
Le droit international à géométrie variable
Le droit international est souvent présenté comme la boussole morale des relations entre les États. Mais dans la réalité des rapports de force, il apparaît trop souvent comme une règle appliquée à géométrie variable. Tandis que certaines crises mobilisent immédiatement la communauté internationale, d’autres tragédies, comme celles vécues par le peuple congolais depuis des décennies, semblent condamnées au silence.
Depuis la guerre menée par les États-Unis et Israël contre le régime des Mollahs en Iran — une guerre que ces deux pays justifient par la nécessité de se protéger face aux menaces répétées de Téhéran, notamment celles visant à se doter de l’arme nucléaire dans l’objectif déclaré de faire disparaître Israël — on entend, dans certains médias et parmi plusieurs commentateurs internationaux, que ces actions constitueraient une violation du droit international.
Soit.
Mais cette situation révèle surtout une réalité plus profonde : le droit international semble s’appliquer avec plus ou moins de vigueur selon les intérêts géopolitiques en jeu.
Lorsque l’on parle de l’Iran, de nombreuses voix s’élèvent soudainement pour rappeler l’existence et l’importance du droit international.
Mais lorsqu’il s’agit d’un pays comme le République du Congo (Congo-Brazzaville), ce même droit semble disparaître du débat.
L’exemple le plus frappant reste l’année 1997. Cette année-là, Denis Sassou Nguesso est revenu au pouvoir à la faveur d’un coup d’État contre le président démocratiquement élu Pascal Lissouba. Cette prise de pouvoir a été rendue possible grâce à l’intervention de forces armées étrangères, venues de pays voisins et d’autres plus lointains, au mépris de la souveraineté du Congo.
Le bilan humain de ce conflit est aujourd’hui connu. Dans son rapport post-conflit publié en 2002, l’Organisation des Nations unies évoquait 750 000 Congolais portés disparus ou manquant à l’appel.
Les responsabilités et les acteurs de cette période sont connus. Certains sont encore vivants aujourd’hui. Pourtant, à l’époque, aucune mobilisation internationale significative n’a invoqué le droit international.
La même logique de silence s’est reproduite par la suite.
Dans la région du Pool, des opérations militaires ont conduit à la destruction de nombreux villages, comme l’ont montré des images satellites des villages Soumouna, Kindamba Gouéri, Malengo, Mayama. Et que dire des massacres du village Ikongono du district d’Owando ? Des populations entières ont été déplacées, des victimes ont été recensées et des charniers ont été évoqués.
Un responsable sécuritaire proche du pouvoir à Brazzaville s’était même félicité de ces opérations en déclarant :
« Nous avons brûlé le Pool et le ciel n’est pas tombé. »
Malgré ces faits, lorsque certains médias français interviewent Denis Sassou Nguesso, la question du droit international et des droits de l’homme est rarement, voire jamais, posée.
Pourtant, le bilan des Mollahs en Iran en matière de répression et de violations des droits humains est régulièrement dénoncé sur la scène internationale.
Mais lorsque des villages entiers disparaissent en République du Congo, lorsque des populations sont décimées ou déplacées, le droit international semble soudain perdre toute vigueur.
Aujourd’hui encore, Denis Sassou Nguesso organise une nouvelle parodie électorale. Sans même s’être officiellement déclaré candidat, il prépare déjà les conditions de sa propre succession, après plus de quarante-deux ans de pouvoir.
Et pour donner une apparence de légitimité à ce processus, des observateurs internationaux sont annoncés, parmi lesquels figurent d’anciens responsables politiques français agissant, semble-t-il, sous mandat de l’Organisation des Nations unies.
Tout cela renforce une évidence : le droit international devient trop souvent une variable d’ajustement des intérêts politiques et stratégiques.
Dans ce contexte, les mutations de la géopolitique mondiale prennent tout leur sens. Le président américain Donald Trump incarne cette volonté de remise en cause d’un ordre international jugé de plus en plus inefficace. En critiquant ouvertement les limites de l’Organisation des Nations unies et en promouvant la création d’un Conseil de paix, il cherche à impulser une reconfiguration du système international face aux blocages qui minent aujourd’hui la crédibilité du droit international.
Pendant que certaines tyrannies sont combattues ou dénoncées, d’autres semblent bénéficier d’une étonnante indulgence.
Le peuple congolais, lui, n’est pas dupe.
La question se pose désormais : ira-t-il voter le 15 mars ?
C’est l’une des grandes inconnues du moment. Beaucoup d’observateurs s’attendent à une abstention massive et à des urnes largement désertées.
Dans ces conditions, quel rapport produiront les envoyés internationaux face à un tel fiasco démocratique ?
Et surtout, la question qui demeure et qui empêche beaucoup les cadres du clan-PCT de dormir reste la suivante :
Et après ?
C’est précisément dans cette perspective que s’inscrit ToPeSA :
une voie pour l’union nationale et pour la construction d’un Congo nouveau.
Un Congo capable de trouver sa place dans un monde en pleine recomposition géopolitique, où chaque nation devra désormais assumer sa souveraineté et définir clairement sa trajectoire.
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
10 mars 2026 – 11h38





















