Modeste Boukadia demande la mise en place d’un gouvernement d’Union National – 5/02/2013

Modeste Boukadia appelle à un « gouvernement d’union nationale », comme « solution à la crise actuelle »

Pascal-Azad DOKO in La Semaine Africaine N°3263 du mardi 5 février 2013.

Le président du C.d.r.c. (Cercle des démocrates et républicains du Congo), parti situé à l’opposition, Modeste Boukadia, a donné une conférence de presse, dimanche 3 février 2013, dans la salle Abbé Louis Badila, au siège de La Semaine Africaine, à Brazzaville, sur le thème : « Quelles perspectives pour 2013 ? ». Au cours de cette conférence, il a parlé de son parti et abordé la situation politique nationale. Parlant du dialogue, il a estimé qu’il faut organiser « une conférence nationale », qui aboutira à la formation du gouvernement d’union nationale qui, selon lui, est « la solution à la crise actuelle ». Mais, il s’oppose à toute violence qui conduirait le pays à la ruine et à la destruction. Et également, à la modification de la constitution.

La conférence de presse du président du C.d.r.c. tenait aussi lieu de rentrée politique et de vœux à la presse. « Il est vrai qu’il était prévu la cérémonie de présentation des vœux à la presse, le 15 janvier dernier. Mais, cela n’a pas été possible, nous nous serions retrouvés, en principe, à la mairie centrale, précisément à l’hôtel de ville de Brazzaville, qui est le lieu même des vrais citoyens. Mais aujourd’hui, notre joie est encore beaucoup plus grande, parce que nous nous retrouvons dans une salle de presse, c’est-à-dire, le lieu des personnes engagées à éclairer l’opinion. Et vous comprenez que, pour moi, c’est un vrai bonheur, d’autant que je me suis toujours engagé, battu, pour que les journalistes soient véritablement libres, non verrouillés. C’est pour ça que le choix de cette salle m’honore beaucoup. Et vous savez aussi, je suis très heureux d’être ici, parce que, un des grands directeurs de rédaction de La Semaine Africaine, l’abbé Louis Badila, avait été torturé pour son combat de défendre les valeurs de la République. Donc, c’est pour moi une grande joie d’être ici », a-t-il dit d’entrée de jeu.

Le président du C.d.r.c. estime que les journalistes ont un rôle important à jouer dans le développement du pays. « Un pays se meurt quand les journalistes ne font plus leur travail, quand les journalistes sont soumis à un quelconque pouvoir, les peuples ne peuvent plus s’exprimer », a-t-il déclaré. Modeste Boukadia n’a pas voulu faire de quelconque bilan. Il a voulu, plutôt, regarder l’avenir. Les jeunes qui constituent 56% de la population sont une richesse pour le pays. « Il faut que ces jeunes aient une bonne formation professionnelle. Pour qu’ils soient, comme à l’époque, reconnus comme de vrais travailleurs ». « Malheureusement aujourd’hui, on met l’argent devant tout », a-t-il regretté.

Pour lui, au regard des ressources du pays et de sa population, « nous avons la possibilité de faire travailler tout le monde, parce que nous ne sommes pas nombreux ». Selon lui, le président Denis Sassou Nguesso « a fait ce qu’il pensait que c’était juste pour le pays ». « Mais force est de constater que ce qu’il pensait que c’était juste pour le pays, ne l’est pas pour les Congolais. Alors, lorsqu’on tire ces conséquences, là, il y a un choix qui s’impose. Le choix, c’est de savoir comment faire pour que tous les citoyens de ce pays se disent, finalement : c’est notre pays. La seule façon, c’est que nous mettions tout pour qu’il n’y ait plus de division, pour que certains ne se sentent pas lésés, pour que notre unité soit véritablement nationale. Voilà la voie », a-t-il indiqué.

Modeste Boukadia pense que la voie pour y parvenir n’est pas dans la violence. « Tout le monde a acclamé les « printemps arabes », mais où en sommes-nous, aujourd’hui ? En Egypte, les gens sont encore dans la rue, pour demander le départ du président qui vient d’être élu ; où en sont les Tunisiens, les Libyens, les Yéménites, les Syriens ? Vous comprenez que je ne peux pas aborder cette vois-là, parce qu’elle est sans issue », a-t-il dit. Pour lui, la voie demeure le dialogue. « Car, pour moi, la vraie voie, c’est de tendre la main. Même si en face, on ne la prend pas, je la tends toujours », a-t-il fait savoir.

Le président du C.d.r.c. estime que, ce que le président Denis Sassou Nguesso a fait pour la Centrafrique, il peut aussi le faire pour son pays. « Le président de la République, Denis Sassou Nguesso, a été désigné médiateur, il est allé régler ce problème à Libreville, en disant à Bozizé : « Mettons en place un gouvernement d’union nationale. Mais Bozizé qui était réticent, au départ, a fini par accepter. « Alors, je crois que, lorsqu’on règle une situation similaire qui se passe à l’extérieur, on doit se retrouver aussi dans son propre pays, en famille », a-t-il estimé.

Modeste Boukadia a aussi donné son pointe de vue concernant le débat sur la constitution. « Il n’est pas nécessaire de changer la constitution, parce qu’elle a été conçue expressément pour Monsieur le président Denis Sassou Nguesso ; parce qu’il avait des conseillers qui lui avaient dit qu’il pouvait être là, jusqu’en 2016 ; mais on ne change pas en cours. Le costume de Monsieur le président lui va bien. On ne peut pas détricoter ce costume-là. Si on le détricote, je vous assure, je vous donne ma parole, il y aura deux Congo », a-t-il déclaré. Voilà les grands points des perspectives de Modeste Boukadia pour 2013.

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