OP-ED | When the United States Puts Congo on a Blacklist, It’s France That Risks Losing Central Africa

U.S. President Donald Trump speaks to the press aboard Air Force One on June 6, 2025. (Illustration) – ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

OP-ED | When the United States Puts Congo on a Blacklist, It’s France That Risks Losing Central Africa
By Modeste Boukadia, President of the CDRC – June 12, 2025 – 9:27 a.m.

The U.S. decision to place Congo on its “blacklist” openly exposes the dangerous collusion between Denis Sassou Nguesso’s regime and networks hostile to Western interests. If Paris continues to protect Brazzaville, it risks ultimately being pushed out of Central Africa, just as it was in West Africa. In the face of this danger, only a popular awakening and a peaceful political transition can lift Congo out of this deadlock.

The inclusion of the Republic of Congo on the United States’ blacklist has sent shockwaves all the way to the top of the French government. And for good reason: this American decision—both political and strategic—could mark the end of Western support for Denis Sassou Nguesso. This is a source of great discomfort, starting with the Élysée Palace.

Behind this radical move lies a series of long-ignored warnings. In December 2024, during the ceremony marking the restoration of Notre-Dame de Paris, President Donald Trump explicitly advised Emmanuel Macron to “get rid” of Denis Sassou Nguesso. He reiterated this demand in April 2025 at Pope Francis’s funeral, citing dangerous ties between the Congolese regime and networks affiliated with Hezbollah, Hamas, and armed groups in Yemen—all of which are involved in activities threatening the interests of the United States and Israel.

These accusations are not baseless. Several companies—REGAL, SUPERSONIC, BUROTEC, La MANDARINE, La CITRONNELLE, RAGEC, CMP, SCAC, SMGC, and ZEROCK—have come under scrutiny. They are allegedly linked to Lebanese businessmen operating under the direct protection of Denis Sassou Nguesso, and holding Congolese diplomatic passports issued with clear intent. These entities are suspected of financing subversive activities on a global scale.

In the face of France’s inaction, the Trump administration has made its decision: Congo is now on the U.S. blacklist, with all the economic, diplomatic, and security consequences that entails. This designation is tantamount to a disguised embargo, with serious repercussions: any company, individual, or state that attempts to circumvent the ban risks severe penalties and fines under U.S. federal law.

But that’s not all: the American decision places France in an untenable position. By continuing to blindly support Denis Sassou Nguesso, Paris is jeopardizing its future in Central Africa. If Emmanuel Macron persists in this course, France risks being sidelined, just as it has been in West Africa—where, with the exception of Côte d’Ivoire, it has lost nearly everything.

The Congolese president has, in effect, endangered the country’s sovereignty and the safety of its people. The Congolese must recognize the gravity of the moment: the nation faces diplomatic, economic, and geopolitical collapse. It is now imperative for the Congolese people to mobilize—through general strikes and other forms of popular uprising—to force Paris to abandon Brazzaville. As long as France stubbornly props up a discredited regime, it is putting its own regional interests at risk.

Only one path remains: a Peaceful Political Transition. This alone can restore the state, initiate true administrative and financial decentralization by empowering regional governors, and implement an ambitious disimmigration policy to repatriate talent and restore hope to the youth.

This transition must include direct negotiations with President Donald Trump, aimed at dissolving the implicated companies, revoking fraudulent diplomatic passports, and securing concrete commitments in exchange for Congo’s removal from the blacklist.

History is in motion. It is up to the Congolese people to write it with honor.

Modeste Boukadia, President of the Congolese Circle of Democrats and Republicans (CDRC)
June 12, 2025 – 9:07 a.m.

TRIBUNE | Quand les États-Unis placent le Congo sur liste noire, c’est la France qui risque l’Afrique centrale

Le président américain Donald Trump s’adresse à la presse à bord d’Air Force One, le 6 juin 2025. (Illustration) – ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

TRIBUNE | Quand les États-Unis placent le Congo sur liste noire, c’est la France qui risque l’Afrique centrale
Par Modeste Boukadia, Président du parti CDRC – Le 12 juin 2025 – 09h07

L’inscription du Congo sur la « liste noire » par les États-Unis révèle au grand jour les connivences dangereuses entre le régime de Denis Sassou Nguesso et des réseaux hostiles aux intérêts occidentaux. Si Paris continue de protéger Brazzaville, elle risque à terme d’être évincée de l’Afrique centrale, comme elle l’a été en Afrique de l’Ouest. Face à ce danger, seul un sursaut populaire et une transition politique apaisée peuvent sortir le Congo de l’impasse.

L’inscription de la République du Congo sur la « liste noire » des États-Unis a provoqué une onde de choc jusqu’au sommet de l’État français. Et pour cause : cette décision américaine, aussi politique que stratégique, pourrait sonner le glas du soutien occidental à Denis Sassou Nguesso. Ce qui embarrasse plus d’un, à commencer par l’Élysée.

Derrière cette décision radicale se cache un faisceau d’alertes longtemps ignorées. En décembre 2024, lors de la cérémonie de résurrection de Notre-Dame de Paris, le président Donald Trump avait explicitement conseillé à Emmanuel Macron de se « débarrasser » de Denis Sassou Nguesso. Il a réitéré cette injonction en avril 2025, lors des obsèques du pape François, évoquant des connexions dangereuses du régime congolais avec des réseaux affiliés au Hezbollah, au Hamas et aux groupes armés du Yémen, tous impliqués dans des actions menaçant les intérêts des États-Unis et d’Israël.

Ces accusations ne sont pas sans fondement. Plusieurs entreprises – REGAL, SUPERSONIC, BUROTEC, La MANDARINE, La CITRONNELLE, RAGEC, CMP, SCAC, SMGC, ZEROCK – sont pointées du doigt. Elles seraient liées à des hommes d’affaires libanais opérant sous la protection directe de Denis Sassou Nguesso, et détenteurs de passeports diplomatiques congolais délivrés à dessein. Ces structures sont soupçonnées de financer des activités subversives à l’échelle internationale.

Face à l’inertie de Paris, l’administration Trump a tranché : le Congo est désormais inscrit sur la liste noire américaine, avec toutes les conséquences économiques, diplomatiques et sécuritaires que cela implique. Ce classement équivaut à un embargo déguisé, aux lourdes retombées : toute entreprise, tout individu, tout État qui tenterait de contourner cette interdiction s’expose à des sanctions et amendes sévères en vertu des lois fédérales américaines.

Mais ce n’est pas tout : la décision américaine place la France dans une position intenable. En continuant de soutenir aveuglément Denis Sassou Nguesso, Paris compromet son avenir en Afrique centrale. Si Emmanuel Macron persiste dans cette stratégie, la France risque d’être marginalisée, comme elle l’a été en Afrique de l’Ouest – où, à l’exception de la Côte d’Ivoire, elle a presque tout perdu.

Le président congolais a, de fait, mis en péril la souveraineté du Congo et la sécurité de son peuple. Les Congolais doivent prendre conscience que l’heure est grave : le pays est en danger de mort diplomatique, économique et géopolitique. Il est désormais impératif que le peuple congolais se mobilise, par des villes mortes et d’autres formes de soulèvement populaire, pour forcer Paris à lâcher Brazzaville. Car tant que la France s’entête à maintenir un régime discrédité, ce sont ses propres intérêts régionaux qu’elle met en péril.

Il ne reste qu’un chemin de sortie : une Transition Politique Apaisée. Elle seule permettra de restaurer l’État, de lancer une véritable décentralisation administrative et financière au profit des régions dirigées par des gouverneurs, et de mettre en œuvre une politique de désimmigration ambitieuse pour rapatrier les compétences et redonner espoir à la jeunesse.

Cette transition devra s’accompagner d’une négociation directe avec le président Donald Trump, visant la dissolution des entreprises incriminées, le retrait des passeports diplomatiques abusifs, et la formulation d’engagements concrets en échange du retrait du Congo de la liste noire.

L’Histoire est en marche. Il appartient au peuple congolais de l’écrire dans l’honneur.

Modeste Boukadia, Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo
12 juin 2025Le 12 juin 2025 – 09h07

CONGO | Denis Sassou Nguesso : vers un suicide politique en 2026 ?

Denis Sassou Nguesso : vers un suicide politique en 2026 ?
Par Tom Melvin BAIKI – Le 11 juin 2025 – 20h20

À l’approche d’une échéance électorale contestée en 2026, le régime de Denis Sassou Nguesso vacille. Le clan présidentiel se fracture entre partisans de l’ouverture et tenants de la confrontation. Après une visite officielle calamiteuse à Paris, le chef de l’État congolais s’avance dangereusement vers une impasse politique majeure. Entre isolement diplomatique, tensions internes et risque d’explosion populaire, persister à vouloir prolonger son règne pourrait précipiter sa chute de manière brutale, entraîner l’effondrement d’un système à bout de souffle, et faire vaciller la France elle-même, rattrapée par les effets de ses compromissions en Afrique centrale. Dans un contexte sous-régional en pleine mutation, seule une transition politique apaisée peut permettre la restauration de l’État et la reconstruction de l’Union nationale. — Modeste Boukadia

Si Sassou Nguesso s’entête à briguer un nouveau mandat en 2026, il risque en effet un suicide politique. Pas nécessairement au sens physique, mais dans le sens où il pourrait sceller lui-même la fin de son système et de son héritage, en déclenchant un soulèvement qu’il ne pourra plus maîtriser. Le contexte actuel est très différent de celui des années 1990, 2002 ou même 2016. La montée des sentiments anti-France, la fin de la tolérance des peuples africains envers les régimes prédateurs, et l’éveil des opinions publiques dans la sous-région, créent une situation explosive.

Plusieurs hypothèses réalistes peuvent en découler si Sassou s’obstine :

  1. Un isolement diplomatique progressif, notamment avec des pays africains qui se détachent ouvertement des régimes néocoloniaux. Même la France pourrait à terme se désolidariser discrètement pour éviter de perdre ses intérêts régionaux face à la poussée russe, chinoise ou turque.
  2. Une implosion interne : le clan Sassou, les milieux sécuritaires et les réseaux économiques internes pourraient se diviser, certains cherchant à préserver leurs intérêts en lâchant le chef pour éviter la colère populaire et un chaos incontrôlable.
  3. Un soulèvement populaire incontrôlable : si la contestation s’enracine dans les quartiers populaires, dans la diaspora et dans l’armée, Sassou pourrait déclencher, sans le vouloir, le même scénario que Compaoré au Burkina ou Mobutu au Zaïre.

 Dans tous les cas, s’entêter à organiser une présidentielle en 2026 sans ouvrir une transition réelle serait suicidaire pour lui, son clan et le système PCT. Il risque d’être l’homme qui aura signé la fin de son propre règne et d’un modèle politique que l’Afrique de l’Ouest et Centrale rejette désormais avec virulence.

La seule voie de salut pour lui serait de sortir par le haut, en acceptant une Transition Politique Apaisée, mais ce choix demande du courage et de la lucidité ; qualités qu’il a rarement démontrées quand il s’agit de sauver le pays.

Tom Melvin BAIKILe 11 juin 2025 – 20h20

Tribune | Le Congo sur la liste noire de Trump : où est passée l’Union Nationale ?

Jean-Louis Debré (gauche) et Modeste Boukadia (droite) à l’Académie Diplomatique Internationale Paris le 04 mars 2015 – Photo : © Hermès Le Cour De Beru

Tribune | Le Congo sur la liste noire de Trump : où est passée l’Union Nationale ?
Par Modeste Boukadia – Le 10 juin 2025
– 17h58 – Mise à jour le 11/06/2025 – 14:25

Alors que le président américain Donald Trump a inscrit la République du Congo sur une « liste noire », symbole d’un pays failli et sans État, une question cruciale s’impose : l’Union Nationale est-elle encore une réalité ou une utopie ? Loin d’un sursaut collectif, les Congolais semblent atomisés, prisonniers d’un pouvoir clanique et d’une complicité internationale persistante.

En 2015, alors que je présentais les perspectives d’un redressement national au Président Jean-Louis Debré, alors président du Conseil constitutionnel français, celui-ci me confia :
« Modeste, mettez l’État en place, et il n’y aura plus de problèmes au Congo ! »
Cette parole m’habite encore. Depuis, je n’ai cessé de réclamer, d’exiger, d’appeler à la mise en place d’un véritable État au Congo, c’est-à-dire un État de droit, impartial, garant des institutions et du destin collectif.

Mais en retour, le régime du Parti congolais du travail (PCT) m’a opposé le silence, le mépris et la répression. Le même régime qui a conduit notre pays à l’effondrement politique, économique, moral et diplomatique.

Aujourd’hui, le Président Donald Trump a pris une décision inédite : inscrire le Congo sur une « liste noire » des pays en faillite, gangrenés par l’absence d’État et avec des connexions terroristes. Un geste fort, qui aurait pu marquer un tournant historique, une opportunité pour le peuple congolais de se rassembler afin de tourner la page sombre du régime de Denis Sassou Nguesso.

Mais, au lieu d’unir nos forces, chacun joue sa partition en solitaire. Les élites congolaises, trop souvent divisées, semblent s’être accommodées d’un système qui les aliène, pendant que les chancelleries ferment les yeux sur l’inacceptable.

Il faut cependant rendre à César ce qui est César c’est-à-dire que le soutien persistant de la France, protectrice de Sassou Nguesso, n’est pas étrangère à cette situation délétère.

Dans le cadre du Traité de Rio et au nom du principe d’assistance mutuelle réaffirmé après le 11 septembre, la France pourrait-elle envisager de réunir les chancelleries occidentales pour ouvrir une réflexion commune : faut-il maintenir l’accès aux visas européens pour les ressortissants congolais ?

Cette question, sensible mais légitime, mérite d’être posée au regard de signaux de plus en plus préoccupants. Le Congo est-il en train de devenir un partenaire incertain, voire un foyer de déstabilisation régionale ? Les soupçons de connexions avec des organisations comme le Hezbollah ou le Hamas ne changeraient-ils pas la nature même de notre approche diplomatique et sécuritaire à l’égard du Congo ? L’Union européenne peut-elle continuer à traiter ce dossier comme un simple sujet migratoire, alors que se dessine peut-être une menace plus profonde et moins visible ?

Il ne s’agit pas de céder à la précipitation, mais de poser les bonnes questions, avant qu’il ne soit trop tard.


L’histoire récente du Congo a pourtant connu des épisodes de sursaut moral.

  • Dans les années 1960, les peuples Kongo avaient tourné le dos à Youlou et Massamba-Débat au nom de la justice et soi-disant contre la mal-gouvernance et le vol.
  • Les officiers Mouzabakani et Moutsaka avaient refusé d’écraser dans le sang un soulèvement populaire.

Mais depuis 1977, le pouvoir s’est fossilisé autour d’une gouvernance inter-nordiste, imposée et maintenue par la force. Les compatriotes du Nord se taisaient, regardaient ailleurs, fermaient les yeux parce que c’était leur pouvoir, le pouvoir du Nord. Peu importe l’état du pays, la pauvreté, la dette, la fausse monnaie, ou la perte de souveraineté : l’essentiel pour le régime est de maintenir coûte que coûte le pouvoir dans un clan.

Cette dérive a conduit à la transformation des Forces armées congolaises en une milice clanique, dévouée non à la République, mais à la protection d’un pouvoir devenu identitaire. Comme si être né au nord du pays donnait un droit héréditaire au pouvoir d’État.


Face à cela, l’idée même d’Union Nationale semble aujourd’hui compromise.
La cécité volontaire de nombre de nos compatriotes, hostiles à toute idée de restauration d’un État neutre et équitable, ouvre la voie à une dérive tragique : la haïtisation du Congo, c’est-à-dire un effondrement irréversible de l’unité nationale, sur fond de divisions ethniques, de pauvreté extrême et de violence politique.

Nous devons aujourd’hui regarder en face nos responsabilités, et nommer les causes du drame congolais. Car l’histoire, elle, ne mentira pas. Ceux qui ont installé Denis Sassou Nguesso au pouvoir en 1997 à coup de 750 000 morts1, ne s’en cachent même plus :

« On pouvait s’en sortir avec 2 000 morts », disaient-ils sur LCI en 2005.


Le peuple congolais doit enfin reprendre en main son destin, sortir du piège clanique et régionaliste dans lequel l’a enfermé ce régime criminel, et restaurer l’Etat pour construire l’Union sur de nouvelles bases : la vérité, la justice et l’État de droit.
Sans cela, il ne restera plus que des cendres.

Modeste Boukadia, Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo – Mise à jour le 11/06/2025 – 14:25

  1. « 750 000 personnes du Sud Congo manquent à l’appel », d’après le rapport du projet de programme post-conflit de développement économique et social pour le Congo 2000-2002. Un rapport cosigné en novembre 1999 par le Président Denis SASSOU NGUESSO, le ministre de l’Intérieur, de la sécurité et de l’Administration du Territoire, Pierre OBA, le ministre de l’Économie, des finances et du budget, Mathias DZON, l’Union Congolaise des Banques (UCB), la Banque Africaine de Développement (BAD) et les Nations Unies. ↩︎

Denis Sassou Nguesso a trahi le Congo – Le soutien inconditionnel de la France en question ?

Le président américain Donald Trump s’adresse à la presse à bord d’Air Force One, le 6 juin 2025. (Illustration) – ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Denis Sassou Nguesso a trahi le Congo – Le soutien inconditionnel de la France en question ?

Alors que les États-Unis viennent d’inscrire le Congo-Brazzaville sur la liste noire des pays à risque terroriste, une onde de choc secoue la diplomatie congolaise. Cette décision, aux conséquences économiques et politiques majeures, met en lumière les dérives d’un régime isolé, soutenu malgré tout par certaines puissances étrangères. Les Congolais sont abasourdis. Privés de liberté depuis des décennies, ils ne veulent plus entendre parler d’élections présidentielles en 2026. Ce qu’ils réclament, c’est une Transition Politique Apaisée et la sortie de Denis Sassou Nguesso par la grande porte, dans un sursaut de responsabilité historique, afin de préserver la paix civile et restaurer la confiance nationale. Plus que jamais, l’heure est venue de tourner la page pour refonder le Congo sur des bases saines, justes et souveraines.

Le 9 juin 2025 marque une rupture historique. Par décret présidentiel, les États-Unis d’Amérique ont officiellement inscrit le Congo-Brazzaville sur la liste des pays à risque en matière de sécurité, dans le cadre du programme « Protéger les États-Unis contre le terrorisme ». L’interdiction d’entrée sur le territoire américain s’applique désormais à tous les ressortissants congolais.

Une question essentielle se pose : comment un pays tel que le Congo, dont la capitale Brazzaville fut celle de la France Libre durant la Seconde Guerre mondiale, a-t-il pu se retrouver aujourd’hui classé parmi les États dits « terroristes » ?

Il est légitime de s’interroger sur la part de responsabilité des soutiens extérieurs, notamment français, dans cette dérive. Le soutien prolongé et souvent aveugle de certaines sphères décisionnelles françaises au régime de Denis Sassou Nguesso a-t-il contribué à précipiter cette décision américaine aux conséquences aussi graves qu’inédites ?

Cette inscription sur la liste noire n’est pas un simple geste diplomatique : elle marque un tournant majeur, tant sur le plan international qu’économique. Elle signifie concrètement l’isolement du Congo sur la scène mondiale, la méfiance des investisseurs internationaux, et l’application de sanctions économiques sévères contre toute entité qui oserait contourner l’interdiction.

À ceux qui, à Brazzaville, tentent de minimiser la portée de cette décision en la qualifiant de simple « malentendu », il faut rappeler que figurer sur une telle liste n’est pas anodin. Cela signifie être identifié comme un pays à risque sécuritaire, ce qui rend tout partenariat économique, diplomatique ou même humanitaire, extrêmement difficile, voire impossible. Le coût humain, notamment pour la jeunesse congolaise déjà fragilisée, sera considérable.

Depuis des années, j’ai lancé des alertes sur les liaisons dangereuses nouées par Denis Sassou Nguesso avec des réseaux tels que le Hezbollah ou le Hamas. Des passeports congolais auraient été distribués à certains ressortissants libanais liés à ces mouvements. Cette inquiétude a également été exprimée par la France, qui avait averti le régime de Brazzaville des dérives liées à la délivrance incontrôlée de documents officiels.

Hélas, comme souvent, Denis Sassou Nguesso a choisi l’ignorance délibérée. Conforté par un appui extérieur, il aurait même déclaré : « Tout ce que je fais, c’est la France qui me le demande ! » Cette posture de soumission et de compromission a conduit le pays au bord du gouffre.

Contrairement à la France, les États-Unis ont décidé d’agir fermement. Le président Donald Trump, fidèle à sa ligne sécuritaire, a ainsi placé le Congo sous embargo. Cela signifie qu’aucun investisseur sérieux ne prendra le risque d’y engager des capitaux sous peine de lourdes sanctions, conformément aux lois fédérales américaines. Le cas du parti MCDDI, inscrit sur cette même liste sans jamais avoir eu de lien avec le terrorisme, montre combien il est difficile d’en être retiré une fois la décision prise.

Ainsi, le soutien diplomatique français – dont la justification demeure incompréhensible au regard des faits – a participé à l’isolement international du Congo. Triste récompense pour un pays qui a offert Brazzaville à la France Libre afin que la République française survive à l’occupation nazie !

Aujourd’hui, le Congo paie le prix fort de l’entêtement d’un homme et de la complaisance de ses alliés. En s’obstinant à se maintenir coûte que coûte au pouvoir, allant jusqu’à déclarer à ses partenaires internationaux : « Laissez-moi mourir au pouvoir, prenez ce que vous voulez mais payez seulement les fonctionnaires ! », Denis Sassou Nguesso a poussé le cynisme jusqu’à l’absurde — car même ces fonctionnaires, censés être la justification ultime de son maintien, ne sont plus régulièrement payés. Par cette logique destructrice, il a sacrifié toute une génération : la jeunesse congolaise, désormais sans perspectives, contrainte à l’errance, à l’exil ou à la résignation.

Les responsables de cette tragédie économique et sociale, qui ont détourné les ressources publiques pour les dissimuler dans les paradis fiscaux, voudront-ils aujourd’hui investir dans le pays qu’ils ont ruiné ? Rien n’est moins sûr.

Plus que jamais, l’heure est venue pour les forces vives de la nation d’exiger le départ de Denis Sassou Nguesso. Ce départ, désormais acté tant à Washington qu’à Paris, doit ouvrir la voie à une Transition Politique Apaisée, seule capable de refonder le Congo autour de trois piliers fondamentaux :

  • l’Union nationale,
  • la Désimmigration,
  • et la Décentralisation administrative et financière des régions, sous l’autorité de gouverneurs élus.

Ce nouveau Congo que nous appelons de nos vœux sera prêt à nouer des partenariats ambitieux, dynamiques et respectueux avec le monde, et notamment avec les États-Unis. L’un de nos objectifs prioritaires sera d’engager, dès le départ du régime actuel, des discussions avec le Président Donald Trump afin d’obtenir le retrait du Congo de cette « liste noire » infamante.

Cette responsabilité nous incombe à tous. Congolaises, Congolais, l’heure est venue de prendre en main notre destin.

Modeste Boukadia
Le 09 juin 2025

CONGO-Brazzaville | Les Signaux de la Fin pour Denis Sassou Nguesso

Tom Melvin Baiki (gauche) et Modeste Boukadia (droite) rencontre à Paris (France) pour une séance de travail

CONGO-Brazzaville | Les Signaux de la Fin pour Denis Sassou Nguesso
Par Tom Merlin BAIKIMis en ligne le 06 juin 2025 – 13:51

Washington, Paris, Vatican : convergences diplomatiques autour du dossier congolais

La récente décision des États-Unis de restreindre l’accès à leur territoire aux ressortissants du Congo-Brazzaville, en invoquant des préoccupations liées au blanchiment d’argent et à des activités terroristes, marque un tournant significatif dans la perception internationale du régime de Denis Sassou Nguesso. Cette mesure, loin d’être isolée, s’inscrit dans un faisceau d’alertes et de signaux émis depuis plusieurs mois par diverses chancelleries, y compris le Vatican et, plus discrètement, Paris. Des accusations récurrentes sur l’octroi de passeports à des réseaux liés au Hezbollah et au Hamas, l’usage du territoire congolais comme zone de transit, ainsi que des dérives économiques et sécuritaires alimentent une inquiétude croissante. Dans ce contexte, Tom Melvin BAIKI propose une lecture lucide de l’évolution du climat diplomatique autour de Brazzaville. Son texte, incisif et documenté, revient sur les signaux annonciateurs de la chute d’un système mafieux, usé et discrédité, qui menace la stabilité du Congo et de toute l’Afrique centrale. En conclusion, il examine avec précision, les dynamiques qui laissent entrevoir la possibilité – voire la nécessité – d’une transition politique à venir. Modeste Boukadia, Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC).

Depuis plusieurs mois, les lignes bougent discrètement mais sûrement autour du régime de Denis Sassou Nguesso. Celui qui se croyait indéboulonnable, grâce au soutien cynique de Paris et à la complaisance de certaines chancelleries occidentales, voit désormais le sol se dérober sous ses pieds. La chute programmée du dictateur de Brazzaville est en marche, et les derniers événements diplomatiques et sécuritaires l’attestent.

Le lâchage américain : un message clair

Sous l’administration Trump, la posture des États-Unis vis-à-vis du Congo a radicalement changé. Washington, longtemps indifférent ou complaisant, a fini par comprendre que maintenir Sassou Nguesso en place équivaut à entretenir un foyer d’instabilité régionale et un sanctuaire de réseaux mafieux, terroristes et criminels. Pour la première fois, l’administration américaine a non seulement exigé le départ du tyran mais lui a offert, dans un geste stratégique, une fenêtre de négociation avec l’opposition.

Le message des sanctions ciblant les Congolais aux États-Unis notamment certaines interdictions de séjour et de transactions n’est pas anodin. C’est un signal direct envoyé à Sassou et à ses affidés : l’ère de l’impunité est révolue. Le verrou de Brazzaville est en train de sauter.

La France contrainte de lâcher son préfet africain

Lors de sa dernière visite officielle en France, Denis Sassou Nguesso a reçu un message sans équivoque de la part du président Emmanuel Macron. En présence de l’ambassadrice de France à Brazzaville, Macron lui a dit ouvertement qu’il ne doit pas organiser d’élections au Congo et qu’une transition doit impérativement être mise en place sans lui. Ce message diplomatique ferme tranchait avec le double langage habituel de Paris et témoignait de la pression croissante exercée par la jeunesse africaine et la diaspora congolaise, lassées de voir la France protéger des tyrans au détriment des peuples.

La France sait désormais que si Sassou venait à être chassé par la force, comme ailleurs, elle paierait le prix de sa compromission et risquerait d’être rejetée du Congo, comme elle l’a été dans plusieurs capitales africaines.

La rencontre officielle au Vatican : la promesse faite au pape François

Avant le décès du pape François, Denis Sassou Nguesso s’était rendu au Vatican pour une rencontre officielle avec le souverain pontife. Cette visite, présentée comme protocolaire dans les médias officiels, avait en réalité un enjeu politique majeur. Le pape François avait profité de cet entretien pour lui transmettre un message clair et sans ambiguïté : il était temps pour Sassou de quitter le pouvoir par la grande porte et d’éviter au Congo un nouveau cycle de violences et de souffrances.

Le pape lui avait demandé de renoncer aux élections présidentielles prévues en 2026 et de s’engager dans une transition apaisée, respectueuse de la volonté du peuple congolais. Face à cette autorité morale et spirituelle mondiale, Denis Sassou Nguesso avait solennellement promis de quitter le pouvoir et de faciliter l’ouverture d’un processus de dialogue national.

Mais fidèle à ses habitudes de manipulation et de duplicité, le tyran de Brazzaville a trahi sa parole et n’a jamais honoré cet engagement. Cette trahison a indigné plusieurs chancelleries et renforcé la détermination des partenaires internationaux à le pousser vers la sortie.

Un régime mafieux et un déstabilisateur régional

Le régime de Denis Sassou Nguesso n’est pas une simple autocratie tribale : c’est un système mafieux structuré, transformant le Congo en hub de déstabilisation régionale. Des terroristes libanais impliqués dans l’attaque du 7 octobre y trouvent refuge. Que dire du bateau Aquamarine appartenant au fils de Denis Sassou Nguesso sur lequel pèsent tant de soupçons… En RDC, au Tchad, en Centrafrique, Sassou a multiplié les coups fourrés et les opérations clandestines.

Contrairement au récit complaisant souvent diffusé, le régime n’est pas une prise d’otages ethnique ou politique. Sassou Nguesso en est l’architecte et le commanditaire absolu. Sans la bienveillance de la France, il ne serait qu’un homme sans pouvoir ni légitimité.

Milices recyclées et paix de façade

Ceux qui, dans l’armée, la police ou la gendarmerie, prétendent que Sassou est le garant de la paix défendent en réalité leurs privilèges, leur impunité et leur enrichissement personnel. Le Congo vit sous la dictature de milices déguisées en forces républicaines, dirigées par des officiers redevables à Sassou. Ils parlent de paix, mais il s’agit de la paix du cimetière, celle qui garantit leur mainmise sur les ressources et leur sécurité face aux crimes qu’ils ont commis.

Les cas d’André Okombi Salissa et du général Jean-Marie Michel Mokoko en sont la démonstration : toute tentative de rupture ou de dissidence est impitoyablement écrasée.

Il n’y aura pas d’élections présidentielles au Congo Brazzaville en 2026

Qu’on se le dise clairement : il n’y aura pas d’élections présidentielles en 2026 au Congo-Brazzaville. La décision est prise dans les cercles diplomatiques et africains. Une transition de cinq ans sera instaurée pour remettre le pays sur pied. Cette période de transition permettra de convoquer un dialogue national inclusif et souverain, où toutes les forces vives de la nation, sans exclusion, poseront ensemble les bases d’un Congo nouveau.

Un gouvernement de transition civile, des institutions fortes, une commission électorale véritablement indépendante et transparente seront mises en place afin de garantir, pour la première fois depuis l’indépendance, des élections libres et équitables.

Le peuple congolais pourra enfin choisir ses dirigeants sans fraude, sans manipulation et sans peur.

Le Congo doit se libérer

Le peuple congolais doit comprendre que la fenêtre diplomatique et politique qui s’ouvre est peut-être la dernière opportunité pacifique de transition. Si Sassou persiste à s’accrocher au pouvoir, il sera balayé comme tant d’autres. Et cette fois-ci, ni Paris, ni Washington, ni même le Vatican ne viendront le sauver.

Le Congo n’a pas besoin d’un dictateur ni d’un préfet des intérêts étrangers, mais d’un régime participatif et d’une gouvernance nationale inclusive. La reconstruction du pays passe par le départ de Sassou et de tout son système. Les Congolais doivent s’unir pour bâtir un Congo libre, juste et prospère.

Tom Merlin BAIKIMis en ligne le 06 juin 2025 – 13:51

CONGO | 5 juin 2025 : 28 ans de pouvoir imposé par le sang

CONGO | 5 juin 2025 : 28 ans de pouvoir imposé par le sang
Tom Melvin BAIKILe 05 juin 2025 – 14h03 – Mise en ligne 22h30

Congo-Brazzaville : La milice d’État déguisée en armée nationale et le règne criminel de Denis Sassou Nguesso

Le 5 juin 1997 n’est pas simplement le début d’un affrontement armé au Congo-Brazzaville. C’est le jour où le projet cynique et prémédité de Denis Sassou Nguesso, le sous-préfet des intérêts français en Afrique centrale, a été activé pour reconquérir par la force un pouvoir qu’il considérait comme son bien personnel. Ce qui s’est joué ce jour-là, et les mois qui ont suivi, n’a rien d’un conflit ethnique ou politique ordinaire : c’est une entreprise méthodique de destruction nationale et de mise en coupe réglée du pays.

La fabrication des milices privées : un outil de guerre et de chantage

Bien avant 1997, Denis Sassou Nguesso avait compris que dans un État fragilisé et appauvri, l’arme ultime n’est pas la popularité ni la légitimité politique, mais la possession d’une force armée loyale et privatisée. C’est ainsi qu’il mit en place les Cobras, sa milice personnelle, bien avant la chute de Pascal Lissouba. Ce dernier, conscient de la menace, constitua à son tour les Zoulous, pendant que Bernard Kolélas armait les Ninjas.

Ce chaos organisé avait un but précis : fragiliser l’État central, diviser la population selon des lignes ethniques et régionales pour mieux imposer ensuite un ordre militarisé où la seule autorité résiderait dans le fusil et non dans les urnes.

Le coup d’État sanglant déguisé en retour à la paix

Quand Sassou déclencha les hostilités le 5 juin 1997, avec le soutien logistique et militaire de l’Angola, ce fut sous le prétexte grotesque de “ramener la paix”. En vérité, il s’agissait d’un putsch brutal qui coûta la vie à plus de 400 000 Congolais en à peine quelques années. Violences de masse, disparitions, exécutions sommaires, pillages systématiques des biens publics et privés : tout fut mis en œuvre pour terroriser la population et anéantir toute forme de contestation.

La milice d’État : une armée aux ordres d’un homme et non de la nation

Après avoir arraché le pouvoir dans le sang, Sassou fit ce que tout chef de guerre fait en pareil cas : il légalisa l’illégal. Toutes les milices furent absorbées dans une soi-disant “armée congolaise”, mais en réalité, chaque corps d’armée était placé sous le contrôle d’un officier choisi non pour sa compétence, mais pour sa fidélité absolue au chef. Des “super gardiens du temple”, véritables relais de Sassou, qui eux-mêmes ne doivent leur grade, leur fortune et leur impunité qu’à leur allégeance au président putschiste.

Cette armée n’est pas celle du Congo. C’est la milice privée de Denis Sassou Nguesso, légitimée par des insignes nationaux mais opérant exclusivement pour la préservation d’un pouvoir mafieux et néocolonial.

Denis Sassou Nguesso : l’État, c’est lui

Plus qu’un chef d’État, Denis Sassou Nguesso s’est érigé en institution vivante. Tout passe par lui, rien ne se décide sans lui. Les officiers lui doivent leur carrière, les ministres leur poste, les juges leur silence, et les hommes d’affaires leur survie économique. L’État congolais est devenu un décor de façade, derrière lequel opère une véritable organisation criminelle où le crime d’État est érigé en mode de gouvernance.

Sans Sassou, les officiers n’ont pas de carrières. Sans lui, les affairistes n’ont pas d’accès aux ressources. Sans lui, les criminels de guerre seraient jugés.

5 juin 2025 : 28 ans de pouvoir imposé par le sang

Aujourd’hui, ce 5 juin 2025, les Congolais n’oublient pas. Ce jour marque non seulement le début du massacre de 1997, mais aussi le commencement de la confiscation de leur avenir. Près de 400 000 victimes, des milliers de familles brisées, un pays économiquement étranglé, et une jeunesse sacrifiée pour la pérennité d’un clan prédateur, dirigé par un homme qui se croit intouchable.

Un jour, il faudra juger

L’histoire retiendra que Denis Sassou Nguesso ne fut pas seulement un dictateur. Il fut le bourreau de son peuple, le fossoyeur de la République et le sous-traitant zélé des intérêts étrangers. Il est temps que cette réalité soit dite sans détour, et que la communauté internationale cesse de se rendre complice de ce drame en fermant les yeux.

Car la paix sans justice est un mensonge, et le Congo ne retrouvera sa dignité que le jour où ses bourreaux seront juges.

Tom Melvin BAIKILe 05 juin 2025 – 14h03 – Mise en ligne 22h30

Le Congo n’a pas d’armée

Le Congo n’a pas d’armée
Par Tom Melvin Baiki – Mis en ligne le 04 juin 2025

Précision : Avant la parution de la tribune intitulée « Armée congolaise : silence coupable, fidélité criminelle«  signée par le Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC), Modeste Boukadia, j’avais déjà pris position sur la nature réelle de ce que l’on appelle « armée congolaise ».

En réalité, il ne s’agit nullement d’une armée au sens républicain du terme, mais d’un conglomérat de milices issues de différentes écuries, chacune contrôlée par des clans ou des individus proches de Sassou Nguesso.

Ce système est conçu de telle manière que chaque groupe surveille l’autre, tandis que tous gardent un œil sur le chef.

C’est précisément cette logique de méfiance permanente, de fragmentation organisée et de loyauté conditionnelle qui explique l’état actuel de l’armée congolaise.

Depuis l’assassinat de Marien Ngouabi en 1977, le Congo a connu une militarisation de son pouvoir au service non de la nation, mais d’un seul homme : Denis Sassou Nguesso. Cette trajectoire a transformé l’armée congolaise en une entreprise de fidélité personnelle, où les élites militaires servent un chef plutôt qu’un idéal républicain.

1- La Garde républicaine, milice privée du régime

La Garde républicaine (GR) constitue la colonne vertébrale de ce système. Loin d’être une unité de protection nationale, la GR est en réalité la milice privée de Denis Sassou Nguesso. Elle n’est pas redevable aux citoyens, mais à l’homme qui l’a façonnée et qui la tient fermement sous sa coupe. Dotée de moyens disproportionnés et de privilèges spécifiques, la GR sert d’instrument de répression et de protection rapprochée du pouvoir.

2- La stratégie de la dette morale

Le système mis en place repose sur une stratégie redoutable : la dette morale. Sassou Nguesso a construit l’illusion qu’il est le « père » des élites militaires : c’est lui qui les a fait monter en grade, qui leur a offert des privilèges, qui a sécurisé leurs postes. Cette rhétorique paternaliste place les officiers dans une relation de dépendance psychologique et politique : ils se sentent redevables à lui, non à la République.

3- Un système pyramidal de manipulation

L’armée congolaise n’est pas une force homogène au service de la nation ; elle est un ensemble d’unités, chacune sous la coupe d’un officier supérieur, lui-même redevable à Sassou Nguesso. Chaque « élite » de l’armée, du général au colonel commande son unité comme un petit seigneur local, mais tous doivent leur ascension au chef suprême. Le système fonctionne ainsi :

🔺 Au sommet: Sassou Nguesso, seul maître des nominations, qui distribue les honneurs et les promotions.

🔻 À la base: des soldats et sous-officiers qui exécutent les ordres sans jamais bénéficier d’aucun pouvoir réel.

🔺 Les officiers: chacun dirige sa propre unité, mais tous savent qu’ils n’existent que par la grâce de Sassou Nguesso. Ils forment une aristocratie militaire repliée sur ses privilèges, et totalement soumise à celui qui les a faits.

4- Les sortants, les invisibles

À côté de cette élite, les militaires de rang intermédiaire et les jeunes soldats sont les grands oubliés : ils forment les bras, jamais la tête. Pour eux, il n’y a ni dette morale ni protection : ils sont des « ouvriers » de l’armée, instrumentalisés, et dont la vie compte peu face aux jeux d’allégeance des officiers. Leur sort est scellé : exécuter, se taire, disparaître.

5- Un silence coupable et une fidélité criminelle

Cette pyramide de loyautés personnelles, doublée de la manipulation psychologique, a vidé l’armée congolaise de son rôle premier : la défense de la nation.

Elle a transformé une institution républicaine en une entreprise de fidélité criminelle :

  • Criminelle parce qu’elle protège un homme au détriment du peuple,
  • Criminelle parce qu’elle participe à la confiscation des libertés,
  • Criminelle parce qu’elle perpétue un système où la violence est le seul arbitre.

L’armée congolaise, sous le règne de Sassou Nguesso, n’est plus qu’une mosaïque de fidélités personnelles, une force de coercition qui a oublié le Congo. Ce n’est pas un corps au service de la République, mais un système de protection mutuelle entre un chef et ses obligés. Pour briser ce cercle vicieux, il faut rétablir la primauté de la nation et replacer l’armée dans son rôle républicain : celui de protéger tous les Congolais, et non un seul.

Pourquoi Modeste Boukadia dénonce l’armée congolaise dans sa Tribune | Armée congolaise : silence coupable, fidélité criminelle

🔺 L’armée congolaise: entreprise de milices privées

Il est important de le savoir et de ne pas compter sur cette institution dite l’armée congolaise.

Car le Congo a en réalité une entreprise de milices privées, dissimulée derrière le nom de l’armée nationale. C’est la plus grande escroquerie institutionnelle de l’histoire de notre pays : une armée qui n’est plus républicaine, mais privée, et qui ne protège que son client.

🔺 Une armée privée au service d’un homme

Cette institution dite l’armée congolaise n’est en réalité qu’un instrument au service d’un seul homme, Denis Sassou Nguesso. Sa mission n’est pas de défendre les citoyens ou de garantir l’intégrité nationale : elle est de maintenir le pouvoir en place. Elle n’a d’allégeance qu’à celui qui détient le pouvoir et aux réseaux qui l’entourent.

🔺 Une armée qui tue son peuple

Cette armée, qui devrait protéger les Congolais, est devenue un instrument de répression. Les manifestations pacifiques et les appels au changement sont réprimés avec violence. Tuer son peuple est la marque d’une armée de milice privée, pas d’une armée républicaine.

🔺 L’armée congolaise : la plus grande escroquerie institutionnelle

Depuis des décennies, on a entretenu le mythe d’une armée nationale, garante de l’ordre et de l’unité. La vérité est tout autre : cette institution dite l’armée congolaise est une entreprise privée de protection du régime. Sa structure interne repose sur la loyauté personnelle et non sur les valeurs républicaines.

Les élites militaires qui forment cette armée obéissent au client qu’ils servent – pas à la nation. Sassou Nguesso a bâti un système pyramidal de manipulation, fondé sur une « dette morale » : il fait croire aux officiers que c’est grâce à lui qu’ils sont devenus ce qu’ils sont, leur imposant une fidélité inébranlable.

🔺 Saviez-vous? Le seul salaire garanti

Et pour que cette fidélité reste totale, savez-vous que cette entreprise appelée l’armée congolaise est la seule institution du pays où les salaires sont payés sans retard ? Même lorsque les enseignants, les médecins ou les fonctionnaires attendent des mois pour être payés, l’armée reçoit toujours ses salaires à temps. C’est le prix de la fidélité et de la loyauté : l’armée congolaise, en réalité milice privée du pouvoir, est la seule entreprise au Congo où les salaires tombent toujours sans attendre.

🔺 Attendre leur intervention, c’est une illusion

Attendre que cette armée congolaise intervienne en faveur de la cause nationale, c’est comme attendre qu’un bourreau esclavagiste libère son esclave qui est le plus productif en coton. L’armée privée de Sassou est cet esclavagiste : elle ne libérera jamais la nation congolaise qu’elle exploite et opprime. Elle est l’outil de sa richesse et de son pouvoir, et non la garante de l’avenir collectif.

Conclusion : l’urgence de refonder la République

Ne comptons pas sur cette institution dite l’armée congolaise pour protéger le peuple : elle ne le fera pas. La première étape pour reconstruire la République, c’est de reconnaître cette vérité amère et de briser cette escroquerie historique. Le Congo mérite des institutions républicaines, et non des milices privées déguisées sous des uniformes. Seule une armée républicaine, libérée de ces logiques claniques, pourra enfin garantir la sécurité et la dignité des Congolais.

Tom Melvin BAIKILe 04 juin 2025

Let Us Build the Republic Together

Let Us Build the Republic Together
By Modeste Boukadia, President of the Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) – June 2, 2025

I wish to clarify a position that must no longer be subject to misinterpretation: my objective is national unity, the cornerstone of building a Nation for All.
A Nation that is inclusive, united beyond ethnic, tribal, or regional affiliations. A Nation founded on true administrative and financial decentralization, where each region is governed by a democratically elected governor.

The national unity I advocate for rests on the recognition of every citizen within the Republic. It aims to eradicate tribalism, the scourge that has deeply undermined our country.

President Denis Sassou Nguesso must understand this message clearly and without distortion.

In this context, the recent political speculations aiming to bring Mr. Frédéric Bitsangou, also known as “Pastor Ntoumi,” closer to Mr. Isidore Mvouba are not only untimely—they are potentially perilous for the stability of the nation.
Let us recall that Mr. Mvouba himself once stated: “The blood that runs through my veins is the same as that of Denis Sassou Nguesso.”
It is therefore up to these two men to find, together, the terms of a peaceful political transition.

As for Mr. Frédéric Bitsangou, my position remains unchanged since our exchange in 2012 following the legislative elections:
Nzila Mayama, nzila ya bouwouayi, nzila ya boutsana… Na woua didi ya ngoumbi nsinga woua tamboukidi mou nzadi; ka na didiani ko nsinga woua taboukidi mou nzadi!” (The road to Mayama is strewn with corpses, cries, and blood…)
One must not confuse roles, nor blur responsibilities in such a decisive moment in our history.

What we seek is calm and national reconciliation—without revenge, without witch hunts.
It is the responsibility of the Minister of the Interior, Mr. Raymond Zéphyrin Mboulou, to ensure public order and the safety of all Congolese citizens in a spirit of national harmony.

History is our guide. South Africa succeeded in managing its transition with wisdom and dignity, through figures such as Nelson Mandela, Frederik Willem de Klerk, and even Pieter Willem Botha. President Pinochet, for his part, died peacefully in his bed. This proves that transitions can be achieved without violence, when the will of the people takes precedence over the interests of a ruling clique.

Moreover, we aspire to maintain and foster healthy diplomatic relations — beyond any shadow of doubt — with France, in mutual respect for our deep and shared history, in order to build a future rooted in trust and reciprocity between our two peoples.

Lastly, we will place strong emphasis on desimmigration, as a pillar of renewed cooperation. A cooperation that is ambitious, dynamic, and respectful—because the youth educated abroad will be the active architects of the new partnership between Europe and Africa, between France and Congo.

Modeste Boukadia – Published on June 2, 2025 at 10:52 PM, updated on June 3, 2025 at 5:23 AM

Construisons ensemble la République

Construisons ensemble la République
Par Modeste Boukadia, Président du parti Cercle des Démocrates et Républicains du Congo – Le 02 juin 2025 – 23:13

Je souhaite clarifier une position qui ne doit plus faire l’objet d’aucune interprétation : mon objectif est l’Union nationale, fondement indispensable à la construction d’une Nation pour tous.

Une Nation inclusive, unie au-delà des appartenances ethniques, tribales ou régionales. Une Nation bâtie sur une décentralisation administrative et financière réelle, où chaque région serait placée sous l’autorité d’un gouverneur élu démocratiquement.

L’unité nationale que je défends repose sur la reconnaissance de chacun dans la République. Elle vise à éradiquer le tribalisme, ce fléau qui a profondément fragilisé notre pays.

Le Président Denis Sassou Nguesso doit comprendre ce message sans détour ni déformation.

Dans ce contexte, les initiatives visant à rapprocher M. Frédéric Bitsangou, dit « Pasteur Ntoumi », de M. Isidore Mvouba sont non seulement inopportunes, mais potentiellement dangereuses pour l’équilibre national.
Rappelons que M. Mvouba a lui-même affirmé : « Le sang qui coule dans mes veines est le même que celui de Denis Sassou Nguesso ». Il leur appartient donc, à eux deux, de définir ensemble les modalités d’une transition politique apaisée.

Quant à M. Frédéric Bitsangou, ma position reste inchangée depuis notre échange de 2012 à l’issue des élections législatives : « Nzila Mayama, nzila ya bouwouayi, nzila ya boutsana… Na woua didi ya ngoumbi nsinga woua tamboukidi mou nzadi ; ka na didiani ko nsinga woua taboukidi mou nzadi ! » (La route de Mayama est jonchée de cadavres, de pleurs et de sang…) – Il ne saurait être question de confondre les responsabilités ni de travestir les rôles dans cette étape cruciale de notre histoire.

Ce que nous voulons, c’est l’apaisement. Sans revanche, sans chasse aux sorcières.
Il est donc de la responsabilité du ministre de l’Intérieur, M. Raymond Zéphyrin Mboulou, de garantir la sécurité de tous les Congolais et la tranquillité publique, dans un esprit de concorde nationale.

L’histoire nous enseigne. L’Afrique du Sud a su gérer avec intelligence et dignité sa période de transition, grâce à des hommes comme Nelson Mandela, Frederik Willem de Klerk et même Pieter Willem Botha. Le président Pinochet, lui, est mort dans son lit. C’est dire que les transitions peuvent se faire sans fracas, lorsque l’intérêt supérieur du peuple prime sur les intérêts de clans.

Par ailleurs, nous aspirons à maintenir et à entretenir des relations diplomatiques saines, sans l’ombre d’un doute, avec la France, dans le respect mutuel de notre histoire commune intense, pour construire un avenir fondé sur la confiance et la réciprocité entre nos deux peuples.

Enfin, nous mettrons un accent fort sur la désimmigration, comme levier de renforcement de la coopération. Une coopération ambitieuse, dynamique et respectueuse, car les jeunes formés à l’étranger sont appelés à devenir les artisans d’un nouveau partenariat entre l’Europe et l’Afrique — entre la France et le Congo.

Modeste Boukadia
Le 2 juin 2025 – 23h13, réactualisé le 3 juin 2025 – 05h23