : « Cette fois-ci, vous n’allez pas vous cacher derrière la France. » Quant aux États-Unis, sous Donald Trump, ils posaient une question brutale : « Y a-t-il des hommes ou des animaux qui habitent le Congo ? », avant d’inscrire le pays sur la liste noire des États à risque terroriste.

Le point de non-retour a été franchi lors du dernier Sommet USA-Afrique à Luanda, où le Congo fut exclu, malgré sa proximité géographique. À quelques kilomètres du Palais de Mpila, le régime se trouvait déjà en dehors du jeu diplomatique.

Ce qui se passe aujourd’hui à Brazzaville, ce n’est pas seulement la fin d’un cycle, c’est l’agonie d’un régime.

Face à cette déliquescence, la Transition Politique Structurelle Apaisée (TPSA) apparaît comme la seule voie crédible et salutaire. Elle permettra de restaurer l’État, de redonner confiance à la population, et surtout d’ouvrir des perspectives à la jeunesse congolaise.

Il est temps de rompre avec le cycle infernal de l’exil économique. Cela passe par une politique de désimmigration, adossée à un vaste plan de création d’entreprises, de formation professionnelle adaptée, et à une décentralisation administrative et financière des régions, qui doivent devenir les berceaux du développement local et des emplois durables.

L’Afrique bouge. Les peuples s’éveillent. Les régimes figés dans la peur et le mépris sont appelés à disparaître.

Il appartient au peuple congolais de prendre en main son destin, pour que le Congo ne reste pas une terre humiliée, mais devienne une nation debout, réconciliée avec elle-même, tournée vers l’avenir.

Modeste Boukadia

TRIBUNE | Le Congo, État terroriste : la France face à ses responsabilités

Modeste Boukadia in Maryland (USA) in March 2018 during a meeting with Congolese residents in the USA. Photo: ©NadineNagel

TRIBUNE | Le Congo, État terroriste : la France face à ses responsabilités
Par Modeste BoukadiaPrésident du parti CDRC – Le 26 juin 2025 – 11h24

Alors que la République du Congo figure désormais sur la liste noire américaine des États soupçonnés de soutenir le terrorisme, la France, signataire du Traité de Rio, continue d’entretenir des relations troubles avec un régime aux pratiques mafieuses et aux alliances douteuses. Entre distribution de passeports diplomatiques à des réseaux liés au Hezbollah et silence complice du Quai d’Orsay, une question s’impose : jusqu’où ira la France pour protéger un pouvoir discrédité et dangereux ? L’heure est venue pour Paris de rompre avec l’ambiguïté. (Service Presse CDRC)

Le 9 juin 2025, l’administration Trump inscrivait la République du Congo sur la liste noire des États qui soutiennent des activités terroristes, aux côtés de régimes déjà sous surveillance internationale. Cette décision est difficilement contestable car les preuves existent. Depuis, silence radio du côté de Brazzaville… jusqu’à ce que, récemment, le porte-parole du régime terroriste, M. Thierry Lézin Moungalla, vienne se plaindre à Paris, au Quai d’Orsay. Et pourquoi pas aux États-Unis d’Amérique qui ont inscrit le Congo sur la liste noire ?

La requête du régime congolais sur la scène diplomatique au Quai d’Orsay et dans les médias français pose une question directe à la France : que savait-elle, et que couvre-t-elle aujourd’hui ?

Les faits sont graves. Des passeports diplomatiques congolais ont été délivrés à des hommes d’affaires libanais en lien avec des réseaux du Hezbollah et du Hamas – certains opérant sous la protection directe de la présidence congolaise. Ces accusations ne sont pas sans fondement. Plusieurs entreprises – REGAL, SUPERSONIC, BUROTEC, La MANDARINE, La CITRONNELLE, RAGEC, CMP, SCAC, SMGC, ZEROCK – sont pointées du doigt.

Pendant ce temps, les citoyens congolais, eux, sont privés de documents d’identité. La diplomatie congolaise est devenue un instrument d’un État parallèle, gangrené par des réseaux transnationaux dont les intérêts n’ont rien à voir avec ceux du peuple congolais.

En son temps, un ancien ministre français des Affaires étrangères, avait mis en garde Denis Sassou Nguesso « sur la trop grande facilité de distribution de passeports congolais… » L’avertissement a été ignoré. Pire, le régime a poursuivi sa logique de compromission, fermant les yeux sur les conséquences pour la sécurité régionale et internationale.

La France peut-elle continuer à soutenir un pouvoir qui, depuis 45 ans, a fait du Congo un État failli, corrompu et désormais suspecté d’entretenir des connexions dangereuses avec des groupes reconnus comme terroristes ? Peut-elle décemment accompagner Denis Sassou Nguesso dans sa volonté de tricher, encore une fois, en 2026, à la tête d’un pays exsangue ? La réponse engage l’honneur de la République française.

Car à force de soutenir l’insoutenable, la France prend le risque d’être considérée non plus comme une puissance amie du peuple congolais, mais comme une complice d’un régime dont les pratiques sont celles d’un État voyou. L’ami de mon ami n’est plus automatiquement mon ami, lorsque celui-ci piétine les droits humains, manipule les institutions et ouvre la porte à des influences obscures et terroristes.

Les principes démocratiques ne se négocient pas. La France doit choisir : soit elle continue à couvrir le régime de Denis Sassou Nguesso au nom d’intérêts économiques ou sécuritaires court-termistes, soit elle retrouve le chemin de la clarté politique et de la justice par la Transition Politique Structurelle Apaisée (TPSA).

Il est encore temps de faire ce choix. Mais le temps presse. L’histoire, elle, n’oubliera rien.

Modeste Boukadia
Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo

TRIBUNE | Le déni du régime sur l’inscription du Congo sur la liste noire

TRIBUNE | Le déni du régime sur l’inscription du Congo sur la liste noire
Par Modeste Boukadia, Président du CDRC – Le 25 juin 2025 – 18h45

Congo sur la liste noire : le silence coupable du régime

Alors que le régime de Denis Sassou Nguesso persiste dans le silence et le mensonge et tente d’organiser les élections présidentielles en 2026 qui n’apporteraient rien au pays, le Congo figure bel et bien sur la liste noire des États-Unis, conséquence de dérives graves et persistantes. Dans cette tribune, Modeste Boukadia alerte l’opinion nationale sur les conséquences diplomatiques, économiques et sécuritaires de cette mise à l’index internationale, et appelle à une transition politique pour restaurer la confiance et la légitimité républicaine. (Service Presse CDRC)

Depuis plus de quatre décennies, le régime du Parti Congolais du Travail (PCT), dirigé par Denis Sassou Nguesso, a bâti son pouvoir sur une stratégie bien rodée : l’omission, le mensonge et, surtout, le déni de la réalité. Aujourd’hui encore, il tente d’entraîner le peuple congolais dans un aveuglement collectif sur des faits diplomatiques d’une extrême gravité.

Parmi ces faits, figure l’inscription officielle de la République du Congo sur la liste noire des États-Unis, mesure prise sous l’administration du Président Donald Trump. Ce n’est ni un bruit de couloir, ni une rumeur malveillante : c’est un acte diplomatique majeur, validé par les services américains après évaluation des menaces liées au régime de Brazzaville.

Cette décision reflète une défiance profonde des États-Unis à l’égard du pouvoir congolais. Elle repose sur des motifs lourds : blanchiment d’argent à grande échelle, fabrication de fausse monnaie, corruption institutionnalisée, violations massives des droits humains, mais aussi liens troubles avec des organisations classées terroristes telles que le Hezbollah ou le Hamas. À cela s’ajoute le rôle déstabilisateur que le régime joue dans l’équilibre régional.

Cette inscription s’inscrit dans un cadre juridique clair : le Traité interaméricain d’assistance réciproque (TIAR), également connu sous le nom de Traité de Rio, signé en 1947. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, ce traité a été réactivé pour permettre aux États signataires – dont les États-Unis – de prendre des mesures collectives contre les régimes perçus comme des menaces sécuritaires. Ces mesures incluent des sanctions diplomatiques, économiques, financières, ainsi que l’isolement international.

Le Congo est donc, aujourd’hui encore, sous le coup de cette désignation. Ce statut empêche l’arrivée d’investissements internationaux, bloque l’accès à des aides multilatérales, freine la coopération militaire et sécuritaire, et renforce l’exclusion du pays des cercles de décision internationaux. Il suffit d’observer l’absence remarquée de Denis Sassou Nguesso lors du Sommet USA-Afrique organisé récemment à Luanda – sous ses yeux – pour mesurer l’ampleur de cette mise à l’écart.

Il est urgent que les Congolaises et les Congolais prennent conscience de cette situation. Il ne s’agit pas d’un contentieux entre États. Il s’agit d’un signal clair envoyé au peuple congolais : le changement de régime est la condition première pour rétablir la confiance internationale et rendre possible la reconstruction du pays.

C’est notre devoir, en tant que citoyens, responsables politiques, membres de la diaspora ou acteurs de la société civile, de rompre avec le silence, de faire éclater la vérité et de dénoncer l’opacité d’un pouvoir qui confond autorité et impunité.

Plus que jamais, le retour à la normalité passe par une Transition Politique Structurelle Apaisée (TPSA). C’est à ce prix que le Congo pourra retrouver la légitimité démocratique et la légalité républicaine indispensables à son redressement et à sa réintégration dans le concert des nations respectées.

J’invite chacune et chacun à approfondir cette question, à se documenter sérieusement, et à la porter dans tous les cercles d’échange et de débat.
C’est ensemble, dans la lucidité et la responsabilité, que nous redonnerons au Congo un avenir.

Modeste BOUKADIA
Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo

Accompagnons le Congo vers sa reconstruction : pour une transition politique structurelle apaisée

Accompagnons le Congo vers sa reconstruction : pour une transition politique structurelle apaisée
Par Modeste Boukadia – Le 18 juin 2025 – 10h51 – Mis à jour le 18/06/2025 – 15h39

Face à la crise multiforme que traverse le Congo-Brazzaville — crise politique, sociale, morale et désormais sécuritaire avec son inscription sur la liste noire des États-Unis — il est urgent de sortir des illusions électoralistes et d’engager une transition politique structurelle apaisée. Cette transition doit poser les fondations d’un nouvel État, tourné vers l’union nationale, la réintégration de sa jeunesse (désimmigration) et la décentralisation effective des régions. Il ne s’agit plus de changer des hommes, mais de changer de logique. Réinstaller le logiciel Congo. C’est cette vision que porte le projet « Accompagnons le Congo ».

Que de compatriotes nous ont interpellés sur le concept de Transition Politique Structurelle Apaisée, souvent surpris par l’usage volontaire des majuscules. Je tiens à rassurer ceux qui aiment le Congo et l’Afrique : il ne s’agit pas d’un simple slogan, mais d’un cadre cohérent de refondation, reposant sur des mécanismes concrets pour parvenir à l’union nationale, seule voie capable de guérir le mal profond qui gangrène notre pays.

Le Congo n’est pas seulement en crise : il est malade de son tribalisme institutionnalisé sous le régime du PCT, au point que l’État lui-même est inexistant. Le pays figure désormais sur la liste noire des États-Unis des pays soutenant le terrorisme, plaçant de facto M. Denis Sassou Nguesso au rang des dirigeants infréquentables. Cette situation est grave. Elle exige une réponse structurelle, pas cosmétique.

Tant que l’on n’aura pas restauré l’État et ses organes fondamentaux, toute idée de développement restera un mirage. Ceux qui appellent à une élection présidentielle en 2026, dans un État failli, ne font que prolonger l’agonie nationale. Être candidat à une élection que le peuple rejette, c’est participer — consciemment ou non — au maintien du système d’appauvrissement général. Je respecte néanmoins leur choix, et leur fidélité à Denis Sassou Nguesso, qui pour certains représente encore leur unique passerelle entre notoriété et précarité.

Le projet « Accompagnons le Congo » que je vous propose s’inscrit dans une dynamique de rupture pacifique mais déterminée, car il est temps de mettre fin à un pouvoir devenu fossile, enfermé dans le silence et le déni. Il est temps aussi que notre pays assume pleinement son histoire, ses douleurs et ses espérances — non plus à travers des hommages posthumes ou des silences d’État, comme aime à le répéter avec une jubilation cynique Denis Sassou Nguesso, lorsqu’il se rend aux obsèques de ceux qui l’on servi et se sont tus : « Antoinette, allons à la veillée, à l’enterrement, les morts ne parlent pas ! »

Tournons cette page figée de l’histoire. Ce que je vous propose, c’est une parole politique lucide, responsable et résolument tournée vers l’avenir, pour que vive enfin un Congo debout, parlant au présent, et construisant son avenir.
Ce projet repose sur une conviction essentielle : les peuples n’attendent pas un messie, mais une vision claire, structurée, portée par une dynamique collective capable de transformer les souffrances en forces motrices, et les revendications en réalités tangibles.

C’est dans cet esprit que j’ai toujours défendu une Transition Politique Apaisée, à laquelle j’ai ajouté le mot « Structurelle » pour marquer l’ambition de reconstruire un État sur de nouvelles bases :

  • Justice sociale,
  • Responsabilité partagée,
  • Et participation citoyenne à tous les niveaux.

Ce que le peuple congolais réclame, ce n’est pas un changement de figure à la tête de l’État et cela est souhaité et souhaitable, mais un changement de paradigme fondé sur trois piliers essentiels :

  1. L’union nationale, qui dépasse les clivages ethniques, partisans ou idéologiques, pour refonder une communauté de destin.
  2. La désimmigration, soit le droit pour la jeunesse congolaise de revenir et participer à la reconstruction de son pays dans un cadre structuré, sûr et porteur.
  3. La décentralisation administrative et financière effective, pour que les régions deviennent des moteurs du développement et non des territoires abandonnés.

Cette transition n’est pas qu’un moment politique : elle est institutionnelle, territoriale et générationnelle. Elle vise à bâtir un État nouveau, dans la justice, l’équité et l’efficacité.

Certains diront : faut-il une grève générale ? Une révolte populaire ? Une rupture radicale ? Pourquoi pas. Mais sans alternative crédible, sans projet structuré et collectif, toute indignation restera vaine.

C’est pourquoi, dans le dialogue, la fermeté et l’engagement collectif, nous devons ouvrir une nouvelle page de notre histoire, fondée sur cette transition politique structurelle apaisée. Elle seule nous permettra d’accompagner, réellement et durablement, le Congo vers sa reconstruction.

Modeste Boukadia
Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC)
Le 18 juin 2025 – 10h51
– Mis à jour le 18/06/2025 – 15h39

CONGO-BRAZZAVILLE | entre pressions américaines et inertie française, la solution est la Transition Politique Structurelle Apaisée

CONGO-BRAZZAVILLE | entre pressions américaines et inertie française, la solution est la Transition Politique Structurelle Apaisée
Par Modeste Boukadia Le 17 juin 2025 – 19h04

Alors que les États-Unis durcissent leur position vis-à-vis du régime de Brazzaville, la France persiste dans une posture ambivalente vis-à-vis de Denis Sassou Nguesso. Entre complicités anciennes et nouvelles réalités géopolitiques, la situation congolaise devient explosive. L’histoire semble se répéter, mais le contexte international ne permet plus l’aveuglement. À l’heure où l’Afrique centrale pourrait basculer, l’attitude de Paris devient un facteur de déstabilisation régionale.

Un avertissement ignoré

Dès 2018, à la suite de mon évacuation sanitaire depuis Pointe-Noire sous l’impulsion du président américain Donald Trump, j’avais alerté les autorités françaises sur les relations troubles que Denis Sassou Nguesso entretenait avec certaines organisations terroristes, notamment le Hezbollah et le Hamas. Un exemple concret avait été fourni : l’affaire du navire Aquamarine. Malgré cela, Paris avait préféré poursuivre son soutien tacite à un régime de plus en plus discrédité par ses connexions toxiques.


Connivences inquiétantes

Lors du pogrom du 7 octobre 2023, j’ai fermement dénoncé la participation des milices Cobras, bras armé du pouvoir de Brazzaville, aux exactions commises. La chaîne israélienne i24NEWS avait diffusé des images accablantes, sans que cela ne provoque la moindre réaction officielle du gouvernement congolais. Bien au contraire, Brazzaville poursuivait allègrement la distribution de passeports diplomatiques à des membres d’organisations considérées comme terroristes au niveau international.

Un ancien ministre français des Affaires étrangères s’était même inquiété publiquement de cette « facilité excessive » dans la délivrance de documents officiels congolais. Une dérive que les chancelleries occidentales ne peuvent plus feindre d’ignorer.


Pressions discrètes, avertissements clairs

À deux reprises, lors de la cérémonie de la résurrection de Notre-Dame de Paris, puis aux obsèques du pape François, le président Donald Trump avait exhorté Emmanuel Macron à faciliter une sortie honorable pour Denis Sassou Nguesso. Face à l’hésitation française, Trump avait alors lâché une phrase lourde de sens :

« Si Sassou ne part pas, je ferai en Afrique centrale ce que la Russie a fait en Afrique de l’Ouest. »

Un avertissement clair qui, en écho aux récents bouleversements au Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger), prenait la forme d’une menace géostratégique directe. Cette menace pourrait être mise à exécution si le soutien de Paris à Denis Sassou Nguesso persiste.


Isolement progressif du régime

Depuis, les États-Unis ont inscrit le Congo-Brazzaville sur leur « liste rouge », synonyme de restrictions économiques, financières et diplomatiques accrues. Toute entreprise américaine ou internationale entretenant des liens commerciaux avec Brazzaville s’expose désormais à de lourdes sanctions, au titre de la lutte contre le financement du terrorisme.

Le signal est sans ambiguïté : le régime de Denis Sassou Nguesso est désormais perçu à Washington comme un partenaire toxique. TotalEnergies, pilier historique de la Françafrique au Congo depuis 1997, amorce un retrait progressif, illustrant le basculement en cours.


Paris dans l’impasse morale et stratégique

L’attentisme français devient de plus en plus incompréhensible. Alors que les mouvements panafricanistes gagnent du terrain dans la guerre informationnelle, l’image de la France est chaque jour davantage associée à un soutien inconditionnel à des régimes vieillissants et répressifs. Dans ce contexte, le maintien au pouvoir de Denis Sassou Nguesso constitue une menace pour la stabilité régionale, mais aussi pour les intérêts stratégiques français à moyen terme.

L’élection présidentielle de 2026, que le pouvoir entend organiser comme un simple exercice de légitimation, ne ferait que prolonger une impasse dangereuse. À terme, elle pourrait précipiter le Congo dans le camp de l’Alliance des États du Sahel, nourrissant un rejet encore plus profond de la présence française dans toute la région.


Pour une transition politique structurelle réelle

La seule voie raisonnable et salutaire pour le Congo-Brazzaville réside dans l’ouverture d’une transition politique structurelle apaisée, crédible, et encadrée internationalement. Les Congolais la réclament depuis des années. C’est également ce que les partenaires de bonne foi doivent soutenir aujourd’hui, au nom de la stabilité régionale et du respect des aspirations populaires.

Paris doit se ressaisir. Soutenir indéfiniment un régime discrédité, isolé et désormais catalogué par Washington comme dangereux, revient à s’exposer à un retour de flamme diplomatique et historique. L’heure n’est plus aux calculs cyniques, mais à une refondation des relations franco-africaines sur la base de la vérité, du respect mutuel et de l’éthique politique.


Modeste Boukadia
Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC)

CONGO-BRAZZAVILLE | La France doit accompagner une transition démocratique au Congo

CONGO-BRAZZAVILLE | La France doit accompagner une transition démocratique au Congo – car l’histoire ne pardonnera pas l’inaction
Par Tom Melvin BAIKI – Le 17 juin 2025 – 10h34

Denis Sassou Nguesso n’est plus simplement un président. Il est devenu, au fil des décennies, un seigneur de guerre en costume. Un chef vieillissant, accroché au pouvoir comme à un trône, préoccupé non par l’avenir du pays, mais par la survie de son clan.

À l’approche de 2026, son projet devient de plus en plus transparent : soit mourir au pouvoir, soit transmettre le Congo à son fils, Denis Christel Sassou Nguesso. Ce dernier est déjà au cœur d’affaires de corruption à l’international, symbole d’un pouvoir dynastique en déconnexion totale avec la souffrance du peuple.

Et c’est là que la France a une responsabilité historique, qu’elle ne peut ignorer.

La France face à un choix moral et stratégique

La France n’est pas un acteur passif. Elle a des liens historiques, économiques, diplomatiques avec le Congo. Elle a donc aussi des leviers. Et, dans l’intérêt des deux peuples, elle ne peut rester dans une posture d’attente.

Il ne s’agit pas d’ingérence. Il s’agit de positionnement éthique clair.

Car la réalité est simple : Sassou ne garantit plus la stabilité, il l’hypothèque. Il navigue entre Paris et Moscou, prêt à vendre le pays à ceux qui assureront la survie de son pouvoir. Et il le fait au détriment de son peuple, au détriment de l’avenir.

Le double jeu de Sassou : entre Paris et Moscou

Sassou connaît parfaitement les nouveaux équilibres géopolitiques. Il voit ce qui s’est passé au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Centrafrique. Il sait que Paris a perdu du terrain. Il sait aussi que l’image de la France se joue désormais sur sa capacité à soutenir des transitions démocratiques, pas des régimes à bout de souffle.

Pendant ce temps, Sassou tisse discrètement des liens avec Moscou. Ce n’est pas un repositionnement idéologique, mais une stratégie de survie. Si Paris le lâche, il espère que d’autres viendront garantir l’avenir de son fils.

Le Congo n’est pas un trône. C’est une République prise en otage.

Les Congolais n’ont plus accès à la santé, à une éducation digne, à la justice. Le pays est vidé de ses ressources. Le peuple, lui, est laissé dans l’indifférence, pendant que se prépare une transmission du pouvoir de père en fils.

C’est une insulte à l’intelligence collective. Une gifle pour la jeunesse. Une provocation historique.

Une transition ou une rupture : la France a un rôle à jouer

L’alternative n’est pas entre le silence et la confrontation. L’alternative est entre une transition ordonnée, républicaine et inclusive, ou une rupture brutale qui emportera tout.

Voici ce que nous appelons de nos vœux :

  • Une sortie du pouvoir de Denis Sassou Nguesso avant 2026.
  • Le refus clair de toute transmission dynastique.
  • Le soutien à une transition de 5 ans, sans le clan présidentiel.
  • La refondation des institutions, la libération de la presse, l’audit des finances publiques.
  • L’organisation d’élections réellement libres et transparentes.

Ce sont des demandes simples, légitimes, portées par le peuple congolais dans sa diversité.

À Paris : ne perdez pas l’Afrique centrale comme vous avez perdu le Sahel

Le Congo ne restera pas éternellement sous contrôle. L’Histoire est en marche. Les peuples africains réclament leur souveraineté. Et ce mouvement est irréversible.

La France a encore l’opportunité de soutenir un avenir partagé avec l’Afrique francophone, fondé sur le respect, la justice et la coopération sincère.

Mais si elle choisit la complaisance ou l’ambiguïté, elle devra aussi assumer l’éventuel rejet des peuples. Non par hostilité culturelle, mais par exaspération légitime.

Congolais, l’heure est venue

Le pouvoir ne se transmet pas. Il se mérite. Il se contrôle. Il se limite.

Le Congo ne peut rester la propriété d’une famille. Il est à nous tous.

Organisons-nous. Désobéissons. Parlons. Agissons. Refusons l’héritage de la résignation. Le Congo est notre avenir. Et notre avenir commence maintenant.

Tom Melvin BAIKI – Le 17 juin 2025 – 10h34

2026 n’aura pas lieu pour Sassou : Le peuple congolais mettra fin à la mascarade

2026 n’aura pas lieu pour Sassou : Le peuple congolais mettra fin à la mascarade
Par Tom Melvin BAIKI, un citoyen libre et éveillé – Le 16 juin 2025 – 19h06

Le moment est venu de dire la vérité, sans détour, sans langue de bois.

Denis Sassou Nguesso prépare des élections présidentielles pour 2026.

Encore une fois.

Encore un tour de passe-passe constitutionnel.

Encore un viol de la volonté populaire.

Encore une tentative de voler le futur de tout un peuple.

  • Mais cette fois, ça ne passera pas.
  • Le Congo n’est plus le Congo de 2002, ni de 2009, ni de 2016.
  • Le monde a changé. L’Afrique se réveille.
  • Et les Congolais en ont marre de tourner en rond dans le même cauchemar.
  • Sassou n’a aucune légitimité à se représenter
  • Il a modifié la Constitution en 2015 pour s’accrocher au pouvoir.
  • Il a violé son propre texte en organisant une farce électorale en 2021.
  • Il a tué l’alternance, emprisonné les opposants, étranglé l’économie, tout en enrichissant sa famille et ses proches.

Son régime repose sur la peur, la fatigue du peuple, et la complicité extérieure.

  • Mais la peur s’efface.
  • Le peuple relève la tête.
  • Et les masques tombent.
  • 2026 : une élection truquée déjà écrite

Sassou croit encore pouvoir jouer la montre, gagner du temps, et trafiquer les urnes pendant que les Congolais ont le dos tourné.

Mais le vent tourne.

Partout en Afrique francophone, les peuples disent NON à l’éternité des dictateurs.

  • Le Mali a tourné la page.
  • Le Burkina a tourné la page.
  • Le Niger aussi.
  • Et le Congo fera de même.

 –  Le soutien de la France à Sassou devient problématique

Pendant des décennies, la France a soutenu Sassou en silence, en échange de contrats, de pétrole, de stabilité de façade.

Mais aujourd’hui, au regard de ce qui se passe partout dans le monde, l’histoire ne tolère plus les alliances avec les bourreaux des peuples africains.

En 2026, ce ne sera pas le choix entre deux candidats, ce sera le choix entre la liberté et la soumission.

Et si la France continue à couvrir Sassou, il n’y a aucun doute, elle tombera avec lui.

–  Le peuple doit parler maintenant

  • Assez de résignation.
  • Assez de silence.
  • Assez de peur.

Le Congo appartient aux Congolais.

  • Pas à une famille.
  • Pas à un clan.
  • Pas à un dictateur fatigué qui a vidé l’avenir de notre jeunesse.
  • Mobilisation totale
  • Dénonçons publiquement la fraude programmée de 2026.
  • Refusons l’organisation d’élections sous contrôle du régime.
  • Réclamons une transition citoyenne, souveraine, dirigée par le peuple.

Le régime de Sassou tombera.

  • Et avec lui, tous ceux qui l’ont aidé à piller le pays.
  • Le Congo se relèvera.
  • Mais cela commence par dire NON, haut et fort, dès aujourd’hui.

Tom Melvin BAIKILe 14 juin 2025 – Mise en ligne le 16/06/2025 – 19h06

Message de remerciement à l’occasion de mon anniversaire – 15 juin 2025

Modeste Boukadia – Chartres – Le 15 juin 2025 – Photo : © Nadine Nagel

Message de remerciement à l’occasion de mon anniversaire – 15 juin 2025

Mes chers compatriotes, mes chers amis,

Que puis-je vous dire après l’élan d’amitié, de fraternité et de fidélité que vous m’avez témoigné à l’occasion de mon anniversaire en ce 15 juin 2025 ? Vos messages, nombreux et profondément touchants, m’ont ému. Je vous remercie du fond du cœur pour votre présence, vos paroles sincères, et surtout pour cette loyauté indéfectible à l’amitié et à l’engagement.

Au-delà des mots, j’ai perçu, dans vos vœux, un appel à rester fidèle à l’idéal qui nous rassemble : celui de l’amour de la vie et du refus de voir une génération entière sacrifiée sur l’autel d’une politique aveugle. Le Congo a déjà perdu trop de ses enfants, broyés par des logiques de pouvoir sans issue. Il est temps de redonner à la vie sa valeur suprême. Il est temps de briser ce cycle tragique.

Je rends hommage à ceux qui ont tout donné pour un avenir meilleur. Les plus méritants sont partis, souvent dans le silence et l’indifférence. Combien faudra-t-il encore de morts pour que nous comprenions que seule la vie doit triompher ? Que chacun, selon ses titres, ses qualités et sa conscience, trouve ici l’expression de ma reconnaissance et l’écho de notre responsabilité commune.

Oui, je le sais : en Afrique, le combat politique mène encore trop souvent à la mort. Cela ne devrait plus être. Ailleurs, on débat ; ici, on tue ou on exile. Pourquoi ? Pour maintenir un pouvoir usé, délégitimé, suspendu au mensonge et à la peur.

Et pendant ce temps, le monde bouge. La Chine annonce la suppression des droits de douane pour les pays africains. Une générosité apparente, mais à quel prix ? Cette décision est surtout un indicateur : la guerre économique entre la Chine et les États-Unis est féroce, et l’Afrique en est le théâtre. L’Europe est asphyxiée. Les États-Unis veulent desserrer l’étau chinois. Et nous, Africains, que faisons-nous ? Restons-nous de simples spectateurs ou oserons-nous devenir des acteurs à part entière ?

L’Afrique doit sortir de son statut de terrain de jeu pour devenir l’arbitre respecté de cette compétition mondiale. Pour cela, il nous faut une vision claire, une ambition assumée, une politique de désimmigration courageuse afin de faire revenir nos talents et construire, ici même, le socle d’un partenariat ambitieux, dynamique, responsable t respectueux avec les puissances mondiales.

Mais comment espérer un tel sursaut quand notre propre pays, le Congo, s’enfonce dans l’isolement ? L’inscription du Congo sur la liste noire des États-Unis d’Amérique sonne comme un avertissement sévère. TotalEnergies freine ses investissements. Les opportunités se raréfient. Notre jeunesse, déjà si éprouvée, voit l’horizon se refermer. L’heure est grave.

Soyons lucides : les élections présidentielles de 2026 sont déjà confisquées. Comme je l’ai déjà dit :
« Même si Dieu Omnipotent et Omniscient se présentait à une élection organisée par le PCT, Denis Sassou Nguesso proclamerait sa victoire en pleine nuit, après avoir privé les Congolais d’Internet. »
À quoi bon participer à une farce électorale dont l’issue est écrite à l’encre de la trahison ?

Il n’existe qu’une voie raisonnable et salvatrice pour notre pays : une Transition Politique Apaisée, à vocation structurelle, sur cinq ans. Une transition sans compétition partisane, mais tournée vers l’essentiel : rétablir les institutions, garantir les libertés, poser les fondations d’un État véritable, et sortir durablement de la crise.

Ce n’est pas d’une répétition de la transition de 1991 que nous avons besoin, mais d’une transition neuve, rigoureuse, unificatrice. Elle doit réparer, reconstruire, et rassembler. Elle seule peut apaiser le pays et nous conduire vers une Union Nationale forte, stable et inclusive.

Le Congo doit retrouver sa place en Afrique centrale, redevenir un carrefour stratégique, un pays de transit au cœur d’un axe fort : Kinshasa – Brazzaville – Luanda. Cette ambition est à notre portée si nous savons nous unir, dépasser nos rancœurs, et parler d’une seule voix.

C’est cette capacité à nous élever ensemble qui nous donnera le poids nécessaire pour discuter, même avec le président Donald Trump, afin de lever les sanctions contre notre pays et engager une nouvelle politique économique fondée sur la jeunesse et le mérite.

Encore une fois, merci pour vos vœux. Ils me rappellent que le combat n’est pas vain, que l’espoir existe, et qu’il se nourrit de votre fidélité.

Permettez-moi de conclure par cette phrase qu’un ami m’envoie chaque année depuis le jour où j’ai connu l’injustice de la privation de liberté :
« Attendez ma venue à l’aube. Au cinquième jour, regardez vers l’Est. »
(Le Seigneur des anneaux – La bataille du Gouffre de Helm)

Modeste BoukadiaLe 16 juin 2026 – 11h27

DÉCRYPTAGE | Retrait des 12 000 hectares : l’hypocrisie et le mépris des dirigeants congolais

DÉCRYPTAGE | Retrait des 12 000 hectares : l’hypocrisie et le mépris des dirigeants congolais
Par Tom Melvin BAIKILe 13 juin 2025 – Mise en ligne le 14/06/2025 – 13h34

Alors que le régime de Brazzaville est visé par des sanctions américaines et inscrit sur la liste noire des États-Unis, ses dirigeants tentent de détourner l’attention de leurs compromissions explosives avec le Hezbollah et le Hamas en exhumant l’affaire de la cession de terres congolaises au Rwanda.

Ce retour soudain sur un dossier qu’ils avaient farouchement nié jusqu’ici trahit une manœuvre de diversion grossière. Il faut rappeler qu’en décembre 2024, lors de la cérémonie de la résurrection de Notre-Dame de Paris, le président Donald Trump avait interpellé Emmanuel Macron sur l’opacité des transactions foncières en Afrique centrale, pointant la vente de terres congolaises dissimulée derrière des structures chinoises et rwandaises. « Les terres sont antérieures à l’État. L’État ne peut pas vendre ce qui ne lui appartient pas ! », avait-il lancé.

Mis sous pression par Washington, le régime congolais tente aujourd’hui de faire machine arrière, non par souveraineté, mais contraint par la diplomatie américaine. Une nouvelle preuve que ce pouvoir ne décide rien par lui-même et que le respect du peuple congolais reste, pour lui, une variable négligeable. – Modeste Boukadia

Ce qui se passe aujourd’hui avec cette histoire de “retrait de 12 000 hectares cédés au Rwanda” est le parfait exemple de l’hypocrisie et du mépris des dirigeants congolais envers leur propre peuple.

Souvenez-vous : quand les Congolais avaient dénoncé la cession de terres à des intérêts rwandais, le gouvernement de Sassou Nguesso et ses relais médiatiques avaient catégoriquement nié les faits, qualifiant les dénonciateurs de propagandistes et de déstabilisateurs. Ils avaient juré que le Congo n’avait jamais vendu ou concédé ses terres au Rwanda. Alors comment aujourd’hui peut-on prétendre les “retirer” ? Retirer quelque chose qu’on n’a jamais cédé ?

Ils nous prennent littéralement pour des esclaves sans mémoire et sans droit à la vérité.

La réalité, c’est qu’il n’y a jamais eu de décision souveraine du Congo dans cette affaire. Ce retrait n’est pas une initiative congolaise, mais bien le résultat des pressions américaines. Washington, qui surveille de près les tensions en Afrique centrale et l’activisme militaire du Rwanda en RDC, a considéré que ce projet foncier en terre congolaise était en réalité un dispositif stratégique pour établir des bases avancées rwandaises et servir de refuge à des milices pro-Kigali dans la sous-région.

Les États-Unis ont donc imposé l’arrêt de cette opération, jugeant qu’elle représentait un facteur supplémentaire de déstabilisation dans les Grands Lacs et risquait d’attiser un embrasement régional incontrôlable.

Autrement dit : ce n’est pas Sassou qui protège les terres congolaises il les avait bel et bien bradées. Et s’il fait machine arrière aujourd’hui, c’est uniquement sous contrainte diplomatique internationale. Ce pouvoir ne décide rien sans pression extérieure.

Pire encore : cette opération discrète visait aussi à constituer, sur le sol congolais, une armée supplétive rwandaise, au service du régime Sassou, en vue de peser dans les rapports de force régionaux et de sécuriser la succession dynastique envisagée par le clan présidentiel.

Voilà la vérité qu’on cache aux Congolais, pendant qu’on leur vend une opération de façade baptisée “retrait de partenariat sensible”. En réalité, ce régime ne respecte ni son peuple, ni sa souveraineté, ni ses terres.

Tom Melvin BAIKILe 13 juin 2025 – Mise en ligne le 14/06/2025 – 13h34

MESSAGE | Le temps d’une décision politique pour sauver le Congo

MESSAGE | Le temps d’une décision politique pour sauver le Congo
Par Modeste BoukadiaLe 12 juin 2025 – 17h23

Lettre à mes compatriotes
Congolaises, Congolais,

Je suis profondément atterré par la nature affligeante des débats et des échanges sur les réseaux sociaux, alors même que notre pays traverse une période critique, placé de facto sous une forme d’embargo international.

Au moment où l’intelligence collective devrait se mobiliser pour faire face à la gravité de la situation, certains choisissent de divertir, de détourner l’attention, d’entretenir le bruit pour empêcher toute prise de conscience sur l’état désastreux dans lequel le régime du PCT a plongé le Congo.

L’inscription de notre pays sur la liste noire des États-Unis n’est pas une abstraction virtuelle. C’est un fait lourd de conséquences. Un fait qui devrait interpeller chacun d’entre nous — qu’on soit du pouvoir, de l’opposition, ou simplement citoyen désabusé, croyant que cela ne le concerne pas.

Cette décision concerne tous les Congolais, du Nord comme du Sud, qu’ils participent ou non à la gestion de l’État. Nous en subirons collectivement les conséquences. Elle peut apparaître légitime du point de vue des États-Unis, mais elle est profondément révoltante pour le peuple congolais, déjà accablé par l’impasse politique, économique et sociale.

Face à cette situation, il me semble nécessaire d’apporter quelques clarifications :

  • Le silence assourdissant qui règne tant au Congo que dans la diaspora transmet un message déconcertant : « Il n’y a pas de problème au Congo puisque personne ne réagit. » C’est ainsi que la situation est perçue depuis l’étranger, notamment en France, où la lecture des événements diffère radicalement de notre réalité.
  • Dans l’état actuel des choses, les élections, bien qu’inscrites dans la Constitution de Denis Sassou Nguesso, ne peuvent être considérées comme une solution. Elles risquent au contraire d’exacerber les divisions et de précipiter l’éclatement du pays.
  • Personne, mieux que Denis Sassou Nguesso lui-même, ne connaît la profondeur de l’impasse dans laquelle il a conduit le Congo.
  • Denis Sassou Nguesso est un Kani. Et la première responsabilité d’un Kani est de veiller à ce que règne l’ordre dans le village. Le bon ordre. Il en va de l’honneur et de la tradition.
  • La politique est l’art du dialogue et du compromis — sans compromission. Il n’y a pas de honte à rechercher une issue politique lorsque celle-ci permet au peuple de surmonter ses peurs, ses divisions, et de se rassembler pour construire une Union Nationale, seule voie crédible vers la réconciliation.
  • Il ne s’agit plus de savoir si le pouvoir doit rester au Nord, revenir au Sud ou s’installer ailleurs. Ce débat est stérile. Le pouvoir doit revenir au peuple, seul détenteur légitime et légal de la souveraineté nationale. L’urgence actuelle impose une mobilisation collective, sans exclusive, pour que nous trouvions ensemble la voie de sortie, à commencer par notre retrait de cette liste noire.
  • C’est dans cet esprit que j’ai toujours proposé une solution politique, car seule une Transition Politique Apaisée permettra de restaurer la stabilité, de reconstruire la confiance et de rétablir le dialogue entre les Congolais. La justice, elle, suivra son cours, en son temps. Il ne s’agit pas de l’éluder, mais de replacer les priorités dans leur ordre logique : la paix d’abord, la vérité ensuite.
  • Lorsque je dis que Denis Sassou Nguesso doit sortir par la grande porte, je parle d’une décision politique, pas d’un arrangement personnel. Sa sortie est inéluctable, mais elle peut — et doit — se faire sans bain de sang. Il ne s’agit pas de le protéger, mais de sauver des vies. Pour une fois dans notre histoire, le Congo mérite de voir vivre un ancien président de la République, quel que fût son bilan. C’est aussi cela, bâtir une République mature : rompre avec les règlements de compte, pour mieux ouvrir une nouvelle page, celle de la réconciliation, de la justice, et du progrès partagé.

Je lance donc un appel solennel à chaque Congolaise et chaque Congolais : dépassons nos rancœurs, élevons notre regard, engageons-nous vers l’essentiel — la restauration de l’État et l’établissement d’une Union Nationale fondée sur l’égalité des droits et des devoirs.

Dans nos échanges, que la courtoisie ne soit pas synonyme de faiblesse, et que la détermination rime avec engagement sincère. Seule une Union Nationale, véritable et inclusive, pourra sortir le Congo de l’abîme.

Je suis convaincu que notre peuple a les compétences, les talents et les ressources pour relever ce défi et construire une société où chacun a sa place.

Enfin, j’invite chacune et chacun à s’approprier les enjeux de la décentralisation administrative et financière, car les futures régions, dirigées par des gouverneurs élus, devront devenir de véritables pôles de gouvernance efficace, transparente et équitable. Cette réflexion est aussi urgente que celle sur la Désimmigration, qu’il nous faut repenser comme un levier stratégique de développement national.

C’est là, l’ambition de l’Union Nationale.

Avec toute ma considération et mes salutations les plus respectueuses,
Modeste Boukadia – Le 12 juin 2025 – 17h23