
TRIBUNE | Changer de paradigme avec la désimmigration
Alors que l’exode massif des jeunes Africains vers l’Europe alimente peurs, drames et instrumentalisations politiques, une autre voie devient urgente : celle de la désimmigration. Non pas pour ériger des murs, mais pour bâtir des ponts sur le continent. Il ne s’agit plus de gérer les flux migratoires, mais de s’attaquer aux causes profondes du départ. La désimmigration propose un changement de paradigme : faire du droit de rester un pilier du développement, et de la jeunesse africaine, un moteur de souveraineté.
Objectif : #DÉSIMMIGRATION – pour un partenariat ambitieux, dynamique et respectueux au service du développement de l’Afrique. Voilà le vrai pragmatisme.
Il est temps de rompre avec les logiques fatalistes qui font de l’exil une fatalité pour des millions de jeunes Africains. La désimmigration n’est ni un repli, ni une négation du droit à la mobilité : c’est un projet politique, économique et humain qui vise à créer, sur le continent, les conditions d’une vie digne, libre et prospère.
Elle implique un changement de paradigme : un partenariat fondé non plus sur la charité, les aides conditionnées ou la peur de l’autre, mais sur la co-construction d’un avenir partagé. Un partenariat ambitieux qui investit dans l’éducation, l’innovation et la souveraineté productive ; un partenariat dynamique qui mise sur la jeunesse, les diasporas et l’économie circulaire ; un partenariat respectueux qui reconnaît les aspirations profondes des peuples africains et leur droit à choisir leur propre destin.
La désimmigration, c’est le refus de la résignation. C’est aussi le refus de détourner les yeux face à cette jeunesse sacrifiée, qui erre dans les banlieues et les quartiers parisiens, brisée par la marginalisation et les ravages de la drogue. C’est un appel au courage politique, à la lucidité stratégique, à la responsabilité partagée.
C’est, tout simplement, du pragmatisme.
Mais ce pragmatisme appelle des actes. Il engage les États africains à rompre avec les logiques rentières, à libérer l’énergie de leur jeunesse, à construire un cadre stable et équitable pour l’investissement et la créativité. Il engage aussi les partenaires internationaux à changer de regard, à dépasser les approches sécuritaires, à soutenir une dynamique endogène.
La désimmigration n’est pas un slogan : c’est un cap. Et c’est aux forces vives africaines de s’en emparer, d’en faire une stratégie, un levier, une promesse tenue.
Modeste Boukadia – Le 20 mai 2025

Le président Modeste Boukadia met le doigt sur une réalité que beaucoup refusent de regarder en face : l’exode massif des jeunes Africains n’est pas un choix, mais une conséquence. Conséquence de politiques locales défaillantes, d’un système économique inégal, et d’un désespoir entretenu. En parlant de désimmigration, il ne s’agit pas de fermer les frontières, mais d’ouvrir enfin les perspectives chez nous.
Le droit de rester dans son pays, dans la dignité et avec un avenir, devrait être aussi fondamental que le droit de partir. Cela exige un effort collectif : États africains responsables, jeunesse engagée, diaspora mobilisée, et partenaires internationaux sincères.
Construire ici pour ne plus être contraint de partir ailleurs : voilà le vrai défi du XXIe siècle pour l’Afrique. Merci à l’auteur pour cette vision courageuse et porteuse d’espoir.
Tom Melvin BAIKI
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