Chacona, le Pool : une Enquête Internationale nécessaire au Congo Brazzaville

Chers compatriotes,

Nous avons tous été alertés via les réseaux sociaux du drame survenu dans le poste de police Chacona dans le quartier Mpila de Brazzaville. Selon l’OCDH, qui a alerté l’opinion internationale sur ce drame, plus de 10 jeunes gens sont morts de suites de violence alors qu’ils étaient aux mains des fonctionnaires de police.

Selon les témoignages, les corps de certains de ces jeunes portaient des traces de coups, ce qui prouve qu’ils ont été torturés.

Les victimes seraient des enfants arrêtés dans la rue par les forces de l’ordre. L’OCDH a indiqué en outre que certains de ces jeunes seraient de jeunes bacheliers sans histoire. Nous ne savons pas s’il y avait eu un mandat d’arrêt établi pour arrêter ces jeunes gens dont certains étaient mineurs et si le mandat d’arrêt avait été communiqué dans les règles aux parents et tuteurs de ces enfants.

Mis sous pression par la vague d’indignation qu’a soulevé ce drame, le ministre de l’intérieur a confirmé qu’il s’agit de 13 jeunes gens qui sont morts. Le ministère de l‘intérieur dit avoir répondu à la demande de Monsieur Trésor Nzila de l’OCDH et dit organiser une commission d’enquête pour faire la lumière sur ce drame.

Plusieurs observations

D’abord, nos condoleances aux familles

D’abord nous souhaitons  présenter nos condoléances aux membres des familles des victimes, qui ont perdus leurs enfants, alors qu’ils étaient entre les mains de l’Etat congolais qui devait les protéger contre la torture par la Convention Internationale des Droits de l’Homme,  et alors que les fonctionnaires de l’Etat devaient garantir leur présomption d’innocence.

Soutien à l’OCDH

Ensuite nous souhaitons féliciter la vigilance de l’OCDH qui, comme à l’accoutumé, a fait un travail exemplaire en dénonçant ce drame et en exigeant une commission d’enquête. L’OCDH et l’ADHUC (Association pour les droits de l’homme et l’univers carcéral) avaient déjà alerté l’opinion sur la pratique de la torture dans les prisons. Leurs recommandations une fois de plus n’ont pas été suivies.

Tentative de déni du gouvernement de la Terreur

En même temps, nous condamnons avec fermeté l’attitude des forces de l’ordre et du gouvernement, qui ne se sont pas manifestés les premiers pour porter ce drame à la connaissance du monde. Pire le gouvernement criminel de Denis Sassou Nguesso a tenté d’étouffer le drame au lieu d’apporter la lumière.

Cette attitude du gouvernement n’est pas surprenante. Elle l’a déjà fait en 1999 dans l’assassinat des jeunes du Beach de Brazzaville dit « Affaire des disparus du Beach ». Le Gouvernement du Congo Brazzaville avait été qualifié il y a peu de “gouvernement de la Terreur” dans un rapport de l’OCDH de 2017 et de violer la majeure partie des clauses de la Charte des Droits de l’Homme, dans un rapport du Département d’Etat américain.

Parallèle avec d’autres affaires

Cette affaire est une énième affaire de violence gouvernementale.

Depuis 2016, les violences gouvernementales contre les habitants du Pool notamment les lari-Kongo avec de nombreux villages rayés de la carte ont été mises en évidence par IRIN avec des cartes des satellites à l’appui. Aucun responsable n’a été inquiété. Ni aucune interpellation du gouvernement n’a été au niveau de l’Assemblée nationale. Voire aucune audition du ministre de l’Intérieur n’a été programmée.

En 2015, lors de nombreuses manifestations contre le changement de constitution, des violences avaient eu lieu, sans pour autant qu’une enquête des forces gouvernementales ne soit initiée.

En 2013, des membres du CDRC avaient été arrêtés à leur domicile privé, sans mandat d’arrêt puis condamnés à diverses peines. Ils sont toujours en prison aujourd’hui, malgré leur statut de prisonnier politique reconnu par les Nations unies, et le fait que certains ont déjà purgé leur peine. Ils sont toujours en prison. Le président du CDRC Modeste Boukadia avait aussi subit des tortures en prison.

Une force publique qui intègre de nombreux Cobras

De 1997 à 2002 et par la suite, le gouvernement de Denis Sassou Nguesso a orienté son régime vers la violence. Rappelons-nous que c’est par un coup d’état extrêmement violent de juin 1997 et de la période de violence qui s’en ait suivi qui ont permis à Denis Sassou Nguesso de s’emparer du pouvoir. Une période qui a fait plus de 400 000 morts civils dans le sud du pays. A Brazzaville, les milices Cobras du « Front 400 » ratissaient les quartiers sud de Brazzaville à la recherche de jeunes garçons Lari pour les fusiller au bord du chemin.

En 2002, les milices Cobras, Ninja et autres ont été intégrées dans la police sans aucune formation préalable ni aucun formatage psychologique.

La Conférence Internationale pour mettre fin à la terreur

La gouvernance par la Terreur est une réalité au Congo Brazzaville depuis 1997 et la fin de l’état de droit issue de la Constitution de 1992.

Pour rétablir l’état de droit et faire cesser la torture dans les commissariat ; pour que la police respecte les droits de l’homme par un code de déontologie, il n’y a pas d’autre alternative que la Conférence Internationale.

C’est la vision que nous avons pour la Conférence Internationale des Nations unies sur le Congo : Restaurer l’Etat de Droit et la gouvernance démocratique.

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Justice internationale

Dans ce cas précis, la Justice congolaise a montré qu’elle n’est pas indépendante du gouvernement de Denis Sassou Nguesso. Il est donc illusoire de croire que les responsables seront inquiétés.

  • Les commanditaires des Massacres du Beach sont toujours libres à ce jour.
  • Ceux qui ont rasés les villages dans le Pool sont toujours libres á ce jour.

C’est pourquoi nous demandons une enquête internationale sur cette question afin de comprendre ce qui s’est déroulé dans ce commissariat et aussi dans le Pool, autre cadre de crimes gouvernementaux.

L’ONU avait formé en 2017 une Commission d’enquête sur les crimes de guerre au Yemen. Cela est donc possible et souhaitable pour que les victimes de la tragédie de Chacona, les nombres victimes de torture par les forces de l’état, et les milliers de victimes des violences du Pool aient droit à la Justice.

Service Presse du C.D.R.C.

Sources

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